La Loi du marché
Note moyenne
3,3
4762 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

613 critiques spectateurs

5
45 critiques
4
145 critiques
3
173 critiques
2
123 critiques
1
63 critiques
0
64 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Laurent C.
Laurent C.

296 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2015
Thierry Taugourdeau est un homme qui ne sourit plus. Il a peut-être ri, avant dans l'entreprise dont il a été licencié, il s'est sans doute amusé dans son bungalow même éloigné de la plage, mais aujourd'hui, il ne sourit plus. Le visage est dur, figé, comme celui d'un résistant qui ne lâche pas prise, un visage qui a peur de ses propres émotions. Le seul moment du film où on le voit qui rit, est celui où il danse avec sa femme, dans la maison, au côté de leur fils handicapé. Thierry ne peut plus sourire car c'est un homme qui lutte. Il est englué dans une lutte inégale, inconstante, une lutte pourtant où il est prêt à succomber aux pires compromis pour restaurer l'estime de soi que le licenciement, le manque d'argent, le chômage de longue durée lui ont fait perdre. Il a abandonné le combat contre l'entreprise qui l'a mis à la porte car il veut tourner la page. Il a abandonné le combat contre l'absurdité de Pôle Emploi et la cruauté des chômeurs comme lui, tellement habitués au dénigrement, qu'ils s'assènent eux-mêmes d'invectives, à coups de propos discriminants et négatifs. Par contre, il ne lâchera pas sur ce qu'il a construit de plus profond, de plus fort : sa famille. A plusieurs reprises, on voit ce père habiller ou laver son fils adolescent, infirme moteur cérébral, qui, à l'image du père, lutte pour regagner la place qu'il mérite à l'école, voire dans la société. Il ne lâchera pas sur le prix du Bungalow où il a passé ses vacances, il ne vendra pas le bien familial. Il ne lâchera pas sur son couple, filmé avec pudeur, mais où l'on pressent beaucoup d'amour, de la lassitude certes, de l'épuisement certes, mais beaucoup d'affection. Pour le reste, il s'abandonne à un métier de vigile dans un supermarché où il doit pourchasser les petits voleurs du quotidien, pire, ses propres collègues aux caisses, qui s'octroient des tickets de réduction ou des points supplémentaires sur leur carte de magasin. "La loi du marché ne cède à aucune démagogie, ni aucun misérabilisme social. Les rapports humains sont filmés avec dureté, avec sécheresse même. La caméra scrute les visages au plus près des yeux, comme pour y capter les émotions enfouies, les larmes qui ne coulent plus. Stéphane Brizé va jusqu'à filmer le visage d'une collègue qui s'est suicidée sur son lieu de travail, un visage figé dans une photo posée sur le caveau ; c'est un visage qui sourit bien sûr, mais dont sait immédiatement la détresse et l'impuissance qui l'ont conduite au geste final. La musique est totalement absente. Cette absence a un effet presque d'étouffoir, et il faut attendre la toute fin du film pour que la musique reprenne sa place sur l'écran, signe que le héros a de nouveau engagé la lutte contre le renoncement. Le réalisateur connaît très bien Vincent Lindon. Il s'agit peut-être d'un des plus grands rôles de sa carrière. Le scénario est taillé à la hauteur de cet acteur, beau, prudent, et expressif, qui donne au film l'épaisseur indispensable pour repenser le monde. D'ailleurs la marque de fabrique des films de Brizé, c'est la pudeur. On se souvient du tendre "Mademoiselle Chambon" ou du subtil "Quelques heures de printemps". Le réalisateur revendique la pudeur non pas comme un effet de style, mais comme un respect incroyable pour le spectateur à qui il confie l'émotion, le ressentiment, sans jamais les provoquer. Les lumières, la photo, les cadrages sont autant de manifestations du parti-pris esthétique et philosophique du réalisateur. Et vraiment, il fallait un homme comme V. Lindon pour incarner avec autant de dignité, les malheurs invisibles et quotidiens qui traversent les gens de peu.
mazou31
mazou31

