Dheepan
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dimah
dimah

26 abonnés 113 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 septembre 2015
Des bons sentiments ? Personne n'est sympathique, cela n'apporte rien sauf à ceux peut-être qui découvrent la misère, la guerre et la véritable nature des hommes.
Film bazar violent etinsultant pour ceux qui méritent vraiment notre compréhension
ptitmayo
ptitmayo

44 abonnés 969 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 septembre 2015
On dit souvent que les Palme d'Or divisent. C'est vrai pour ce film, tant les qualités et les défauts s'équilibrent.
La force du film réside dans la description de cette fausse famille qui va apprendre à en devenir une tout en s'intégrant. Entre violence, barrière de la langue, travail et joies (quelques touches d'humour salvatrices), le parcours de cette famille est assez saisissant. Le style Audiard avec fond noir (de battre mon coeur s'est arrêté), caméra proche des visages et impression de huit clos (comme dans Le Prophète) y est pour beaucoup, sans parler des acteurs très convaincants. Dommage qu'il y ait quelques longueurs et que le récit soit parfois décousu (on passe de l'intégration de la fille à celle de la mère rapidement, Audiard montre rarement le trio ensemble, la fille étant vite reléguée aux oubliettes).
Au milieu de tout cela, la réalité, la cohérence et la profondeur du sujet sont parfois sacrifiées dans un scénario inabouti et un style exagérément percutant. Concernant la réalité, la peinture des banlieues est très caricaturale avec des gars sur les toits et en bas des immeubles, comme si c'était une zone de guerre, le tout sans vraiment rentrer dans les détails des bandes et de leurs trafics comme si ça n'avait aucune importance. Audiard a voulu ce cadre en écho à la violence de la situation vécue au Sri Lanka par son héros mais cela se fait au détriment de la vérité (idem pour sa peinture trop jolie de l'Angleterre, quand on sait ce qui se passe à Calais notamment). Niveau incohérence, la fin du film est sûrement le gros raté scénaristique (car visuellement c'est nickel), too-much (pourquoi y-a-t-il autant de fumée à l'intérieur du bâtiment???). Enfin, Audiard passe à côté d'une partie du sujet à cause d'oublis volontaires par rapport aux changements de lieus. La transition entre le Sri Lanka et la France puis celle entre la France et l'Angleterre sont ignorées comme si ces parties là du voyage n'étaient que de simples étapes.
Au final, on est loin d'avoir un film exceptionnel. Audiard a trop zoomé sa thématique et choisi son cadre de manière fictionnel, prenant ses distances avec le réalisme qu'il affectionne pourtant dans ses films et que l'on retrouve dans plusieurs passages avec cette famille en construction bien interprétée. Le style est souvent à la hauteur et percutant, en dépit de longueurs et d'une narration décousue.
Real C
Real C

123 abonnés 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 septembre 2015
Il y a quelques temps, je critiquais la volonté des réalisateurs à faire des films trop formatés pour les compétions. Bref des films bons sur le papier et élitistes mais qui se révèlent inintéressants au final. Ce fut le cas de Still Alice qui malgré ses qualités tenait plus du film pour Julianne Moore qu'un film tout court. Mais il y a des films qui te prend au tripe des la réalisation, malgré le terme abordé qui est sur le papier pas extraordinaire. Aux Oscars, c'était Birdman, à Cannes, c'était Dheepan

Pour ceux qui connaissent pas, Jacques Audiard est pour moi l'un des réalisateurs français les plus talentueux de sa génération. Et ce film le prouve une fois de plus. La réalisation est vraiment impeccable et est vraiment dans son pur style. Une image travaillée, une musique bien employée et une bonne mise en scène. Je savais qu'il pouvait faire de bonnes scènes d'actions (si si ! Il y a des scènes d'actions !) et là il fait de bonnes idées de mise en scène (emprunté ou non de Old Boy) qui font mouches dans les scènes d'actions. Et là vous me dites : pourquoi je vous parle des scènes d'actions ? Et bien tout simplement que ce n'est pas ce qu'il y a d’intéressant en général dans le cinéma de Jacques Audiard. Mais voir à quel point il s'applique sur les scènes d'actions, c'est juste époustouflant. Cela dit, le reste est du pur Audiard : un travail sur le cadre, une manière particulière de filmer le quotidien, une réalisation usant de la mise en scène et de la musique de manière à ce qu'on sent une vraie progression un final qui en met plein là vu et est paradoxalement poétique. Bref la réalisation est toujours classe. En revanche, et ça c'est un défaut de son cinéma, les personnages et l'histoire pêchent un peu. Rien de grave mais quand même.

