Sylvain Desclous déjà remarqué pour quelques courts métrages de veine très réaliste propose pour son premier film une variation sur les rapports père-fils, insérée dans le milieu très spécifique mais aussi méconnu des vendeurs de grandes surfaces spécialisées. Les cuisines intégrées n'ont plus de secret pour Serge, vendeur accompli au sommet de son art qui n'a pas son pareil pour détecter le moment où devenu proie, le client hésitant tend docilement le cou pour se faire dévorer tout cru. C'est d'ailleurs immédiatement après un incipit nocturne des plus toniques montrant Serge dans son cabriolet filant sur l'autoroute au rythme hypnotique du fameux "Cadillac Walk" de Martin Moon (interprété par le trop tôt disparu Willy Deville) que Sylvain Desclous nous présente Serge dans un exercice de vente à l'estomac où Gilbert Melki montre une fois encore son excellence dans le registre de la séduction suave et distanciée. A priori tout roule pour ce grand fauve respecté et adulé qui comme tous ses congénères aux abords du crépuscule, s'isole comme pour mieux s'habituer aux coups de griffes à venir des jeunes lions qui lorgnent la place du roi mais aussi pour s'acclimater à un futur qui sera sans doute plus sombre. La vente peut avoir l'effet d'une drogue pour ses éléments les plus brillants, les reléguant à une vie de bohème durant laquelle la soumission à l'adrénaline les pousse à s'affranchir des contingences traditionnelles au détriment d'un équilibre familial qui fera terriblement défaut quand la lutte pour la première place sera devenue dérisoire. C'est le revers d'une médaille très vite retournée que nous expose alors le réalisateur, Serge étant montré sans fard et sans pathos dans le dénuement de sa vie intime faite de remords, d'amours tarifées et de rails de coke sniffés pour tenir encore un moment son rang. C'est dans ce contexte très brillamment dépeint que débarque Gérald (Pio Marmaï) le fils de Serge en quête d'un job dans la vente pour régler les dettes de son restaurant qu'il entend cacher à son père. Entre les deux hommes pudiques et maladroits se dresse le fossé d'une enfance sans figure paternelle et fatalement la tentative de Serge pour préserver son fils d'un métier dont il connaît trop bien les dangers qui se cachent tapis derrière l'euphorie des grosses commissions et des soirées arrosées se heurtera à la rancune taiseuse de Gérald. C'est ce difficile chemin l'un vers l'autre d'un père et d'un fils parvenus à un moment charnière de leur vie dont nous parle "Vendeur" de manière très subtile mais aussi sans détour, grâce à la mise en scène déjà très maitrisée de Sylvain Desclous qui fait montre d'un point de vue affirmé et d'une parfaite directeur d'acteurs. Un premier essai qui en appelle forcément d'autres qui seront à suivre avec attention.
J’ai voulu m’offrir une séance de rattrapage pour le premier film de Sylvain Desclous, réalisateur cette année de « De grandes espérances », doté d’un superbe casting, tous parfaits dans leur rôle. Ce film montre bien que certains sont doués pour un métier mais ne se plaisent pas dans cette vie et qu’il y a deux faces pour un même métier : la partie visible, connue des clients et des collègues, et la partie privée, beaucoup plus sombre et qui ne se partage pas. Mais surtout le plus intéressant est la relation père-fils entre deux hommes expansifs dans leur métier mais moins dans leurs relations intimes.
Bonne comédie dramatique bien interprétée. De quoi découvrir le métier de commerciale version rock'n'roll. ----Avril 2017-----. J'avais complètement oublié avoir vu ce film plutôt simple mais efficace. 3 grosses étoiles. ----Mai 2022----
Un recit sur l’univers de la vente, et plus particulièrement axé sur la relation entre un père et son fils. Cela se regarde gentiment dans sa première partie, et puis a partir du milieu du film, le rythme deja pas très elevé, devient carrément monotone. Au final typiquement le film banal ni bon, ni mauvais qui n’est pas trop ennuyeux, mais qui s’oubliera aussi vite qu’il a été vu
Intitulé tout simplement Vendeur, Sylvain Desclous a choisi d'ancrer son premier long métrage dans le monde de la vente. Gilbert Melki incarne donc un vendeur extra qui passe de magasins en magasins en garantissant un retour sur investissement à ses employeurs. Son fils, qui peine à financer son futur restaurant, lui demande un boulot de vendeur. C’est avec le personnage de Pio Marmai que nous découvrirons les rouages de cette profession de solitaire alarmante. On apprend ainsi que l’empathie avec le client prime sur le niveau d’étude pour être un bon vendeur. La vente est un sport ou il faut être le meilleur pour être reconnu pour son talent. Mais au-delà de quelques techniques commerciales, le film se confond dans un scénario sans profondeur et à l’inverse de ce qui est dit, nous ne percevons aucune émotion pour la solitude et la maladie de notre personnage principal. Vendeur reste un thème intéressant mais limite, on aurait préféré voir un documentaire. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
C'est ce qu'on pourrait appeler un film d'acteur. Son principal intérêt (ci ce n'est son seul) est la performance de Gilbert Melki en Vrp usé par une vie de bonimenteur et par ses excès. Personnellement voir un film sur des commerciaux l'étant moi même ne m'intéresse pas du tout et comme le fil du film est extrêmement classique il n'arrive pas à susciter l'intérêt. Reste donc Gilbert Melki qui porte le film à bout de bras.
