Elle
Note moyenne
3,4
7083 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

662 critiques spectateurs

5
48 critiques
4
201 critiques
3
157 critiques
2
96 critiques
1
85 critiques
0
75 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
bobmorane63
bobmorane63

246 abonnés 2 212 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juillet 2016
Dix ans qu'on attendait le retour du cinéaste Paul Verhoeven sur grand écran et c'est dans un film Français dans un budget serré loin de ce qu'il a fait auparavant à Hollywood dans les années 80/90 et il signe sa présence et son talent remarqué avec "Elle" !! Pourtant, avant d'aller voir ce film, j'avais un peu peur car l'auteur du livre dont ce long métrage est adapté, Philippe Djian, n'a peu d'estime pour moi et je ne suis pas trop fan de son esprit littéraire. spoiler:
Tout commence par un viol sur une femme de 50 ans par une personne encagoulée,, elle ne porte pas plainte, rèvèle tardivement ce qu'elle a subit à ses amis. le père de l'héroine était un tueur en série qui est emprisonné à perpétuité, sa mère va se marier avec un jeune homme , son fils vit en couple fragile dont la fille est enceinte, elle fait connaissance avec de nouveaux voisins, elle a un amant en relation compliquée, ses collègues lui font une mauvaise farce de gout douteux mais dans toute cette histoire, qui est l'homme encagoulé qui récidive dans le viol? spoiler:
Il y a une ambiance étrange dans ce film mais je dois avouer que j'ai été embarqué dans cette histoire particulière dans sa façon de raconter, d'évoluer, la mise en scène mystérieuse de Paul Verhoeven y est pour beaucoup. Isabelle Huppert est excellente dans la peau du personnage principale entourés par de bons comédiens dont je cite les plus célèbres comme Laurent Lafitte, Charles Berling, Anne Consigny ou Virginie Efira. A voir.
Dkc
Dkc

26 abonnés 133 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 juillet 2016
sur un fond de pathos neo bobo bien franchouillard Paul a voulu mettre un zeste de perversité à la Haneke, un autre zeste de critique sociale à la Chabrol. Hélas. Il tombe dans la comédie malgré lui à force de situations caricaturales et ridicules. Personne ni croit. Ni les spectateurs dubitatifs et amusés, ni même les acteurs, qui traversent le film comme dans un télénovela brésilien raté.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 30 juin 2016
"Elle", un film français comme on n'a pas l'habitude d'en voir, une vraie pépite. Isabelle Huppert démontre une performance complexe et riche, accentuant d'autant plus la noirceur de l'histoire. Bouche bée de bout en bout, le tout surplombé d'une gène malsaine, c'est un film que l'on n'oublie pas de sitôt.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 21 juillet 2016
un film sur mesure pour isabelle HUPPERT qui est magistrale dans ce thriller avec une ambiance malsaine ave un brin de provocation.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 30 juin 2016
Elle est un film vraiment troublant, où une Isabelle Huppert magistrale campe une femme aux multiples contradictions. Entre thriller, drame familial et satire sociale, Verhoeven offre une œuvre loin d’être « évidente » et qui ne peut pas laisser le spectateur indifférent. Personnellement, ça m’a plutôt plu…
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 juillet 2018
Cinéaste controversé s'il en est, Verhoeven revient au cinéma avec un film comme lui seul en a le secret. Le contexte faisait craindre le pire aux amateurs du hollandais violent : un film produit en France avec un casting peu excitant, dont l'histoire semble n'être d'un drame Cannois bien chiant. Mais c'est pourtant plus du côté du thriller qu'il faut chercher. L'emballage est sans esbroufe, et c'est clairement la plus grande force du film : en donnant à son métrage des allures de téléfilm du jeudi soir, Paul Verhoeven creuse l'écart entre le fond et la forme, décuplant l'impact émotionnel lors des scènes les plus dures. Directeur d'acteurs au savoir-faire unique, le réalisateur amène son casting à livrer des prestations formidables, notamment les jeunes Alice Isaaz et Jonas Bloquet dont les performances n'ont rien à envier aux stars avec lesquelles ils partagent l'affiche. Un film brillant, dur et âpre à ne pas mettre entre toutes les mains.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 29 juin 2016
Peut-être que pour beaucoup, comme ça l'a été pour moi, voir Paul Verhoeven réaliser un "film français" a été surprenant et intrigant.
La première scène du film est plutôt choc. Réaction étrange.
spoiler: De même qu'à la fin du film le personnage de Virginie Efira a une réaction pour le moins... bizarre étant donné la situation.

