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Un visiteur
3,0
Publiée le 27 mars 2015
A trois on y va explore trois visions de l’Amour à travers les passions amoureuses d’un couple à triangle amoureux qui s’ignore. Porté par la jeune garde française, le dernier film de Jérôme Bonnell réussit à offrir quelques rires sincères sans toutefois dégagé une émotion sincère.
Charlotte (Sophie Verbeeck) et Micha (Félix Moati) sont un jeune couple qui viennent d’emménager à Lille dans une maison qu’ils ont achetée après quatre ans de vie commune. En perte de repères affectifs, Charlotte trompe son concubin avec leur meilleure amie, Mélodie (Anaïs Demoustier). Tandis que, sans rien savoir de leur relation, Micha va également entamer une relation avec cette amie, pour tromper sa désillusion. Au centre de ce trio, Mélodie est réellement amoureuse du couple.
Anaïs Demoustier, fidèle à un cinéma français porteur de valeur, est passée chez Robert Guédiguian pour Les neiges du Kilimandjaro et Au fil d’Ariane. Lumineuse chez Ozon pour Une nouvelle amie, on l’a aussi aperçu dans La ritournelle. À la fois insouciante et épicurienne, elle apporte une fraîcheur et une intense joie de vivre à l’œuvre. Sophie Verbeeck, que nous découvrons, campe une jeune femme mélancolique, pour qui aimer semble difficile. Félix Moati, quant à lui, exprime parfaitement, un émerveillement renouvelé dans les plus petites choses, contrarié par une relation de couple ambiguë. Néanmoins, l’alchimie entre les trois acteurs fait défaut. Si la passion de Mélodie pour ses deux amants fait mouche, on ne ressent plus d’amour entre Charlotte et Micha. Les déclarations d’intentions des deux compagnons semblent alors vide de sens.
Malgré le talent de ces trois acteurs principaux, A trois on y va peine à rendre empathique le spectateur. Plutôt qu’une romance, c’est un vaudeville qui se déroule sous nos yeux. Ainsi, les ressorts du scénario prêtent plus à rire qu’à pleurer. Seule la musique, bien exploitée peut, de temps à autre, appeler le soupçon d’une larme sur nos joues. Avouons cependant que l’on rit de bon cœur et que quelques situations sont très bien pensées. Hilarité, par exemple, lorsque les deux amants de Mélodie lui font signe de s’en aller, l’un au seuil de la porte, la seconde à la fenêtre, ayant peur d’être découverts. Mélange de malaise et de rire gêné, également, devant l’incongruité des affaires que doit défendre Mélodie qui est avocate. Débouchant sur une fin pour le moins inattendue, le film de Bonnell trahi son intention de sortir des sentiers battus pour retourner à la norme.
A trois on y va est finalement une comédie sympathique restant à la superficiellement à la surface des sentiments contraires qui étreignent ses protagonistes. Sur le même sujet, nous vous conseillerons plutôt de voir Marie-Jo et ses deux amours du sus-nommé Guédiguian qui est un trésor de sensibilité et de dramaturgie ne pouvant, au contraire, laisser insensible.
Retrouvez nos autres critiques sur Une Graine dans un Pot :
Jérôme Bonnell aime à décrire les sentiments. L'exercice était effroyablement raté dans son dernier film, Le temps de l'aventure, de par la faute d'une erreur de casting XXL (un Gabriel Byrne momifié).
Ici, à l'inverse, si le film est charmant dans sa première partie, c'est grâce à son trio d'acteurs/trices. Anaïs Demoustier joue la solaire Mélodie avec un charisme incroyable. Elle aime et couche avec la sombre Charlotte (Sophie Verbeeck), avant de tomber amoureuse du copain de cette dernière, Micha (Félix Moati). Sur cette énième version du triangle amoureux et/ou du ménage à trois, Bonnell tisse une toile légère et séduisante, enchaînant des situations cocasses qui tentent avec succès de rafraîchir les situations de boulevard traditionnelles.
Cette première partie (qui prend Lille comme décor) est pleine d'alacrité et plutôt séduisante, bien qu'absolument anecdoctique. On perçoit vers la moitié du film que tout cela ne va pas forcément se densifier en terme d'enjeu narratif, et en effet, A trois on y va file benoitement vers une fin franchement convenue, se contentant de bien filmer la sensualité des corps.
On a l'impression que Bonnell a refusé de creuser les aspects les plus sombres de ses personnages, pour seulement filmer leurs élans. Il le fait avec une bonne volonté un peu niaise, qui anesthésie progressivement l'enthousiasme du spectateur.
Un trio amoureux, sans aucune vulgarité, avec de beaux sentiments, des interrogations, des attirances, des scènes cocasses, marrantes. Les acteurs sont beaux et touchants et très crédibles. Une fin sans grande surprise même si on aimerait penser qu'une telle attirance et complicité puisse être un idéal au sein d'une union...
