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Fabien D
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2,0
Publiée le 4 septembre 2015
Jacques Audiard est un auteur majeur du cinéma français. Souvent pressentit pour la palme d'or mais jamais récompensé, il semblait ne pas être apprécié à sa juste valeur par les festivaliers. Dheepan, première palme d'or d'Audiard était forcément très attendue, et la déception est à la mesure de l'attente... Certes la mise en scène, tantôt aérienne tantôt brut, est toujours très maîtrisé mais que le film manque de subtilité et d'enjeux dramatiques. La première partie ressemble à une sorte de cinéma social misérabiliste à la française sans grande force dramatique et même assez ennuyeux qui traite son sujet d'une façon assez superficielle. Le dénouement du film abrupt est également assez peu crédible. Le cinéaste illustrant le traumatisme de la guerre au Sri Lanka par une sorte d'affrontement factice en plein milieu de la cité entre gangs rivaux. Ce mélange des genres fonctionne assez mal, Audiard ne prenant pas le temps de développer la psychologie, plus que sommaire, de ses personnages. Au niveau de l'interprétation, les acteurs principaux inconnus s'en sortent très bien, sobres et authentiques (contrairement au film...) alors que Vincent Rottiers surjoue péniblement un personnage assez caricatural. Bref, Dheepan est un raté de la part d'Audiard, une palme d'or politique sans grande valeur... Dommage.
Rien d'autre que du cinéma social à tendance terroriste qui fricote avec la banlieue pour toucher le fond. Des personnages indolents et sans consistances qui frôlent la caricature et singent un misérabilisme peu crédible qui n'est pas sans rappeler La Haine de Mathieu Kassovitz, en mode chronique de l'asphalte où on s'embrasse à coups de battes de baseball, de machettes ou de kalachnikovs. On se demande où est passé le jeu des métaphores et le symbolique reflet des couleurs qui faisait la force du réalisateur, si ce n'est sous la forme de tâches d'ombres qui donnent au film l'image d'une guérilla poubelle désuette et dont la Palme d'Or saveur ortie n'est rien d'autre qu'un subterfuge pour masquer les lacunes d'un film bâclé qui restera comme l'oeuvre la plus surestimée de l'année et le plus mauvais film de Jacques Audiard.
une histoire de vie qui essaie de nous montrer le coté des migrands même s il y a des invraisemblances. Ce film ne m a pas déçu surtout par le jeu des acteurs qui sont criants de vérité. Pour une fois la palme d or était mérité.
L'idée du film est belle même si le substrat documentaire n'est pas très convainquant mais j'ai été sensible à cette famille crée de toutes pièces qui apprend à vivre dans cet univers si différent et hostile. Bravo aux acteurs !
Malgré un thème fort, le film ne réussit jamais à convaincre et on finit même par s'y ennuyer. Il faut dire qu'on ne comprend déjà pas trop comment Dheepan peut décrocher un boulot en contact direct avec la population sans savoir parler français. Une fois cette idée acceptée, on a la partie la plus intéressante du film, avec la famille fictive qui apprend à se connaître, mais là encore, ça ne fonctionne pas bien, l'émotion a du mal à passer. Ensuite, la vision proposée de la banlieue est assez cloisonnée, puisque la police n'y met jamais les pieds (malgré des coups de feu incessants) et qu'on y voit quasiment que des dealers. La suite du film n'a que peu d'intérêt et la fin est complètement ridicule. Dans tous les cas, c'est pour moi, le moins bon Audiard à ce jour.
Jacques Audiard a démontré depuis plusieurs années qu'il a sa propre marque de fabrique. Avec "Dheepan", il la consolide. Un sujet social d'actualité, des personnages qui se battent envers et contre tout, des démons qui resurgissent: tout y est. Le scénario aborde différents thèmes très interloquants: la création de famille pour facilité la fuite du pays, des réfugiés pensant avoir une vie plus sereine et qui se retrouvent dans les mêmes conditions de vie, le choc des cultures, ... Assemblés les uns aux autres et sous la direction du cinéaste, tout fonctionne et on se laisse absorber par les personnages magnifiquement interprétés par ces acteurs indiens qui jouent pour la première fois au cinéma. Audiard nous émerveille, une fois de plus, avec sa réalisation extrêmement soignée et poétique. Peu de cinéastes arrivent comme lui à maîtriser aussi bien la caméra à l'épaule, le montage intégrant des plans poétiques spoiler: (l'éléphant dans la forêt) et le hors-champs spoiler: (la montée dans la cage d'escalier) . La fin nous laisse réfléchir pendant un bon moment avant de savoir comment nous devons la comprendre spoiler: entre réalité ou fantasme . Les avis risquent d'être très partagés autour de cette palme d'or et c'est dommage car on a de quoi être fier qu'elle soit française.