Je ne sais pas si c'est voulu, mais cette impression d'étrangeté est présente de la début à la fin du film.
C'est presque déstabilisant parce qu'au bout du compte on ne sait pas vraiment quel type de film on est en train de voir.
Un thriller? On ne peut pas dire qu'il y ait un suspens haletant. On sursaute de temps en temps à coups de grosses ficelles de séries B.
Une comédie? Il y a vraiment quelques passages très drôles (je me demande tout de même si parfois c'est réellement volontaire...).
Isabelle Huppert balance des répliques qu'on pourrait comparer à des punchlines de film d'action.
Bref, tout est un peu ambigu.
Et c'est peut-être le problème du film. On ne sait pas trop où il va. On ne sait pas trop ce qu'il veut dire. L'histoire aurait pu être intéressante, mais rien n'est jamais traité en profondeur. On survole.
Il y a pourtant du lourd dans le passé du personnage principal. Mais c'est traité de manière... superficielle. Comme pour la plupart des personnages, rien n'est vraiment creusé.
Il y a aussi pas mal d'incohérences et un manque de crédibilité qui parfois m'ont éjecté du récit.
Le plus frustrant, c'est qu'on sent le potentiel! Il y avait moyen que ça soit tendu, malsain, sensuel. Ca ne l'est pas vraiment. Voire pas du tout.
Même pour noter ce film, ça n'est pas évident. C'est finalement des remarques assez négatives que j'ai accumulées. Pourtant le spectacle n'est pas mauvais. Je m'attendais peut-être à autre chose, en tous cas à mieux.
Alors 2? 2,5? 3?
Même si c'est sans surprise et dans un registre (très) habituel, Isabelle est tout de même exceptionnelle.
Laurent Lafitte aussi.
Par contre Anne Consigny est fausse et insignifiante, comme chaque fois. Mais je ne suis pas objectif la concernant, depuis que je l'ai vu s'enliser dans ce naufrage qu'est la série "Les revenants", je n'arrive plus à lui trouver la moindre crédibilité.
Charles Berling vraiment bien aussi pour le peu de présence qu'il a à l'écran.

Il me faudrait revoir ce film, dans quelques temps. Soit je vais le trouver génial, soit terriblement ennuyeux. J'ai peur que ça soit la deuxième option qui l'emporte, hélas.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 29 juin 2016
Ca commence comme un thriller bien ficelé. Michèle est victime d'un viol, à son domicile. Elle ne dit rien à la police et est vite harcelée chez elle ou au travail par le violeur. Secrètement
affectée par ce viol, elle mène elle-même l'enquête . Angoissant .
Le problème c'est qu'après qu'elle ait identifié son agresseur, le film prend une autre tournure (et ça dure très très longtemps). Comme souvent la grande Huppert joue à la perfection un rôle de femme perturbée. Ici c'est toute la famille qui est cinoque. Ca ne me dérange pas que chacun mène sa vie sexuelle tel qu'il l'entend, dès lors où il ne nuit pas à autrui. Là on est dans un cas différent et je trouve ça malsain. On pourra peut être bientôt faire le film avec des pédophiles ...? Je sais c'est facile mais en tant que femme ce film me gêne beaucoup. On dira que c'est plutôt un film de personnes siphonnées (comme celles qui écrivent à Guy Georges en prison) qu'un film sur la "complexité féminine".
Enfin deux remarques : 1/ les placements de marque dont "bon c bio" sont trop visibles .2/ les chats ne restent pas impassibles devant une scène violente (ils
ont peur et cherchent à fuir).
Barry.L
Barry.L

37 abonnés 136 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juin 2016
Voilà donc le nouveaux film de Verhoeven qui divise tant le public. Une fois de plus, il faudra attendre au moins vingt ans pour que le film fasse l'unanimité (comme la majorité de ses films). Ici, on a le droit à la rencontre entre deux géants: d'un côté Isabelle Huppert (l'une, sinon la plus grande actrice française de notre temps), de l'autre Paul Verhoeven (alias le "hollandais violent", titre qui résume assez bien le bonhomme).

