Une salle immense dans un grand hôtel de Budapest. Une bonne centaine de petites tables, sur chacune trône un échiquier et, de part et d’autres de ces tables, des joueurs. Une estrade abrite les parties les plus prestigieuses, parties que l’on peut suivre sur un écran et qui sont disséquées en direct par des commentateurs auxquels il n’est pas interdit d’affubler l’adjectif « sportifs ». Dans la seconde qui suit, le 34ème Tournoi International de Budapest va commencer. Il commence. Un seul participant manque encore à l’appel, le favori du tournoi, le français Cal Fournier, tout nouveau champion de France. Avec un retard bien calculé, il pénètre dans la salle, tel un boxeur qui s’apprête à monter sur le ring. Il s’installe. Il est ivre mort et s’endort. C’est ainsi qu’Elodie Namer, dont c’est le premier film, nous fait faire connaissance avec la star du clan français, un clan qui comprend quatre hommes entre 20 et 30 ans et Lou, une jeune femme d’une petite vingtaine d’années. Malgré la présence à leurs côtés de Viktor, coach de Cal et ancien vice-champion du monde d’échec, cette troupe se montre d’une immaturité confondante, passant son temps à jouer, dans tous les sens du mot, à se déguiser et à s’affronter à coup de paris, le plus souvent totalement stupides. Toutefois, pendant les sept jours que va durer ce tournoi de Budapest, Cal va évoluer, va devenir un homme, un véritable humain. Pourquoi ? Parce qu’un caillou va venir se nicher dans une chaussure. Ce caillou, c’est Max, un gamin de 8 ans, un véritable génie des échecs, autodidacte, ne rentrant dans aucun des moules connus en matière de tactique. Un gamin qui va venir torturer l’esprit de Cal dans lequel le film nous a plongé, le faire tanguer, le faire vaciller.