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Le film d'Ariane
88 abonnés
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3,0
Publiée le 1 décembre 2015
Christian Vincent avait offert il y a 25 ans le rôle principal de "La Discrète" à Fabrice Luchini, lançant ainsi sa carrière. La boucle est bouclée pour ainsi dire, car c'est avec ce personnage d'un président de cours d'assise austère que ce comédien majeur a reçu en septembre son premier grand prix d'interprétation (à Venise). Il y est effectivement formidable. Comme à chaque fois penserez-vous, et vous n'aurez pas tort. Mais là, je ne l'avais jamais vu aussi touchant, aussi sobre, sur le fil, presque vulnérable. Monsieur Racine, peu apprécié de ses collègues, s'apprête donc à présider le procès d'un infanticide. Parmi le jury, il reconnaît une femme qu'il a aimée il y a plusieurs années. Fragilisé par une méchante grippe, secoué par l'affaire qu'il instruit, il tente de renouer avec elle… C'est à la fois une romance et un film "de procès". On assiste alternativement au trouble qui lie, par petites touches, ces deux êtres esseulés, puis aux audiences, mettant en scène deux parents ravagés par la tragédie. C'est un peu lent, un peu long, très classique (voire barbant) dans la forme mais si bien incarné (les seconds rôles sont extraordinaires) et si délicat dans le dévoilement des sentiments que je n'ai jamais décroché. Sidse Babett Knudsen (l'héroine danoise de "Borgen") est radieuse en jurée et médecin, pétrie d'humanité. J'ai adoré les chansons folk du film écrites et chantées par Claire Denamur, dont je vais essayer de trouver la trace.
Que cela fait du bien de se couper du monde le temps de ce film! Se laisser porter par la retenue et la sobriété de l'interprétation de Sidse Babett Knudsen et Fabrice Luchini... C'est un film très délicat et une vision intéressante de la justice en France aujourd'hui.
Bjr, décidément une belle année cinématographique pour les films qui sortent un peu des sentiers battus des "blockbusters" américain et film commerciaux de super héros qui encombrent nos écrans. Après "La loi du marché", "Eté chaud", "La belle saison" et "Boomerang" voici "'Hermine" où F Luchinni, oscar mérité de la Mostra de Venise, illumine le film dans le rôle de ce président de cours d'assisse bourru, taciturne mais qui cache un cœur d'artichaut pour un médecin anesthésiste croisé lors d'une hospitalisation (impeccable S. Knudsen) et qui ressurgit au détour d'un procès en qualité de juré. Les "grognons" argueront qu'on frôle par moment le docu-fiction, que l'intrigue judiciaire manque de ressort mais c'est là la force du film, plein de petits détails qui s'imbrique parfaitement dans les rôles de chacun. Le tout parfaitement joué donne une grande émotion latente au film. A voir.
Très bon film. Le spectateur est plongé dans l'atmosphère d'un tribunal. Avec ses codes, les bruits parasites, le rythme du procès. Monsieur Racine personnage joué par Fabrice Luchini est froid, détesté de ses collègues. Sa passion amoureuse qui l'aura avec une femme (juriste et médecin) lui redonnera un côté humain, tendre et doux.
Très belle interprétation de Fabrice Luchini, un rôle fait sur mesure pour lui. Très belle prestation des autres comédiens.
Ce film vaut pour les acteurs Fabrice Luchini, Sidse Babett Knudsen et tous les autres. Mais bien plus, il traite de la justice et de ses rites qui permettent la distance et l’expression de l’humanité. « Vous jurez … de n'écouter ni la haine ou la méchanceté, ni la crainte ou l'affection ; de vous rappeler que l'accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter ; de vous décider d'après les charges et les moyens de défense, suivant votre conscience et votre intime conviction, avec l'impartialité et la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre… » A travers un procès d’assise, les jurés, l’accusé, les témoins forment le portrait en finesse de mon pays dans toute sa diversité, sa drôlerie, ses drames. L’histoire d’amour est émouvante, sans excès, sensible. Entre deux appels au téléphone de la fille pétillante de la belle aimée, le juge mélancolique arrive à placer : « Je veux dédier ce poème A toutes les femmes qu'on aime Pendant quelques instants secrets A celles qu'on connaît à peine Qu'un destin différent entraîne Et qu'on ne retrouve jamais » Et ça passe.