De nouveau, le hollandais livre un film que l'on peut qualifier d' inclassable. C'est l'une des grandes qualités de ce cinéaste: réaliser des films originaux, qu'on ne peut enfermer dans une catégorie. Ainsi, "Robocop" (1987) était sensé être un film de super-héros, donc adressé plutôt à un jeune public. Mais Verhoeven incorporait au genre une ultra-violence qui était en contradiction avec les conventions du film de super-héros.

"Elle" ne peut véritablement se ranger dans le genre du thriller. Certes, l'histoire est glauque à souhait, mais un étrange décalage amené par Michèle (I. Huppert) vient rompre la noirceur du propos. Au même titre qu'"Orange mécanique" (Kubrick, 1971) et "Série Noire" (Corneau, 1979), ce film présente un monde sinistre et sombre, où s'anime un ou plusieurs personnages si dérangés et décalés que le film prend une tournure comique. Comme les deux films cités précedemment, on est donc face à un personnage fascinant, magnifiquement incarné par Isabelle Huppert. Michèle est en effet un personnage imprévisible qui ne cesse de surprendre le spectateur (dés la scène d'ouverture en fait, ou, après s'être faite violée, la femme, plutôt que de prévenir la police, commande des sushis). Cette capacité à surprendre, on la retrouve dans le métier tenu par Michèle: dirigeante d'une entreprise de jeu vidéo C'est d'ailleurs ce don de la surprise qui empêche le film de basculer véritablement dans un thriller: dans un film policier classique, une femme violée mènera sa propre enquête pour coincer le coupable. Ici, Verhoeven crée une personne plus encline à reprendre son petit train-train qu' à trouver le violeur. On suit donc Michèle à travers sa relation avec sa mère (légèrement nymphomane), son fils (légèrement benêt), sa belle-fille (légèrement haineuse), ses voisins (légèrement catholiques)... et beaucoup d'autre personnages, tous légèrement étranges (y compris son père en prison, légèrement psychopathe). C'est pourquoi chercher une cohérence dans ce film est une erreur. On est plus près du monde du rêve (ou du cauchemar) que du monde réel.

Choquant, drôle, sexuel, grinçant; le film explore toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, et forcément se révèle très clivant. Mais c'est un film absolument à voir (au passage, tous les acteurs sans exception sont formidables).
Jean-Marie T
Jean-Marie T

7 abonnés 3 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 27 juin 2016
film glauque, dérangeant instant un peu trop sur les scènes de viol de sexe,qui auraient pu être suggérées.Bien sur les acteurs st excellents , mais ce n'est pas suffisant pour faire un bon film.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 juin 2016
Un peu comme Shane Black (voir ma critique sur The Nice Guys), Paul Verhoeven fait parti de ses réalisateurs qui ne parlent pas spécialement à la nouvelle génération et qui, pourtant, a à son actif une filmographie plus que lucrative. Il suffit de faire un retour dans le temps pour se rendre compte que le bonhomme se trouve être le réalisateur de grands films des années 80-90 que sont RoboCop, Total Recall, Basic Instinct et Starship Troopers. Et puis, après une dernière production hollywoodienne oubliable (Hollow Man en 2000) et un retour au cinéma néerlandais passé à la trappe question attention internationale (Black Book en 2006), plus rien de la part de ce cinéaste (si ce n’est un moyen-métrage en 2012, intitulé Tricked). Alors, quand ce dernier annonce son retour et ce aux commandes d’un film purement français, autant dire que l’attente n’a fait qu’accroître, avec l’espoir de retrouver la flamboyance du bonhomme. Ce qui est, avec Elle, chose faite !