Au niveau des personnages, nous avons le "père" Srivalstan de son vrai nom (joué par Antonythasan Jesuthasan) est un ancien soldat des Tigres Tamoul qui décide de rentrer clandestinement en France sous le nom de Dheepan. Toujours sur le qui vive, il a connu les affres de la guerre et décide de vivre son métier de gardien avec la famille qu'il s'est créer. Progressivement, il finira par s'attacher à elle mais ne sera jamais vraiment intégrer. Il accepte l'idée de famille plus comme un devoir au point que le mensonge est devenu réalité. Malgré ses airs un peu dur, c'est le plus tolérant et conciliant de la "famille" mais protecteur, même lorsque son passé le rattrape. En effet, on sent qu'il ne veut pas perdre le contrôle de sa vie et quand la guerre des gangs arrivera, il va réveiller ses instincts de soldats. Si je l'ai comparé à Rambo, ce n'est pas un hasard il est un personnage à la Rambo des origines : une personne qui a connu les affres de la guerre et qui veut seulement avoir une vie meilleur, quitte ici à vivre dans le mensonge.

Yalini (jouée par Kalieaswari Srinivasan) est la "mère" . Jeune fille qui veut retrouver sa cousine, elle est la plus impétueuse et vie difficilement sa condition de fausse épouse et mère. Mais au fur et à mesure du récit, elle se révélera la plus intégrée. Elle se liera le plus au monde surtout au contact de Brahim et de son travail de aide à tout faire. Cependant, elle cédera à la peur dès que la guerre des gangs arrivera, cherchant même à ignorer son "mari", quitte à tout renier.

Illayaal (jouée par Claudine Vinasithamby) est un personnage pas si exploité que ça. Et c'est dommage. Orpheline, elle est la "fille" qui veut une vraie famille et qui n'arrive pas à s'intégrer à l'école. Etant la seule à s'avoir quelques bride du français, elle était un pan, mais se retrouve vite au second plan dans le récit (on sait seulement qu'elle a changé de classe en passant d'une classe adaptée à une classe normale).

Sinon, 2 personnages qui ont plus ou moins d'importances : Youssouff (Marc Zinga) est celui qui a offert le travail de gardien à Dheepan. Il n'est pas très visible mais il a quand même un petite présence. Cela dit elle s'efface une fois l'arrivé de Brahim (Vincent Rottiers). Il est en l'employeur de Yalini, avec laquelle il nous une relation de confiance et d'amitié. Cela a permis à cette dernière d'évoluée un peu plus dans le film faisant d'elle un personnage sympathique.

Les autres personnages sont anecdotiques. Il y a bien le traducteur qui connait le secret de Dheepan qui apparaît à 2 reprises mais il n'y a pas grands choses à en dire. Si ce n'est qu'il devient le pont entre Dheepan et son passé.

L'histoire ne se concentre que sur la famille, mais on voit progressivement que c'est surtout Dheepan et Yalini qui sont aux centres du film plus que Illaya. Et c'est quand même un peu dommage un tel déséquilibre. Cela dit, le fait qu'ils s'expriment dans leur langue est bien vue. Cela dit...l'anglais ? Euh ils sont en France, mais disent à la fin quelques mots d'anglais ? Bon bah ok...

