"I guess we're kind of our own country. And if we're honest about it, hadn't we been our own country for a long time ?"
Entre narration linéaire, flash-forwards des années 1960 et brèves photos d'époque, Free State of Jones suit l'itinéraire, tiré d'une histoire vraie, de Newton Knight durant la Guerre de Sécession, ce qui est l'occasion, sur fond de parcours initiatique, d'une large réflexion sur les atrocités de la guerre et de l'esclavage.
Assez classique, la réalisation de Gary Ross alterne les scènes en plans simples et en gros plans, notamment sur le visage torturé du héros. Dans une reconstitution saisissante, l'interprétation de Matthew McConaughey est impressionnante de vérité. On retrouve également Gubu Mbatha-Raw et Mahershala Ali à la distribution, tou·tes deux parfait·es.
Au-delà de la guerre, c'est surtout le propos agrarien, qui veut que la terre appartient à ceux qui la travaillent, qui est développé, dans une région ravagée par la guerre, les privations, les réquisitions forcées et, évidemment, l'esclavage. Après la guerre, le film ne fait pas l'impasse sur le profond suprémacisme qui a continué à gangréner les sociétés du Sud, entre ségrégation raciale et terrorisme du KuKluxKlan.
Une fresque bien bâtie et qui échappe aux ficelles du genre.