Micha vit avec Charlotte. Ils s'aiment. Mélodie est l'amie de Charlotte, une amitié globale puisqu'elles font l'amour ensemble de temps en temps. Micha aime bien Mélodie jusqu'à ce qu'ils fassent aussi l'amour. Si vous avez bien suivi, Micha aime Mélodie et Charlotte, Charlotte aime Micha et Mélodie et Mélodie aime Charlotte et Micha. Si vous ne suivez pas, tout le même aime tout le monde mais tous ne le savent pas encore. De rendez-vous impromptus en rencontres inopinées, ces trois jeunes personnes vont jouer à un jeu de l'amour et de l'amour avec fraîcheur, grâce et un brin d'insolence. Cette comédie romantique, flirtant avec le marivaudage, le comique de portes qui claquent et même un peu le burlesque, a la mérite d'être vraiment rafraîchissante. Légère comme le tissu soyeux des robes courtes d'été des deux héroïnes, l'histoire avance doucement, sans aucune vulgarité, creusant un sillon fin et sensible. J'aime faire l'amour dit Mélodie... et prouve que l'amour se fiche du sexe, l'important étant que l'on soit en harmonie avec la personne désirée et aimée. Cependant, Jérôme Bonnell, en s'attachant plus à ce personnage, jeune avocate dans la vie, insère dans son film une once de réflexion, un questionnement du genre : "Est-ce que l'amour a besoin de lois? " La réponse du film pourrait être : "Non!" si l'on en reste sur le point de vue de Mélodie, qui si elle gère sa vie avec une totale liberté, se retrouve plus perdue face à son métier qui lui se réfugie derrière des codes bien précis. Et le film, dans un dernier tiers faisant la part belle à cette trouple ( nouveau terme qui apparaît peu à peu dans les magazines branchés depuis quelques mois) que forment les trois personnages, paraît prendre le pari légèrement audacieux de l'amour à trois en toute quiétude. Hélas, l'audace va finir par retomber pour prendre une route plus conventionnelle, empêchant peut être "A trois on y va" d'aller vraiment jusqu'au bout de ses promesses, comme s'il y avait une loi non écrite qu'un discours un peu marginal soit encore trop dérangeant (pour les spectateurs de télévision, car France3 coproducteur de l'oeuvre, dont on pense sans doute qu'un esprit trop libertaire les perturberait). La suite sur le blog
Après 5 films (Le Chignon d'Olga, Les Yeux clairs, J'attends quelqu'un, La Dame de trèfle, Le temps de l'aventure) et toujours de bonnes critiques presse, Jérôme Bonnell parvient pourtant difficilement à rencontrer un public complètement conquis. Avec "A trois on y va", et comme d'habitude avec des acteurs de choix, Anaïs Demoustier (souvent nommée comme Meilleur jeune espoir et récompensée du prix Romy Schneider et de l'Etoile d'Or de la révélation féminine, entre autre), Felix Moati (Télé Gaucho, Hippocrate...) et un peu moins pour Sophie Verbeek (2ème film à son actif) qui physiquement, visage trop carrée, trop dure, n'est peut-être pas le meilleur choix pour le rôle de la femme homo dans ce petit jeu à trois, il y a une belle intention, c'est pas mal, certaines situations sont très cocasses mais on reste aussi avec le sentiment qu'il ne va pas assez loin. Peut-être une transposition dans des lieux plus affriolants aurait permis de donner un côté plus moderne, plus magique au film...
Petite claque française ! un film qui donne envie de tomber amoureux ... L'amour a trois, un thème toujours fascinant au ciné.... avec en plus une splendide réalisation et un trio ... parfait ! Anais Demoustier de plus en plus dans les meilleures de sa génération. et puis personnellement revoir le Nord, même a l'écran, la cerise sur le gâteau !
Très agréable comédie romantique avec, bien évidemment, quelques petits apartés sur l'homosexualité, sur les relations entre trois personnages que tout rapproche mais que tout, hélas, aussi sépare... Belle interprétation des trois acteurs principaux!
La sous-intrigue judicaire manque sans doute un peu de cohérence avec la triangulaire mais surtout on remarque trop d'infos erronées (du contrôle routier à l'urgence de l'avocat de permanence). Une histoire qui repose sur les quiproquos et les risques inhérents aux mensonges, surtout aux remords et/ou interrogations sur ce qu'ils désirent vraiment. Malheureusement la conclusion reste démago finalement. Un très beau film avec surtout une Anaïs Demoustier magnifique, elle est l'atout majeur du film.