L'histoire est particulièrement bien racontée, là il n'y a pas de problèmes. Seulement voilà, il manque un peu de sens du réel. Cela dit, il est difficile de dire si l'histoire n'est pas réaliste surtout qu'il s'agit d'un scénario inspiré des Lettre Persanes de Montesquieu et aussi de la vraie vie d'Antonythasan Jesuthasan. Ce qui fait qu'on a une oeuvre assez hybride entre fiction et réalité.

spoiler: Bref, on peut trouver non réaliste le fait qu'ils arrivent à entrer clandestinement en France sans que la police ou la gendarmerie ne soit inquiété. Mais pour ça il y a une explication rationnelle : Le traducteur. Ce dernier étant dans la confidence il a sans doute tout fait pour qu'il ne soit pas inquiété pour avoir une dette hors champ


Ce qui me dérange le plus, ce sont certaines pistes narratives lancées mais non explorées. Mais on peut penser que l'auteur aime à brouiller les pistes.

spoiler: Une piste lancée, la relation entre Yalini et Brahim. A un moment donné, j'ai bien cru qu'ils allaient finir ensemble, et bien non ! 2e piste, le faite que Dheepan veuille acheter un colier pour Yalini, là non plus une piste inexplorée. Et enfin, le retour du général de Dheepan. qui au final le bat mais après on n'entend plus parler.


En clair, le film regorge de routes narratives qu'il aurait pu emprunter mais s'est concentré sur un seul thème : comment la famille va-t-elle prospérer dans le mensonge en plein quartier sensible ? Du coup, c'est l'idée même de la famille qui prime. Et la réponse est limpide : Dheepan a une nouvelle famille qu'il devra protéger en dépit de l'orgueil qui l'étreint. Cela dit, on peut se demander que les épreuves qu'ils traversent ne sont pas si insurmontable que ça. L'auteur a décidé de ne pas aborder certaines épreuves (genre l'intervention des représentants de la lutte contre l'immigration clandestine) par crainte du cliché évident. Mais paradoxalement, il rend l'histoire moins crédible vers la fin (on peut difficilement croire qu'en France une guerre des gangs se soldent comme ça, sans l'intervention de la police).

La question ne se pose même pas. Il mérite amplement sa palme. Cela dit, comme tout les films d'Audiard, il est loin d'être parfait à cause de la recherche de la perfection qui au final laisse entrevoir certaines approximations. Cela dit, il s'agit d'un film qui prend au tripe et que je vous recommande sans hésité. Anecdote marrante, je l'ai vu dans une salle remplie d'enfants. Je me demande si les parents ne se sont pas plantés d'heures car il diffusait le Petit Prince avant ça.
Sildenafil
Sildenafil

87 abonnés 1 029 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 octobre 2015
Le tour de force d'Audiard (qu'on aurait également pu attribuer à Un Prophète ou à De Battre Mon Coeur S'est Arrêté) c'est de nous livrer un film impeccable - tant au niveau du jeu des acteur que de la façon de filmer - sur un sujet aussi sensible tout en parvenant à dépouiller au mieux son œuvre d'idéologie et de politique pour en faire un bijou factuel déprimant mais nécessaire.
crachou94
crachou94

25 abonnés 427 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 septembre 2015
Une palme d'or méritée, des acteurs au jeu formidable, l'immigration traitée loin de l'angélisme, l'ancien bourreau devient victime, la vie des cités filmée dans sa réelle cruauté et un final inattendu mais saisissant.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 15 septembre 2015
Fuir la violence d'un Sri Lanka pour atterrir dans une cité également bien violente... L'intégration, l'accueil des étrangers... Terriblement d'actualité. Excellents acteurs.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 septembre 2015
Super film tres bon auteurs avec des roles dificible
Marceau G.
Marceau G.

