Le couple de L'odeur de la mandarine est composé de deux bancals de guerre, alors même que 1918 n'en est encore qu'à sa moitié. Lui, officier, a laissé une jambe au combat ; elle, infirmière, a perdu l'amour de sa vie au front. Rencontre de deux âmes blessées : on croit deviner la suite dès les premières image. Autant pour nous, le film de Gilles Legrand parle avant tout de désir et de son absence, de la tristesse des corps qui ont perdu le pouvoir de l'exaltation. Finement ciselée l'écriture de L'odeur de la mandarine est portée par une mise en scène sage qui ne s'emballe que dans les scènes de nature et au contact des chevaux. Il est difficile aujourd'hui de filmer le romantisme sans s'enliser dans la mièvrerie. Le film y parvient pourtant par ses changements de ton et surtout l'excellence de son interprétation. Olivier Gourmet, d'une crédibilité parfaite trouve une actrice à sa hauteur avec la débutante (au cinéma) Georgia Scaillet, renversante de naturel dans un rôle de femme libre, à la sensualité cadenassée par le passé. Révélation française de l'année, haut la main !
trés bien filmée cette histoire moderne est superbement rendue dans un cadre et une époque classique. Avec d'excellents comédiens et de superbes chevaux; Bravo donc pour ce beau film subtil, abouti, ce qui est à souligner et un réalisateur à surveiller !
Un film agréable à regarder sans être un grand film…au titre étrange que le film n’explique pas à moins qu’il ne fasse référence au nom de la jument de Charles ....Un sujet traité avec délicatesse et sensibilité… Nous sommes à la fin de l’été 1918 en Picardie, la guerre est en arrière plan mais pour Charles (Olivier Gourmet) et Angèle (Georgia Scalliet) elle est terminée…Lui officier de cavalerie y a laissé une jambe, elle infirmière à domicile y a perdu son grand amour, le père de sa petite fille, Louise. Unis par le besoin de se reconstruire, ils nouent une complicité joyeuse qui leur permet de revenir à la vie…mais Charles sent naître son désir pour Angèle, qui reste fidèle à un mort…pour assurer l’avenir de sa fille, elle accepte un mariage de raison, cadenassé par un contrat très strict…au lit si Charles retrouve sa virilité, Angèle ne jouit pas, l’image de l’absent reste trop forte….et la belle complicité née de l’amitié se délite ….à la suite de provocations mutuelles, ils finiront par se retrouver….avec Veuve sous serment, je me faisais la remarque qu’un film pouvait avoir une couleur…pour L’odeur de la mandarine, ce serait le marron…couleur des lourdes boiseries de la gentilhommière de Charles, couleur de la robe de la jument , couleur de la forêt à la fin de l’été…des bottes de cavalier…au milieu de ces teintes sombres et de cet intérieur chargé, flotte la lumineuse Angèle toute de blanc vêtue…par moment je pensais à l’Amant de Lady Chatterley de Pascal Ferran pour la qualité des images…ici de Yves Angelo et elles sont superbes. Que dire de ce grand cerf six cors qui sort majestueusement des bruyères à plusieurs reprises ou que Angèle accompagne dans la traversée de l’étang...images splendides, même si la référence à la fécondité est un peu lourde ( nous sommes à l’époque du brame à ce moment)…tout comme peu apparaître pesante la métaphore chevaline autour de la saillie de la jument par le bel étalon revenu du front… l’ académisme dans le cadrage des plans, la sagesse des prises de vue, l’esthétique de l’ensemble adoucissent ce que le film est sensé mettre en avant : la force des pulsions et du désir sensuel, En tout cas moins intensément que dans l’Amant de Lady Chatterley….
Un beau film qui contrairement à ce ue peut laisser présager le pitch ne parle pas tant de la guerre que de ce qui se trame derrière l'Histoire. Angela a perdu le père de sa fille à la guerre quand elle rencontre Charles, noble célibataire qui tombe instantanément amoureux de la jeune femme. Il est alors question de s'unir, mais les sentiments ne se saisissent pas comme un rédige un contrat, et si cela laisse pantois le spectateur qui trépigne de voir s'envoler les tourtereaux, le désir est quelque chose de fragile, et là est le sujet du film. Comment dépasser son orgueil et faire le deuil? Le film propose d'intéressantes métaphores pour y répondre, et il est plaisant de s'y laisser conduire jusqu'à la scène finale.