Un film qui dépeint l'univers des "vendeurs" qui n'ont que des chiffres dans leur vie comme mode de fonctionnement. ils sont prêts à tout pour vendre jusqu'à mentir, à se dévorer les uns les autres pour obtenir la meilleure place du classement tout en carottant certains clients crédules. On y voit également l'envers du décor, la solitude sur les routes, le rythme de vie chaotique lors des foires, la vie de famille ballotée. le sujet est pas mal exploité avec un casting intelligent. j'ai bien aimé ce film.
Melki. C’est le premier nom qui nous vient en tête lorsque, la projection terminée et les premiers verres entamés, les discussions autour du film débutent. Peut-être parce qu’il sera nominé pour le César de la meilleure interprétation masculine, sûrement parce qu’il est l’un des seul objectif du film à être réellement réussi, aussi… « Vendeur » est d’abord une histoire de désillusion au cadre froid et impersonnel qui se déroule dans des paysages humides, entre banlieue parisienne et décor Nordique. Toute la famille que met en scène le réalisateur, qu’elle soit formelle (fils, père, grand-père) ou non (la hiérarchie dans l’entreprise) n’est chaleureuse que lorsque ses membres rapportent de bons points, en outre un plus financier à un système bien rodé. Ainsi, lorsque Gérald fait faillite avec son restaurant, c’est un rêve dont il perd les rênes. « C’est ce qui arrive lorsqu’on veut faire autre chose que du surgelé », s’énerve alors un Pio Marmaï à l’interprétation intéressante, bien qu’assez linéaire. Le film traite d’une société à deux vitesses, caractérisées par les personnages du père et du fils : tandis que l’un tente de survivre grâce à l’authenticité de sa passion pour la cuisine, accompagné pour l’aider de sa « future » femme (Clémentine Poidatz étonnamment juste dans tous les registres, autant dans celui de la colère que de la joie), l’autre possède une vie dévorée par la superficialité, entre fêtes d’entreprise dans lesquelles alcool, drogue et danseuses de charme passent sous son nez à lui, père plus absent qu’aimant. Il n’a pas de femme, mais voit des prostituées. Preuve de plus qu’il ne croit pas à l’amour, au vrai, mais préfère se placer dans un univers sexuel sans danger, car sans engagement. Mais, à un moment, le film perd pied. Sylvain Desclous, bien qu’il soit brillant lorsqu’il met en scène la mise en abîme de ses personnages, pousse le bouchon de la caricature de la solitude un peu loin lorsqu’il filme Melki, seul la nuit dans sa belle bagnole, les lumières comme fatiguées des lampadaires éclairant des bouts de son visage, derrière son pare-prise et ses lunettes de vue. Tout est trop marqué, remarqué. Les rebondissements sont pour la plupart attendus, tant que le film plonge dans une sorte d’hibernation latente à mesure que les personnages du père et du fils se rapprochent, suivi par l’inversion des personnalités de ces derniers. Sara Giraudeau débarque alors en Chloé. Ce n’est plus seulement du sexe qui est montré à l‘écran, mais de l’amour; Serge sait qu’il vient de tomber en plein dedans, quelques scènes après l’annonce de son cancer. Ils ont de sacrés voix; à eux-deux ils pourraient raconter des histoires et des histoires, sans jamais que la personne qui les écouterait ne se lasserait. Mais face aux scènes entre ces deux personnages, l’alchimie ne prend pas. On s’ennuie : trop de dialogues plats, décousus, on a cette impression que ces plans bercés par la lune ne se termineront jamais. Le film en lui-même, parfois, donne cette mauvaise impression au spectateur de ne le mener nulle part. Celui-ci doit presque s’accrocher si il veut rester jusqu’au bout. Certains de ses confrères n’y sont pas parvenus.
Le scénario de ce film est beaucoup trop pauvre pour qu'on puisse lui prêter un quelconque intérêt et c'est dommage car les acteurs sont plutôt bons. Tout est entendu ou déjà surexploité dans d'autres films autrement meilleurs. Le seul intérêt est la présentation de la face cachée du monde de la vente et de ses nombreux excès.
Une critique acide des métiers de la vente avec ses facéties, ses codes, ses manipulations au travers d’un touchant regard sur les relations difficiles entre un père et son fils fils, via la perception de leurs vies professionnelles respectives. « Vendeur » est un hymne d’amour dans un univers machiste et implacable où le père prend conscience du vide dans son existence liée à son implication totale dans l’univers de la vente. Et c’est justement en se sabordant là où il a pourtant excellé, que le père espère voir son fils éviter ses propres erreurs… On ne décroche pas, le scénario est habile et les acteurs parfaitement crédibles. L’émotion est bien présente, surtout dans la dernière demi-heure et la bande son, excellente, renforce l’idée qu’une évasion est toujours possible. Bref, une belle idée, de bons acteurs, un scénario original malgré un titre pas très « vendeur »...
C'est la triste vie d'un vendeur dont le but est de vendre le plus possible!; I a conscience que cette existence est minable. Le film n'est donc pas très gai. Gilbert .Melki est très bien dans le rôle.
Une belle surprise pour le premier long de Desclous… à la hauteur du casting qui était en lui même une vraie promesse. Un rythme donné par une très belle bande son, une batterie haletante… Une ambiance de polar pour parler de la réalité des vendeurs de stand, de salon… vendeurs à la papa… Cette métaphore est impactante, avec une ambiance un peu lourde, chargée, on est sur un fil, border… Tout fonctionne, un Marmai et un Melki comme on les aime… bref, un film réjouissif !
Vendeur est un film très vendeur ! Bien écrit, joué, filmé, il sonne juste et sans artifice. Mention spéciale à Gilbert Melki, parfait dans son rôle et duo père-fils très crédible avec Pio Marmaï. Très agréable à regarder.