Le cadre du film de Christian Vincent, le procès, permet de faire connaissance avec le fonctionnement de la justice, de voir comment se fait le choix des jurés et comment se déroule un procès. Il n'est pas sans rappeler le huis-clos du film de Sidney Lumet " Douze hommes en colère". Là aussi les jurés représentent le pays dans sa pluralité (ici un médecin, des ouvriers, des chômeurs, des étrangers) avec ses différentes facettes et conflits actuels ! Un film procès comme aime le cinéma américain, mais plus humain et sans les plaidoyers virulents. L'Hermine est aussi un film d'amour, mais d'un amour secret et tendre. Racine va mal, il est malade, sa femme veut divorcer, il n'est aimé par personne. Mais cette rencontre va provoquer en lui une vague de sentiments et des réactions insoupçonnés et même insoupçonnables. Fabrice Luchini incarne parfaitement cet homme égocentrique, seul et, c'est surprenant, il l'incarne tout en retenu ! Ce n'est donc pas étonnant qu'il ait reçu Le Prix d'Interprétation à la Mostra de Venise. En face de lui Sidse Babett Knudsen, subtile, douce et belle, mais d'une beauté qui se dessine petit à petit.Il y a un bon moment lorsque la fille de la jurée, une représentante de la génération LOL, fraîche et directe, se met elle aussi interpeller les deux protagonistes : "le tribunal c'est du théâtre, vous êtes comme sur une scène..." Le film est très soigné dans les moindres détails - la vie au quotidien d'un tribunal, l'accusé et son épouse dans leur détresse et aussi les petits moments de détentes. Nous aimons bien le scénario avec des histoires parallèles. On passe du rire au sérieux, sans transition, pour terminer sur un sourire. On peut toutefois regretter que le film prenne le prétexte d'un drame humain. Mais la volonté du metteur en scène est peut être de démontrer qu'il peut y avoir un espoir même dans un contexte sordide.
J'étais plutôt réservé avant d'aller voir ce film car Fabrice Lucchini a souvent tendance à en faire trop et cela m'agace. Mais dans le film on le découvre sous un autre jour, sans doute merveilleusement dirigé par Christian Vincent. Sidse Babett Knudsen est magnifique et très séduisante. Son jeu est plein de finesse et dégage une complicité très expressive. Chapeau à Christian Vincent qui maîtrisé son film d'un bout à l'autre . On se prend au jeu et on sort ravi. Certains diront qu'il a escamoté l'audience du procés. Il a tout simplement voulu éviter les lourdeurs comme la lecture de l'acte d'accusation et autres formalismes pesants. Il est allé à l'essentiel pour maintenir le suspens, l'humour et le jeu subtile des acteurs. Bravo.
Un luchini théâtral comme nous avons l'habitude. Avec cela, un rôle prenant et sensible. Cette présentation du rôle des jurés est pédagogique pour toutes les personnes étrangères aux mécanismes de la justice.
Inconditionnels de Fabrice Luchini, ce film est fait pour vous. Nulle surcharge, nul souci de parade : Luchini est tout bonnement admirable. Incarnant un président de cour d'assises de triste réputation - une peau de vache pour tout dire, sans grand souci de l'humain -, il parvient à opérer une métamorphose de son personnage avec une finesse dont seuls les plus grands peuvent faire preuve à l'écran. Cet être fragile mais sans pitié, confronté au procès d'un homme qui aurait assassiné son bébé de la manière la plus cruelle qui soit, va se transformer intérieurement et devenir humain au souvenir d'une femme qu'il retrouve parmi les jurés et qu'il avait jadis aimée. Et le scénario nous conduit progressivement à un superbe film d'amour sans effusion mais tout en retenue, tandis que le magistrat gagne ainsi en humanité. Fabrice Luchini joue à merveille en chargeant le moindre de ses regards d'une intensité et d'une expressivité étonnantes. Face à lui, une actrice danoise, Sidse Babett Knudsen, d'où émane une intelligence exquise doublée d'une sensualité contenue : un vrai régal pour les yeux comme pour l'esprit. Et n'oublions surtout pas tous ces acteurs et actrices qui, occupant des seconds rôles, incarnent à la perfection des personnages extrêmement bien dessinés par le scénariste et metteur en scène Christian Vincent. Parmi les actrices, mentionnons entre autres Eva Lallier, délicieuse petite chipie d'une grande justesse de ton, et Corinne Masiero dont on apprécie la gouaille et l'humour. Christian Vincent, on le sait, est un grand directeur d'acteurs... et d'actrices. Voici vingt-cinq ans sortait "La discrète" : quel plus beau cadeau d'anniversaire pour Fabrice Luchini mais aussi pour nous spectateurs que ce film à la fois drôle et émouvant ?
Pas le chef d’œuvre de l'année, mais un excellent film tout en sobriété, un Luchini toujours au top plein d'émotion malgré sa froideur apparente et une mention vraiment spéciale pour les seconds et petits rôles et bien sur pour Sidse Babett Knudsen. Le casting est parfait. On passe un bon moment, on rit, on a envie que ça dure et finalement on sort frustré de ne pas pouvoir suivre le procès suivant ! A voir.
Ceux qui aiment Fabrice Luchini seront servis : encore un rôle où il excelle !!! Ce film est très touchant et allie belle histoire d'amour et joli tableau du monde juridique. A voir, vraiment...
Ce film tout en nuances en non dits est un véritable bijou Porté par 2 acteurs exceptionnels, Fabrice Luchini tout en nuance et en mesure et l'héroïne de Borgen, Sidse Babett Knudsen, pleine de charme et d'humanité, ce film nous transporte et nous fait vivre des échanges entre deux êtres, pleins de pudeur et d'émotions. A voir et à revoir
Belle prestation de Lucchini, tout en retenue (pour une fois !) et admirable prestation des jurés, plus vrais que nature et bien représentatifs de notre société mais un film qui reste moyen dans l'ensemble.