135 abonnés 1 375 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 26 mai 2015
Comme disait le grand Pierre Desproges : “ Mais quelle époque ! En voici des manières ! Mais à quelles extrémités faut-il que l’on m’accule ? “ Oui, les gourous du cinéma m’ont bien roulé ! Je croyais voir un grand film. Raté ! J’ai vu un reality-show bien plombant, mais heureusement dans une autre catégorie que les débilités télévisuelles. Un film sans intérêt, du moins pour ceux qui ont suffisamment d’attention et de compassion pour leur propre société. À part quelques bobos bien protégés, je préfère dire bopasbo (pour BOurgeois PAS BOhêmes, avec jeu de mot intégré), pour qui le film peut paraître exotique et révélateur, qui n’a pas connu pour lui-même ou dans son entourage au moins une de ces situations difficiles ? Qui n’a pas montré une même dignité, une même lucidité que Thierry ? S’il y a manque de dignité, s’il y a cynisme, ce n’est pas du côté de ces gens qui souffrent mais plutôt du côté de ceux qui font souffrir ! Revenons au film-qui-n’en-est-pas-un, à ce faux-documentaire qui ne ferait pas jeu avec ceux d”’Investigation”. Donc un “film” ennuyeux à l’excès, sans message fort et original, sans montage, sans mise en scène attractive. Stéphane Brizé a appris que la caméra subjective et le gros plan donnent de l’intimité… alors, allons-y, tournons exclusivement comme cela ! Chapeau, l’artiste ! Quelle maestria ! C’est pénible, ça fait mal aux yeux et ça enlève tout souffle au “film”. Heureusement un point positif incontestable : l’interprétation remarquable de Vincent Lindon – qui méritait plus un prix cependant dans un film comme Welcome ou Quelques heures au printemps – ainsi que les prestations admirables de tous les amateurs. Bref un film à éviter, mieux vaut regarder autour de soi, du moins si vous n’êtes pas dans les zélites ! En conclusion notre oligarchie devrait plutôt s’inquiéter de ces succès français, mérités ou immérités, qui tous décrivent les souffrances d’une société qui implose.
vidalger

380 abonnés 1 314 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2015
Sans atteindre le niveau de ses précédents films dont le remarquable Mademoiselle Chambon et l'émouvant Quelques Heures de Printemps, Stéphane Brizé nous embarque ici dans une nouvelle vie "minuscule", sorte de cinéma-vérité sans esbroufe avec caméra portée et improvisations de comédiens amateurs (tout au moins, c'est ce qu'on ressent). On avait déjà vu un vigile dans un film récent (Jamais de la Vie, de Pierre Jolivet) et il nous était apparu plus réaliste que Vincent Lindon, malgré tout le talent de cet acteur familier du réalisateur, peut-être en raison d'une direction d'acteur trop lâche...L'absence de trame dramatique finit par nous gêner tant on a l'impression de percevoir ces vies fracassées à travers un trou de serrure ou comme des intrus qui surprendraient leurs voisins au dessus de la haie du jardin. On appréciera cependant à sa juste mesure le réalisme des scènes et des situations. Un film au grand cœur!
Seemleo
Seemleo

80 abonnés 888 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juin 2015
Des plans fixes, cadrés en général sur Vincent Lindon. Une suite de scènes grisailles de la vie quotidienne, avec tous les temps morts, les redites, les hésitations. On se croirait dans un mauvais documentaire avec caméra cachée. Difficile au départ de se plonger dans ce monde étrange qui est en réalité le monde que le personnage joué par Lindon, a façonné. Ce n'est pas seulement la loi du marché, mais c'est son monde à lui, modelé par les choix, petits et grands de son parcours de vie. Plan par plan malgré la dureté des rapports entre employeurs et employés, on découvre le héros, ses grandeurs, ses limites. Le résultat est prenant, original et laisse un sentiment de réflexion profonde après la projection. Réflexion alimentée par sa propre vision de la vie et de ses Lois.
jaja77
jaja77

75 abonnés 1 326 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mai 2017
un bon petit drame social bel et bien réel sur la difficulté à trouver un emploi, surtout à cette époque actuelle, professionnellement. on peut tous être visé un jour où l'autre malheureusement. de bons passages mais il y a certaines scènes que je trouvent un peu longues et lentes qui donne cette impression d'un peu d'ennui parfois.mais très bonne interprétation de "vincent lindon" qui se donne à fond pour lui et sa famille pour se sortir de sa routine, garder son train de vie et subvenir aux besoins quotidien de la famille.bien mais un petit déçu dû à la lenteur du film et des séquences un peu longues.
Cineseba
Cineseba

