Thriller horrifique réalisé par Levan Gabriadze, Unfriended est un bon long-métrage au concept singulier. L'histoire nous fait suivre Blaire Lily, une adolescente qui discute en visioconférence sur Skype avec son petit ami Mitch Roussel. Bientôt rejoints par l'arrivée de quatre autre amis, le groupe est intrigué par la présence d'un utilisateur inconnu qui a rejoint la discussion. Malgré leurs efforts pour l'exclure, l'intrus s'accroche à la conversation. En consultant le profil de l'intrus, Blaire se rend compte qu'il est lié au compte Facebook de Laura Barns, une lycéenne ayant mis fin à ses jours en se tirant une balle dans la tête après qu'une vidéo humiliante d'elle a été postée en ligne et est devenue virale. Blaire, qui n'est autre que son ancienne meilleure amie, se met à paniquer. Commence alors un jeu macabre de la part de l'utilisateur inconnu qui va faire vivre un enfer aux six membres en ligne en semant l'inimitié entre eux. Ce scénario s'avère prenant à visionner tout du long de sa durée d'une heure et vingt minutes. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue simple mais terriblement efficace devenant de plus en plus inquiétante au fil des minutes, à la faveur des révélations que l'inconnu va balancer sur chaque membre du groupe qui va peu à peu se disloquer. Les secrets enfuis vont être révélés ce qui va provoquer le chaos en ligne. On peut tout de même lui reprocher son aspect surnaturel coupable de quelques facilités scénaristiques poussant à suspendre son incrédulité. Néanmoins, le concept est vraiment bien ficelé en filmant uniquement l'écran de Blaire et les actions qu'elle exécute depuis son ordinateur. On navigue ainsi d'un onglet à l'autre et chaque nouveaux lien sur lequel elle clique et chaque nouvelle fenêtre qui s'ouvre fait craindre le pire. Le sujet du cyberharcèlement est lui bien traité. L'ambiance se veut flippante avec cette menace virtuelle emprisonnant ses victimes en les obligeants à rester connectées sous peine de mourir. L'ensemble est porté par des personnages plutôt appréciables. Des rôles correctement joués par une distribution comportant Shelley Hennig, Moses Jacob Storm, Renee Olstead, Will Peltz, Jacob Wysocki et Courtney Halverson, alors que le fantôme de Laura Barns est incarné par Heather Sossaman. Tous ces individus terrifiés entretiennent des rapports basés sur la panique et l'accusation qui génèrent du stress et de l'angoisse. Des échanges soutenus par des dialogues authentiques de bonne facture, bien que trop bruyants par moments. Si le fond est réussi avec un récit bien écrit, le métrage se démarque avant tout sur sa forme avec la réalisation paradoxalement aussi basique que complexe du cinéaste russo-géorgien. En effet, sa mise en scène peu paraître sommaire puisqu'elle se contente d'un plan fixe sur un écran. Mais toute la complexité réside à faire en sorte que cette image fixe s'anime afin de captiver. Et elle y parvient très bien grâce aux multiples pages web ouvertes et la navigation dynamique entre celles-ci. On passe des sites aux conversations de façon fluide et instinctive. De plus, il intègre des éléments renforçant le réalisme avec des problèmes de connexions et des artefacts sur les images des webcams. Ce visuel immersif est accompagné par une bande originale peu présente mais dont les titres sont marquants du à leur façon d'être entendus puisqu'ils sont intégrés via le propos. Le reste du temps, l'ambiance sonore est assurée par les échanges verbaux mais également par les sons de certains programmes. Ces derniers parviennent parfaitement a générer de la peur alors qu'ils sont pourtant inoffensifs en temps normal. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Unfriended qui, en conclusion, est un film faisant frissonner méritant d'être découvert.