Les Vitelloni
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 décembre 2013
Durant une année, dans une petite ville de province qui devient station balnéaire en été, vivent cinq jeunes hommes comparés littéralement dans le titre du film à de gros veaux qui tètent encore leur mère alors qu'ils devraient être depuis longtemps sevrés. « Ils arrivent à la trentaine bien sonnée, en pérorant et en rabâchant leurs blagues de gamins, précise Fellini... Ce sont les chômeurs de la bourgeoisie, des chouchous à leur mémère. »
Ces cinq « vitelloni » sont Alberto, paresseux bon vivant, Leopoldo, poète raté certain d'un avenir talentueux, Riccardo, ténor amateur, Moraldo, le plus jeune d'entre eux, noctambule mélancolique. Le dernier, Fausto, a mis enceinte Sandra et est obligé de l'épouser. Marié, il ne renonce pas à sa vie de Don Juan. Devenu malgré lui vendeur magasinier dans une boutique d'objets pieux, il essaie de séduire la femme de son employeur… Deviendront-ils adultes ? C’est la question que l’on se pose tout le long du film. Malgré les coups de la vie, on les voie s’enferrer dans leur oisiveté et dés errance ou rentrer dans le rang pour satisfaire tout bonnement au carcan moral de l’Italie provinciale. Seul le plus jeune, Moraldo, mais le plus mature parvient à échapper à cette pauvre vie par la fuite vers Rome. Sans jamais juger, il aide ses amis sans compter mais aspire à une autre vie ; il est certainement aussi le narrateur du film mais aussi Fellini lui-même jeune. Ce dernier révéla une touche autobiographique dans ce film. Il est de plus issu de la ville de province où se déroule l’action, et son départ vers Rome marqua le début de sa carrière.
L'histoire du couple Sandra-Fausto elle-même ne représente pas le fil conducteur du film. Elle passe parfois au second plan et d'autres personnages comme Alberto ou Moraldo deviennent les protagonistes de séquences entières. Il s’agit en effet d’une histoire de copain et le but est de montrer que leurs vies va prendre un nouveau tournant durant cette année ; on ne peut rester éternellement des « vieux jeunes ».
Issu de la tradition néoréaliste italienne, Fellini décrit les réalités quotidiennes, sur un ton mélancolique et un rythme nonchalant. Un an après, il connaîtra la consécration avec La Strada après le Lion d’Argent pour celui-ci. Il s’évertue ici à décrire la société italienne dans sa globalité : le peuple comme le père de Fausto, les bourgeois comme la famille de Sandra, les paysans, le monde ouvrier,…
Et puis surtout il montre un tissu social réparti en deux groupes autour de la morale ; d'un côté, les parents, les personnes établies, Sandra ; de l'autre, les « vitelloni ». Cependant, ces deux groupes reconnaissent les mêmes valeurs morales, soit en les respectant, soit en les transgressant de façon honteuse. Ces valeurs sont le travail, la famille et l'Église. Tout le film exprime ce qu'est la morale catholique à l'italienne : on connaît ses devoirs, mais on ne les accomplit pas toujours ; on commet des péchés ; on vit ensuite dans le repentir ; on subit les punitions, dans la douleur ; puis on est absout et tout le monde se réconcilie, afin que tout recommence. Partir dans ce contexte est la seule façon d’y échapper.
Le tout n’est pas très passionnant hormis l’étude sociologique d’une époque. La musique de Nino Rota apporte tout de même de l’ampleur au film.
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juin 2025
Chronique sociale douce-amère sur des éternels adolescents paresseux qui refusent d’entrer dans la vie d’adulte. 3,25
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 février 2013
Les Vitelloni ce sont ces trentenaires qui s'ennuient dans une station balnéaire à la fin de l'été, ce sont ces "veaux" qui se traînent, qui ne quittent pas leur foyer natal et qui ne font que penser aux femmes et à l'argent. Federico Fellini dépeint une classe de gens qu'il a bien connu et apporte une touche de satire dans un néo-réalisme italien alors bien sérieux. Il ne se passe rien dans le scénario si ce n'est quelques aventures menées par une poignée de personnages plus ou moins médiocres. Le réalisateur n'hésite pas à montrer ce qu'il pense et fait un portrait peu reluisant d'une certaine classe italienne. Le problème c'est que les personnages s'ennuient et nous aussi au bout d'un moment, peu aidés par la mise en scène assez simpliste. Le cinéaste n'est pas encore au sommet de son art mais cela ne saurait tarder.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 août 2012
Ce film était passé à la télévision en 1973, et bien qu'il ait été tourné 20 ans auparavant il semblait proche de l'atmosphère de l'après 68 : paresse et goût pour la provoc. Un film qui n'a pas vraiment vieilli car même aujourd'hui il est d'actualité.
Jipis
Jipis

