Elle
Note moyenne
3,4
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662 critiques spectateurs

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48 critiques
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96 critiques
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Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juin 2016
Dix ans sépare "Black Book", le dernier long métrage de Paul Verhoeven, et "Elle". Un retour réussi pour le cinéaste néerlandais qui signe ici un thriller subversif et malsain, un caractéristiques que l'on retrouve dans la plupart de ses films antèrieurs.
Tout le film et l'intrigue tourne autour de la femme incarnée par Isabelle Huppert. Elle apparait dans la quasi-totalité des plans. Son personnage est froid, distant, animée d'une certaine folie dans laquelle émerge un humour noir et piquant. Il n'est d'ailleurs pas rare de rire devant "Elle".
La moralité est mise à mal dans cette histoire au scénario bien écrit dans lequel transparait la psychologie travaillée des différents protagonistes.
Toutefois, ce délire cinématographique n'est pas complet et certains éléments manquent pour en faire un thriller digne de ce nom. Un des points négatifs est la réalisation elle-même. La mise en scène est effectivement trop sage, lisse voire académique et ne met guère en valeur son concept torturé. Pas de frisson ou de tension durant les passages "sensibles". Malgré une telle histoire, Paul Verhoeven n'en retire pas toute l'intensité nécessaire pour bousculer le spectateur. Dès lors, "Elle" ne tient pas toutes ses promesses et l'on ressort de la séance avec une pointe de déception.
Si l'on pouvait s'attendre à mieux, ce long métrage n'en demeure pas moins une oeuvre captivante.
Killian L
Killian L

54 abonnés 287 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 juin 2016
La bande annonce avait promis du lourd et avait donc su me convaincre.
Elle n'a pas menti. "Elle" est un film tellement mystérieux, tellement prenant. Une atmosphère toujours ambiguë qui apporte au film sa touche si spéciale.
Des personnages anormaux, tous (ou presque), des réactions étranges, particulières. Des secrets, des liaisons, remords ... Ce film mêle tous les ingrédients à la perfection et nous concocte au final un joli repas.
J'ai vraiment adoré ce film si spécial, il m'a comblé.
J'ai adoré Isabelle Huppert pour le rôle de Michelle, à la fois si désinvolte, franche, charismatique et imprévisible. Elle mène le film, le dirige.
La complexité des relations humaines dans toute sa splendeur. L'humain est une créature très spéciale dont tous les aspects (aussi sombres soient-ils) sont parfaitement exploités dans ce film. Les émotions et les sentiments sont maîtrisés et liés à des personnages qui savent les doser juste comme il faut.
"Elle" fait réfléchir. Au final, je suppose qu'on ne connaît jamais vraiment les gens.
Sébastien L
Sébastien L

12 abonnés 507 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2016
Paul Verhoeven est un réalisateur qui a l'habitude de faire des films sans concession et de ne pas épargner le spectateur. On connais principalement ses films très violents des années '90, mais il n'a pas toujours travaillé ce genre. Là, il nous offre un thriller psychologique très dérangeant de par ses personnages ou son intrigue. C'est très bien réalisé et filmé avec brio. Chaque cadre est parfaitement bien travaillé. Le jeu des acteurs est exemplaire pour tout le monde (avec une petite mention spéciale pour Anne Casigny, même s'ils sont tous d'une très grande justesse). J'aime bien le fait que ça soit vraiment tourné comme un film français avec des décors de la banlieue française et pas des plans aériens de la Tour Eiffel. Un léger bémol : j'ai trouvé qu'on donnais trop d'indices très vite et j'ai deviné qui était l'auteur du viol assez tôt, mais ça n'enlève rien à la tension présente tout au long du film et avec tous les personnages, car tout le monde a des secrets.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 mai 2016
Paul Verhoeven s’était absenté des plateaux de cinéma depuis une dizaine d’années et son excellent film historique « Black Book » tourné dans son pays d’origine, les Pays-Bas. Et de dire qu’il revient en grande forme serait même un pléonasme. Ecoeuré par ses dernières expériences hollywoodiennes, de l’échec public du pourtant génial « Starship Troopers » à sa dernière expérience avec un studio sur « Hollow Man » sans oublier le faux pas « Showgirls » encore considéré comme l’un des pires films jamais réalisés, le hollandais a décidé de tourner ailleurs pour voir si l’herbe y est plus verte. Et quel meilleur contrée que la France où le cinéma reste envers et contre tout un art plutôt qu’une industrie pour établir ses pénates et tourne un film comme « Elle ». En effet, après l’avoir vu, nul doute que trouver un financement pour un film si sulfureux et mal élevé eut été presque impossible ailleurs. Et on peut dire qu’il s’adapte comme un chef aux us et coutumes cinématographiques de l’Hexagone. Sa mise en scène, chic et sobre, emballe à ravir un cadeau qu’il fait à ses fans.

