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petitbandit
118 abonnés
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3,5
Publiée le 16 juin 2016
"Elle" ou comment donner le rôle parfait à Isabelle Hupert dans son personnage tordu, barré et maso et qui excelle à merveille. Tout d'abord la réalisation est très maîtrisée, les plans et séquences savamment distribués. Si l'histoire est alambiquée, elle regroupe tout un tas de personnages et leurs histoires propres, le tout servi avec de bonnes touches d'humour noir. Le film perd néanmoins en intérêt sitôt le "violeur" découvert et la durée est un peu trop longue. Un bon thriller à ne pas rater toutefois.
Cinéaste controversé s'il en est, Verhoeven revient au cinéma avec un film comme lui seul en a le secret. Le contexte faisait craindre le pire aux amateurs du hollandais violent : un film produit en France avec un casting peu excitant, dont l'histoire semble n'être d'un drame Cannois bien chiant. Mais c'est pourtant plus du côté du thriller qu'il faut chercher. L'emballage est sans esbroufe, et c'est clairement la plus grande force du film : en donnant à son métrage des allures de téléfilm du jeudi soir, Paul Verhoeven creuse l'écart entre le fond et la forme, décuplant l'impact émotionnel lors des scènes les plus dures. Directeur d'acteurs au savoir-faire unique, le réalisateur amène son casting à livrer des prestations formidables, notamment les jeunes Alice Isaaz et Jonas Bloquet dont les performances n'ont rien à envier aux stars avec lesquelles ils partagent l'affiche. Un film brillant, dur et âpre à ne pas mettre entre toutes les mains.
(...) Autant dire que son incursion dans le cinéma français, ou quelque chose proche de cette notion, était plutôt attendue. Si il est difficile de faire la fine bouche devant « Elle » il est objectivement compliqué de dire que le réalisateur néerlandais livre le film parfait pour un retour tant attendu. Evidemment, heureusement, on retrouve tous les thèmes qui on fait son succès, sa marque, son ADN cinématographique. Tour à tour provocant, sexué, sulfureux, intelligent, flirtant avec les limites conventionnelles d’une idée bien pensante des rapports humains, le film navigue en plein univers verhoevenien. (...) l’intimité sentimentale des névroses, vices et autres pensées qui se cachent entre les murs, et aussi intérieurement. Là, le retour du réalisateur est bien réel, bien plus que dans son soi-disant « Steekspel », mais quelque chose semble flotter au-dessus de son univers personnelle. La direction d’acteurs impeccable n’est pas en cause. Pour cela il faut sans doute plus se tourner vers une interprétation inégale de certains comédiens, et surtout d’un scénario un peu tordu, dans le sens où les évènements de l’histoire se suivent mais s’imbriquent assez mal. On oscille entre parodie, réalisme, critique sociale, le tout est bien dirigé mais l’écriture fait assez mal à l’ensemble. Du stéréotype d’un pseudo twist, aux rapports entre personnages, une certaine inégalité vient parsemer le film de moments faibles, inattendus (heureusement) et parfois clichés dans leur aspect sulfureux. Conditionné dans cet ensemble, des comédiens un peu justes semblent vraiment dénoter et desservent le film, d’autres au contraire, ont vraiment leur place et trouve le ton parfait pour incarner l’étrangeté de leur personnage. Au-dessus de tout cela, navigue pleine voile, une réalisation précieuse, fine, qui oscille entre humour acide, tordu, sérieux des sentiments et des phantasmes humains, les habitudes du réalisateur retrouvées. Et comme un enchantement l’accord Huppert-Verhoeven apparaît comme une évidence, elle, grandiose ; en résulte comme une nécessité de faire travailler ensemble ces deux amoureux du 7ème art. « Elle » semble bipolaire, parfois magique dans l’univers d’un cinéaste qui semble avoir retrouvé tout son savoir-faire. Parfois étrange dans son empreinte esthétique, très (trop ?) européenne, avec un jeu « français » qui détonne avec ce qui semble être l’intention initiale d’un réalisateur qui, faute de mieux(...) Entre le désir, pulsions dérangeantes, l’affect déplacé et tout ce qui fait que Verhoeven est et restera Verhoeven, « Elle » s’avère un joli rappel de ce que le metteur en scène à su faire comme personne plus qu’un vrai retour en soi. Lui l’est totalement, son film un peu moins.
Ce qui attire dans ce film c'est le retournement des références morales habituelles. C'est donc un film assez malsain. Mais qui tient en haleine. I Huppert joue très bien un rôle qui aurait pu être caricatural et donc creux ; son personnage est tout de même à la limite du normal... Elle le fait vivre et mérite des applaudissements pour son jeu. À déconseiller si vous êtes prude.
Un film sans réel fil conducteur où le scénario s'éparpille dans tout les sens. Ce manque de structure couplée à un jeu d'acteur plutôt médiocre ainsi qu'un "effet malsain" injustifié donne un mauvais résultat.
Les réactions des personnages sont absolument incompréhensibles compte tenu des événement qu'ils subissent.
Quand à La hauteur des notes, cela reste pour moi le deuxième plus grand mystère après ce scénario catastrophique.
*Elle* est un excellent film, à vrai dire à peu près tout ce que j'attend d'une séance de cinéma. L'expérience s'est révélée somme toute assez classique, dans le sens où le film ne sort pas forcément des sentiers battus, mais c'est par son traitement, cynique, froid et tourmenté, présentant une forte tension sexuelle, inhérente au réalisateur de *Basic Instinct*, que le film prend toute sa valeur et scotche le spectateur à son siège du début à la fin de la séance. L'entrée en matière est par ailleurs brutale, on n'a pas le temps de respirer, directement plongés dans le vif du sujet.
Isabelle Hupert est extraordinaire et le reste du casting l'est tout autant, le scénario se révèle particulièrement riche et original dans son background (l'histoire de famille, la profession de Michelle, etc...), on comprend pourquoi Verhoeven s'est tourné vers l'adaptation d'un roman tant son histoire présentait des bases solides.
Résultat : suspense, rire, grincement de dents, surprise et dégoût sont mélangés d'une main de maître dans ce film à la mise en scène sobre mais ultra efficace, notamment grâce à un montage très juste et une photographie particulièrement sombre mais douce, ajoutant cet effet de contraste et d'étrangeté ambigue qui lui donne toute sa saveur et son identité.
Bref, allez voir ce film, et merci Paul Verhoeven !
Bien Isabelle Huppert est vraiment une bonne actrice et m'a épaté. Les seconds rôles sont bons aussi. Certes c'est un petit peu trop long! Peut etre que la relation des deux protagonistes n'est pas assez 'forcé'. Pas assez fouillé, prononcé; bref je ne trouve pas trop les mots. Mais un bon moment de cinéma. 14/20. La limite de 12 ans est plutôt justifiée surtout pour certains SMS échangés assez cru.
"Elle" est une habituée du jeu. Elle en a même fait son fonds de commerce puisqu'elle dirige une boîte de jeux vidéo - un univers où la gent féminine est sous-représentée. Elle a donc le goût de l'inconnu, des situations extrêmes telles que les développent de plus en plus ces jeux où l'irrationnel peut se sonner libre cours à condition qu'il soit mené de la façon la plus rigoureuse qui soit. C'est donc dans cet esprit qu'elle va évoluer après avoir été victime d'un viol. Qui peut être le coupable ? Là n'est pas vraiment la question car rapidement la réponse sera apportée, mais surtout la situation ô combien traumatisante de cette femme qui vit seule et qui est assaillie par un homme encagoulé va fournir le prétexte à un jeu certes malsain, mais engageant la personnalité tout entière du violeur en même temps que de la victime. Car à cet épisode qui ouvre le film avec une terrible violence va venir se greffer le traumatisme du passé. "Elle" a un père condamné à la prison pour avoir commis des meurtres en série. Et ce traumatisme d'enfance - d'autant plus qu'elle se trouve avoir été mêlée à ces histoires sordides - va donner à l'intrigue un jour nouveau. Le film de Paul Verhoeven peut donc se lire comme un grand jeu cérébral - ce que d'aucuns pourront regretter, sachant que le viol n'a rigoureusement rien d'un jeu. En même temps il combine avec un talent fou des registres différents : le fantastique, le suspense, l'horreur et - last but not least - l'humour le plus fin à la façon d'un Chabrol. Quelle belle idée que d'avoir montré le viol d'entrée de jeu en prenant pour témoin le chat de la maison ! Certains personnages également sont traités avec un humour irrésistible : la mère de Michèle - "Elle" se prénomme Michèle - en vieille garce nymphomane est une splendide composition pleinement assumée par la radieuse Judith Magre. C'est le moment de dire tout le bien que l'on pense des acteurs - et bien sûr des actrices en tête desquelles figure Isabelle Huppert. On se doutait bien que le rôle de la femme blessée serait un cadeau pour cette immense comédienne habituée aux compositions à risques. Mais ici il s'agit d'un sommet dans la carrière de celle qui, sous les apparences d'une femme fragile, témoigne d'une détermination à toute épreuve. Superbes prestations également de la part d'Anne Consigny, l'intelligence à l'écran comme toujours, et Charles Berling qui se complaît à assumer un second rôle de grande qualité. Un film par conséquent qui marque la carrière de Paul Verhoeven, lequel découvre les joies du tournage à la française et qui plus est en français, assez éloigné des contraintes du tournage à l'américaine encore que les deux interfèrent par moments. Un seul regret : le scénario aurait sans doute gagné à être allégé de quelques rebondissements qui donnent parfois des allures de mélo à l'ensemble.
