"La colère d'un homme patient" est un polar sans éclat mais qui tient la route. Trop classique dans son fond et sa forme. Une classique histoire de vengeance soutenue par une réalisation sobre et un chouilla trop académique. S'il aurait gagné à être davantage rythmé, ce long métrage reste toutefois appréciable. Pas mauvais mais déjà vu un paquet de fois.
Ce film espagnol est le grand gagnant des Goya en 2017, l’équivalent des Césars en France. Il conte l’histoire de la vengeance d’un homme brisé qui se fait justice lui-même. « La Colère d’un homme patient » est un film honorable sans plus. Ce long métrage n’a rien de vraiment extraordinaire et pourrait même s’oublier assez vite. J’ai un peu de mal à comprendre l’engouement de la critique bien que le trame soit habile pour nous faire découvrir, petit à petit, l’histoire, le projet et le véritable coupable. La noirceur du scénario, la violence de certaines scènes où aucun des personnages ne se révèlent sympathiques délayent une atmosphère pesante et sans humanité. Ce film n'innove pas beaucoup autour de la thématique du châtiment et l’intérêt réside principalement dans une description plutôt bien faite de l'environnement de ces mafieux plus ou moins rangés. C’est tout de même l’occasion de découvrir le cinéma espagnol même si cette production ne me semble pas la meilleure.
Rien à dire au niveau de l'interprétation mais l'histoire de vengeance ne m'a pas trop captivé. C'est tout de même assez banal et terne et le doublage espagnol au français s'avère mauvais, avec souvent un retour des voix bizarre, comme un écho (ceux qui ont vu le film comprendront).
Belle surprise que ce film relativement simple, quelque peu classique en son genre, mais en rien faible. Au contraire, court et allant à l'essentiel, celui-ci réussit à nous rendre captif, comme envoûtés par le suivi de l'objectif d'un "homme patient" et du détonateur permanent qui flotte au dessus de lui et des personnes qu'il rencontrera sur son chemin. Tourné dans les jolis décors de l'Espagne profonde, ce film est une réussite.
L'idée est bonne, le scénario correct et les acteurs sont bons, mais bon sang que c'est mou, lent, triste, à la limite fatiguant de lenteur. C'est insuffisant, ça manque cruellement de rythme. On ne demande pas de l'action à l'américaine, mais un peu de jus, de dynamisme, d'entrain. Le but du cinéma est tout de même d'être divertissant et d'accrocher le spectateur. La première demi-heure est une torture.
Un très bon film, j'allais dire, encore un très bon film espagnol. Typiquement le bon thriller à regarder entre amis ou avec ses (grands) enfants. Mais attention quelque scènes un peu violentes quand même...
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1,0
Publiée le 23 juin 2020
J'apprécie le bon cinéma et j'ai regardé ce film sur la base des nombreuses critiques affirmant que c'était un début de réalisation incroyable qui offrait l'excellence au cinéma. Après avoir vu La Colère d’un homme patient, je ne peux que me demander si le titre était en fait une tentative satirique. C'est un film qui vous donne l'impression d'avoir regardé quelque chose d'intelligent et de bien conçu. Mais quand vous vous arrêtez et y réfléchissez pendant plus de 2 minutes, vous vous rendez compte que le film n'était en fait bon. La séquence d'ouverture était la meilleure partie. Le résultat final a été un film qui m'a laissé en colère. Cela aurait pu être un film incroyable, mais le développement du personnage et de l'histoire est sacrifié pour l'exécution de plans techniquement compétents. Il semblait juste que ce film ne servait à rien car les principaux thèmes qui méritaient d'être explorés (la futilité de la vengeance, la violence engendrant la violence, le criminel brisé cherchant désespérément la rédemption) restent en grande partie intact ou incomplet...
La mise en place de l'histoire est minutieuse. L'atmosphère est intrigante. Le spectateur entre dans un véritable sas de décompression. Qui est qui? Où va-t-on? Une fois le remarquable Antonio de la Torre à découvert, on exulte devant cette glaciale délivrance de colère. Une violence libératoire, apaisante et sans une once de culpabilité.
Film de vengeance qui possède je trouve un scénario assez classique dans son style, mais qui captive tout de même grâce à la présence d'une mise en scène efficace et d'un casting impeccable. A voir pour les amateurs de thriller même si l'ensemble est destiné à un public averti par rapport à la violence qu'il y a sur certaines séquences.
La vitalité du cinéma espagnol est vraiment à souligner : Que Dios nos perdone, La isla minima, Malveillance, El Bar. Dans La Colère d'un homme patient, on retrouve Antonio de la Torre déjà vu dans Que Dios nos perdone et je dois dire que j'adore cet acteur. Il est assez austère. Parle peu. Ne manifeste pas énormément d'émotions. Mais il est capable de de se réveiller et et d'exprimer de ces bouffées de violence. Le titre peut paraître contradictoire. La colère, selon la définition du Larousse, obéit à une émotion passagère. Rien à voir avec de la patience à priori. Cette colère est en réalité une vengeance. Un plan savamment mis au point par un homme pendant des années pour punir les meurtriers de sa petite amie. Le plan-séquence du casse en introduction laisserait entendre qu'on aurait droit à un film d'action mais il n'en est rien. C'est un road-movie filmé caméra à l'épaule, fiévreux, désespéré, perdu, où tout le monde s'interroge sur son avenir. Où le poids du passé agit comme une chape de plomb sur leurs épaules. Ces anciens braqueurs ont beau avoir essayé de se ranger, de changer de vie en fondant une famille, en travaillant honnêtement, ils n'auront droit ni au pardon ni à l'oubli. On dit que la colère est mauvaise conseillère. En effet, je ne suis pas sûr que la rassasier le contentera. Au spectateur d'imaginer comment il va se reconstruire. Si même il y arrivera. S'il fait preuve de la même patience alors qui sait.
Certes, le film a du style. Un style quelque peu lénifiant, finalement bien annoncé par le titre: il y a plus de patience que de colère dans ce film espagnol qui n'a de thriller que le nom, jouant plutôt d'une psychologie fine qui se niche dans les silences et les regards au lieu des textes. De fait, le démarrage semblait attaquer fort, mais l'on glisse vite vers des séquences un peu poussives en terme de mise en scène, et il faut attendre le dernier tiers du film pour commencer à relever la sauce, mais les éclats sont rares. Les acteurs sont à louer dans l'ensemble pour leur imprégnation, suscitant le semblant de tension que la réalisation ne soutient que peu. Tout n'est pas à jeter, mais c'est un film loin d'être inoubliable.
Raul Arevalo a signé là un très bon film noir à l’Espagnole, dans la lignée de « La isla minima », dans lequel il tenait l’un des premiers rôles. Avec plusieurs qualités du film noir : la création d’une ambiance, la dimension tragique et un scénario intelligent. S’il ne se passe rien d’apparemment important pendant la première partie du film, la mise en place progressive, avec le parti pris d’intituler chaque partie, du décor et des protagonistes, génère déjà fortes tension et attente. Attente non déçue par ce qui va suivre, où l’on découvre ce qui relie les personnages et où la colère évoquée dans le titre éclate. A noter que chaque signe envoyé par le réalisateur trouve son explication et que les pièces du puzzle s’ajustent parfaitement, ce qui nous change des fausses pistes faciles abusivement utilisées.
Un 1er film notable sur une simple histoire de vengeance. Le scénario contient quelques originalités pour ce genre d'histoire et surtout l'interprétation est excellente. Sinon la réalisation n'a rien d'exceptionnelle, assez classique tout en caméra à l'épaule...