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chas
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3,5
Publiée le 28 mai 2016
Ce film bien documenté en immersion en milieu Maya va au-delà d’un témoignage ethnographique. Le propos n’est pas manichéen et les personnages loin d’être caractérisés d’une façon simpliste, le langage peut usité ( le cakchiquel) n’empêchant pas la lucidité. Dommage que certaines préoccupations esthétiques rendent artificiels quelques tableaux où les acteurs semblent appelés à s’inscrire dans un cadre trop rigide. Les problèmes aigus depuis ces flancs d’un volcan guatémaltèque nous concernent. La représentation naïve du monde par ses habitants n’est pas si éloignée de nos illusions par écrans interposés. Leur acceptation de la société avec recours aux esprits est-elle si différente nos progressistes vœux de pacotille ? Les questions sont universelles : l’amour, la transmission, la liberté, la loyauté, la fatalité, les rêves d’un ailleurs… Les animaux donnent la vie, les cochons, et les serpents, la mort.
Un film rude, comme la vie de ces paysans mayas qu'il décrit. Pas facile à appréhender quand on est habitué à un cinéma qui fait davantage de place au rythme, au spectaculaire ou même à la comédie. Pourtant, s'il donne l'impression au début de se limiter au documentaire, Ixcanul bénéficie d'un véritable scénario qui lui permet de décoller malgré sa lenteur et les longueurs de certaines scènes. Très émouvant au final. On pourra penser au sort de cette famille et de cette jeune fille en dégustant du café guatémaltèque qu'on nous vend comme provenant du commerce équitable. Car de l'équité, dans la vie de ces récolteurs de café, payés au poids par un patron esclavagiste qui peut les chasser à tout moment de leur misérable baraque, il n'y en a pas beaucoup.
Ixcanul est à ce jour un des rares films guatémaltèques qui soit parvenu jusqu’à nous. Mieux encore, dans son premier long métrage, Jayro Bustamante nous parle de son pays, le Guatemala, à travers la communauté maya des Cakchiquel. Ixcanul est un film singulier assurément, logique lauréat à la Berlinale 2015 du prix Alfred-Bauer (Ours d’argent) dont l’objet est de récompenser une « vision esthétique singulière et novatrice ». Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
L’approche ethnologique adoptée par Jayro Bustamante sur le Guatemala souffre, dans Ixcanul, d’une distance qui semble le préserver de la douleur qu’il filme. Là où La Llorona s’empare du genre fantastique pour filer la métaphore de la mauvaise conscience et atteindre une puissance dramatique et historique, le présent long métrage se défie de la fiction pour se cantonner aux faits, n’a d’esthétique que sa photographie qui sait cadrer ses espaces volcaniques et en restituer leurs couleurs contrastées. Que la jeune femme soit enflammée par le désir mais doive composer avec une terre stérile sur laquelle règnent les serpents venimeux et la cendre se comprend rapidement ; dommage que cette passion intérieure ne conduise pas le réalisateur à l’exprimer à l’écran, sinon lors de brèves scènes plus étranges que sensuelles – quand Maria se frotte le sexe sur l’arbre, par exemple. Tout cela est assez terne, désincarné en dépit de l’interprétation convaincante des actrices et acteurs, surtout balloté entre d’une part son réalisme brut et d’autre part la mise en place de symboles et d’échos : l’alcool donné aux porcs pour s’accoupler est le même qui coule dans les veines de Maria et de son amant lorsqu’ils font l’amour pour la première fois, traduction de la stérilité d’une terre qui contraste avec la fertilité d’une jeune mère. Le ravissement du nouveau-né à l’hôpital et l’hypocrisie criminelle des puissances publiques aurait mérité un temps plus important à l’écran : il ne constitue ici que le maillon supplémentaire d’une longue chaîne de malheurs dont nous ne savons, à terme, que faire.
