La contre enquête est tout à fait passionnante en plus d’être une très belle reconstitution avec une pléiade d’acteurs excellents. Le film est un bel hommage aussi à cette erreur judiciaire et politique avant tout.
Un peu perplexe sur ce J'accuse. Si je suis ravi de découvrir enfin un peu mieux l'ensemble du déroulé des évènements, qui semblent, avant recherches de compléments, solides et crédibles, je le suis un peu moins sur la conclusion du film qui semble très expédiée et quelques autres éléments. Aussi, des évènements importants arrivent et pourtant n'ont pas de suite, spoiler: comme le meurtre de l'avocat ou encore la demande en mariage , pourquoi les montrer à ce moment là ? Dans le prolongement le film se concentre très largement sur le colonel Picquart, duquel on aura pas son fin mot sur cette affaire, surtout après son ultime rencontre. Rencontre pour laquelle on nous assène qu'ils ne se croiseront plus et terminé rideau. C'est un peu dommage il y a avait matière à apporter de la profondeur avec pourquoi pas une discussion conclusive sur l'affaire et ses suites. Aussi plus gênant le film présente l'ensemble ou une énorme majorité de français de l'époque comme antisémites, sans nuances, alors qu'on sait que c'était une frange de droite minoritaire. Ca existait et façon très vive mais c'était loin d'être l'ensemble comme c'est présenté. Ce qui est dommage c'est qu'il est possible de dénoncer, quitte à garder les mêmes scènes d'autodafés par exemple, tout en apportant un contre poids, qui a existé et n'est pas montré. Pour le reste la narration est dans l'ensemble bonne, la réalisation est très académique voire terne mais la reconstitution fin du 19ème est très crédible. Plutôt un bon film historique mais qui se contente du strict nécessaire et oriente maladroitement pour servir son propos, qui n'avait pas besoin de ça.
Un grand film, qui reconstitue à merveille l’affaire Dreyfus, une honte nationale pour la France. Le traitement de l’histoire est étonnante et nous embarque d’emblée dans un genre d’affaire policière et d’espionnage, distillant un bon suspense du début à la fin. Les costumes et les décors sont vraiment remarquables et contribuent à l’atmosphère prenante et à l’authenticité. Excellent casting, avec les belles interprétations de Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, entre autres…
Un film avec une reconstitution d’époque remarquable et une pléiade d’acteurs (de la comédie française en particulier) qui permet de comprendre (de manière un peu simplifiée) ce que fut l’affaire Dreyfus. En fait ce film est une œuvre d’intérêt public. Il est dommage que la polémique sur metoo, elle aussi d’intérêt public, ait impacté la diffusion d’un film de référence.
C'est mal filmé et ennuyeux. Les plans sont vides et sans intérêt. Merci Polanski pour votre respect des femmes et des enfants. Pour tout cela je prends la peine de vous laisser une évaluation bien méritée.
Pas de polémique, j’hésitais à voir le film pour ses qualités filmiques. J’y suis allée. Je le critique en m’ôtant de la tête tout lien avec la bio de son auteur.
En plus, j’ai plutôt aimé ce film, réserves comprises. J’admire franchement la reconstitution de l’affaire et la construction du scénario. Le film commence au bon moment, à savoir à la première fin de l’affaire Dreyfus. Le colonel est condamné, le film ouvre sur sa « dégradation ». Les officiels de l’armée se congratulent, le débat est assez lointain… Le dossier secret qui n’a pas été rendu publique est mentionné, mais dans l’armée ça ne choque personne. Le scénario alterne ensuite scènes au « présent » et flashbacks sur le premier procès. Le colonel Picard (Jean Dujardin) prend ses fonctions au ministère du renseignement. Il découvre la machine ministérielle qui a conduit à la condamnation de Dreyfus, dans laquelle il a joué rôle assez extérieur. J’ai apprécié que le scénario décrive assez précisément le modus operandi de l’espionnage: les techniques de classement, d’écoute, de transmission d’écrits compromettants. Les « pièces » du dossier sont reconstituées par flashbacks : la comparaison des dossiers des officiers, l’expertise en écriture, l’arrestation rocambolesque du colonel Dreyfus.
On comprend tout de l’affaire Dreyfus, sans que ce soit raconté de manière trop linéaire, et avec un soupçon de romanesque. Ce romanesque est beaucoup amené par Louis Garrel lui-même en Dreyfus, notamment la scène où il est conduit à son arrestation par son ancien professeur qui devient son sauveur quelques années… trop tard. L’envoi à l’île du Diable (impossible de faire plus badass), les scènes de « bagne » sous la pluie tropicale, les « fers » narrés dans une lettre à son épouse, lue par Picard alors que sa maîtresse dort à ses côtés, sont… très réminiscences du Comte de Monte Cristo. Et pourtant… pas de doute, ces détails sont tristement réels.
La suite sur https://legoutducine.home.blog/2019/12/22/jaccuse/
Ce film est une réussite parmi les plus brillantes de Polanski, cinéaste décrié avec un excès aux confins du ridicule (pitoyable cérémonie des Césars avec la commune Haenel et son coup d'éclat). Ici, tout est maîtrisé : le scénario parfait, l'interprétation magistrale, la manière intelligente dont cette affaire connue de tous est traitée. Un remarquable film.
Jean Dujardin est encore une fois impeccable dans son rôle. Je ne m'étais jamais intéressé plus que ça à l'affaire Dreyfus , voilà chose faite.
Bien évidemment le rythme est lent et mieux vaut être en forme pour le regarder , après tout c'est un film retraçant une affaire judiciaire militaire.
Malgré les fonds verts assez grossiers , on peut noter le travail sur les costumes et le maquillage ainsi que des lieux authentiques pour tourner certaines scènes.
Malheureusement , le début du film est plutôt difficile à comprendre si on ne s'est jamais intéressé auparavant à l'affaire.
Déjà que je ne voulais pas le voir à cause de Polanski… mais bon, fallait quand même le voir. Mais quelle déception. Jeu d’acteur terrible, dialogue triste, décors mal ficelés… bref insipide ! Ah si, les les costumes !
Du grand spectacle ! D'abord, une affaire exceptionnelle, histoire vraie d'une injustice, une affaire judiciaire et politique teintée d'antisémitisme. Ensuite une ribambelle d'acteurs de talent, tous excellents, mention spéciale pour Jean Dujardin qui apparaît dans quasiment toutes les scènes. Enfin un scénario, une mise en scène, des costumes et des décors qui font plonger le spectateur dans cette fin de XIXe siècle. Alors c'est sûr, on ne rigole pas. Ce qui ne m'a pas empêché de remarquer que le colonel Sandherr s'occupait donc du service de la statistique de l'armée, avant de se lancer dans le poulet frit. Ceux qui ont trainé leurs guêtres dans les tribunaux apprécieront ici aussi un bel exemple de non-respect du contradictoire. S'il serait un reproche à faire, ce serait que J'Accuse est assez difficile à suivre, surtout quand on ne connait pas grand-chose à l'affaire Dreyfus. Quelques dates auraient été les bienvenues pour se repérer dans les multiples allers-retours. D'un autre côté la mise en scène choisie force à l'attention et à suivre la démonstration du colonel Picquart, envers sa hiérarchie et le gouvernement. À voir absolument !