Bien plus subtil qu'il n'y paraît, ce film nous renvoit une certaine image de notre société dans ce qu'elle a de plus détestable .... Belle interprétation de Alban Lenoir.
Film sur la rédemption d’un nazi mâtiné de politique, « Un français » est avant tout celui de la révélation d’un acteur : Alban Lenoir, tout simplement formidable. Si le métrage de Diastème n’est pas aussi intense que « American history X » dont il se rapproche par le thème, il sort tout de même son épingle du jeu avec ses personnages secondaires attachants, ses scènes de la vie quotidienne neutres mais pas superflues, ainsi qu’une fin moins nihiliste. Ce qui peut être gênant, en revanche, c’est le fait que l’on a l’impression qu’il change de dogme d’un seul coup, comme ça, c’est amené de façon trop abrupte, voire elliptique. Il manque une transition plus subtile qu’un simple revirement soudain.
un film dérangeant, choc qui nous relate le parcours d'un jeune skinhead avec ses accès de violences et de haines dans les années 80 jusqu'à nos jours, jusqu'à sa rédemption et sa transformation en un homme libéré de ses idées et devenu un homme bon et juste. Alban lenoir époustouflant porte sur ses épaules ce film. Les autres acteurs sont également bien. pour public averti
Le film commençait bien, mais il souffre de la comparaison avec les mêmes films du genre. Alban Lenoir est très bon, mais cela n’empêche pas le film de s'enliser dans le consensuel, alors que le sujet était poil à gratter. Les ellipses gâchent le film, parce qu'on ne sent pas le personnage évolué et cela dessert le film. Les scènes sont parfois trop plates, ça manque de peps, ça manque de génie, ça fait bien film français. Mais bon il y a quelques bons moments qui font que le film n'est pas non plus un désastre, ça se regarde, mais c'est loin de laisser une trace mémorable en nous.
"Un français" est une plongée violente dans les milieux de l'extrême droite tendance skinhead, jusqu'à l'extrême droite politique. La sobriété de la mise en scène permet de souligner l'âpreté de certaines scènes. Cela se calme en même temps que le personnage, pour le moins torturé. Le réalisateur a tenu à montrer le plus que possible l'évolution du contexte politique de l'époque afin de donner des repères temporels. L'acteur principal est très bon, et le réalisateur montre avec réalisme ces milieux là, dont il maîtrise les codes (marques de vêtements, coupes de cheveux, dialectique sommaire, etc.). Loin de juger son personnage en voie de rédemption, il l'accompagne, à la manière d'un "American History X" ou de "This is England", deux références du sujet.
Le film veut raconter une rédemption et dresser un portrait intimiste d'un repenti, mais il manque le coche quelque part dans le cheminement du personnage. Cela rend difficilement compréhensible cette envie de changement, malgré les scènes fortes distillées de ci de là spoiler: (la rencontre avec le pharmacien, l'électrochoc dans le bar) . En revanche, la plongée dans l'univers violent de la rue des années 90 est une vraie réussite. Bien sûr que l'on ne rencontre pas des skinneads néonazis à tous les coins de rue, ce n'est pas pour autant qu'il est interdit de focaliser sur eux. L'interprétation d'Alban Lenoir est remarquable et ce qui semblait être un sous "American History X" est bien un beau drame à part entière, certes plus imparfait que son modèle
Sans doute un film à classer « film indispensable » par son sujet, lequel est rare dans le patrimoine du cinéma français. Ca démarre fort et ça met mal à l’aise. Film à caractère « cinéma vérité ». Il est vrai que la comparaison avec « American History X » est inévitable. Mais ici « Un Français » ne s’embarrasse d’aucune explication contrairement au film américain où le personnage central voulait venger son père assassiné par un noir. On suit tout simplement Marco avec ses potes et peu à peu on devine son changement de position, là encore sans note explicative ou moralisatrice. Le temps s’étire sur trente ans et le réalisateur sème avec parcimonie des repères historiques comme la coupe du monde de football 1998, symbole fort d’intégration, où Marco semble bien le vivre. S’ensuit une conversation avec sa femme qui est détestable. Son évolution se devine aussi avec sa rencontre avec un pharmacien qui semble lui apporter la tranquillité d’esprit, voire la connaissance. Marco, skinhead, était nécessairement un homme rempli de colère, de haine, de peur et d’ignorance. On sent petit à petit qu’il est apaisé voire en paix avec lui-même et par voie de conséquence avec les autres. D’aucuns diront c’est un peu facile, on nous balance un personnage, on suit sa lente évolution sans savoir le pourquoi et le comment de sa volte-face. Voilà un film qui ne tient pas la main du spectateur. Il doit faire un petit effort de réflexion, deviner. A bien y regarder, à quoi bon rentrer dans une sorte d’historique d’un personnage pour justifier ses actes ? Diastème nous propose de suivre un personnage tout simplement, on le prend tel qu’il est comme une rencontre et à partir du moment où on accepte ce postulat, peu importe les explications, l’essentiel c’est de constater, même lentement, progressivement la rédemption de Marco. Diastème préfère bousculer plutôt que de nous guider, on suit ou on ne suit pas. Je ne suis pas toujours fan de ce postulat, mais là, j’ai fonctionné.