Maria est Maya. Elle a 17 ans et habite sur les flancs d’un volcan (Ixcanul) au Guatemala. Ses parents sont de pauvres éleveurs et travaillent dans une plantation de café. Maria est une jolie fille, rebelle et apathique. Elle craque pour Pepe qui la met enceinte un soir d’ivresse et lui promet « le grand voyage » aux Etats Unis. Mais ses parents préfèreraient qu’elle épouse Ignacio, contremaître sur l’exploitation. Ca leur permettrait de rester vivre au pays ou « tout sent le café et le volcan… » Les bases d’un pur mélo sont là. En entrelaçant l’authenticité documentaire et le mélodrame, une forme de déterminisme s’empare immédiatement du film. Sauf qu’Ixcanul vaut mieux que l’histoire d’une famille partagée entre le cœur et la raison. C’est une fresque naturaliste sur un mode de vie rythmé par des traditions séculaires. Et un regard ethnographique sur la vie des Mayas, coincés entre un désir d’évasion et des rites quasi-chamaniques, autour de ce volcan charbonneux, à la fois objet de culte et d’affrontement. La douceur des relations mère/fille contraste avec la violence de leur quotidien. Cela, Ixcanul le montre bien. La force du film tient aussi à la maîtrise de quelques jolis plans séquence, à la qualité de l’image et à l’éclat des couleurs. Où les habits chatoyants des villageois rehaussent le vert-amande des caféiers, le rubis des grains et la noirceur volcanique… Il n’empêche, la démarche esthétique assez appuyée, le double registre du récit et la discrétion des dialogues accentuent un mélange des genres et brouillent le propos.
Je ne savais rien de ce film en allant le voir mais au final il m'a laissé assez indifférent. C'est pas que c'est mauvais c'est que je n'ai pas grand chose à en dire, il ne m'a particulièrement ému et je l'oublierais assez vite. Ca m'a pas mal fait pensé à Still the Water de Kawase mais en moins bien. En tout cas en moins intéressant. Mais c'est la même idée, d'une jeune fille qui découvre la sexualité (et l'amour ?) dans un village très rustique mais cette fois en Amérique latine. Par contre si il y a un truc que je n'ai pas aimé dans le film c'est la langue qu'ils parlent, beaucoup trop âpre. Après il y a certaines choses qui m'ont un peu énervées genre le personnage qui parle les deux langues et qui arrête pas de les faire tourner en bourrique, c'était assez énervant et j'aime pas qu'un personnage m'énerve juste par son comportement tellement c'est évident que c'est un connard. Mais à part ce manque de subtiliter le film est plutôt bon. Et puis il travaille vraiment avec notre vision de ces cultures traditionnelles, en tout cas je sais que moi j'ai tendance à penser que dans ces cultures, les gens en savent beaucoup plus long que nous entre autre sur les technique de médecine et que le rapport à Dieu et au spirituel a une place beaucoup plus importante et sincère que dans notre société moderne, autrement dit quand tu vois un chaman faire des miracles bah t'as pas d'autre choix que de dire, oui le rationalisme occidental nous a fait oublier des secrets et des vérités. Enfin ce serait beaucoup plus complexe et long à expliquer mais le film fait en quelque sorte l'inverse, la fille n'est pas capable de faire fuir les serpents, ils prient Dieu comme dès qu'ils ont peur, en plus c'est Jésus... Bref on prend à contre-pied certains clichés et c'est assez intéressant. Bon bref, c'est pas grandiose assez oubliable - même si ça n'engage que moi - mais pas déplaisant.
Ce film sera sans doute très bien noté car il y a de belles images et il nous décrit la vie de personnes tellement éloignées de nous. Mais pour moi, il s'agit plus d'un reportage et le déroulement est très long et trop contemplatif. Il y a néanmoins une certaine émotion dans les rapports entre la mère et la fille mais ce ne sont pas des gens expansifs!
La vie d'une jeune fille au Guatemala, au pied d'un volcan: la pauvre, tout est inhospitalier pour elle, son entourage, les paysages...et surtout sa vie future, à base de mariage arrangée, à laquelle elle fera tout pour échapper (parallèle avec Mustang, mais traité de façon plus austère)...mais ça s'annonce difficile...film très réaliste, très dur, dont on sort un peu ko à cause de la réalisation très linéaire, au fond pessimiste, qui décrit des paysans guatémaltèques miséreux rêvant de la mythique voisine américaine, sans bien comprendre le fonctionnement de leur propre pays...la cassure étant encore accentuée par le barrage de la langue, à l'intérieur même dudit pays...passionnant.