Une étoile pour l'interprétation de Bacri qui fait du Bacri. Seulement d'habitude son caractère de cochon sert des comédies où l'on sort de bonne humeur. Ici sa dépression ne sert pas la comédie mais au contraire ennuie et nous enfonce avec lui dans la mélancolie et la morosité. Un film chiant qui ne donne pas envie de lire le bouquin dont il est tiré.
Ce film ne laisse pas indifférent, tant pas sa légèreté au début que par sa gravité à la fin. Bacri endosse parfaitement le rôle de ce "dépressif joyeux". Le choix de concentrer le film sur ce type permet de partager sa solitude et c'est judicieux. Et puis il y a tous ces petits "symboles" : le GPS dont il se détourne en même temps qu'il se détourne de son quotidien, les nouvelles technologies qui isolent plus qu'elles ne sociabilisent,... Juste un peu perplexe sur la fin qui pourrait laisser penser que l'homosexualité se transmet. Ça me gêne un peu...
Michel Leclerc a bien du mal à enchainer depuis le succès d'estime en 2010 de son film décalé "Le nom des gens" sur les déambulations amoureuses d'une jeune pasionaria de gauche (Sara Forestier géniale) s'étant fixé pour mission de convertir les hommes de droite en couchant avec eux. Le film avait remporté le César du meilleur scénario original. Son film suivant "Télé gaucho" (2012) qui essayait d'emprunter la même veine décalée en suivant la vie d'une télé locale dans les années 1990 dirigée par de jeunes anarchistes idéalistes prêts à en découdre n'a pas rencontré le même succès. De sa veine purement sociale et politique, il bifurque en adaptant "La vie très privée de Monsieur Sim" du romancier britannique Jonathan Coe. Le recours à Jean-Pierre Bacri, notre bougon national, pour camper un pauvre hère en dépression douce après avoir divorcé était une excellente idée. L'acteur légèrement à contre-emploi dans la peau de ce doux rêveur assoiffé de contacts qui se heurte à l'indifférence générale y compris à celle de son père reclus dans le sud de l'Italie ne déçoit pas et pourtant ce road movie qui flirte un peu avec le "Broken flowers" de Jim Jarmusch (2005) ne convainc pas complètement. Sans doute à cause d'un manque de fluidité dans le récit qui ne nous laisse jamais entrevoir où tout cela nous emmène. spoiler: Le parallèle dressé entre la dérive de cet antihéros qui transforme une tournée promotionnelle pour une marque de brosse à dents en virée bucolique à la recherche de son passé et la disparition rocambolesque de Donald Crowhurst durant une course autour du monde en voilier en 1969 est plutôt parlant tout comme cette idée de dialogue entre Monsieur Sim et la voix féminine de son GPS. En revanche la fin qui semble dessiner spoiler: un atavisme familial entre le père et le fils au sujet d'une homosexualité refoulée rétrécit grandement la portée initiale du propos sur le manque de place laissée au langage dans nos sociétés moderne . Une rencontre un peu vaine donc qui demeure malgré tout sympathique. Et puis voir un film avec Jean-Pierre Bacri comme voir un film avec Fabrice Luchini ne fait jamais de mal.
Je m'ennuyais ce vendredi soir et suis donc allé voir Mr Sim, histoire de m'enfoncer plus encore. J'en suis ressorti plein d'espoir... Je vais arrêter de parler à des boites de conserves "Tiens, ça a l'air d'être bon ça !" Joli film, Bacri y est émouvant mais la bande annonce est nulle.
Monsieur Sim, "comme la carte", est maladroit avec les femmes, méprisé par sa fille,collant avec les inconnus. Dépressif, inadapté à l'époque ( un homme qui cite Jean Poperen dans ses influences, s'il ne peut être méchant, n'est pas tout à fait de son temps ) il se confie au GPS de sa voiture de société et rêve de larguer les amarres. Il serait agaçant de candeur s'il ne se cachait à lui-même une faille qui sera dévoilée petit à petit par le biais de flashbacks sur sa jeunesse ou, plus troublant, celle de son père à qui il est indifférent aujourd'hui, et ce, jusqu'à une révélation aux allures d' apaisante épiphanie. Impeccablement interprété par un Bacri plus nuancé que d'habitude et des seconds rôles bien dessinés, La Vie très privée de Monsieur Sim - le titre est excellent - est la bonne surprise de cette fin d'année.
Heureusement que Jean-Pierre Bacri tient le film de part comme d'habitude son super jeu et sa merveilleuse interprétation! Souvent dérisoire et parfois drôle mais trop répétitif, la satire social et la mixture du personnage soit disant dépressif ne prennent pas, du moins pas aux yeux des trois téléspectateurs ensemble que nous étions, l'on a fini par trouvé le tout trop long, l'ambiance au final assez peu crédible.