424 abonnés 365 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 septembre 2015
Palme d'Or au dernier Festival de Cannes, "Dheepan" ne démérite pas, loin de là, et peut même s'estimer chanceux, vu la sélection de malade offerte par l'édition 2015. La mérite-il pour autant plus qu'un autre long-métrage ? C'est à la fois toute la question, et le cadet de nos soucis... Car, quoi qu'il en soit, le nouveau film de Jacques Audiard, qui est le premier que je voyais de lui, est splendide. "Dheepan" est un de ces rares films qui te font ressentir un maximum d'attachement pour les personnages principaux, et qui te font passer par presque tous les états, du rire à la contemplation, en passant par l'angoisse et la mélancolie. "Dheepan" est, de plus, ancré dans la réalité : le scénario traite à la fois d'un phénomène étranger (la guerre civile au Sri Lanka et les réfugiés que ce conflit génère) et "intérieur" (la violence et la précarité des cités en France). Audiard ne semble pas exprimer de point de vue, il se contente de faire juste, et efficace. L'histoire de cette famille "recomposée" est tellement simple, vraie, universelle, que le spectateur est emmené à ses côtés et s'accroche avec elle. D'autant plus que le film est traversé de magnifiques moments d'extase, qui tranchent avec l'âpreté de certaines scènes, mais qui rendent également celles-ci encore plus rudes. Le portait est sublimé par la mise en scène virtuose d'Audiard, et l'authenticité des comédiens, tous bluffants. Seule ombre au tableau, le final, improbable, incompréhensible. Un grand film quand même.
anais R.
anais R.

5 abonnés 15 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 septembre 2015
Une épreuve. Faillie sortir plusieurs fois. Tout semble malhonnête. Impossible de croire aux personnages. Et que dire de la fin ? Beurk.
benoitG80

3 590 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 septembre 2015
"Dheepan" dernier film de Jacques Audiard et à la fois prénom du héros, ne m'aura ni emballé, ni du tout convaincu cette fois...
Et pourtant ce fameux héros, au jeu contenu et juste, était pourtant une formidable carte en soi avec cet acteur Anthonythasan Jesuthasan.
Mais un sérieux problème de rythme et de cohérence apparaît car en plus de cet énorme changement de cap imprévisible et saugrenu, survenu au deux tiers du film, on assiste à tellement de thèmes mélangés et tant d'invraisemblances, que la pilule a bien du mal à passer...
En effet, totalement en rapport avec l'actualité, ces migrants venus du Sri Lanka afin de fuir la guerre civile, étaient un point de départ déjà intéressant et suffisant, avec le problème de l'intégration et tout ce qui en découle.
Installer cette fausse famille dans une cité sans âmes où les seuls habitants visibles sont des caïds extrêmement dangereux, complique déjà l'ensemble !
Le tableau est ainsi noirci à volonté sciemment et malheureusement !
Il est certain alors que les démons à peine enfouis de ces trois Sri Lankais, vont rejaillir de plus belle, et que Jacques Audiard dans ce contexte fait tout pour forcer la dose au maximum et en rajouter par ci, par là.
Durant la première partie du film, la démonstration ne nous apprend rien de bien nouveau sur les conditions de vie de ces trois réfugiés, tout comme sur celles de la cité et même si on assiste ainsi, à des moments intimes et délicats au sein de ce trio, le réalisateur ne fait que montrer une réalité plus que déjà connue et dénoncée.
Les deux acteurs principaux démontrent d'ailleurs une grande sensibilité, une tendresse secrète très belle à observer, mais tout est cependant gâché par cette ambiance terriblement oppressante, ambiance qui surfe sur les clichés en large et en travers comme si cet univers délétère servait de toile de fond et de prétexte pour rendre cette intégration des plus difficile !
Le pompon est atteint avec ce revirement inattendu et complètement incohérent où Deephan sort de ses gonds en prenant les armes pour lutter seul contre ces deux bandes opposées et sauver sa femme !
On frise alors presque le n'importe quoi tant la mise en scène en rajoute en veux-tu, en voilà comme dans un pur film d'action !!!
La fin presque idyllique qui tombe comme un cheveu sur la soupe, est la cerise sur le gâteau et fait passer l'Angleterre comme un Eldorado face à la France, terre d'insécurité totale et de chaos...
Jacques Audiard semble être allé dans un tas de directions différentes, avoir voulu aborder vite et mal, beaucoup de sujets différents et s'être au final mélangé les pinceaux avec un résultat très mitigé, franchement brouillon et invraisemblable sur la fin...
Il y avait pourtant matière à rendre intéressant cet ancien soldat tamoul au sein de cette nouvelle jungle, en tant que personnage endurci et déterminé, où il avait une autre partition à jouer à mon avis, en s'affirmant en maître des lieux.
Ceci aurait été une autre piste possible, je pense plus intéressante et originale, mais pourquoi pas ?
Féru du cinéma de Jacques Audiard, je ne cache pas ma déception en me demandant bien à qui cette palme d'or est attribuée, au film ou au réalisateur ?
De beaux moments, des acteurs touchants et même prenants, pour en arriver là... Dommage !
Craoux
Craoux

