Un film absolument splendide et fascinant. J'ai vraiment adoré. Les deux acteurs sont sensationnels. On suit les deux personnages dans le désert du Nevada et c'est très prenant, divertissant et angoissant. On se pose des questions, on est intéressés par leur voyage. Toutefois je pense qu'il ne plaira malheureusement pas à tout le monde et c'est bien dommage.
Etonné que ce film soit ressorti sans prix au sens "Cannes". Gérard Depardieu tout autant qu' Isabelle Huppert sont géniaux. Sans beaucoup de paroles, mais par un jeu subtil et délicat, ils exécutent une sorte de ping-pong intellectuel surprenant..... Que dire des paysages de la vallée de la mort : magnifiques, irréels, lunaires !! Un choix tellement judicieux avec le thème et déroulement du scénario. Une première surprise consiste à les voir jouer leur propre rôle - mêmes noms / acteurs etc... J'avoue avoir été subjugué par l'ambiance étrange, une minutieuse montée en puissance retenant toute notre attention, qui emporte l'adhésion, sans nous laisser le choix - Tellement bien réalisé !!! Un chef d’œuvre que notre cérémonie nationale a manqué d'épingler - vraiment.... Fascinant et troublant..... LE FILM !! **
Isabelle et Gérard se retrouvent dans la Vallée de la Mort à la demande que leur a faite leur fils Michael après s'être donné la mort. Il leur a envoyé une lettre chacun avec un itinéraire à suivre et leur promet qu'il reviendra les voir si ils sont présents tous les deux à des endroits bien précis. Baignant dans le mysticisme, "Valley of Love" ne convainc pas toujours, coincé dans des situations que le réalisateur veut laisser inexplicables et dans certaines scènes un peu maladroites. Mais malgré cela, il serait totalement impossible de ne pas être charmés par les retrouvailles à l'écran des deux monstres sacrés du cinéma que sont Isabelle Huppert et Gérard Depardieu. Ces deux-là portent le film sur leurs épaules, apportant leur talent et leur sensibilité au service d'une histoire qui se retrouve souvent déconcertante mais parfois émouvante, pleine de justesse quand elle le veut bien.
C'est vrai qu'il y a du Lynch dans ce film : 2 ou 3 plans, et surtout, évidemment, la jeune femme handicapée qui regarde sans rien dire ...et d'autres "citations" remarquées ça et là , plus les autres non remarquées...Cela ajoute réellement à l'intéret du film, parce que ça en marque la place : au coeur du cinema. On a un peu trop parlé de l'ombre de Guillaume Depardieu, je trouve que c'est un contresens, car les acteurs ne sont pas eux mêmes, évidemment, ils sont des acteurs formidables, entrés dans leur personnages , rien de personnel...Et pas un seul instant d'ennui , contrairement à Zabrisky point, classique de la vallée de la mort..Gageons que Valley of love fera date , y compris aux USA ( bon, OK, sur les côtes Est et West , pas dans le middle...)
Trente cinq an après Loulou, le duo Depardieu Huppert se reforme au cinéma dans un long-métrage qui laisse peu de frontière entre la réalité et la fiction. Incarnant tous les deux des personnages comédiens qui portent les mêmes prénoms qu’eux, le duo forme un couple divorcé qui se retrouve suite à une lettre de leur défunt fils. Leur lieu de rendez-vous, la Vallée de la Mort, en Californie sous une chaleur caniculaire. Porté par cette mystérieuse quête de leur fils disparu, Valley of Love fait surtout l’echo d’un passé heureux entre les deux personnages. Isabelle Huppert toujours sensible, apparaît sous un corps fatigué presque squelettique suivant comme une âme égarée, l’espoir d’une réponse. Gérard Depardieu, mis à nu nous donne des frissons. Dans un corps devenu handicapant, difficile à supporter pour marcher sous cette chaleur, l’acteur interprète avec une certaine pudeur ce père qui n’a jamais vraiment su aimer son fils. Guillaume Nicloux emprunte souvent le terrain du mysticisme à la Lynch pour la métaphore du fils. Si l’idée est bonne, cette mise en abyme n’est pas toujours justifiée et donne à l’histoire quelque chose d’inachevé. Valley of Love c’est donc surtout l’histoire d’un casting puissamment vibrant. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Un vrai film d'acteurs. Dans Valley of Love tout repose sur les deux géants que sont Depardieu (exceptionnel) et Huppert. Guillaume Nicloux apporte à ca quelques dialogues bien sentis, et une touchante mise en abime.
Un film qui possède des faiblesse et des atouts. Le récit est assez lent, tout en épargnant l’ennuie pour le spectateur heureusement. L’intrigue n’est pas au point, après plusieurs facilités scénaristiques au début du film, c’est bien l’argument surnaturel qui est très peu travaillé. Le récit regorge de très bonnes idées avec beaucoup de potentiel mais gâchées en quelque sorte puisqu’il ne fait que les exposer et ne va pas jusqu’au bout de l’idée. Le scénario est passé à côté des véritables enjeux. Mais, l’écriture présente heureusement quelques atouts. Il faut dire que ce voyage surnaturel permet de suivre des trajets individuels intéressants, grâce à une belle écriture des personnages. Les personnages ont bien un vécu et leur méditation sur leur passé est digne d’intérêt. Ce pèlerinage désertique permet également de représenter un duel d’égos, l’invitation posthume intrigue et fait douter Gérard alors qu’Isabelle est bien moins sceptique. Enfin, les répliques simples permettent aussi d’ajouter du comique par moments. Le film bénéficie d’une interprétation excellente. Le duo formé par Gérard Depardieu et isabelle Huppert est en total symbiose, pour notre plus grand plaisir. Enfin, le film suscite l’émotion grâce à son interprétation, on peut bien entendu retenir cette scène magistrale très riche en sentiments qui se déroule dans le canyon, dans laquelle on ressent même des frissons, lorsque Huppert se met à crier, le numéro d’acteur est époustouflant. Une oeuvre originale. Critique entière sans spoiler disponible en lien.
