De prime abord, sujet bien austère: une infirmière vient à la rescousse d'un couvent où des religieuses se sont fait mettre enceintepar des soudards russes à la fin de la seconde guerre mondiale...en fait, ce film est bourré (comme moi, parfois) de qualités: un jeu d'acteur sobre (pas d'exaltation, ouf) mais crédible, une analyse psychologique de chaque personnage rondement menée, un travail de l'image (pourtant un quasi huis clos), tout à fait remarquable (même si ça fait penser un peu parfois aux pubs de La Laitière), et une histoire incroyable mais prenante de bout en bout...un film de femmes où les hommes ont rarement le beau rôle...la guerre, quoi....bon, pour rigoler entre potes, je déconseille, par contre pour voir un truc dont on se rappellera (la définition du vrai cinéma?), alors là, je recommande.
D’un académisme poussiéreux, ce récit édifiant est filmé avec pompe - images glacées à l’esthétisme sans âme, comédienne photogénique mais d’un vide sidéral, narration engluée dans la solennité – et ne provoque que crispation et ennui.
Très bon film historique, à une période d'immédiate après-guerre peu explorée, en Pologne fraîchement soviétique. Avec la belle Lou de Laage et Vincent Macaigne qui incarne un personnage intéressant. Une belle photo. Bien filmé. Un beau film.
Deuxième film de la semaine dont je suis déçue alors qu'ils étaient a première vue très bien notés par Allociné. Scénario intéressant mais manque de crédibilité de la part des acteurs français, surtout de Vincent Macaigne qui n'est peut-être pas un mauvais acteur en soi, mais qui dénote totalement avec l'époque et l'ambiance générale du film. L'ennui pointe le bout de son nez dès le quart du film, des situations fades, superficiellement profondes qui ne m'ont pas émus.. En revanche, les soeurs polonaises sont plus touchantes, notamment soeur Maria (Agata Buzek) et la Mère supérieure ( Agata Kulesza) car elles jouent plus en simplicité.
1945, un jeune médecin de la Croix rouge française va venir en aide à des nonnes victimes de viols perpétrés par des soldats russes. Au travers d’un fait réel tragique, Anne Fontaine confronte des religieuses à leur foi, leur humanité profonde, leur solidarité féminine et au poids de la morale religieuse. Cette page d’histoire est forte et bouleversante et Anne Fontaine parvient bien à éviter le pathos ou la démonstration en s’appuyant sur un scénario linéaire mais solide. A part l’histoire d’amour entre les deux médecins qui n’apportent rien au récit, tout le reste est bien utile. Cependant à trop vouloir être distancé, le film en devient trop impersonnel. Aucune aspérité mais aussi que très peu d’implication dans le récit. Dommage, trop lisse avec des personnages sous cloche, on est rarement troublé par une histoire pourtant terrible. Anne Fontaine termine son film autour de naissances et de renaissances sur une bonne note en exploitant de manière très habile une conclusion humaniste et inattendue. « Ida » filmait aussi la religion, le mensonge et le sort des femmes polonaises dans l’après-guerre de manière plus âpre et plus profonde. Dans Critikat : « De cette histoire qui aurait pu être passionnante et comporter son lot d’étrangeté, Anne Fontaine tire un film figé et impersonnel où tout trahit, hélas, une certaine forme de désengagement. »
Tiré d'une histoire vraie et réalisé avec beaucoup de pudeur, le film est bien construit. Les acteurs polonais rajoutent une touche de vérité et de crédibilté et le dénuement des décors est tout à fait de circonstance. Loo de laâge tient parfaitement son rôle. On aurait pu insister un peu plus sur la fin de la guerre mais excellent film quand même.