Ce film est complètement fou! Dans le bon sens du terme bien sur. L'histoire est déroutante, son déroulement tout aussi mouvementé et stupéfiant. ça va très loin dans l'interprétation pour Isabelle Huppert, elle aurait pu avoir le prix d'interprétation féminine! Quand on regarde ce film, on se dit surtout que les gens sont fous mais à un point qu'il est difficile parfois d'imaginer dans certaines occasions.
Bien envoyé, une succession d'atmosphères entre joie et douleur (je n'ai pas lu le livre dont c'est inspiré). Un bon moment à se ronger les sangs volontairement parce que c'est "de la belle ouvrage cinématographique", superbe à l'image et au son (inclus la netteté des dialogues dont on comprend chaque mot car diction excellente et français à l'honneur !)... Quelque part entre Hitchcock et Chabrol en plus cru, en plus défenseur du désir féminin brut, sans le papier de soie de rigueur..., de l'intelligence face à la corruption et à cette violence gratuite faite aux femmes bassement, si pénible à déjouer, mensonge pour mensonge, oeil pour oeil, ça démarre de manière féline, fidèle à la bande-annonce et ça chauffe par moments entre les personnages, ou alors c'est tendre tout d'un coup (après la scène des volets !)... Comme il s'agit d'une délivrance chez cette femme lucide bien qu'à demi-détraquée, on attend les rebondissements comme allant de soi.. Pari tenu, sans baisse de régime, Isabelle Huppert joue Isabelle Huppert comme d'habitude, encore sexy bien que sexagénaire post-ménopausée, les autres rôles semblent là pour la servir dans sa demi-folie, et très bien tous, alors on marche même si on a deviné tout de suite à qui sont les gants de l'affiche !
Belle saleté misogyne où on peut se poser la question comment la comédienne principale a pu accepter son rôle, d'autant plus que cela fonctionne péniblement
Les critiques négatives lues avant de voir ce film sont injustes, certes, le film est rude, cynique et malsain, mais très complet et équilibré sur ce thème, certes il est porté à bout de bras par une brillante Isabelle Huppert, certes le coupable n'est pas une surprise, mais ce film ambigu et dérangeant est parfaitement maîtrisé et fort bien construit, certaines séquences risquent même de passer à la postérité... C'est un film réussi
Le film démarre sur les chapeaux de roues... Mais ça retombe aussi très vite. Ce qui m'a le plus gêné ce sont les dialogues entre les personnages qui sonnent faux tellement les acteurs donnent l'impression de réciter leur texte. Sans compter les répliques qui se doivent être cultes, mais qui sont franchement ringardes dans la bouche des personnages plutôt fades (Isabelle Huppert campe très mal le rôle de la cinglée dominatrice). Le scénario s'annonçait comme grandiose mais là encore c'est pour moi une déception. On se doute rapidement l'identité du violeur (spoiler: c'est Laurent Lafitte, et oui parce que son nom apparait en second au générique alors que son personnage n'intervient que très tard dans l'histoire donc je n'ai pas été surpris). Ensuite, le film est classé selon les médias comme comédie dramatique ou thriller, mais problème ce film n'est pas drôle, n'est pas angoissant et y'a pas de suspense. Ensuite, il y a quand même pas mal d'erreurs tout au long du film qui décrédibilisent celui-ci (spoiler: la scène au stand de tir où Michèle parle à Kevin en pointant le canon de l'arme chargée vers son abdomen; le siège bébé sorti du carton d'expédition sans être sûr-emballé; les nombreuses fois où Michèle se gare dans la rue sans soucier qu'elle gêne la circulation; la scène où Vincent apparait soudainement pour secourir sa mère alors qu'il est sensé être à la réception dont il a la charge de l'organisation; etc ). Bref, pas besoin de dire que je n'ai pas aimé le film. Les cinéma français est vraiment en perdition. Quand je pense que Gone Girl de David Fincher a obtenu de la part des médias une moins bonne note que Elle, je me dis que dans certaines rédactions il y en a certains qui doivent manger des choses pas très catholique au petit-déjeuner.
Ce qui était annoncé comme un thriller s'avère n'être qu'une suite de scènes où l'ennui gagne et où tout sonne faux : les situations, les dialogues, les rapports humains... Il n'y a aucune tension, et l'on tombe même souvent dans le ridicule, comme lorsqu'il Isabelle Huppert se masturbe en lorgnant Laurent Lafitte aux jumelles, ou lorsqu'elle explique à son amant qu'elle ne pourra pas faire l'amour avec lui ce soir parce qu'elle est "indisposée". A 60 ans, cela défie les lois de la nature... On se demande ou tout cela veut en venir, et on ne le saura jamais, puisque nous avons quitté la salle...