50 abonnés 635 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juin 2015
"Edifiant ! Le film "La loi du marché" est pour moi, une immersion glaçant dans le regard d'un chômeur de 50 ans qui, après plusieurs recherches, finit par trouver un poste de vigile qu'il a accepté sans réfléchir puis qui découvre le système impitoyable et dur du marché d'un grand magasin ... Ce film montre que la loi du marché sépare inexorablement la vie précaire des employés et des clients en quête financière et le système économique des entreprises. On y voit les différentes situations où les personnes volent de la nourriture ou des bons de réduction car elles n'ont pas vraiment de sous et elles en ont vraiment besoin pour vivre, se nourrir plus convenablement ... Film très réaliste ! Révoltant de constater qu'on ne peut rien faire pour les personnes vivant dans des conditions précaires ! Triste ... Vincent Lindon, habitué à jouer le rôle des personnages anxieux dans des films comiques, est méconnaissable dans le film "La loi du marché". Excellent dans la peau d'un vigile dépressif, qui doit prendre une certaine distance professionnelle face aux diverses raisons du vol des produits ... On impose aux personnes âgées à rembourser une barquette de viande, volée ou on ne donne pas une deuxième chance à une caissière qui a ramassé des bons de réduction ... Justement, je pense que Vincent Lindon mérite le prix d'interprétation masculine lors du Festival de Cannes et même qu'il aura de fortes d'être nominé César 2016 meilleur acteur ... A voir ce film pour découvrir l'univers fragile des employés et des clients, vivant dans la précarité, proche du chômage ou dans l'endettement financier ... "
SYLVIE B.
SYLVIE B.

32 abonnés 220 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2015
Ca fait très mal de voir ce film. On prend conscience de la dure réalité de la vie et des inepties de notre société.
Vincent Lindon est bon, mais pas plus que d'habitude je trouve.
Ca fait documentaire un peu, reportage de FR2
traversay1

4 506 abonnés 5 405 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mai 2015
Depuis Je ne suis pas là pour être aimé (et même Le bleu des villes qui l'a précédé), Stéphane Brizé se révèle un cinéaste passionnant à suivre, sensible et d'une profonde humanité. La loi du marché est son premier film autant engagé socialement et il n'y a rien à dire de sa profonde dignité dans cette description sans concession d'un système qui broie les individus, du chômage au monde impitoyable du travail où le chacun pour soi gagne de plus en plus de terrain parce que la première loi du marché est de survivre et tant pis pour la solidarité. Même si c'est au prix de l'humiliation, envers les autres et ... soi même. Tourné en de longs plans séquences qui se succèdent sans transition, La loi du marché ne fait aucun cadeau au spectateur dans une exigence certes adaptée au sujet mais qui finit par devenir démonstrative dans le sens où son naturalisme documentaire devient l'expression d'un film à thèse, dont on comprend les louables intentions, mais qui lui confère une lourdeur oppressante. Au milieu de comédiens amateurs, d'une incroyable vérité, Vincent Lindon dépouille son jeu jusqu'à l'os. Une performance de haute volée qui ne masque pas totalement la volonté trop appuyée de Brizé à dénoncer les rouages d'une société sans alternative en acceptant les règles du jeu et en laissant ses principes au vestiaire.
tifdel13
tifdel13

104 abonnés 524 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juin 2015
Film social ultra réaliste, La loi du marché est un choc émotionnel. Thierry Frémaux n’a pas failli à sa tâche quand il a choisi de faire figurer le nouveau long-métrage de Stéphane Brizé en sélection officielle au dernier festival de Cannes. Le film n’en est d’ailleurs pas reparti les mains vides. Vincent Lindon y a en effet remporté le Prix d’interprétation masculine. La toute première récompense de sa carrière, mille fois méritée. Incroyable dans le rôle de Thierry, le comédien engagé (on se rappelle encore du sublime Welcome) se donne sans compter. Extrêmement émouvant car toujours juste, il incarne corps et âme Thierry, le visage fictif d’une précarité qui est elle, bien réelle, et dont on ne parle jamais ou pas assez. Entretiens via skype, rendez-vous sans intérêt au pôle emploi, stages qui ne débouchent sur rien… le spectateur est l’ombre de ce « monsieur tout le monde » qui franchit...