Reparti, à tort, de Cannes bredouille, le film semble pourtant être l’un de ceux qui la plus enthousiasmé la Croisette. Mais peut-être n’était-il au final pas assez sérieux pour les jurés. Car si, au premier abord, on est sur le terrain du thriller des familles, un cinéaste impertinent comme Verhoeven ne pouvait se contenter de cela. Évidemment ! Il semble se contrefiche de son intrigue, qu’il ne néglige pas pour autant, pour s’intéresser bien plus aux rapports entre ces personnages et à leur sexualité. « Basic Instinct » vous avait plus ? Vingt ans après, ce penchant français tout aussi (voire plus) vénéneux et diabolique va vous ravir. Le comportement des personnages est la plupart du temps immoral et nous renvoie à nos plus basses pulsions, mettant en exergue le pouvoir de manipulation et de domination des femmes sur les hommes. On pourrait taxer le film de misogynie mais c’est sans compter l’amour que porte le cinéaste pour le sexe dit faible, qui inverse ici considérablement les rapports de force.

Et, reine d’entre elles, Isabelle Huppert est fascinante et magistrale. Encore une fois, elle met l’assistance par terre dans un rôle qui semble condenser trente ans de carrière. Elle est impériale jusqu’au dans le moindre de ses gestes et dans chaque façon de prononcer une ligne de dialogue. Le rôle était casse-gueule et on voit peu d’actrices autre qu’elle pouvant se l’approprier d’une manière aussi définitive. Si elle n’emporte pas le César l’année prochaine, il est de bon ton qu’elle fasse au moins partie des nominées. Si après la découverte de l’identité du violeur, un petit moment en creux se fait, c’est pour mieux rebondir sur un twist final malin et une conclusion vacharde qui colle bien avec le ton corrosif et subversif du long-métrage. Mais on en oublie le principal : on rit dans « Elle ». Rires jaunes, noirs ou gênés mais ils se font réguliers, rendant crédibles des situations que d’aucuns trouveraient improbables. Et pourtant c’est un miroir de notre société empli de vices que le film nous renvoie royalement et avec maestria. On espère ne pas attendre dix ans avant de revoir un film du hollandais fou car c’est pur nectar de septième art qui nous surprend constamment ! On en redemande !
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2016
Où était donc passé Paul Verhoeven? Son dernier film, Black Book, tourné au Pays-Bas remonte à 2006. Depuis, le cinéaste s'est fait très discret. Mis à part Tricked, film Néerlandais (issue d'une expérience de crowdsourcing) sorti directement en vidéo, silence radio. Mais sous l'impulsion du producteur Saïd Ben Saïd, Verhoeven revient enfin aux affaires...avec un film français. Adaptation du livre "Oh..." de Philippe Djian, Elle rentre parfaitement dans la filmographie de son metteur en scène.
Patronne d'une société de jeux vidéos, Michèle est un jour agressée et violée chez elle. Pourtant, elle décide de ne pas en référer à la police et reprend sa vie comme si de rien n'était. Commence alors une traque personnelle qui va affecter son entourage (ex-mari, amies, amant, voisins)...Direct et sans pitié, Elle est bien un film 100% Verhoeven. On retrouve le goût du cinéaste pour les intrigues malsaines parsemée de violence et d'ironie. Car les 2h10 de séance sont partagées entre le rire et l'effroi. Charge acerbe contre l'hypocrisie ordinaire et l'impuissance masculine, Elle est également le portrait d'une femme bien décidée à ne pas se laisser dicter sa conduite par le politiquement correct ou ses sentiments. En résulte une sensation de malaise permanent même dans les séquences les plus drôles. Verhoeven n'a rien perdu de sa force et Isabelle Huppert campe formidablement cette femme, forte et sarcastique. En voyant Elle, je mesure à quel point Paul Verhoeven me manquait. Sa direction d'acteurs exemplaire (ils sont tous excellents), sa mise en scène fluide, son regard sardonique. Ils sont tous trois présents ici. Et c'est un vrai plaisir à regarder.
tupper
tupper