Un très beau film. Les acteurs sont exceptionnel. Deuxième film que je voit de ce réalisateur et il prouve que c'en est un bon. De très belle images en particulier celles avec le cerf. C'est un film avec beaucoup de tendresse même si c'est un drame cela reste toujours beau. C'est aussi le deuxième film que je voit avec un personnage qui lui manque une jambe je pense au film De rouille et d'os et je trouve que l'effet est aussi bien réussi. A voir absolument
Encore un film réussi sur la famille au sens large du terme. Là, en fait, il s'agit d'une recomposition en temps de guerre et celle-ci se fait avec des personnages un peu hors du commun mais ô combien attachants...
Un excellent film, magnifiquement interprété par Olivier Gourmet et Georgia Scalliet, délicieusement impertinente dans le rôle d'Angèle. Le scénario est très original, les décors naturels somptueux et la reconstitution d'époque très réussie. Les débuts de l'émancipation de la femme française à une époque où la guerre fauchait les hommes et les mettait sur le devant de la scène. Quelques scènes audacieuses.
Un magnifique film à tous points de vue : réalisation, interprétation, décors... On parle de guerre, de traumatisme, d'amitié, d'amour, de deuil, d'animaux... J'ai beaucoup apprécié cette très belle histoire.
Je ne voudrais surtout pas faire du tord à ce film français dont nous pouvons être fier, c'est une œuvre personnelle profonde et grave et c'est justement à cause de sa hauteur de vue et son honnêteté que j'en suis sorti dérouté, épaté mais insatisfait. Il y avait là matière à chef d’œuvre car les acteurs sont impeccables et bien dirigés, Georgia Scalliet apportant en plus tout son talent d'actrice formée au théâtre, la reconstitution de l'époque est conforme à nos attentes et le cadre du château est un lieu ou il fait bon demeurer. La relation corporelle presque fusionnelle entre les personnages et les chevaux est parfaitement réussie puisqu'elle en devient dérangeante. L'intelligence et la pertinence des dialogues nous surprennent par leurs qualités de même que la justesse de certaines séquences muettes . Alors pourquoi mon malaise? Je suis fâché que dans un tel film se trouvent autant de maladresses cinématographiques à mon goût qui se produisent principalement en présence de l'étalon noir. Amateur de westerns, je pense avoir assez vu de chevaux à l'écran pour affirmer qu'on pouvait bien mieux faire, la distance n'est jamais bonne et la caméra bouge beaucoup trop, la séquence de la saillie aurait du être d'une beauté parfaite…C'est le contraire. Les extérieurs eux aussi ne sont pas réussis malgré la qualité des photographie…Seule la façon de filmer le grand cerf porte en elle cette beauté qu'un tel film méritait car intellectuellement elle est présente dans Angele qui est une femme exceptionnelle, son honnêteté et son courage forçant l'admiration face à un homme handicapé plus encore par son égoïsme que par sa jambe coupée.
[...] Nous sommes en 1918. Charles, officier de cavalerie mutilé par la guerre a besoin d’une infirmière à domicile pour soigner son moignon pourrissant. La « belle » Adèle et sa fille Louise vont faire leur apparition et égayer le quotidien plutôt morne du retraité précoce. Evidemment, il va tomber sous le charme de sa soignante et, au fil de leur complicité va lui demander sa main. Elle, endeuillée par la perte de son amant (elle n’était pas mariée) à la guerre s’y refuse tout d’abord avant de dire oui, pour le bien de sa fille qui héritera des bien de Charles en cas de décès. Car oui, leur mariage est un contrat, jusqu’au jour choisi pour accomplir le devoir conjugal. Et justement, en parlant de devoir, le film est ponctué de ces scènes où Charles, tantôt désireux de tirer un coup, tantôt désireux de faire l’amour essaie d’honorer son épouse qui, par pure honnêteté, se refuse à simuler le moindre plaisir. Là est tout « l’enjeu » si tant est qu’il y en ait un, du film. Car oui, le scénario le voilà et nous n’avons pas là une histoire sur le deuil de l’amour, sur les ravages de la guerre ou sur un amour impossible. Non. L’odeur de la Mandarine est de ses films qui n’ont pas vraiment d’histoire si ce n’est celle qu’on tente de nous raconter de la façon la plus plate possible. Vous regardez, sans réussir à déterminer ce qui est censé ressortir de tout ça mais pourtant vous restez, hésitant entre ennui profond et fascination pour ce rien.