38 abonnés 325 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 septembre 2015
Palme d'Or ? .. moi, j'veux bien, mais le Prophète était vraiment d'un calibre supérieur ! ... là, on se demande si Audiard a vraiment choisi son registre : 1/3 de chronique sociale (non commentée !), 1/3 d'immersion (filmée de façon quasi documentaire) dans le business pourri des zonards de cités - sans qu'on voie ne serait-ce qu'une seule fois la Police !!! -, 1/3 de furie hypnotique façon "vigilante" (Dheepan recouvre son instinct de guerrier Tigre) et une très-très courte touche finale (le bonheur ... enfin !) assez incompréhensible à moins d'y voir un message subliminal (genre: si un réfugié est condamné par avance à vivre un quotidien sordide en France, au moins, en Angleterre, il peut rebondir et s'en sortir ..). Audiard s'est fourvoyé avec ce sujet - la question des migrants, du déracinement, de l'accueil - qu'il traite objectivement assez banalement (1ère moitié du film) avant d'instiller dans son histoire deux ingrédients nécessaires à la revitaliser : 1/Dheepan est observateur "neutre" de l'activité sinistre des dealers de la cité jusqu'à ce que 2/Dheepan (ex guerrier Tigre tamoul) est contraint à l'autodéfense violente pour défendre sa "famille" (registre plus gore et plus impitoyable que celui des films dans lesquels s'est commis Bronson en fin de carrière au milieu des années 70). En résumé, pourquoi une Palme d'Or à ce film presqu'ennuyeux par moments ?
Torrance1980
Torrance1980

21 abonnés 109 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 septembre 2015
Palme d’or mitigée et controversée du dernier festival de Cannes, le dernier film de Jacques Audiard ne faisait pas partie, contrairement à ses deux précédents films (Un Prophète et De rouilles et d’os), des grosses attentes de la stratosphère cinéphilique. Sa projection à Cannes avait indéniablement divisé la critique, l’avis général n’était guère exaltant. En revanche, un événement qui, par le plus grand des hasards, se produit en différé et fait directement écho au pitch de Dheepan, est la soudaine augmentation de migrants étrangers. Il est intéressant de noter que sa sortie au cinéma fût précédée de cet événement inopportun, comme si l’histoire de Dheepan avait éveillé cette envie de l’imiter et de croire en cette chance de pouvoir refaire sa vie ailleurs.
L’histoire que raconte ce film est incontestablement universelle et plus que jamais d’actualité. Néanmoins les inspirations et les thématiques engendrées par Audiard restent, elles, purement cinématographique. La référence la plus éloquente s’extirpe des films américains du Nouvel Hollywood des années 70 où le traitement de cette violence viscérale et graphique imbriqué dans un postulat social et politique dénote une certaine forme de névrose chez l’homme (on pense évidemment à des classiques du genre comme Taxi Driver de Scorsese ou encore Les Chiens de paille de Peckinpah). Le personnage de Dheepan est un archétype de l’anti-héros néo hollywoodien, il appartient à cette catégorie de personnages issus de la contre-culture américaine, marqués par la guerre à la recherche de rédemption et d’une certaine forme de paix aussi bien interne qu’externe. Néanmoins, l’identification au personnage reste infinitésimale, ce sera plutôt vers le personnage de Yalini que le spectateur portera son intention, ainsi que son devenir. Le problème de Dheepan réside dans l’évolution de son personnage principal quasi imperceptible et trop souvent suggérée. Dheepan n’exprime rien, il est indéchiffrable, rien n’est émouvant ou attachant chez lui ; difficile à partir de ce moment de créer de véritables enjeux dramatiques. À ce titre-là, Les personnages de Yalini et de la fille restent les plus intéressants et tout simplement les plus humains. Ce sont eux qui parviendront peut-être à vous tirer quelques larmes, eux qui vous feront chavirer et vous questionner, c’est à travers leurs yeux que vous percevrez toute la dimension de cette lecture « montesquienne » moderne. Assez paradoxalement, l’image que donne Audiard des cités gangrénées par la guerre des gangs et le trafic de drogues parait bien trop caricaturale alors qu’avec Un Prophète, il s’était entaché d’une approche bien plus vériste sur le milieu carcéral (ce qui était d’ailleurs l’une des grandes forces du film).
Dheepan n’est certainement pas une grande Palme d’or et celle-ci n’est pas nécessairement honteuse. Ce dernier Audiard est certes moins transgressif que ce qu’il nous avait habitué par le passé, mais cette histoire n’en reste pas moins bouleversante de par sa troublante analogie avec la réalité actuelle.
montecristo59
montecristo59