190 abonnés 1 568 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2016
Un film qui ne laisse pas indifférent. La pseudo intrigue n'est qu'un support à la mise en scène de personnages complexes qui se découvrent et se dévoilent sur un fond de violence physique et psychologique. Les images crues, parfois à la limite du soutenable, mais jamais gratuites, transmettent cette violence et cette complexité. Pas de conclusion ou d'interprétation évidente mais juste une illustration de la complexité de la nature humaine qui invite à la réflexion. Évidemment réalisation et interprétation sont au niveau des noms prestigieux à l'affiche avec un rôle principal taillé sur mesure pour Isabelle Huppert.
Frédéric M.
Frédéric M.

239 abonnés 2 154 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2016
Paul Verhoven enfin de retour .. et en forme ! Il démontre qu'il demeure toujours un excellent réalisateur sachant raconter une histoire tortueuse et diriger admirablement ses acteurs. Isabelle Hupert est fantastique ! L'histoire est prenante avec un assez bon suspense . Les personnages secondaires sont également très bien traités ! Bref un bon cru...
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 16 février 2017
Économisez votre argent, scénario et jeu d'acteur inintéressants...
L'intrigue sur le père n'a pas de suite, le film est mou et on dirait que les acteurs font un spectacle de fin d'année en se faisant souffler chaque réplique...
Flaw 70
Flaw 70