Je m'attendais à un film plus poignant, plus virulent. Finalement avec une scène d'ouverture violente, le film perd en intensité par la suite et ne nous apprend pas grand-chose sur les personnes appartenant à des mouvements ou des pensées radicales. Une vision un peu trop manichéenne à mon goût et qui manque de profondeur ou peut-être de recherches. J'ai le sentiment que ce film manque d'une vision, d'une identité ou bien d'une griffe artistique. Sans cela, on tombe rapidement dans le film état des lieux ou dans un docufiction qui manque de conviction...
Abordant un sujet qu’on a peu vu au cinéma, "Un français" débute de façon trépidante, avec des skinheads qui s’en prennent à des jeunes. Le ton est donné : la violence sans détour et la grande intensité de la première scène met le spectateur dans le bain immédiatement. Et c’est ainsi lors de l’ensemble des scènes d’agressions, ultra-violentes. Pourtant, dès l’entame, on sent que l’un d’eux n’est pas si mauvais, attentionné qu’il est envers ses parents, notamment son père. Ainsi Diastème nous invite à suivre le parcours de Marco durant de nombreuses années. On remarquera le travail d’archives remarquable auprès de l’INA pour les retransmissions télés, parmi lesquelles la chanson de Julien Clerc "Fais-moi une place", que je pense choisie méticuleusement. Le détail poussé à l'extrême fait de la première demi-heure un moment de très grande qualité, d’autant plus qu’Alban Renoir est véritablement bluffant. Qu’il soit tout calme, en plein pétage de plomb, parfois à la limite de la folie, ou en méditation sur lui-même, ce comédien que je ne connaissais absolument pas étonne, émerveille, époustoufle le spectateur de l’étendue de son talent. Avant de rentrer doucement dans le rang, en simultané avec l’apparition des facilités scénaristiques. Le passage d’une époque à une autre se fait sans transition. cette maladresse, ou pour être moins gentil ces facilités scénaristiques, a tendance à désarçonner un peu le spectateur, qui a besoin d’un peu de temps pour refaire le lien. La lente et longue rédemption est bien retranscrite dans le temps avec les années citées, mais l’impression hachée reste durablement dans la continuité du récit, donnant un aspect pas suffisamment développé à cette renaissance. Pourquoi ce revirement ? On ne sait passpoiler: , bien qu’on nous montre le héros en crise d’angoisse . Comment ce changement d’idéologie se construit ? On ne sait passpoiler: , même si on voit que Marco vole de petits boulots en petits boulots . Et encore, je ne parle pas de la fin qui laisse le spectateur sur sa faim. C’est dommage, le potentiel était là, et je ne peux m’empêcher de penser que ce film était un chef-d’œuvre potentiel.
Bon film dans l'ensemble, j'ai trouvé dommage que son changement soit si brutale. Le film est bien film, la caméra accompagne le personnage comme si nous faisions partit de la bande, les acteurs sont bon et le scénario également. Il est dommage qu'il ne soit pas apparus au cinéma, mais c'est tout de même normal. Je conseil le film.
Ce film mérite plus que ce qu'il n'a reçu. Il est très réaliste et mérite d'être vu par un grand nombre de personnes. Il est l'AMERICAN HISTORY X français. Il est extrêmement bien interprété, et réalisé et écrit. Il n'est pas sans intérêt, comme certains le disent, loin de là. Une grande surprise!