44 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 juin 2012
I Vitelonni est l’épopée immature d’une certaine classe moyenne ayant échappée à la déchéance sociale préférant camoufler une grande détresse existentielle dans des comportements détachés de toutes responsabilités plutôt que d'offrir ses bras à un pays ayant besoin de se reconstruire.

La nuit la fête est quotidienne, la récupération s’effectue le jour après un réveil bien souvent pénible, les traits tirés, le regard interrogatif et légèrement lucide sur un état parasite au repos mais de nouveau opérationnel la nuit tombée.

Le culte de la paresse rayonne dans l’esprit de petits bourgeois miteux avec comme unique perspective la récurrence de l’ennui. Pendant ce temps-le maçon trime sur les routes en tentant de ramener par la sueur une nation exsangue à la vie.

I Vitelonni premier chef-d’œuvre de Federico Fellini montre l'association contrastée d'un territoire dont les seuls composants ne sont plus que l'existentialiste et le travailleur de force,

Un rapport quotidien dédaigneux entre le désoeuvré en lutte contre la pelle et la pioche sur un territoire en miettes.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mai 2012
Parfaitement écrit et parfaitement réalisé, «I Vitelloni» est souvent considéré comme le premier vrai film de Fellini, son premier chef-d'oeuvre. Bien sûr il fera beaucoup mieux par la suite, mais il est étonnant de remarquer que tous les thèmes récurrents qui parcourent son oeuvre sont ici déjà exposés : l'amitié, la solitude, le couple, la fidélité, l'immaturité, la dégradation des rapports familiaux, la paternité, etc. Il préfigure d'ailleurs grandement «La Dolce Vita», le personnage désabusé de Moraldo anticipant quelque peu celui que jouera Marcello Mastroianni. Avec le jeune Moraldo, le bellâtre Fausto est l'autre figure centrale du récit. Complètement inconscient de ses responsabilités, coureur de jupons invétéré, menteur et fainéant, il reste toutefois attachant tant sa nature infantile se retourne contre lui. Mais «I Vitelloni» c'est aussi et avant tout un portrait de groupe, celui de 5 personnages archétypiques (autant de facettes différentes de la personnalité du cinéaste pourrait-on dire), 5 trentenaires désoeuvrés vivant aux crochets de leurs familles respectives. Fellini réussit brillamment à brosser un tableau à la fois picaresque et social d'une certaine société italienne d'après guerre, en s'éloignant peu à peu du néo-réalisme de ses maîtres. Pour ce qui est de l'esthétique, même si l'on encore loin de «La Dolce Vita» et des films qui suivront, elle est déjà extraordinairement maîtrisée. Virtuose, d'une grande fluidité et d'une grande lisibilité, la mise en scène est tout à fait remarquable et c'est un vrai plaisir pour les yeux que de visionner un tel long métrage. Avec humour et poésie (ici désenchantée), Fellini, encore à l'aube de sa carrière, marque donc avec «I Vitelloni» une étape décisive dans son oeuvre, l'une des plus originales et des plus influentes du 7ème art. A ne pas manquer! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
il_Ricordo
il_Ricordo