276 abonnés 422 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 mai 2016
Ces dernières années, Paul Verhoeven se fait discret n'ayant que 3 films à son actif depuis 2006, où il avait signé le très réussi Black Book, alors qu'il avait pour habitude d'être un réalisateur assez prolifique avant les années 2000. Il faut dire que ses derniers films n'ont pas vraiment rencontré le succès où lorsque c'était le cas, le résultat ne rendait pas très fier le metteur en scène qui fut assez déçu de son très moyen Hollow Man. Néanmoins, le réalisateur à eu une carrière des plus prestigieuses, où les films à la qualité plus dommageable se comptent véritablement sur une main car il n'a fait qu'Hollow Man, le pas terrible Showgirls et l'expérience ratée que fut Tricked en 2012 qui portent vraiment préjudice à sa carrière impeccable. Il n'y a pas vraiment de retour de Verhoeven a espéré au final, car même si il est moins présent, il n'a jamais véritablement déçu et il prouve encore une fois le grand cinéaste de le subversion qu'il est avec sa première incursion dans le cinéma français.
Adaptant un des romans de Philippe Djian, il reste dans ses thématiques et sa façon de faire le cinéma, construisant un thriller sexuel dérangeant tout en s'imposant au sein d'un genre pour mieux le déconstruire et le réinterroger, ici s'attaquant tout simplement au film français. Car il ne fait pas une parodie de film français vu par un étranger, il réalise pleinement un film français qui vient dépoussiérer un genre qui n'évolue pas depuis plusieurs années, venant nous battre sur notre propre terrain. Il porte toujours un regard assez unique sur le sexe, l'exploitant comme une chose hors norme où même ce qui est considéré comme moralement déviant et au final un désir comme un autre. Il porte un regard qui peut paraître immoral sur ce rapport au sexe mais ne cède jamais à la moralisation ou même le jugement, préférant avoir une approche beaucoup plus intellectuelle et naturaliste confrontant la norme, l'être vivant, et l'hors norme, sa sexualité. Ici même la personne la plus terre à terre et sophistiqué du film tombe dans l’irrationalité à travers sa sexualité. Le désir est incontrôlable car il est inexplicable, il prend forme dans les bas instincts et c'est ce qui a souvent fasciné Verhoeven, l'humain avec sa double identité, celle publique et celle sexuelle, une personne étant différente une fois soumise à ses désirs.
Le film va faire une étude de cela au sein d'un scénario dense et brillant qui interroge les relations dominants/dominés, qui ne s'impose pas forcément à qui à le pouvoir sur qui ais plutôt sur qui et assez malin pour s'affranchir de celui-ci, trouvé le compromis entre la soumission et la dominance. Le personnage principal devient en ça, un exemple de force, d'intelligence et d'irrévérence étant autant soumise par sa propre condition que dominatrice de celle des autres et de son univers. Le personnage est absolument fascinant dans sa psychologie et la voir évoluer dans son quotidien est un spectacle de chaque instants. Au final, la viol qui ouvre l'intrigue n'est qu'une sous-intrigue parmi tant d'autres, devenant un élément presque anecdotique dans une vie chaotique et en perpétuelle mouvement. On se retrouve face à un quotidien peu banal où l'on nous questionne sur l'héritage, la pression sociale et religieuse, l'hypocrisie d'un univers de façade qui cache ses perversion pour mieux s'en délecter et où le tout atteint une universalité qui frappe en plein fouet. Tout le monde étant victime de sa famille, des attentes de ses proches et de l'aspect incontrôlable de ses désirs. Le récit va parler un peu de tout ça au sein d'intrigues et de symboliques parfaitement gérés pour la plupart, même si une ou deux sont plus discutables. Comme l'intrigue entourant le fils de Michèle et sa petite amie ou encore la relation entre Michèle et sa mère. Ses deux éléments sont au final grossièrement écrit et assez prévisible dans le message que cela délivre. Tout ce qui entoure le métier de Michèle est assez mal amené et traité aussi, ayant clairement des années de retard quand à la vision du jeu vidéo et qui fera clairement tiquer les connaisseurs. Par contre même si l'identité du violeur est plutôt prévisible, le développement de ce rapport de force entre les personnages est aussi passionnant que dérangeant surtout qu'il explore vraiment des situations inattendus. On retrouve aussi une critique de la religion particulièrement habile, retranscrit par des dialogues prodigieux et la conclusion absolument parfaite plongeant dans des réflexions à la noirceur aussi malaisante que jouissive.
Le casting est excellent. Même si certains acteurs sont légèrement en dessous en début de film, il s'améliore au fur et à mesure que leurs personnages gagnent en épaisseur. Isabelle Huppert tient clairement le film sur ses épaules, étant filmée avec grâce par Verhoeven qui en fait clairement une muse, et elle est absolument géniale. Sa personnalité déborde de chaque plans et vient frapper le spectateur en pleine face. D'une justesse et d'une intensité inouïe, elle offre une des prestations les plus troubles et fascinantes de sa carrière. On retiendra aussi les performances impeccables de Laurent Laffite, Alice Isaaz qui est totalement habitée par son rôle et est prodigieuse, ainsi que Charles Berling qui s'impose par un flegme en décalage du reste soulignant bien l'aspect paumé de son personnage et faisant merveille dans les moments plus comiques. Le film ne lésinant pas sur l'humour noir.
La réalisation est maîtrisé mais un brin générique. Verhoeven prenant l'esthétisme classique des films français, il impose à l'ensemble un côté un peu austère et évoluant dans un univers bourgeois, parfois l'image à un côté lisse assez particulier. C'est un parti pris totalement assumé et bien tenu mais ça pourra dérangé certains qui trouveront un manque de fulgurances visuelles surtout à travers une photographie très sombre et très sobre. Le montage est par contre astucieux dans le déroulé des scènes, ménagent avec habilité les chocs et les révélations et gérant la tension avec maestria. La musique est peu marquante mais accompagne bien l'ambiance malsaine du film. La mise en scène de Paul Verhoeven est minutieuse, bourrés d'idées dans sa manière de faire évoluer le regard du public sur une même scène. Faisant vivre la scène du viol sous l'angle de la réalité puis sur celui du fantasme de son héroïne en prenant à chaque fois une approche différente mais de manière subtile. Que ce soit dans ses choix de cadrages, ses symboles visuelles et etc, le film est imprégné d'une grâce et d'une élégance chirurgicale qui contraste avec l'aspect sordide des situations accentuant l'impact sur le spectateur. C'est bien pensé, très bien mené et le tout se montre admirable de maîtrise et d'inventivité sans jamais tombé dans l’esbroufe facile préférant l'intelligence dans la composition du plan que la démonstration de force dans des mouvements de caméras ambitieux mais vain.
En conclusion Elle est un excellent film. Une oeuvre aussi fascinante que dérangeante et qui est loin d'être facile à digérer de prime abord. Mais la force du propos qui trouve une universalité bouleversante et l'intelligence des questionnements qui s'affranchissent de toute moralité pour offrir une étude passionnante et sincère de l'âme humaine et de ses déviances font que l'on est totalement happé par elle et qu'elle continue de nous hanter bien après l'avoir vu. Hors de toute hypocrisie, le film montre la triste réalité du désir humain, aussi concret qu’incontrôlable même dans ses pires extrémités. L'humain se dissocie face à sa propre sexualité et Verhoeven se sert de cela pour mettre en image de manière magistrale, un portrait de femme sensible et touchant tout en étant perturbant et insaisissable. Soutenu par un très bon casting et malgré quelques défauts ici et là, on reste face à une oeuvre rare et inoubliable qui ne laissera personne indifférent.
MemoryCard64
MemoryCard64