Alors, autant prévenir tout de suite, le film n’est pas à la portée de tout le monde. Déjà parce que l’élément perturbateur est un viol, balancé à la figure du réalisateur de manière sadique et violente ( spoiler: fond noir après le générique, « animé » par des cris et des bruits de vase brisé puis enchaînement sur le plan d’un chat regardant la scène avec une totale indifférence jusqu’à son dénouement
). Mais aussi car le reste du film, à savoir le vécu du personnage principal, sa façon d’agir face à son agression, relève d’une perversion sans nom qui peut mettre mal à l’aise. Là est tout simplement la puissance du cinéma de Paul Verhoeven, qui a toujours su parler et montrer la violence physique et sexuelle de manière crue, brutale et viscérale à travers différents genres et métaphores (il suffit de se rappeler du meurtre dans Basic Instinct ou encore de l’aspiration de cerveau dans Starship Troopers). Et qui, avec Elle, trouve ici le paroxysme de son cinéma en allant directement à la source des ses thématiques propres. Ainsi, alliant une sublime mise en scène aussi hypnotique que dérangeante (les plans, la musique utilisée… et qui, au passage, ne filme jamais Paris en mode carte postale) et une écriture aux petits oignons qui entretient le suspense jusqu’au bout (beaucoup de personnages et de passés tortueux qui font douter sur l’identité du violeur et ses intentions) font d’Elle un long-métrage tordu au possible mais surtout diablement intrigant, prenant et puissant.

Mais le film va bien plus loin qu’une espèce de quête personnelle, que de « chercher à faire justice soi-même ». En effet, Elle, malgré son histoire et son élément perturbateur, est avant toute chose le portrait d’une femme ambiguë. Celle qui, au lieu d’aller voir la police pour son agression, vit ça comme un événement banal au point de l’annoncer à ses amis/collègues avec indifférence. Et du coup, les différents personnages présents de base pour renforcer le suspense se trouvent finalement être de nouvelles facettes indirectes de l’héroïne, permettant d’en dresser sa personnalité atypique et dérangée. Un travail d’écriture en or qui transforme donc ce personnage, sur le papier hautement antipathique, en une femme tout de même attachante et qui donne envie de suivre ses péripéties morales et sociétales. Ce qui renforce encore plus le côté malsain, pervers et tordu de l’ensemble, spoiler: notamment quand celle-ci se met à draguer ouvertement son voisin (au point de se masturber à la fenêtre, jumelles en main, alors que celui-ci dresse une crèche avec son épouse) ou encore les raisons de son viol.

Il faut dire aussi qu’outre son scénario et sa mise en scène, Elle se paye le luxe d’avoir un casting véritablement bon. Voire même étonnant quand on connait la plupart de nos comédiens nationaux qui se retrouvent à l’affiche d’un tel long-métrage. Une remarque qui s’applique surtout à Laurent Lafitte ou encore Virginie Efira, habitués depuis quelques temps à la comédie (Les Petits Mouchoirs, De l’autre côté du périph et Papa ou Maman pour l’un, La chance de ma vie, 20 ans d’écart et le récent Un homme à la hauteur pour l’autre) et qui, malgré cela, parviennent à rendre crédible leur personnage respectif. L’occasion également de découvrir de toutes nouvelles têtes talentueuses comme Alice Isaaz et Jonas Bloquet. Mais tous, je dis bien tous, ne font aucunement le poids face à l’actrice principale, à savoir Isabelle Huppert. Si celle-ci a déjà démontré dans ses précédents films avoir un jeu bluffant de naturel, elle pousse le bouchon encore plus loin en interprétant avec délectation ce personnage dérangeant. Se présentant pour le coup comme l’argument principal pour voir Elle, en plus des autres qualités citées dans les paragraphes précédents.

Mais le film parfait est loin d’exister, et Elle possède de petits défauts qui font dire que l’ensemble aurait pu être bien meilleur s’il ne les avait pas. Et le grand ennemi du long-métrage reste, à titre personnel, sa durée excessive de 2h10. Je suis bien conscient qu’avec autant de personnages et d’intrigues à exploiter, cela se montre raisonnable de perdurer autant. Mais quand on voit que le climax traîne un chouïa la patte, on se dit alors que plus court aurait été souhaitable pour éviter une légère impression qu’Elle tourne au final en rond sur sa dernière lancée. Ce qui affaiblit légèrement l’aura de l’ensemble et lui fait perdre en crédibilité sur certains points ( spoiler: notamment en ce qui concerne la production de jeu vidéo dans laquelle travaille l’héroïne
). Il est vrai que cela relève du chipotage. Cependant, face aux nombreuses qualités du long-métrage, il est tout de même bon de les signaler pour éviter que la critique soit monotone.