Décembre 1945. La guerre vient de finir, et tel un cataplasme venu couvrir les plaies restées béantes, l’hiver a enveloppé de son manteau blanc les vastes contrées polonaises, coupant encore un peu plus du monde un couvent dans lequel une trentaine de sœurs Bénédictines vivent en autarcie. La belle réalisation d'Anne Fontaine se base sur des faits peu connus et pourtant bien réels de l’année 1945, à savoir le viol de la plupart des religieuses et/ou le meurtre d’une vingtaine d’entre elles. En somme, "Les innocentes" est un drame historique d’une immense gravité, sorti presque en même temps que "Spotlight". Tout comme son concurrent, le sujet porte sur une affaire de mœurs, sauf qu’ici ce n’est pas l’Eglise qui est montrée du doigt. Au contraire, c’est elle la victime, cette fois. L’Eglise en victime, affublée de ses malheureuses innocentes, voilà qui devrait apporter son lot d’émotions fortes. Les émotions sont là, oui. Mais pas aussi intenses qu’elles auraient dû l’être. Dans les faits, ces moments forts sont peu nombreux, le premier intervenant vers la 40ème minute, et le second… une quarantaine de minutes plus tard, ouvrant alors sur une dernière demi-heure empreinte d’émotion constante qui réussit néanmoins à soutirer quelques larmes. Pas forcément des larmes provoquées par l’instant T, mais des larmes soutirées par l’ampleur du drame et tout ce qu’il implique. Une œuvre homogène en quelque sorte, dont la plus grande réussite technique réside en la photographie. Cette dernière exprime toutes ses qualités dès les premières images. Les angles de vues sont millimétrés, et les portraits dressés en feraient pâlir de jalousie "La Joconde", le tout dans un éclairage tamisé matérialisé par une lumière blafarde, synonyme de l’entière dévotion dans la piété, une lumière sombre venue souligner à la fois la dureté de l’hiver et le drame qui a envahi le couvent et la congrégation qu’il abrite. Même les accessoires les plus anodins ont leur rôle en la matièrespoiler: (le cierge apportant sa seule lumière lors de la césarienne) . Quant au casting, il n’y a pas grand-chose à dire, bien que Lou de Laäge ne m’ait pas complètement convaincu. Je n’ai rien à lui reprocher mais, c’est un avis qui n’engage que moi, j’y aurai vu à sa place plus une actrice de la trempe de Rachel McAdams. Ceci dit, pour qu’une production franco-polonaise s’attache les services d’une telle comédienne… je crois qu'on peut toujours attendre. Bien que Lou de Laâge n’ait pas le charisme de McAdams, elle interprète à merveille le perpétuel dilemme auquel elle est confrontée, avec les doutes de sa nouvelle mission qui semblent être en balance avec les certitudes de sa destinée. Un équilibre précaire qui se traduit aussi par la confrontation entre ses peurs, et la sérénité qu’elle retrouve au sein des murs austères du couvent. La mère abbesse, interprétée par Agata Kulesza, a en revanche la tête de l’emploi. Les dialogues ont été également bien travaillés, savamment aménagés de silences lourds de gêne, de honte, de mystères. Autrement dit : lourds de sens. La bonne idée des dialoguistes est d’avoir laissé les parties polonaises en polonais sous-titré, et les parties françaises en langue de Molière. Cela permet d’optimiser la crédibilité et de mieux immerger le spectateur dans le récit. Cela permet aussi de mesurer l’écart entre les cultures de ces deux pays, mais de prendre plus encore la mesure de l’écart creusé par l’opposition des conventions de femmes entièrement dévouées à Dieu avec l’athéisme ainsi que le côté rationnel de celle qui est venue les aider. Mais y-a-t-il seulement un côté rationnel après le chaos laissé par la guerre ? Au final, "Les innocentes" a frisé la perfection, porté par une documentation minutieusement approfondie, y compris dans le mode de vie des sœurs Bénédictines. Le sujet a été traité avec beaucoup d’humilité, sans jugement aucun, mais avec beaucoup de compassion. Malgré ces qualités indéniables, au risque de me répéter, il manque seulement de l’intensité dans les émotions, et peut-être un peu de charisme chez Lou de Laâge. Un film très réussi d'Anne Fontaine à découvrir absolument.
Film d'une beauté rare et d'un douceur exquise ! Il nous offre une autre vision de celle que nous avons sur les monastères, sur la vie de ces femmes, sur leurs joies, leurs peine, leurs souffrances et leurs histoires. Le rôle principal est merveilleusement interprété par une actrice de talent dont la douceur de son visage fait rêver.