40 abonnés 288 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 octobre 2015
Avec "Dheepan", on pourrait croire qu'on en a pour ses sous : Audiard nous livre en effet un "deux en un" (2/3 chronique sociale, 1/3 action) et c'est peut-être à nous de choisir celui des deux genres qui nous convient le mieux dans son dernier film. Les deux premiers tiers, assez paisibles somme toute mais très maîtrisés, nous rendent les protagonistes familiers, ils prennent leur épaisseur sobrement et deviennent vite convaincants. Leur tortueux parcours pour tenter de faire illusion, autant aux autres qu'à eux-mêmes, en fait des personnages complexes et attachants. Il faut saluer la performance des acteurs, qu'il s'agisse de celui qui crée Dheepan ou de celles qui incarnent les personnages de sa femme et de sa fille. Tous sont excellents. Dans le rôle d'un chef de gang local tout juste sorti de prison, Vincent Rottiers m'a paru aussi plutôt crédible, petit caïd enfermé dans sa posture pour sauver la face sans toujours y croire. Cette première partie, la plus longue, a quelque chose d'inquiétant : on pressent que les incursions épisodiques de son passé de guerrier dans le cheminement intérieur de Dheepan n'ont pas dit leur dernier mot, même s'il essaye de les refouler ou d'y échapper de toutes ses forces. De même pour la montée très progressive de la tension entre les voyous de la cité où ont atterri nos trois "étranges étrangers" : on sent bien qu'elle va aller vers un paroxysme. Tout ça contribue à la mise sous tension du récit, rien à dire jusque là...
L'explosion du dernier tiers, on la voit un peu venir parce qu'on s'attendait à un basculement. A la limite, on la désirait comme une libération. D'abord, elle elle nous saute aux yeux et crée quand même la surprise. Le film change de registre, ça dépote, pas à dire c'est du brutal. Mais l'effet de surprise débouche sur un flop, c'est à dire... sur rien, en fait. Ca tourne à vide, je n'y ai pas cru. Car le dénouement, invraisemblable et comme bâclé, à mes yeux fait perdre au film tout son potentiel dramatique. A cause de cette invraisemblance, "Dheepan" c'est un peu "Banlieue 13" qui aurait enfilé un costume de docu trop étroit, lequel costume finit par craquer. "Y a quequ'chose qui cloche là d'dans" mais c'est pas comme dans la chanson : j'ai pas envie d'y retourner immédiatement...
Audiard m'a donné l'impression d'avoir pété un câble en cours de tournage . Autant "Un prophète", magnifique de cohérence, m'avait scotché, autant ici je suis resté dubitatif. Je ne comprends pas que la palme d'or soit venue couronner ce film pour moi inégal.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 13 septembre 2015
Le film n'est pas tant sur le sujet de l'immigration que sur la vie dans les cités. Le thème reste intéressant toutefois, la réalisation ne m'a pas faite vibrer. Beau sujet mais pas de grande émotion
Christine E.
Christine E.

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 septembre 2015
Un film dense, un scénario d'une très grande originalité et un personnage principal d'une grande profondeur et complexité. Audiard campe magnifiquement le film dans la société d'aujourd'hui. Il y a également cette musique qui donne une ambiance incroyable a certains moment du film. Un chef d'oeuvre.
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