Car au final, cela n’enlève en rien le fait qu’Elle se présente comme le grand retour de Paul Verhoeven au cinéma. Et que son passage remarqué au dernier Festival de Cannes avec ce film, acclamé par la presse et les spectateurs, lui offre la chance de revenir sur le devant de la scène comme ce fut le cas auparavant. En tout cas, j’attends avec impatience son tout nouveau projet, en espérant bien entendu qu’il soit du même calibre qu’Elle, à savoir un film complètement représentatif de son long-métrage, qui n’a subit aucune censure ni pression (d’où le fait de ne pas avoir fait appel à des studios hollywoodiens) pour imposer sa vision et son savoir-faire.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 24 juin 2016
Il est passé où le Verhoeven de Total Recall, Starship Troopers ou encore Hollow Man ? C'est glauque, malsain, ennuyeux, vide, français en somme ! Les scènes sont peu crédibles, d'ailleurs Isabelle Huppert en pdg d'une grande entreprise de jeux vidéo ça sonne faux.
Vous souhaitez vous suicider, mais hésitez encore à passer à l'acte ? ce film est fait pour vous !
AMANO JAKU

356 abonnés 797 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juin 2016
Dix ans qu'on n'avait pas vu Paul Verhoeven derrière une caméra depuis son intimiste "Black Book"...et lorsqu'on annonce qu'il va adapter un roman français en France avec des français, je me suis demandé si celui qui m'avait tant fait vibrer à travers ses divers brûlots ("La Chair et le Sang", "Robocop", "Total Recall", "Basic Instinct", "Showgirls", "Starship Troopers") n'était pas devenu un vieux gâteux avec un pied dans la case retraite. Et bien quel soulagement car, à l'instar de Cronenberg avec son "Maps To The Stars", Verhoeven nous prouve qu'il a toujours la pêche et nous propose une fois de plus une plongée dans la psyché humaine la plus dérangeante. "Elle" c'est l’histoire de Michèle, une dirigeante d'une entreprise de jeux vidéos couronnée de succès, divorcée et célibataire, mère d’un grand bêta, qui se fait violer un jour à son domicile par un mystérieux agresseur cagoulé...En partant d'une telle base, et connaissant le Monsieur pour son penchant pour la satire et la violence assumée (ne l'appelle-t-on pas « Le Hollandais Violent » depuis des années ?), on était presque en droit de s'attendre à un « rape & revenge » bien bourrin...mais non, ça c'est réellement mal connaître Verhoeven qui a toujours préféré utiliser la violence comme illustration de son discours plutôt que son discours soit un prétexte à étaler des litres d'hémoglobine à l'écran. Le début du film donne déjà le ton : le viol est montré très rapidement en utilisant le hors champs par l'intermédiaire d'un chat muet en posture droite, seul témoin insensible du crime qui est en train d'être commis ; puis on bascule directement sur Michelle qui ramasse les débris occasionnés par l'acte abject comme si de rien n'était...pire, elle n'appelle même pas la police et va continuer son quotidien normalement sans rien dire à son entourage. Voilà, on est de suite prévenu : Michelle, qu'on va suivre durant 2h, est un personnage TORDU !! Oui, réellement tordu, à la limite de la névrose : Michelle navigue dans un univers assez malsain ( spoiler: elle travaille dans un milieu hyper misogyne tout en s'y épanouissant / elle ne peut pas sentir la petite amie hystéro-tyrannique que son fils idolâtre/ elle est séparée d’un écrivain raté qui l'a remplacée par une jeunette séduisante / elle couche avec le mec de son associée d'entreprise qui est aussi, au passage, sa meilleure amie/ elle ne supporte plus les frasques de sa nymphomane de mère qui s'envoie de jeunes gigolos qui pourraient être ses petits-fils / elle entretient un passé douloureux et connu de tous avec son père qui croupit en prison