De cette adaptation du roman éponyme de Jonathan Coe, Michel Leclerc réalise un film à la fois original, tendre, émouvant et surprenant. Au sujet de l'œuvre qui inspire son scénario, subtil et parfaitement écrit avec Baya Kasmi, le réalisateur déclare : "C’est un roman sur le désir de fuite, la tentation de Venise. On a tous envie de s’échapper, de quitter la civilisation pour aller vers des contrées désertes, d’être confronté au vide, à la nature, à son destin. On a besoin de métaphysique." Tous les virages que s'autorise le scénario apportent un intérêt particulier qui monte crescendo. L'ensemble est accompagné par une bande son particulièrement réussie signée Vincent Delerm. Aussi courtes soient leurs participations, d'Isabelle Gélinas à celle de la belle Valeria Golino, ou encore Vimala Pon et Linh-Dan Pham, les actrices sont toutes excellentes. Le duo, composé par Félix Moati, et Vincent Lacoste pour cette "grande histoire d’amour ratée" est très convaincant. Mathieu Amalric, parfait. Jean-Pierre Bacri, enfin, dans un rôle totalement inattendu est, comme toujours, remarquable. Ce film restera un très bon moment de cinéma.
Subtil, humain, et d'un scénario surprenant jusqu'à son retournement final, le nouveau film de Michel Leclerc est un ravissement. Autour de Jean-Pierre Bacri gravitent des seconds rôles impeccables, de Mathieu Amalric à Vincent Lacoste en passant par l'exquise Valeria Golino.
C'est l'histoire d'un vrai looser qui fait de sa vie un ratage complet du coup le film pourrait sembler plombant et ennuyeux eh bien pas du tout , Bacri fait du Bacri plutôt pas mal et les situations absurdes nous font bien rigoler ce qui au final donne un film original avec des bons second rôles
Voilà une comédie dramatique où Monsieur Bacri a sa place. Il est exceptionnel, hilarant et émouvant.
D'une solitude profonde, dépressif, il démissionne et devient colporteur...
C'est une quête qu'il va, sans s'en rendre compte, réaliser à travers sa zone de chalandise, renouant avec le passé et découvrant un avenir à l'horizon incertain.
Il est rare de voir cet acteur sans Madame Jaoui, et je dois dire que c'est bon de le voir ainsi. Son pince-sans-rire est tout à fait adapter à se rôle et à ce scénario incroyable bien ficelé.
Je ne peux que vous conseillez de voir ce film, même si parfois, le désarroi de cet individu a tendance à traverser l'écran et venir vous happer.
Un homme en pleine dépression. Voilà qui allait pouvoir être parfaitement joué par un Jean-Pierre Bacri sachant toujours faire ressortir les émotions. Son travail d'acteur est d'ailleurs excellent. Celui des seconds rôles tout autant (Amalric et Golino notamment). Mais la deuxième partie du film m'a un peu perdu, avec l'impression d'en débuter un nouveau à mi-parcours avec ces flash-back. Pas convaincu. Lire ma critique complète :
Monsieur Sim est un quinqua en pleine déprime. Sa femme et son boulot l’ont quitté. Son amoureuse et son père se passent de lui. Qu’importe, il encaisse. Comme il assume le job de VRP en brosses à dents qui le conduit en région Paca. Malgré les conseils d’Emmanuelle, la voix de son GPS, « la seule qui ne le juge pas », ses sorties d’autoroute sont surtout l’occasion de prendre la tangente avec la réalité pour mieux retrouver son passé… Son enfance, ses premiers amours, sa fille incomprise et ce père à qui il ressemble tant… Roadmovie du dépressif, rempli de flashbacks, l’échappée de Monsieur Sim est évidemment une plongée dans le psy d’un type un peu gauche qui se veut comme les autres mais se qualifie de « lamentable erreur ». Et plus le looser perd pied, plus il donne le change. Sa vie est la dramatique comédie de notre incapacité à faire face. Et plus simplement à communiquer pour de vrai. Curieusement, ce n’est pas sur ce terrain, parfois un peu fumeux de l’hérédité sexuelle, qu’on préfère suivre Michel Leclerc. Mais plutôt dans la jolie métaphore qui lie le destin de son héros à celui d’un navigateur solitaire qui s’est laissé dériver et périr en mer plutôt que d’avoir des comptes à rendre à l’arrivée. Le changement de registre ajoute du trouble dans un scénario parfois confus. Jean-Pierre Bacri, omniprésent dans le film, abandonne avec réussite le rôle du bougon intra-biliaire pour celui du combattant que sa solitude a rendu fou. Du coup, il est bien plus touchant qu’agaçant. Et puis, l’acteur et le réalisateur aiment tellement la langue et les mots que les dialogues sont comme ciselés par des orfèvres.
Incarnation naturelle de l'antihéros dépressif, Jean-Pierre Bacri est une fois de plus, impeccable dans cette tragicomédie. Naviguant entre "Her" et "Greenberg", le dernier film de Michel Leclerc émeut forcément et on ne peut qu'éprouver empathie pour son personnage principal. Ici, tout est triste : la situation familiale, l'environnement, la Société d'hygiène buccal, et même la météo. Malgré tout, Mathieu Amalric parvient à insuffler une once d'optimisme et d'amour et Monsieur Sim entrevoit enfin une porte de sortie... Une belle histoire