Absurde, le scénario tient la rampe grâce à la présence des deux têtes d'affiche. Les deux vieux loups, touchants dans leur douleur, jouent sans forcer et convainquent aisément. Rompus à l'exercice, leur déconcertante sincérité entraine le spectateur dans un délire tourbillonnant fortement addictif.
Un couple désuni depuis longtemps se retrouve dans un endroit supposé magique à la demande de leur fils unique suicidé depuis plusieurs mois, qui leur y a donné rendez-vous dans une lettre adressée à chacun d'eux "pour les revoir". Une belle démonstration du pouvoir du talent de deux monstres sacrés du cinéma, Depardieu et Huppert qui, dans cet endroit grandiose et impressionnant qu'est la vallée de la mort, parviennent, avec des mots et des gestes de tous les jours, à nous faire croire à l'incroyable dans cette histoire d'amour et de mort.
Réunir deux monstres sacrés du cinéma, leur faire dire qu'il fait chaud, les faire crier au téléphone qui ne capte pas, les balader dans un paysage magnifique (c'est déjà ça) et vous obtenez cet objet filmique non identifié et creux. On n'attendait déjà pas grand chose à la vision de la bande annonce, mais le trip mystique pousse encore plus loin le n'importe quoi.
Fatigué lorsque j'ai vu ce film, j'ai dormi à plusieurs reprises. Quand il est question de mort, que de l'ensommeillement survienne n'est pas très étonnant. La voix de Gérard Depardieu est envoutante. Lorsqu'il lisait la lettre du fils mort adressée à sa mère, mes yeux se fermaient comme pour n'entendre que le timbre de sa voix. En d'autres moments du film, ce sont les cris d'Isabelle Huppert, qui m'ont extrait de ma léthargie. Cela n'a rien d'un film ennuyeux, mais parler de l'amour et de la mort réveille les pulsions de mort, celles desquelles on empêche la survenue lorsque l'insomnie vient en place d'un sommeil réparateur, lorsque l'endormissement semble inaccessible. Dans "Valley of love", le corps est là, massif pour l'un, Gérard, envahissant, contrastant avec la minceur de celui d'Isabelle. Je n'ai pas eu accès à l'ensemble de l'histoire, mais dans ces bouts tronqués, j'ai eu accès à la chaleur étouffante de la vallée de la mort, j'ai eu accès à la détresse de ses parents privés de leur fils, qui réussit le tour de force de les réunie au-delà de sa mort.
Guillaume Nicloux livre un film touchant sur le travail de deuil. Il fait appel à la délicatesse de deux immenses stars françaises : Gérard Depardieu et Isabelle Huppert. Entre eux, le réalisateur sème le trouble. En reprenant les prénoms des comédiens pour les personnages, il y a cette ambiguïté laissant penser que la réalité peut dépasser la fiction.
Avec cette promesse de revoir le fils prodigue, Guillaume Nicloux a l’ambition d’incorporer dans son scénario du fantastique métaphorique, symbolisant la douleur du deuil. La volonté des protagonistes de reconstruire un passé gâché est tellement forte qu’on ne sait jamais si ce qui se joue à l’écran est issu du subconscient des personnages ou d’une réalité dramatique.
Un cinéma flottant, planant, introspectif et tout simplement beau. Depuis Gerry de Gus Van Sant, rare sont les films qui me laisse la place de réfléchir, de ressentir et d'aller voir dans les marges du film. Valley of love est de ceux là.
L'anti cinéma du réel de Brizé (La loi du marché) qui ne montre rien d'inconnu et surtout n'apporte aucun espace de liberté au spectateur, juste condamné à regarder, les mains liées, l'humiliation des pauvres gens.
Valley of Love c'est presque comme du Lynch. Il nous oblige à nous libérer et à ouvrir la boîte inconsciente.
Avec Valley of love, Guillaume Nicloux propose une oeuvre assez déconcertante. A la fois road-movie,drame sur le deuil, le film bascule rapidement dans le fantastique et finit même par évoquer le cinéma de Lynch. Trouble et anxiogène, le film joue de sa structure assez redondante et offre une sorte d'esthétique de la variation et de la réputation qui, si elle sert le propos, peut parfois lasser. Epuré, tant au niveau des paysages que du scénario, Valley of love est un film éthéré, fantomatique dans lequel Huppert et Depardieu livrent des performances magistrales. Si le côté méta-ciné-autobiographique de l'ensemble apparaît comme un artifice un peu trop théorique, il est évident que les acteurs ont mis beaucoup d'eux dans leurs personnages. Film curieux, pas toujours maîtrisé, un peu bavard mais lancinant et troublant, mélancolique et poétique. Bref, une œuvre intrigante qui, à défaut d'être un grand film, marque assez durablement l'esprit.