Cette Palme d'Or, amplement NON méritée, repose sur un total malentendu. On croit voir un film sur les réfugiés, et l'on se retrouve avec un documentaire sur la banlieue ! Et quelle banlieue... A côté, "Banlieue 13" est le jardin des Bisounours ! Sans parler de la fin, d'une pure démagogie spoiler: qui fait de l'Angleterre le paradis sur terre.
Une grosse déception. On est bien loin de "Un Prophète".
au risque d'être à contre courant de toutes les critiques faites sur ce film, je suis beaucoup plus nuancé dans mon appréciation. Clairement, pour moi dheepan est très en retrait de un prophète ou de "de rouille et d'os". Je n'ai pas du tout été emballé par cette histoire largement sordide et qui trouve un prolongement dans l'actualité même qui concerne les migrants. Je n'ai pas été ému par ce rapprochement de 3 personnes qui vont devoir former une famille pour fuir leur pays et venir en France (qui au demeurant n'était pas leur destination souhaitée - pas plus qu'elle ne le restera si on en croit les dernières images du film). Si on voulait ,réduire le nombre de migrants en France, sans doute pourrait on leur présenter ce film: nul doute qu'ils considéreraient alors que la France n'est alors rien d'autre qu'un autre enfer que celui qu'ils veulent quitter. C'est en effet un portrait sans concession qui est fait par Audiard des cités françaises glauques, théâtres de déchainements de violence réguliers, zones de sans droits, sans aucune humanité. On peut regretter cette description particulièrement violente -j'ose espérer sans faire d'angélisme, qu'elle ne correspond pas (encore?) à la réalité même si hélas il ne faut pas fermer les yeux sur ce que doit être la vie dans de nombreuses cités de notre pays. Je suis donc ressorti de la salle sans trop savoir quel était le message que voulait en définitive passer Audiard et je suis ressorti déçu de ne pas avoir vu un film fort, puissant, poignant justifiant l'attribution d'une palme d'or. J'attends de voir les autres films qui étaient en compétition, mais clairement, ce film m'a profondément frustré.
Et si les 2 séquences finales, violence dans la cité inspirée de Taxi Driver , bonheur en Angleterre, n'étaient tout simplement pas les cauchemars et rêves de Dheepan ... faisant ainsi taire toutes critiques ou remarques sur le caractère irréaliste ou improbable de cette fin de film irréelle ...
Au Sri Lanka, un homme, une femme et une jeune fille ne se connaissant pas se font passer pour une famille afin de fuir le pays. Ils vont arriver en France où ils vont devoir s’intégrer dans une cité difficile. Ce film a pour intérêt de montrer quelles sont les difficultés pour des réfugiés arrivant en France, du point de vue de chacun, adultes comme enfant. Il est également intéressant de voir le regard que des étrangers venant d’un pays où ils étaient persécutés peuvent avoir sur une cité violente. Jacques Audiard utilise un ton réaliste et brutal, tant dans les relations entre les protagonistes que dans les situations auxquelles ils font face. J’ai été captivé par le scénario du début à la fin. J'estime que Dheepan a mérité la Palme d'or obtenue à Cannes.