) dans lequel elle réussit malgré tout à rayonner, elle arrive à faire de l'insupportable une réelle zone de confort dans laquelle elle puisse l'énergie dont elle a besoin chaque jour. Cette incroyable aptitude atteint des sommets lors de cette mémorable séquence du repas de Noël qui se révèle être le passage le plus comique du film alors qu'il annonçait avant tout un moment purement cauchemardesque ! Mais, Michelle parvient à trouver son équilibre au milieu de ce chaos et c'est en toute nonchalance qu'elle réagit dans certaines circonstances ( spoiler: voir comment elle annonce son viol de but en blanc à ses amis avant de commander tranquillement son déjeuner ou le ton très léger qu’elle emploi pour raconter à son voisin son atroce passé qui la lie à son père
). Et c'est grâce à l'énergie puisée dans son microcosme nihiliste que Michelle va se révéler en tant que femme : entre sa volonté de découvrir qui est son agresseur et son désir soudain et fougueux pour son voisin marié, notre héroïne va suivre sa voie, passant de statut de victime à celui de prédatrice sans arrêt, et continuer de contrôler son destin en assumant ses actes et choix. Et c'est ainsi que Verhoeven va s'attaquer au sujet épineux de son métrage : la passion « amorale ». Car "Elle", c'est avant tout la rencontre entre deux êtres habités de fantasmes sexuels indicibles, violents, et répréhensibles (par la morale pour l'une et par la loi pour l'autre). Deux marginaux hors normes qui se correspondent parfaitement et qui vont, ensembles, céder à leurs effrayantes pulsions et, surtout, d'en jouir. Nous assistons donc à cette rencontre improbable et fusionnelle de deux monstres sexuellement compatibles. Le plus intéressant c'est que Verhoeven ne juge jamais : jamais il ne tient de discours misogyne prétendant que toutes les femmes rêvent secrètement d’être violées, jamais il ne défend le comportement criminel de spoiler: Patrick
; mais surtout jamais il se permet de dire qu'ils ne doivent pas faire ce qu'ils font. Verhoeven nous propose juste de découvrir que certaines choses existes, que la psyché humaine est ultra compliquée et que certains comportement considérés comme déviants par les us communs peuvent pour certains être quelque chose de tout à fait normal...et ici, le message est clair : le sexe n’est pas une norme, mais une chose qu'on vit. Il n'existe pas une seule forme de sexualité féminine ou une de sexualité masculine, ce n’est pas le genre qui détermine la sexualité : ici il y a totale égalité hommes et femmes. Paul Verhoeven aime ce genre de personnes qui ont l'air d'être « déviants » aux premiers abords mais qui ne font qu’écouter ce qu'ils ont au plus profond d'eux. Alors cela peut choquer, mais sachez qu'il n'y a là aucun moralisme déplacé ; juste un regard lucide et cruel sur l’humanité (non sans ironie bien entendu !). Et cet incroyable « pamphlet » tient très bien la route grâce à la performance formidable de tout son casting qui joue admirablement bien : Laurent Lafitte, Charles Berling, Vimala Pons, Christian Berkel, Anne Consigny, Jonas Bloquet,Alice Isaaz et Virginie Efira sont nickels sous la coupole de la formidable Isabelle Huppert qui nous la joue extrêmement mystérieuse derrière le masque d’un visage froid, vide et indéchiffrable. A la fois thriller, drame, comédie et satire sociale où Eros côtoie étroitement Thanatos, "Elle" est un film tordu et choquant tout en étant drôle et captivant. Un spectacle d'une rare intelligence où l'ironie fulgurante de Paul Verhoeven (au diable la morale !) n'a d'égale que sa maîtrise technique. Dieu merci, « Le Hollandais Violent » n'est pas encore mort !!
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 23 juin 2016
Habile, nerveux au début, un peu plus prévisible par la suite mais par ces temps de disette cinématographique, se laisse voir sympathiquement un samedi soir pluvieux.
frederic M.
frederic M.

13 abonnés 33 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 juin 2016
Dans l’ensemble, les acteurs de cette fiction fantasmagorique jouent comme des pieds alors qu’Isabelle, plutôt bonne dans son rôle, se prend elle, les pieds dans le scénario. Difficile de rester éveillé tout au long de ce long métrage à l’issue duquel me revenait cette phrase : La vie est courte, ce sont les journées qui sont longues…1 mauvais point pour Cannes et les critiques vendus.
FM
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse