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Top of the World
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3,5
Publiée le 7 juin 2016
En attendant un enfant décédé...il y a bien quelque chose de beckettien dans le film de Guillaume Nicloux, dans sa manière de faire dialoguer de tout et de rien deux protagonistes qui espèrent (ou redoutent ?) l'arrivée incertaine d'un troisième personnage, en l'occurrence leur fils qui leur a donné rendez-vous dans la Vallée de la Mort avant de se suicider. Mais ici, les deux héros ne sont rien de moins que Depardieu et Huppert, plus ou moins dans leurs propres rôles, et les voir parler, même de choses insignifiantes, a quelque chose d'assez sidérant. Sidération appuyée par le fait que Nicloux filme ces deux monstres sacrés comme tels en même temps que dans leur confrontation avec des éléments concrets, prosaïques, comme la chaleur étouffante du décor. Et si l'on n'est pas surpris de voir Huppert si juste, elle qui semble au sommet de sa carrière à plus de soixante ans, on commençait à perdre l'habitude de voir Depardieu aussi tendre, puissant et fébrile à la fois, et on serait même tenté d'écrire qu'on le redécouvre ici. Et, lorsque Nicloux peine quelque peu à nous faire ressentir la puissance émotionnelle et spirituelle de cette histoire, il faut encore tout le génie des acteurs pour émouvoir face au vertige mystique qui touche leurs personnages. Intelligemment minimaliste et élégamment mis en scène, "Valley of Love" est un objet cinématographique imparfait mais réellement audacieux et singulier.
"L'essentiel est d'être ici et maintenant. Que les moments de joie et de malheur soient vécus totalement. Il faut renoncer ni aux uns ni aux autres". Guillaume Nicloux se dit être un joyeux dépressif, pourquoi pas. Avoir conscience de sa mélancolie, en la vivant pleinement. Pour son dixième film, l'homme réunit Huppert et Depardieu, rien que ça.
Tout le monde, à un moment donné de sa vie, voit partir un être proche. Ici, les deux acteurs viennent de perdre leur fils qui s'est suicidé six mois plus tôt. Ce récit, assez fascinant, est universel. Mais à l'image de sa première scène, le cinéaste ne va pas au bout de ses intentions. Filmée de dos, Huppert traverse la rue avec une démarche affirmée. Mais alors que le réalisateur s'attache à la suivre de près, celui-ci coupe la caméra quand elle entre dans l'hôtel. Fausse note dès le départ, on pensait à un plan-séquence inspiré.
Ce scénario met le spectateur dans un état d'esprit bien particulier : l'attente. Avant de se suicider, ce fils disparu a laissé une lettre à ses parents leurs expliquant qu'il réapparaitrait dans la Vallée de la Mort. Cette œuvre recèle donc d'un suspens morbide qui pose cette question : reverront-ils leur fils ? Par ce positionnement, la narration en devient d'autant plus longue puisque le public est dans l'expectative.
Pourtant, de très belles choses sont dites dans ce conte suffocant. La foi et la culpabilité s'affrontent sans cesse à l'intérieur de personnages habités. Si Huppert comprend quelques faussetés dans son jeu paniqué, Depardieu redevient le monstre du septième art qu'il a jadis été. Et les voir tous les deux au milieu de ces plaines désertiques relève du miracle.
Mélangeant l'humour et le pathétisme à l'intérieur de ce long-métrage, Nicloux enregistre tout. Le bon comme le mauvais. Le renouveau comme le déchirement. Le vrai comme le faux.
Le monumental Gégé (comme Gérard Depardieu dans la vie) et la végétarienne Isabelle, (comme la crevette Huppert dans la vie), se retrouvent plantés en pleine Vallée de la Mort, écrasés par 50° sans ombre. Couple séparé, ils ne se sont pas vus depuis des années (et depuis Loulou de Pialat en 1980 dans leur vie de cinéma). 35 ans après les voilà donc qui s’affrontent à nouveau pour un étrange rendez-vous : exaucer la dernière volonté de leur fils qui s’est suicidé quelques mois plus tôt. Drôles de retrouvailles ! Avant leur séparation, les deux parents n’avaient guère pris soin de leur fils, accaparés par leur carrière respective (comme dans la vie ?) Isabelle feint de croire que « Mickael a voulu qu’on se retrouve dans ce trou pour qu’on parle de lui ». Mais c’est surtout pour « qu’ils parlent d’eux-mêmes », de leurs absences et de leurs blessures, que la rencontre proposée par Guillaume Nicloux prend son sens. Autour d’une sorte de jeu de piste, ou de chemin de croix ( !) de leur propre vie, dans les gorges brulantes du désert californien ! Le scénario est d’un genre incertain qui hésite entre histoire fictionnelle et confusion identitaire des personnages/acteurs. Et si la fin est un peu tirée par les cheveux, on aurait dû se méfier de cette vallée caniculaire qui peut provoquer vertiges et mirages ! Mais le film vaut évidemment par le face à face plein de complicité et d’intimité des deux stars. « Le grain de voix particulier - d’Isabelle - est celui de la vérité » et Gégé est « énormément touchant » dans sa mise à nu. Le deuil du duo les rend encore plus dignes d’être aimés.
un périple spirituel dans la Vallée de la Mort, un décor prenant magnifique et angoissant, une remise en question sur la parentalité la culpabilité l'illusion l'absence, la mort. Gerard Depardieu monstre sacré tout en retenu touchant épatant, Isabelle Huppert solaire impeccable , leur duo fonctionne parfaitement émouvant , des acteurs en état de grâce.
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1,5
Publiée le 24 septembre 2020
J'adore les films français et j'en ai vu peut-être quelques milliers ce qui est certainement beaucoup pour un Grec. J'ai donc sauté sur l'occasion de voir Valley of Love. Après tout, deux acteurs que j'ai adorés dans de nombreux films français jouent dans cette production, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu et j'étais ravis de les revoir. Malheureusement et trop souvent les acteurs d'un certain âge disparaissent des films, c'était donc merveilleux de voir des gens dans la soixantaine jouer dans un film. Et je dois dire le film ne les a pas beaucoup magnifié en particulier Depardieu. La fin est incroyablement vague et tout le film m'a laissé insatisfait. Et je sentais juste que le film gaspillait des talents formidables et aurait pu faire beaucoup plus avec les personnages. Malheureusement alors que j'applaudis le film pour avoir utilisé ces gens et essayer de les rendre humain. Le scénario du film lui-même m'a laissé froid mais très froid...
"Valley of love" est un film sans un réel scénario, d'une lenteur inouïe, le rythme d'un homme de près de 150 kg. On peut s'interroger sur le véritable but de Guillaume Nicloux. Est-ce seulement nous raconter une histoire d'un morbide spiritisme ? Ou bien cette histoire n'est-elle pas qu'un pauvre alibi pour nous montrer deux acteurs Gérard Depardieu et Isabelle Huppert bien affectés par les années ? Ces deux acteurs conservent d'ailleurs leur prénom et leur profession. Je pense plus à la seconde hypothèse tellement le scénario est vide, au moins insuffisant pour nous garder dans la salle, sans la présence de ces deux acteurs qui maîtrisent parfaitement leur art encore et malgré tout. Au risque d'être quelque peu méchant je me demande si l'objectif essentiel n'est pas de nous montrer Gérard Depardieu, un acteur devenu difforme ? Ceci à l'instar d'exhibition de personnes monstrueuses, sur les foires contre quelques euros. En effet on assiste à un Depardieu en bermuda et chemisette parfois torse nu, comme si ses vêtements n'étaient qu'une vulgaire enveloppe autour d'un corps difforme. Certes la chaleur du lieu justifie de se mettre à l'aise. Toutefois était-ce bien utile et surtout valorisant pour Depardieu de l'exposer à son désavantage ?Comme en peinture rien n'est du fait du hasard. C'est pourquoi ces prises de vues sont voulues. Paradoxalement toutes les critiques sont discrètes sur cette intention, ni pour la valoriser, ni son contraire. Tout se passe comme si la star vénérée obligeait un devoir de réserve. Valley of love est en réalité la Vallée de la mort. On découvre comme en compensation à un possible effort attendu du spectateur, de sublimes paysages de minéralité. Globalement c'est bien insuffisant pour faire un grand film.
Quelle arrogance, quelle fatuité ! Le générique de fin est d'une morgue lourde qui résume bien le film, quand nous voyons seulement apparaître les noms Huppert et Depardieu sans les prénoms. Comme si on nous montrait la quintessence du cinéma. Tout ce petit monde devrait prendre une douche froide ! La chaleur du désert leur est montée sans doute à la tête. Faisons le parallèle avec le film américain de Richard Loncraine, Ruth et Alex, sorti en 2014, dont les 2 vedettes sont Diane Keaton et Morgan Freeman. Même si le film Ruth et Alex n'est pas un grand film (mais Valley of love, ne l'est pas plus ! ), et qu'on est surpris par un scénario déconnecté de la réalité sociale avec cette histoire d'appartements à vendre à des prix prohibitifs. Les 2 acteurs américains sont d'aussi bons comédiens que nos "stars" françaises, mais ils restent humbles, et ne se prennent pas pour des monstres sacrés avec des œuvres soi-disant inestimables. Il faudrait avoir les pieds sur terre, retrouver la raison. Valley of love n'est pas un chef-d’œuvre.
C'est une sorte de conte mystérieux, plus apaisant que rempli de suspense. Huppert et Depardieu jouent très bien et on profite du paysage magnifique de la vallée de la mort
même si il y a 2 acteurs connus et assez bon, j' ai bel et bien été déçu du film.pourtant il y a une bonne idée de scénario, mais il se passe pas grand chose. en effet, tout est vide, trop lent et peu de dialogues qui mène à pas mal d'ennuie au bout d'un certain moments, ça devient lassant. sinon de très bon paysages images et musiques qui rattrape le film.voilà vite vu vite oublié pour moi.
Quelle performance d'acteurs ! Le duo fonctionne magnifiquement bien. Depardieu est évidemment impressionnant, touchant, sensible, un gros nounours "caractériel" qui suinte de chaleur tout au long du film. Huppert, que j'ai cru entendre se faire appeler Patricia ?, est pleine de fragilité, de grâce, tout aussi sensible que son partenaire. Le film est beau, captivant, pleins de mystères, de non-dits, de suspense. C'est une réflexion sur le cinéma (Robert de Niro êtes-vous là?), avec un gros texte autobiographique. La photo est belle. Les dialogues sont très bons, de bonnes touches d'humour aussi, bref c'est un film marquant.
Un résultat déconcertant, on est entre la démarche spirituelle et le voyage fantasmagorique. Une histoire faible, juste bon pour un court-métrage. Cependant les prestations de Depardieu et Huppert sauvent le film et personnellement heureux d'avoir re-voyagé dans la Valley de la mort. Dick
Se spécialisant à la base dans les polars (plutôt originaux), Guillaume Nicloux prend un tournant de plus en plus curieux depuis plusieurs années, auquel ce « Valley of Love » s'intègre pleinement. Ce film, c'est vraiment une expérience de cinéma, pas faite pour tout le monde et qui en laissera clairement certains sur le bas-côté. Étonnamment, cela n'a pas été mon cas (ou très peu), même s'il m'est bien difficile de vous écrire une critique solidement argumentée. Tout y est tellement « sensoriel », passant à travers ce décor unique qu'est la Vallée de la mort, écrasé par un soleil tellement présent qu'on sentirait presque son poids sur les personnages. Il y a quelque chose de constamment intrigant, faisant de ce voyage étrange quelque chose de presque religieux, christique. Pourtant, il est peu dire qu'il ne se passe pas grand-chose, du moins concrètement, mais le réalisateur sait intensément mettre en valeur le lien qui unit les deux protagonistes, leur douleur profonde, bien qu'ils l'expriment différemment... Même leurs conversations, à première vue si banales, cache quelque chose de plus complexe, plus intime... Après, c'est vraiment le genre de titre qui est à l'interprétation de chacun. Mais me concernant, porté par les retrouvailles entre Isabelle Huppert et Gérard Depardieu (tous deux excellents, surtout le second) de nombreuses années après leurs classiques controversés, voilà une œuvre qui m'a interpellé, interrogé, touché, peut-être trop radicale, mais ayant le grand mérite de ne pas laisser indifférent.
L'histoire assez intense d'une rencontre et d'un moment de parole et de tête à tête indispensable, difficile mais pourtant salvateur. Le mystère met parfois mal à l'aise: quels sont ces visions fugaces??? Mais il y a une belle adéquation entre ces personnages perdus qui vont rapprocher leur douleur et cet espace trop grand, disproportionné et qui n'est là que pour les repousser car hostile.
Mise en scène minimaliste qui ne dessert pas le film, grâce à ses dialogues de qualité. Un côté "Twin Peaks" par moments, comme la situation et le personnage du terrain de tennis. Je conseille. 3 étoiles.