Charlotte a un mec, Micha. A priori ils s’aiment. Charlotte a également une copine, Mélodie, qui va devenir son amante. De son côté, Mélodie va aussi se trouver un mec. Le même Micha, l’amant de son amante... Voilà des petits amis parés en amour, avec chacun deux fers au feu. Et comme chacun déclare sa flamme aux deux autres tout en gardant le secret auprès du troisième, on ne vous dit pas le bazar dans la vie du trio amoureux ! On est dans l’amour à trois, mais sans trivialité. Le sexe pour le sexe n’intéresse pas les filles. Seul le désir compte. Et, peut-être le plaisir qui monte dans la confusion des sentiments. Dans ce libertinage innocent, mensonge et infidélité ne sont pas faciles à tenir. D’où les quiproquos de boulevard avec maîtresse cachée dans le placard. Comme dans le vaudeville, fou-rire en moins, humour en plus. A trois on y va est une comédie sentimentale dans l’air du temps. C’est toute l’habileté du film de Jérôme Bonnel. Se tenir à distance du dogmatisme militant et de la franche rigolade. Jouer avec les codes de l’amour, multiplier les rebonds et les angles, mais sans donner de prise au jugement. Ce qui l’intéresse au fond, lorsque l’on ment à quelqu’un qu’on aime, c’est de faire bouger le point d’équilibre entre la jouissance et la souffrance. Le numéro de funambule s’avère difficile à tenir. Sérieux s'abstenir. Mais Anaïs Dumoustier, Sophie Verbeeck et Felix Moati sont trop sympas pour qu’on boude, nous aussi, notre plaisir.
Film jeune et frais .. qui tient par deux petits "monstres" du cinéma moderne, j'adore Anais Demoustier en Melodie... - et son compère Felix Moati. En dehors des trois premiers rôles (avec Sophie Verbeeck), rien, et c'est un peu bizarre. L'histoire est super concentrée sur leurs sentiments. Une histoire à 3 dirait l'autre - donc rien de bien original, sauf que la fille trompe la femme avec son mari .... bon allez y je vais pas tout raconter.... C'est assez fin, et sans vulgarité... un tout petit peu lent. Aucune surprise pour le clap de fin..Bon parcours d'Anais Demoustier qui montre tout son talent et déjà plusieurs films..... Bref assez conventionnel !! **
un des problèmes majeurs du scénario est qu'il n'y a absolument aucun second rôle.....Cela devient un peu lourd à la longue, puisque A est amoureux de C et que B est amoureuse de C et donc que l'on tourne un peu avec une situation qui se répète, des apartés amoureux.....Et pourtant le film a le charme discret de la jeunesse qui s'essaie aux sentiments......Anaïs Desmoustiers, Felix Moati, Sophie Verbeeck, sont très crédibles en jeunes gens qui ne veulent pas devenir adultes (sic) et préfère le ménage à trois sans le dire mais en le pensant......Le charme du film est aussi dans une bande son subtile et douce, omniprésente dans le film....Heureusement il y a quelques scène de tribunal, une scène de discothèque pour apporter un peu de fraicheur et de surprise à ce film, doux certes, délicat certes, mais qui ne parvient pas à emporter le spectateur hors de ses pensées......Des défauts , des qualités, à vous de voir....
Très très beau film ! Il y flotte comme un air de printemps, on en sort forcément amoureux...Bravo aux comédiens qui portent le film avec force et vulnérabilité. Ils nous offrent l'harmonie d'un accord rare, fragile, sincère. Bravo au réalisateur, qui nous fait osciller entre la comédie et le drame, sans jamais forcer la note, toujours avec justesse. J'ai adoré !
Jérôme Bonnell est un réalisateur qui sait filmer les actrices et acteurs avec, toujours, cette beauté poétique. Il nous le montre une fois de plus dans ce nouveau long métrage. Une histoire filmée et interprétée avec un subtile mélange d'émotion et de drôlerie, de légèreté et de profondeur, d'amour et de tendresse. L'alchimie entre les trois acteurs est belle et rend le film d'autant plus beau. Des dialogues excellents, des acteurs parfaits, une lumière et un cadrage d'une beauté émouvante qui font de ce film un petit bijou comme on aime en voir dans le cinéma Français.Quel talent pour filmer ainsi avec poésie, humour et subtilité, les sentiments, la jeunesse, la peur, l'abandon, le désir, le couple, sans jamais tomber ni dans la vulgarité, ni dans la facilité. Anaïs Demoustier est capable de transmettre au spectateur des émotions comme seule une grande actrice peut le faire. C'est une (jeune) actrice qui ne cesse de me surprendre de film en film, tant elle douée. A trois on y va est un magnifique film à voir et à revoir.
Film gentillet et sympathique, dans l'air du temps mais très anodin et assez insignifiant dans son scénario et sa mise en scène vaudevilesque. les acteurs sont charmants, mais les enjeux sont tellement faibles qu'on se retient de bailler poliment...