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Un visiteur
3,5
Publiée le 20 février 2017
J’ai commencé à regarder le film aux alentours de minuit, je pensais m’endormir et voir le reste le lendemain. Et c’était bien parti pour trouver le sommeil. Un sommeil qui ne vint, cependant, jamais ! Voilà un film où il faut être patient, un film qui vous met à l’épreuve, surtout à plus de minuit ! Où vous êtes tiraillé par la tentation entre abandonner et vous forcer à continuer pour comprendre où le réalisateur veut vous mener. Après une bonne demi-heure, me voilà à ne plus penser à ma journée, à ne plus penser à mon lit, à ne plus raisonner : « J’arrête ou je continue » ; me voilà petit à petit baigné dans le récit et surpris à cheminer avec toutes ces gueules de cinéma. Oui, Dupontel, Lanners, Rebbot, Londasle, Riaboukine et même Broutin sont filmés comme des vraies gueules de cinéma. Les plans parlés ou silencieux de ces gueules m’ont happé. Et les lignes de dialogues minimalistes, qui au début me paraissaient insignifiantes, ou qui me laissaient à distance, s’avéraient petit à petit d’une charge émotionnelle profonde. Oui, j’ai été ému quand Jean-Berchmans (Michel Lonsdale) dit à Gilou : « Vivre ce n’est pas que respirer » ; ému quand Esther (Aurore Broutin), assise dans la baignoire de Clara (Suzanne Clément) avoue son handicap et parle de sa fille dont elle ignore l’âge ; ému quand Gilou découvre un cadavre momifié enveloppé dans un sac de couchage, abandonné dans un bâtiment délabré ; là, gît un homme oublié des hommes, de sa famille et mort dans l’indifférence d’une société qui n’a que faire des laissés pour compte. Un film plaisant à la poésie désenchantée, un « Doom Metal cinématographique » ! J’ai rejoint mon lit vers 1h30 du matin sans même avoir sommeil. « Les Premiers, les Derniers » a été une agréable rencontre.
Un scénario simple, comme celui d’un western mais de nos jours, en hiver, dans un pays plat aux nuages bas (tournage principalement en Eure-et-Loir sur la piste d’essai de l’aérotrain, monorail en forme de T renversé, construite en 1968 et désaffectée depuis 1977) : Gilou (Bouli Lanners) et Cochise (Albert DUPONTEL) sont des chasseurs de prime modernes, à la recherche d’un smartphone volé qui renferme une vidéo compromettante pour son propriétaire. Il y a une ambiance poisseuse, crépusculaire, presque post-apocalyptique façon Mad Max, avec des dialogues minimalistes, où percent quelques lueurs d’espoir : titre faisant référence à la parole de Jésus, « les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers », citée dans l’évangile selon Matthieu (19. 30), apparition d’un cerf dans un hangar industriel (référence à la légende de Saint Hubert ?), amour de Clara (Suzanne CLEMENT) pour Cochise mais l’histoire est parasitée par des scènes qui relèvent plus de la digression : enterrement d’une personne momifiée (certes où est prononcé la fameuse phrase du titre, en présence de Max Von SYDOW comme croque-mort et Michael LONSDALE comme propriétaire d’un hôtel), Philippe REBOT se prenant pour Jésus et divagation du petit couple, Willie et Esther, joué par David Murgia et Aurore BROUTIN.
"Les premiers, les derniers", comte crépusculaire sortant de nulle part, nous offre un très beau et surprenant moment de cinéma. Esthétique pessimiste et bouseuse magnifique, acteurs qui ont de la gueule, humour et personnages peu ordinaires, pour un condensé nous faisant penser à du Tarantino mêlé à True Detective. D'ailleurs, c'est troublant à quel point le jeune couple fuyant les "gros poissons" rappelleraient presque le petit couple de malfrat de "Pulp Fiction"...