Le Film aurait pu facilement avoir des longueurs étant donné dans quels lieux le film se déroule. Pourtant, on ne perd pas une seconde du film. Cette histoire vrai poignante met en scène 2 points de vue que tout oppose et qui vont devoir coopérer : Celles"qui croyaient au ciel " et celle " qui n'y croyait pas " . J'ai aimé l’évolution du film qui révèlent des victimes qui paraissent semblable et qui vont pourtant vivre ce drame de façon toutes différente.Toutes ces visions et opinions sans jugements . Comment avancer quand les évènements dépassent ce en quoi on a fondé toute sa foie et sa vie ( que ce soit la foie en la médecine ou en Dieu ) Ce film témoigne avec justesse d'un drame Il rend hommages aux victimes Il amène le spectateur a se poser des questions en gardant le recul nécessaire respectant les croyances de chacun . Il ne juge pas. Il est émouvant
Mathilde est infirmière à la Croix Rouge française dans un hôpital en Pologne durant la Seconde Guerre Mondiale. Un jour une nonne lui demande de l’aide pour accoucher une sœur. En réalité, nous découvrons que la plupart des nonnes du couvent ont été violées par des soldats russes et plusieurs sont enceintes. Mathilde va alors se mettre en danger pour sauver ces sœurs qui remettent aujourd’hui leur foi en question. C’est un sujet très douloureux que nous propose Anne Fontaine. C’est d’ailleurs peut-être la première fois que la réalisatrice signe une œuvre sans aucune touche d’humour. Il va donc falloir vous accrocher. Car même si Les Innocentes est très bien mis en scène et joué par des actrices remarquables, elle est d’une humeur véridiquement triste. Pourtant l’espoir guette sur les religieuses tout le long de l’histoire grâce au personnage de Lou de Laâge. Ne vous trompez donc pas Les Innocentes n’est pas un film religieux. Bien au contraire, c’est bien les croyantes qui remettent en question l’amour que Dieu leur porte face aux horribles désillusions qui leurs tombent dessus. Voici une œuvre brutale et touchante qui nous rappelle que même les nonnes sont des femmes comme les autres. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Les innocentes fait partie de ces films nécessaires, qui nous rappellent des événements dont on n'a trop peu connaissance. Ici le sujet est délicat, mais traité avec finesse et respect, sans voyeurisme. Les actrices, magnifiques, nous offrent de nombreuses scènes très fortes émotionnellement, mais sans jamais tomber dans le tire larme facile. Les décors, les paysages, assez austères et peu colorés en raison de la neige qui recouvre tout, permettent de ne pas nous "saturer" visuellement, et offrent ainsi une grande place au propos. C'est un film beau, aussi bien sur le fond que sur la forme, plein d'humanité, avec une belle réflexion sur la foi.
beaucoup de pudeur et de sensibilité pour un drame terrible mais inconnu de l'après 2eme guerre mondiale. à noter l’excellente prestation de Lou de Laâge.
Ce film poignant,, très fort émotionnellement, est d'une grande dignité et d'une incroyable sobriété compte tenu de la gravité du sujet. Il rend hommage au supplice des femmes victimes du sadisme, de la cruauté et de l'avilissement des soldats. La libération a été le berceau de toutes les horreurs perpétrées sur les femmes et les enfants. On compte plusieurs millions de victimes en Allemagne et en Pologne Anne Fontaine a très bien mis en scène ce thème des viols de guerre toujours d'actualité en 2016, hier les allemands, les américains, les russes, entre beaucoup d'autres et de nos jours les soldats de l'état islamistes. C'est une histoire et un martyr sans fin. Le choix des comédiens est un zéro faute pointé. Bravo à tous pour cet excellent film.
Etonnant d'arriver à faire un film avec aussi peu de matière sans ennuyer le spectateur. Il y a l'atmosphère de la fin de la guerre, la neige, la Pologne, des acteurs extrêmement bien choisis qui captent le regard, heureusement car il n'y a pas grand chose à voir dans ce couvent, donc les quatre acteurs sont très charismatiques et ont dû s'imprégner du rôle pour rendre un effet plus que crédible. L'histoire n'est tout de même pas banale, des sœurs qui font des enfants, et savoir comment elles vont en sortir ménage un certain suspens, d'autant que le sujet est traité par la psychologie des personnages, et pas du point de vue confessionnel.