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Un visiteur
4,5
Publiée le 13 janvier 2017
bluffé par tant de maîtrise sur tous les niveaux: musique, intensité des scènes, communication non verbale au travers des visages, intrigue...ce film est hypnotique !
Tout a été dit par les autres commentateurs. J'ajoute juste un bémol : le son est merdique. Ca m'énerve quand on ne comprend pas ce qui se dit quand ça chuchote. L'ingénieur du son = pas terrible.
Le désir de venger son père amène Pier Ullman (excellent Niels Schneider, profond, sensible, vibrant, magistralement redécouvert par Arthur Harari ) tout de réserve fiévreuse et d'enfance cruellement blessée, à revenir à ses racines, dans sa famille de diamantaires Anversois qu'il ne connait pas. Il lui faudra traverser des réalités intérieures chatoyantes, en passant par les faux-semblants du temps passé et présent, peu à peu révélés au sein de sa famille. Tout comme il formera son regard à discerner le faux, l'illusoire, et à reconnaître la pureté du diamant véritable, et d'y suivre le parcours changeant de la lumière, dans ce rare univers ou elle ne file pas en ligne droite et prévisible. De même il aura, face à ses choix, aux conflits de loyauté envers ses pères, ses sources multiples de filiation, et donc d'avenir, à discerner, parfois dans l'extrême urgence, entre sa vérité profonde et le compromis. Magnifiquement réalisé par Harari dans ce 1er film maîtrisé de main de maître, merveilleusement interprété par les acteurs, ce film est une pure merveille. Sans compromis.
Beaucoup trop de dialogues inintelligibles, et pas uniquement à cause de l'accent. Par ailleurs, la scène qui a a généré le "grain de sable" spoiler: (l'agression sexuelle la veille du casse) n'est absolument pas crédible dans son positionnement dans le temps.
Quel intensité dans ce film ! Il est facile de glorifier la vengeance en présentant la revanche du juste contre le mauvais, la réalité est souvent plus trouble et lourde de conséquences. Les mots entrainent les actes, qui provoque des dégâts irréparable. Rien n'est tout blanc ou tout noir, par contre les liens du sang seront toujours rouge.
Une mise en scène tendue et des scènes parfois sanglantes autour de l'histoire familiale et sombre de Pier, campé par un épatant Niels Schneider. Un milieu étonnant et intéressant que celui des diamantaires de Ancers comme cadre au film. A découvrir !
Un casse qui tourne au tragique. C'est aussi en parallèle l'histoire tout aussi tragique D'un membre d'une famille inscrite depuis des générations dans le commerce du diamant.
Ce film est assez décevant. Le scénario est particulièrement vieillot, la dramaturgie n'étant qu'une histoire de père-maitre-fils-caste. La seule fille ne joue qu'un rôle d'objet de désir. On a vraiment l'impression de voir un scénario qualité française des années 60, masqué sous une mise en scène contemporaine. On regarde donc se dérouler l'histoire sans être vraiment ému, et en se demandant si ce film n'est pas autre chose qu'un exercice de style, une sorte de bon film du dimanche soir, aussitôt oublié le lendemain. Cependant, Niels Schneider est vraiment convaincant, avec sa fragilité et sa manière de se déplacer maladroite.
Malgré que le film soit joué par Niels Schneider, il reste incompréhensible surtout la fin, l'histoire part dans tous les sens et pas mal de scènes sont ennuyantes et inutiles. J'ai aussi été déçu par le rôle des femmes dans cette histoire qui est complètement inutile et inefficace, encore une fois ce film contient en effet que des hommes.. L'histoire est donc pas très recherchée à mon avis personnel. Cependant, c'est un film noir avec des cotés positifs.
Qu'il est fascinant de regarder un premier film, d'autant plus lorsqu'on parle d'Arthur Harari ! Pour inaugurer son cinéma, il décide d'installer son récit dans le milieu des diamantaires, entre Anvers et la Côte d’Azur, et suit Pier revenu dans une famille juive prospère après la mort d’un père qui s’estimait spolié par ses propres frères. Officiellement, il s’agit de renouer. En secret, de solder une dette ou du moins, ce que signifie hériter d’une faute et d’un désir qui ne sont peut-être pas les siens.
La première séquence frappe comme un manifeste. Un diamant taillé, une lumière froide, la précision d’un geste. Puis l’accident, des doigts tranchés. La brillance et la mutilation se répondent. Harari pose une maxime : toute valeur a son coût. Toute pureté suppose une coupe. Le film promet une économie morale où le sang et la valeur obéissent à la même logique de compensation. Mais de cette maxime, je tiens paradoxalement tous ses défauts.
La mise en scène s'attarde d'abord sur les gestes professionnels. Tailler, polir, retrancher. Puis progressivement, presque parallèlement le récit organise la dette comme moteur dramatique. Restaurer un équilibre devient une opération comptable. Cette articulation entre capitalisme et tragédie est l’intuition la plus stimulante du film. Le diamant devient unité de mesure du manque.
Pourtant, Pier avance sans véritable fièvre. Il accomplit un programme hérité plus qu’il ne le choisit. Cette passivité est une idée forte. Comment habiter une vengeance transmise. Mais je trouve que cela émousse la tension. La fatalité annoncée par l’ouverture peine à trouver son intensité. Ainsi le dénouement semble désamorcer la machine tragique qu’il avait patiemment montée. En d'autres mots, le film me fascine moins par son accomplissement que par sa question. Si tout peut se racheter, que vaut la faute.