118 abonnés 407 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 janvier 2012
Les Vitelloni n'est pas seulement le premier film important de Federico Fellini, c'est surtout le film qui pose les bases de tout l'univers fellinien. Entre scènes oniriques, spectacles de music-hall et carnavals, Fellini laisse libre cours à son imagination visuelle pour composer un tableau tout à la fois enchanteur et mélancolique de sa jeunesse. L'action se passe à Rimini (ville dont Fellini est originaire), au bord de la mer, cette même mer que l'on retrouve dans presque tous les films du maestro. Les "inutiles" annoncent les oisifs de La Dolce Vita, et le personnage de Moraldo celui de Guido dans Huit et Demi, le personnage de Sandra celui de Cabiria ou plus encore Gelsomina de La Strada. Les Vitelloni est la porte de tous ces chefs-d'oeuvres.
Le-Droogie
Le-Droogie

21 abonnés 220 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mai 2011
Nous retrouvons ici les petites gens du néoréalisme qui intéressait tant Fellini. Ce courant portant à se pencher vers les pauvres et les démunis. Ici, ce sont cinq grands adolescents de trente ans qui permettent au cinéaste de réaliser une satire de la société italienne, et cela sans sauvagerie, mais avec une certaine dureté !

En effet, il n'est pas rare de partir d'un élément scénaristique comique pour arriver dans un registre pleinement dramatique, deux genres qui composent Les Vitelloni et que Fellini manie avec grande justesse. La satire de Fellini réside également dans le fait que Fausto, lâche, vaniteux et coureur de jupons, soit le meneur (j'insiste) de ces cinq gens, et que Moraldo, le plus jeune, censé être plus immature, soit le seul à trouver le courage de prendre son destin en main pour quitter leur ville et cette vie calamiteuse. Une péloche très intéressante pour quiconque étudie le comportement humain, et pour le plus grand plaisir du cinéphage, cela va de soi !
Moorhuhn
Moorhuhn

167 abonnés 579 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2011
Mon deuxième Fellini après le grand Huit et Demi.
Un film qui m'a énormément plu, j'ai adoré! S'inscrivant dans une logique néoréaliste, ce film représente le quotidien. En particulier le quotidien de cinq jeunes gens, grands enfants ou ados attardés c'est comme on veut, désoeuvrés, flânant dans une petite ville côtière paumée en plein coeur de l'Italie d'après-guerre. Ces portraits de personnages sont intéressants, chacun adopte un profil différent ( le tombeur, le mystérieux, l'apprenti-écrivain, etc...) et Fellini ne s'attarde jamais trop sur chacun d'eux, à l'exception d'un seul personnage, Moraldo, le seul qui nous parait très sympathique tout en restant sérieux et peu bavard. Fellini dira que ce film est en grande partie autobiographie, et ce personnage de Moraldo serait le cinéaste lui-même.
On y suit donc les "aventures" de ces jeunes losers qui malgré quelque semblants de rébellion semblent ne pas vouloir changer les choses pour échapper à leur médiocre quotidien. En fil conducteur on trouve le personnage de Sandra. Jeune femme douce et gentille, soeur de Moraldo, qui se retrouvera contrainte à épouser Fausto le tombeur suite à sa grossesse. C'est à partir de ce personnage te de sa relation avec Fausto que naitra l'intrigue principale, c'est elle qui donnera lieux aux moments-clés du scénario qui par ailleurs est passionnant.
Ce film est aussi relativement osé pour l'époque. Pas de scènes explicites ni rien mais c'est un film qui traite tout de même presque ouvertement de l'homosexualité, à travers par exemple le personnage d'Alberto ou le vieux littéraire. Fellini peint aussi sans retenue des scènes en contradiction avec les valeurs chrétiennes, et Dieu sait que l'Italie est puritaine à souhait. Plus que de simples portraits de personnages, c'est un film qui va au-delà, qui montre véritablement le quotidien de cette Italie-là, le film en aurait presque un côté documentaire.
La réalisation quant à elle est réussie. Entre mouvements de caméra souples, travellings soignés et photographie de qualité, le film est un régal visuel. Fellini pose les bases de sa mise en scène avec brio, la mise en scène ets particulièrement bonne. Les acteurs, beaucoup étant non professionnels, sont très convaincants. Bien sûr il faut aimer le jeu à l'italienne tout en mimiques, gesticulations et voix haut perchées, en tout cas moi j'adhère, j'aime avoir l'impression de me trouver en Italie à chaque visionnage. I Vitelloni est pour moi un très bon film qui allie réalisation somptueuse à un scénario plus fort qu'il n'y parait et parfaitement ancré dans la logique néoréaliste italienne. Je le recommande vivement pour cinéphiles avertis et même non-vartis, afin de découvrir un mouvement cinématographique des plus intéressants réalisé par un grand réalisateur.
Maqroll
Maqroll