Olivier Gourmet est somme toute bon dans le rôle du capitaine tombant amoureux de la première donzelle qui passe. Il est même touchant quand on le voit blessé de ne pouvoir combler sa jeune épouse (non pas par manque de capacité mais par complet désintérêt pour la chose de celle-ci (elle a en effet l’impression d’être infidèle à celui qu’elle aime vraiment).
Quant à Georgia Scalliet, qui, paraît-il nous vient de la Comédie Française, je cherche encore l’émotion, l’intensité et peut-être le ton qui se hausse un peu. Alors je veux bien imaginer que c’est le personnage qui veut ça mais qu’elle joue le sarcasme, l’humour, la colère ou je ne sais quoi, elle a toujours ce même ton monocorde et ses yeux vides de passion, d’étincelle. Tout est, certes, contenu, mais il a manqué, pour moi, d’émotions fortes, de sentiments débordant, de douleurs insoutenables. Même lorsqu’elle est blessée par l’attitude de Charles, le seul indice, ce sont ses larmes (qui ne coulent même pas) au bord de ses yeux rougis.
Et quel est le but dans tout ça? Nous parler de la difficulté d’aimer en temps de guerre? De la difficulté du deuil? De la douleur d’un amour qui n’est pas réciproque? Comment le dire? Le film se passe de manière linéaire et monotone. L’héroïne a cette sorte de mélancolie des gens que l’on a envie de secouer et le scénario coule comme une rivière tranquille.
Au final j’en ressors sans forcément me dire « bon sang, deux heures de perdues » mais sans me dire non plus « oui c’était pas mal »!! D’où la difficulté de mettre une note car le film est tellement fade sans pour autant être ennuyeux à l’extrême que je ne saurais dire si 10/20 est trop bon ou trop sévère. Je me passerai donc de note pour cette fois et conseillerais juste, peut-être, d’aller voir autre chose…
Voilà un scénario pour le moins étrange dont le début ferait penser, par son aspect irrévérencieux, à un roman de Colette mais qui très vite se transforme en prose à la Henri Troyat, dans la veine boursoufflée de « Les semailles et les moissons » sans oublier quelques réminiscences du roman à l’eau de rose, littérature qui a fait les beaux jours de l’entre deux guerre. La tentative était osée malis cette « Odeur de la mandarine » véhicule plutôt des effluves de naphtaline.
Car ni la volonté d’être tendance en s’appuyant sur du (faussement) scabreux, ni les paraboles sous forme de bestiaire (il y manque des chatons d’ailleurs, c’est joli et parfois drôle), ni les dialogues ultra littéraires, ni ce joli château au décor dans le jus, ni cette musique soulante dont chaque plan est gavé, font décoller ce film au goût rance.
On reste dans la salle pour les acteurs, Gourmet se la joue Noiret, Scalliet a bien du charme, Hélène Vincent égale à elle-même donc parfaite et l’on a plaisir à retrouver Michel Robin et Romain Bouteille.
Pour le reste… On baille discrètement pour ne pas réveiller ses voisins !
Un super film replacé début du siècle dans le Nord ou la picardie....qui met face à face deux merveilleux acteurs, Oliver Gourmet que l'on connaît bien et surtout la pétillante Georgia Scalliet : premier film sans doute pas le dernier qui donne toute la dimension aux échanges par sa dynamique, sa répartie, et son humour (ça fait beaucoup). Limite violent par instants, grave en tout cas, le tout dans une ambiance très réussie, une lumière précieuse et de très belles photos ( Animaux y compris ou costumes). Belle surprise !! **
L'odeur de la mandarine est un excellent film de Gille Legrand, réalisateur de tu seras mon fils. Les acteurs sont très bons: Olivier gourmet comme toujours ainsi que Georgia Scalliet de la comédie française qui interprète une veuve pleine de caractère passant un arrangement avec un capitaine de cavalerie, mutilé de guerre...mais les choses ne se déroulent pas forcément comme prévu. Cela fait plaisir de voir du bon cinéma français dans un registre où les productions ne sont pas nombreuse mais souvent de grande qualité.