57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 juin 2016
Julieta, Elle. Deux œuvres présentées cette année au festival de Cannes, deux portraits de femme. La comparaison ne peut pas aller beaucoup plus loin, tant les deux films sont différents (le premier est un mélodrame, le second un thriller). Pourtant, on peut mettre en parallèle les deux manières de représenter le personnage principal. Almodóvar raconte la vie de Julieta de manière chronologique et montre comment un enchainement d'événements malheureux a pu assombrir sa vie, tandis que Verhoeven présente immédiatement Michèle comme une femme normale victime de viol, avant de fissurer de son portrait en explorant son passé, toujours plus loin, toujours plus sombre. Le réalisateur met donc en scène un personnage étrange, avec lequel on ne sait pas trop quoi faire. Michèle fait preuve d'un comportement odieux et n'hésite pas à s'engager dans plusieurs magouilles (sexuelles ou juridiques), mais elle possède quelque chose de profondément fascinant. Déjà, Isabelle Huppert met à contribution son jeu particulier et ses intonations souvent qualifiées de bourgeoises pour renforcer la fausseté de son personnage. En plus de cela, Michèle agit toujours avec désinvolture et ne fait preuve d'aucun tact quand elle est confrontée à la souffrance, la sienne comme celle des autres. Cette attitude contraste beaucoup avec ce que l'on sait d'elle, ce qu'elle a vécu, et (Dieu merci) le réalisateur ne fait jamais de la psychologie de comptoir pour expliquer ses actes. Michèle est juste comme cela, froide, presque détachée du réel. Elle conserve tout le long du film une assurance, comme si elle avant le contrôle sur tout. Verhoeven a su contenir la folie manifeste de cette femme pour la rendre cohérente et hypnotisante. Et ce paradoxe, cette opposition entre deux pôles, ne se limite pas à l'héroïne. Le film présente un milieu bourgeois malsain, où évoluent des personnages antipathiques qui se situent tous quelque part entre la méchanceté pure et la stupidité profonde. En partant de ce microcosme, il y a quelque chose qui monte, un mélange de malaise et de tension, qui fait que le spectateur est pendu aux lèvres des acteurs, qu'il attend la fin de chaque réplique en ayant l'impression que tout va voler en éclats dès qu'elle sera terminée (le réalisateur rythmant parfaitement chaque phrase). Et à côté de cela, le long-métrage propose un humour insolent, à la fois noir et cynique, qui m'a personnellement désorienté. Il semble que le film demande au public s'il doit rire de ce qu'il voit, si c'est approprié de se moquer de la même manière des accidents farfelus (le bébé) et des malheurs plus profonds (ce que dit Huppert au chat). La qualité de l'écriture permet de soulever cette question avec finesse dans un film qui en manque un peu. C'est un peu le problème avec la démarche de Verhoeven : il y va à fond, quitte à érafler les murs en passant. Plusieurs choses passent plus ou moins bien selon le contexte, notamment les dialogues. Si je loue leur capacité à susciter un je-ne-sais-quoi tout en approfondissant les personnages, il est vrai qu'ils doivent sonner particulièrement faux pour quelqu'un qui a du mal à rentrer dans le film, en particulier les répliques à la limite du one-liner. De plus, la représentation du milieu professionnel de Michèle (le jeu vidéo) est loin d'être un exemple de subtilité. J'apprécie le moment où on explique que l'entreprise vise un public qui se fout de la qualité, et je pense que l'aspect pulsionnel de ce média, bien que caricatural, fait sens dans le monde décadent du film. En revanche, montrer une cinématique de PS2 représentant un viol avec des tentacules et en faire un enjeu de l'histoire, c'est trop. Toutefois, cela n'enlève pas grand chose à la qualité du film, qui reprend le thème du viol pour proposer une histoire différente, où ce n'est pas l'identité de l'agresseur qui compte (heureusement car il n'est pas difficile à démasquer) mais la relation glauque que la victime cherche à établir par la suite. C'est violent et dérangeant, bref c'est un sacré retour pour Verhoeven.
1ou2mo
1ou2mo