Ce film vaut essentiellement par son esthétique, les looks des personnages - Lanners en biker et Dupontel en Mesrine - et les paysages choisis tentent de créer un impression surréaliste typique des films de Dupontel, bien que ce soit Lanners qui le réalise. Sur le fond, il s'agit d'un simple film d'action tourné dans la Beauce qui se donne des airs de road-movie américain, avec une chasse à l'homme, quelques cadavres, et des acteurs patibulaires. Omniprésente dans tout le film, la voie désaffectée de l'aérotrain de l'ingénieur Bertin située dans le Loiret sert décor pour exprimer la déchéance finale. Est-ce anodin, car c'est un des symboles de l'innovation technologique française des années 70 ?
Et oui , avec ces 5 Magritte , dont meilleur réalisateur et film et bien tout cela est tout à fait juste pour une fois . Bouli , nous avaient déjà mis sur le ... avec " el dorado " et les géants " il nous revient ici avec un " western moderne " Belge . Le film touche par son côté simple et obscur, par une douce tension des lumières, des longs travellings, des plans panaroramique et par une douce rigueur des dialogues . ont peut note la présence dans le film de M Lonsdale parfait encore une fois et un qui nous laisse bouche ouverte c est A Dupontel méconnaissable . j'ai vraiment accroché à ce film , et ce couple un peu handicapé interprété par un D Murgia " géant " à vous de voir , certains n aimerons pas ....et peut être d 'autres oui , mais si vous n aimez pas la technique de cinéma et vous vous contente de regarde des images et un scénario alors passe
Les premiers, les derniers est un film noir où deux chasseurs de primes inséparables sont à la recherche d’un téléphone volé censé comporter des informations sensibles. En parallèle, un couple est en cavale et on apprendra tardivement pourquoi. Bouli Lanners signe ici un film ombreux à la photographie grise et anxiogène. Ce climat pesant joue sur une intrigue cabossée qui ne nous fait pas vibrer. Parfois dans un polar, parfois dans un western contemporain, le cinéaste ne sait sur quel ton danser. Ainsi, même les performances indiscutables d’Albert Dupontel ou de Bouli lui-même en tant qu’acteur n’apposent pas cette volonté de faire paraître la quête de rédemption. On prend néanmoins plaisir face à quelques saveurs d’humour macabres ou devant le duo quelque peu touchant du couple qui s’aime sans trop savoir dans quel monde il vit. Mais le chaos simulé manque de fond pour transparaître complètement. Les premiers, les derniers est un récit mystique, sombre mais peu abouti dans son message purgatoire. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Très bon film de Bouli Lanners. A partir d'un scénario assez mince, le réalisateur a su créer une oeuvre originale, esthétiquement réussi, avec des images et des décors recherchés, des acteurs de grands talents,, même les seconds rôles, une musique excellente, de très bonnes chansons (malheureusement en anglais). Il y a une intrigue, des bons et des méchants, une romance et de l'amitié. Des personnages bizarres dont un Jésus... Une atmosphère particulière baigne ce film à la fois sombre, triste et malgré tout plein d'espoir. Une belle oeuvre.
La Beauce, ses couleurs (ou l'absence de), les stigmates d'un mauvais choix stratégique en matière de transport (rails en béton du turbotrain), quelques friches industrielles. Autant d'éléments que Bouli Lanners a utilisé et nous impose - étonnamment - dans ce presque western in Loiret. Le scénario n'est pas outrageusement fouillé. On s'en ficherait presque car on va sympathiser avec les deux héros (cow-boys un tantinet borderline) dont la trajectoire coupera celle d'un couple de jeunes marginaux (un poil handicapés). Ensemble, ce quatuor va retrouver le chemin d'une possible humanité. Qu'on adhère ou pas trop au travail de Lanners, faut reconnaître que ce mec a une "patte". Quant à Mister Dupontel, il nous montre une fois encore qu'il est un de nos meilleurs acteurs.
