Tout comme son aîné en 1997, le franchise revient s'incruster sur grand écran après le succès d'un "Scream" et, tout comme ce dernier également, après une série qui n'a pas fait beaucoup de bruit. Avec la mode des requels (principalement lancée avec "Halloween" 2018, du moins dans l'horreur, là aussi assez ironique puisque "Halloween" avait véritablement lancé le slasher et ses codes en 1978), il était inévitable que cette saga fasse son grand retour au cinéma ! Et... c'est très particulier ! Cette fois réalisé par Jennifer Kaytin Robinson, la franchise n'est pas si simple à faire revenir, principalement à cause de son concept bien particulier. En effet, ici le concept repose sur des ados qui, un an après avoir commis un crime, se retrouvent traquer par un tueur en série en rapport avec ce crime. C'est donc précis et répéter la formule de film en film sans pour autant dénaturer le principe de la franchise est un exercice plutôt difficile. Le second opus s'en était plutôt bien sorti (enfin sur le papier, le film reste mauvais) en répétant, une fois encore, la formule de "Scream", c'est-à-dire en faisant de sa scream queen une héroïne à part entière, tout en faisant revenir d'autre personnages. Ici, le film ne fait pourtant pas dans le compliqué, ce qui d'ailleurs admis dès le générique d'introduction : exactement le même qu'en 1997, le film annonce alors qu'il se reposera beaucoup sur le fan service. Et alors là, du fan service, il y en a ! Que ce soit de simples clins d’œil (plutôt grossiers pour la plupart) ou carrément les mêmes scènes volontairement reprises avec les mêmes lieux, les mêmes décors etc., on est sur un film qui est clairement là pour caresser le fan dans le sens du poil. Et c'est malheureux mais ça fonctionne plutôt bien ! Parce-que même au niveau des personnages principaux, ce sont les caricatures de ceux de 97, on retrouve les mêmes archétypes qui se retrouvent, encore une fois, dans les mêmes scènes (je pense par exemple au beau gosse de service et la scène du sauna qui reprend, en plus, le gimmick du mot écrit sur une vitre embuée, qui fait partie de la scène finale du film original). Bref, on aura donc assez vite compris que "Souviens-toi... l'été dernier" version 2025 ne cherchera jamais à réinventer la franchise comme avait pu le faire "Scream" 2022 (ce qui était plutôt raté d'ailleurs) mais cherchera, au contraire, à reproduire les codes qui avaient fait le succès du film original. Alors quelques-fois, c'est rigolo donc, mais c'est quand même souvent bancal, à croire quelques-fois que nous sommes carrément dans une parodie de requel (je pense par exemple à la scène
avec Sarah Michelle Gellar qui est jouissive mais qui n'a absolument aucun sens et en même temps, on la voit venir, son portrait est littéralement partout
). Néanmoins, là où le film frappe fort, c'est sur sa fin. Après un reveal, encore une fois, à la "Scream" avec le monologue du méchant psychopathe etc., on a un second twist qui peut certes être prévisible et en même temps foutre en l'air complètement la mythologie de la saga mais les scénaristes ont choisis de s'en foutre et si on regarde le film avec son aspect second degré volontaire ou non, eh bien, encore une fois, ça fonctionne ! La mise en scène est par contre assez pauvre mais surtout très plate, on dirait une mise en scène de film ou de série de plateforme, ce qui n'est pas étonnant puisque la réalisatrice sort tout droit de chez Netflix. "Souviens-toi... l'été dernier" est donc un film pour le moins bancal, quelques-fois indigeste mais qui flirte en même temps avec le génie ; les fans du premier opus apprécieront sûrement l'aspect fan-service tandis que les néophytes s'ennuieront probablement de pied-ferme.