J’ai vraiment voulu l’aimer ce thriller techno, surtout avec Pierce Brosnan en tête d’affiche, mais c’est un film qui fait le minimum syndical, et parfois en-dessous. Le point de départ est classique : un chef d’entreprise riche, Mike Regan, vit dans une maison ultra-connectée, avec femme, fille adolescente, et gadgets domotiques à gogo. Tout paraissait avoir été pensé pour être moderne et flippant. Mais dès que le cauchemar commence avec l’intérimaire expert en informatique, le film perd pied.
D’abord, le scénario est prévisible au possible. On devine tout : qui sera le méchant, comment il va trafiquer la domotique, où ça va virer au cauchemar, etc. Les rebondissements manquent de finesse, les motivations du personnage d’informatique ne sont pas assez creusées, et parfois ça frôle le convenu télévisuel plus que le thriller crédible.
Brosnan lui-même, malgré son charme, paraît parfois en pilotage automatique. On sent qu’il tente de donner du poids au rôle, mais il a peu à jouer : la menace vient surtout d’écrans qui deviennent hostiles, de claviers, de lumières verdâtres, d’alarme qui s’emballe… Beaucoup d’effets, peu d’émotion.
Le film souffre aussi d’une mise en scène plate : les scènes d’invasion technologique auraient pu être angoissantes, mais elles finissent par sembler forcées, mal équilibrées, avec des passages où tout s’étire sans raison. On attend une montée en tension, et souvent ça reste plat, sauf vers la fin où ça se « réveille » un peu, mais trop tard pour rattraper le reste.
L’esthétique est correcte, les décors, les objets connectés, le luxe… c’est visuellement plaisant. Mais avoir une belle maison intelligente, ça ne suffit pas à créer du suspense ou de l’effroi.