Joli casting (Dupontel, Lanners, Rabioukine, Rebbot, Abelanski...) pour ce western moderne. Bouli Lanners a donné à son film une teinte froide, quelques images d'un paysage de morne plaine, un rythme lent, peu de dialogues : certains n'aimeront pas, d'autres apprécieront en disant que cela donne un ton, un monde propre à cette histoire. (La recherche d'un téléphone qui fera se rencontrer multiples personnages sous fond d'une certaine violence). La fin est un chouia trop rapide.
Bouli Lanners a bien l'art de nous maintenir à son asphalte poussiéreux façon North Terne, par une orchestration toujours méthodique et soignée, mais le récit décontenance plus qu'il n’interpelle. L'expérience reste pourtant profondément sincère et humaine.
Dans « Les Premiers, les Derniers » Bouli Lanners nous emmène en voyage, en terre hostile, un no man’s land. Deux chasseurs de prime, au bout du rouleau et un contrat qui ressemble au dernier pour Gilou, car son coeur s’essouffle. Il traine sa carcasse et se pose les bonnes et les mauvaises questions. Bouli Lanners est sublime.
Cochise (Albert Dupontel) l’accompagne dans ce périple improbable à la recherche d’un téléphone portable. On suppose que des informations importantes y sont stockées. Ils sont à la poursuite de deux jeunes paumés qui, par mégarde, ont volé le smartphone.
Deux cas sociaux : Esther et Willy (Aurore Broutin, David Murgia), ces deux là s’aiment d’amour et vivent de menus larcins, ils semblent désorientés, deux anges au milieu de nulle-part.
Et puis Jésus (Philippe Rebbot) qui semble vouloir les guider : un sans abri ? Un dingue? Une bonne personne.
Et puis Jean-Berchmans (le grand Michael Lonsdale) et son motel déserté, son jardin et sa gentillesse.
Et puis Clara (Suzanne Clément), mère célibataire, qui sait donner et recevoir. Et pour finir une bande de chasseurs teigneux.
Des âmes tourmentées, qui vont se croiser pour se battre ou s’entraider. C’est triste, étrange, c’est la Belgitude qui s’impose avec sa différence et ses personnages déglingués. Un beau film plein de mélancolie, de poésie, de générosité et de lumière.
Le casting est parfait aucune fausse note, chaque comédien joue sa partition avec simplicité et justesse. La photo est superbe.
L’enfer est pavé de bonnes intentions : le nouveau film de Bouli Lanners navigue à vue entre une complaisance niaise pour les exclus et un formalisme tout aussi artificiel. Malgré quelques heureux dérapages (Jésus) et le beau regard las de Dupontel, le récit s’enlise dans une mélasse de bons sentiments à la limite de la démagogie.
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1,0
Publiée le 11 octobre 2021
Les habitants d'Orléans et des environs reconnaîtront sans peine les paysages de Les Premiers, les Derniers ceux de Beauce que Bouli Lanners s'ingénie à rendre encore plus sinistres qu'ils ne le sont. Le constat vaut aussi pour ses habitants vus comme bas du front et méchants ou comme des teignes. Bouli ce n'est qu'un décor pour un western rural et nous sommes au cinéma pas dans la réalité mais quand même il y a des limites a ne pas dépasser. Malgré toute la sympathie qu'inspire l'acteur et réalisateur belge il est difficile de trouver son film sympathique mais plutôt mal fichu et se mordant constamment la queue. Certains appelleront ceci de la poésie c'est une question de point de vue mais ce n'est pas le mien. Lanners et Dupontel semblent s'ennuyer quelque peu mais ce n'est rien à côté des faibles participations de Michael Lonsdale ou de Max von Sydow qui paraissent s'excuser de dire bonjour avant de s'éclipser. Étrange tout de même de la part de Bouli Lanners ce peu de conviction pour ce film. Autrement dit c'est son long-métrage le plus décevant depuis qu'il est passé derrière la caméra...
Albert et Bouli, duo magique perdu dans les plaines orléanaises, décors magnifiques et caméra qui capte le rythme de la vie, des doutes, et des liens. Partir de rien mais n'aller nulle part, mais trouver tout ce que l'ont ne cherchait plus.