11 abonnés 476 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2016
Michelle,le personnage d'Isabelle Huppert domine tout le film. On s'interrroge sur ce comportement déroutant, ces réactions extrêmes, cette attitude irritante. Un cocktail détonnant qui trouve peut-être son explication dans un autre drame vécu antérieurement. Tous les autres protagonistes autour d'"ELLE" sans exception, complètent la sulfureuse tambouille cinématographique recherchée par le réalisateur.
orlandolove
orlandolove

169 abonnés 1 731 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 juillet 2016
Un thriller psychologique, trouble et tordu à souhait, avec Isabelle Huppert au sommet de son art... Réjouissant !
momo M.
momo M.

50 abonnés 284 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mai 2016
Enfin un bon film ! Un scénario qui tient la route, de l'humour, du suspens, de bons acteurs. A voir si vous appréciez Philippe Djian, car on reconnait bien son style dans ce film, très fidèle selon moi au livre Oh! dont il est inspiré
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 9 juin 2016
Plus gros navet de l'année 2016 jusqu'ici pour moi.
Scénario scandaleux et sans intérêt voulant montrer un panel de gens torturés et détestables, dont l'effet de suspense est complètement nul, puisque spoiler: l'on sait dès sa première apparition l'identité du "violeur"
...
Et la suite est d'un grotesque sans nom, tout comme le jeu des acteurs. Alice Isaaz joue particulièrement mal, mais Isabelle Huppert ne sauve pas le film, loin de là... Le rôle qu'elle campe ici spoiler: (une femme imperméable à tout et foncièrement désagréable)
est très similaire à son précédent (dans "L'Avenir") jusqu'aux situations que l'actrice traverse: spoiler: perte d'une mère botoxée et délirante traversée dans l'indifférence, l'affection relative portée à un chat
... Non, vraiment, on a l'impression que jusque dans ses intonations, Huppert n'interprète plus (son fameux "Saluuut!" dit d'une voix traînante et d'une intonation presque masculine), qu'elle se contente d'un naturel désarmant dans des rôles taillés presque sur-mesure.
Décevant...
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 juin 2016
Après des œuvres comme Hollow man, Black book ou Tricked, on pourrait penser que l’âge avait un peu calmé Paul Verhoeven. A 78 ans, le cinéaste prouve qu’il n’en est rien en signant Elle adapté du roman Oh… de Philippe Djian. Sous des dehors de classique film français à la Chabrol (car ce film est bel et bien français), Elle présente des personnages ayant tous plus ou moins des comportements étranges. Effectivement, ce film risque de choquer le spectateur non pas d’un point de vue graphique (la violence et les scènes sexuelles sont loin d’être les plus crues que l’on ait vu au cinéma) mais par le fait que les personnages entretiennent des rapports très étranges spoiler: (Michèle continue tout de même à avoir une relation avec un homme dont elle sait qu’il l’a agressée et violée)
et surtout par le fait que Paul Verhoeven ose inclure de l’humour à propos de faits abominables spoiler: (la séquence où Michèle raconte les massacres que son père a causé est à la fois hilarante et gênante)
. Ainsi, il faut pouvoir accepter ce second degré pour apprécier pleinement cette œuvre. Les acteurs sont tous très bons et apportent également beaucoup de recul au film spoiler: (il faut voir Virginie Efira en fervente chrétienne vouloir faire les bénédicités et écouter la messe pour le repas de Noël)
mais celle qui apporte toute son âme au film est véritablement Isabelle Huppert : elle possède une froideur assez glaçante qui peut la rendre effrayante et comique, alors qu’elle est d’abord une victime, et qui peut se comprendre au fur et à mesure de l’évolution de l’intrigue et de la découverte de son histoire passée. Elle est donc une véritable réussite mais qui possède un univers très spécial et un tel décalage dans le traitement qu’il peut facilement déplaire à de nombreux spectateurs : si on ne se sent pas directement en connexion avec ce type de sensibilité, on détestera le film mais, dans le cas contraire, on pourra être happé du début à la fin et regretter qu’il n’y en ait pas plus de ce type. Paul Verhoeven est décidément un cinéaste rare !
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