Impossible de donner à la Palme d'Or une identité propre. Ce n'est pas une réponse aux migrations, ni une peinture des cités de la drogue. C'est un héros tamoul qui découvre un pays inconnu, y cherche des repères. Audiard parle tout d'abord d'une perdition, aussi physique que sociale. Et plus le film avance, plus on comprend la démarche: non, la situation de migrant n'est pas le coeur de l'histoire, mais sa toile de fond. Une toile dont la violence s'accentue lentement par les trafics de drogue de la cité. Par dessus se rajoute le récit de reconstruction identitaire. Donc non, si le parcours des trois tamouls coïncide avec celui des migrants, ce n'est pas par réponse à la situation. Le réalisateur voit dans ces vies de chien le décor idéal pour planter son héros et le faire évoluer. Et c'est fait. Ce n'est pas bien, c'est "comme ça". Frontal. La première partie du film est délicate, sensible. (Presque) sans dialogues, on voit les créations des liens entre cette fausse famille. Il y a parfois confusion, et leur jeu de rôle devient véritable. Sans être documentaire, la sobriété décrit, sans grande émotion, s'efforçant de rester objectif, teinte de la lumineuse caméra d'Audiard. Plus qu'importante, elle remplace la parole, et entre dans les yeux du personnage pour sonder son trouble... Cependant, à quoi doit-on ce basculement si soudain dans la violence? D'un plan à l'autre, Dheepan devient presque un thriller, avec fusillades et hémoglobine. Si, au point de vue cinématographie, il apporte un contraste incongru, il présente des doutes quand aux solutions des tamouls. La violence est-elle la fin obligée à la misère? Ou Dheepan devient-il meurtrier parce que son esprit est presque perdu? On n'arrive pas à trancher, et on a du mal à saisir la mise au point de ce virage scénaristique oblique. Que retenir donc de ce Dheepan? Certes, son prix récompense plus son auteur que son contenu, mais loin d'être médiocre, ce film parle avec force de la désorientation sociale. Ces trois figures sri lankaises ne jouent pas, elles vivent. Bien qu'elles ne parlent pas, elle regardent, et cela suffit à comprendre leur douleur.
(..) Si en premier lieu on peut reprocher à « Dheepan » de ressembler dans son schéma narratif à la plupart des films précédents du réalisateur, il ne faudrait pas s’arrêter à ce sentiment de répétition et découvrir finalement une autre pièce majeure de l’œuvre que le cinéaste construit depuis des années. Il émane en fait une vraie universalité (...) Si certains reprocheront les raccourcis et métaphores mal comprises du film, il convient de s’élever et prendre de la hauteur, pour voir les contours bien plus subtils d’un film majeur. « Dheepan » semble être le film le plus contemporain de Jacques Audiard, il ne faut pas se fier à la simplicité formelle et de surface de son récit et aller au-delà pour apprécier le plein talent d’un cinéaste seul dans la planète France. Une mise en scène majeure vient recouvrir l’ensemble du film. Les plans de nuit magnifiques, vecteur de confusion scénaristique désirée (dans la cité, vente à la sauvette…), plans serrés, rapprochés, flous réalistes, tout semble être calculé avec précision chez Audiard. Même quand le chaos prend place, la caméra bousculé en tous sens laisse le spectateur au plus proche des personnages. Jamais perdu, cette soigneuse mise en scène sert à merveille (ou l’inverse) un trio de comédiens, épatants, magiques et terriblement touchants. Jesuthasan Antonythasan en tête, époustouflant de naturel et de charisme, dans ses instants de jeu simple comme ceux de folie. Si la marque des grands films est celle qui interroge après-coup, touche et épate, « Dheepan » en est assurément un. Plus qu’un ajout dans une filmographie déjà très dense et égale, cette Palme d’Or semble montrer que le réalisateur grandi toujours et encore. Un vrai plaisir de retrouver une maîtrise formelle aussi aboutie dans un écrin aussi touchant et seyant, avec le recul nécessaire d’après séance.
Pour quitter la guerre de son pays, un homme va construire une famille factice, tenté d’aimer et puis refaire sa vie dans un coin d’une banlieue française où il va peu à peu retrouver les mêmes travers qu’autrefois. Sur un scénario original, soigneux, précis, qu’il co-signe avec Thomas Bidegain et Noé Debré, Jacques Audiard use de tout son talent de technicien et de maître de la scène pour suivre la marche forcée de cet homme autrefois si fort et respecté, confronté à l’envers du miroir quand les caïds sont maintenant les rois de la drogue. Les comédiens principaux, des amateurs, passent royalement la barre de l’interprétation pour donner à leurs personnages le sentiment de vivre à nouveau les faits rapportés. Vincent Rottiers est lui aussi tout à fait extraordinaire dans la peau du caïd de banlieue où Marc Zinga est un excellent Youssouf. Pour en savoir plus
Nous savions que les films d'Audiard n'étaient un concentré d'ultra-violence filmés à la va-que-te-pousse la plupart du temps dans l'obscurité et sans véritables interprètes professionnels, bref des films low-cost. Malgré cela, nous avons pris le risque. Erreur, celui-ci confirme la règle. Que demander de plus puisque les prétendus "critiques" y voient toujours des chefs-d'oeuvre et que ça rapporte un maximum pour si peu d'investissements ? Un vrai désastre abracadabrantesque à fuir et se tourner plutôt vers de véritables films nettement plus cohérents et digestes. Pour le reste, les journaux télévisés nous suffisent largement. Horrible !