203 abonnés 1 123 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 mai 2010
Le deuxième film à part entière de Fellini et son premier chef-d’œuvre. Satire impitoyable mais sans une once de férocité de la société italienne provinciale des années cinquante avec la description de cette bande de cinq grands enfants, cinq « grands veaux » inutiles et feignant d’être blasés, en fait terrorisés par la vie et faisant tout pour qu’elle leur glisse entre les doigts sans risque de s’y brûler. L’interprétation dégage Franco Fabrizi dans une composition de lâche finalement repenti, Franco Interlenghi dans le rôle du plus jeune, le seul qui a finalement le courage de s’en aller (pour, suggère Georges Sadoul dans son Dictionnaire des films, devenir le journaliste de La Dolce Vita) et Alberto Sordi en gros bébé à sa maman, amoureux de sa sœur. Le film regorge de magnifiques morceaux de cinéma pur : le concours de miss du début, la fête du carnaval, les premiers moments de Fausto dans le magasin où il va devoir travailler pour faire face à ses nouvelles responsabilités, la rencontre avec le vieil histrion homosexuel qui semble échappé du Satiricon … Et tout s’accélère de façon vertigineuse dans le dernier quart d’heure qui mérite de figurer au panthéon du septième art tant il ne contient pas un plan inutile et pas un plan qui ne soit génial. La composition dramatique monte en émotion sans jamais verser dans le pathos jusqu’au dernier plan, un des plus beaux de toute l’histoire du cinéma sans doute, magnifique clin d’œil à Charlot, à ce cirque que Fellini aimait tant, à la vie, à l’humanité toute entière, en équilibre sur son petit fil et pourtant (et de ce fait) si bouleversante et captivante…
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 septembre 2022
D'une très grande tendresse, ce premier grand film de Federico Fellini, qui succède à "Lo sceicco bianco" (1952), èvoque la vie cocasse et sentimentale d'un groupe de jeunes gens oisifs qui refusent de vieillir et de travailler! Les inutiles de Pesaro sont à l'image de cette comèdie quotidienne et dramatique qu'est la vie et qui effectue naturellement le mèlange de genres avec un sens de l'observation sans pareil! On regarde sans faire de bruit l'horizon sur une plage balayèe par les vents, on dèambule dans le vide de la nuit, on se dèsennuie de bals et de fêtes, avant de saluer dans l'ultime scène un enfant cheminot restè sur le quai d'une gare! C'est du beau cinèma italien comme on n'en fait malheureusement plus aujourd'hui! Les Vitelloni (Fabrizi, Interlenghi, Sordi...) sont tous inoubliables, adeptes du farniente et du système D, avec la magnifique musique de Nino Rita! Un incontournable du maestro...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 janvier 2010
Est-il besoin de préciser que ce film est bon? acerbe, drôle, jamais pesant, un régal.
QBN
QBN

42 abonnés 147 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 septembre 2010
Un film pas inutiles
fasskinder
fasskinder

33 abonnés 304 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 avril 2009
ATTENTION : CHEF-D'OEUVRE !
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mars 2009
Une chronique fraîche, attachante mais sans concession d'une certaine jeunesse italienne. Les acteurs sont tous excellents mais mention spéciale tout de même à Franco Fabrizi très convaincant et très humain dans le rôle d'un séducteur impénitent. Ce film, un de ses portraits de groupe que Fellini aimait à réaliser, est le premier chef d'oeuvre de son réalisateur.
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