Découvrez ma critique dans son intégralité sur mon site ScreenReview !
bouddha5962
bouddha5962

78 abonnés 800 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2015
Quelle claque !!!

Ce film est touchant tant par la cruauté de la vie que le courage de cet homme confronté au chômage.

Vincent Lindon mérite amplement son prix d'interprétation !

Cette histoire est bouleversante car elle peut être vraie à 100%

Ça remet vachement les pendules à l'heure que de voir ce film de Stéphane Brizé.

Je recommande vivement !
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 19 mai 2015
Un film qui ne tient que par les épaules de Vincent Lindon.
Une peinture sinistre de notre société "maux ternes": fusion, licenciement, chômage, fils handicapé, trop vieux, grande distribution, reclassement ; pôle emploi ; crise et re -crise ; chute de l'immobilier, crédit à rembourser ; etc...
Une tristesse, indigne des foules sentimentales que nous sommes, se dégage de cette histoire dont tous les personnages sont méthodiquement dépouillés de leur joie de vivre, et, pire, de toute âme ! ! !
Sujet éculé ou mal traité, mais pas abouti.

Seule qualité de ce film : un plaidoyer pour le boycott de la grande distribution et du système de consommation. A éviter en cas de dépression !
tuco-ramirez
tuco-ramirez

167 abonnés 1 788 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2015
La petite cinquantaine, licencié économique depuis plus d’un an, la fin des droits à l’assurance chômage se profile pour Thierry. Plus que des projets qui risquent de tomber à l’eau, c’est une quête de survie qui débute pour se maintenir lui-même et sa famille à l’eau.
Stéphane Brizé, qui ne m’avait pas convaincu avec son « Mademoiselle Chambon », frappe fort ici avec un film social dans la veine des Dardenne. Caméra à l’épaule et sur le dos de Vincent Lindon durant 1h30 pour un film sans concession, engagé, puissant à l’esthétisme proche d’un « Rosetta ». De tous les plans et seul comédien professionnel de ce film à tout petit budget, Lindon assure comme il n’a jamais assuré. Fini les yeux de chien battu, la mine dépitée dans tous les films ; ici, il est convaincant dans le rôle de cet homme qui décide de composer avec cette société sans non plus se laisser marcher sur les pieds. Cette force de conviction tranquille suffit à elle seule à légitimer son Prix d’Interprétation à Cannes. Entouré de non professionnels, ils ne sont pas des faire-valoir et assure une vraie partition et quelquefois dans leur propres métiers. La mise en place est quelque peu didactique et démonstrative ; Thierry aux prises avec son conseiller Pole Emploi, Thierry et son fils handicapé, Thierry et sa banquière pour laquelle même un pauvre est un client à exploiter, Thierry et ses ex collègues syndiqués,… Le film pouvait vite basculer dans la surenchère affective, mais cette peur est évacué le premier quart d’heure passé. Dans un crescendo bien distillé, le dernier tiers du film nous conduit vers de nouveaux personnages très incarnés et une tension morale paroxysmique mais jamais moraliste ; assez rare.
Véritable critique de l’économie de marché telle qu’elle marche, sur la tête ; c’est un film choc qui démontre comment un système de survie conduit certains à la cruauté ; simplement pour sauver leur peau. Les inégalités se creusent et les classes populaires et classes moyennes se déchirent pendant que les nantis engrangent les profits. La banquière qui voie dans la détresse de son client les moyens de lui fourguer un produit, le conseiller Pole Emploi justifiant une formation inutile, les pauvres vigils qui surveillent de pauvres clients et des salariés pauvres, des classes moyennes qui marchandent auprès de vendeurs d’occasions de classe moyenne,… Une société cruelle qui conduit à plus d’individualisme ; la peur d’être dégradé.
Brizé utilisé aussi à nouveau le dispositif de l’immersion comme dans ces précédents films. Caméra proche du personnage principal ici ; mais surtout des séquences longues interminables faisant monter le malaise chez le spectateur. On a vraiment l’impression d’être dans la même pièce que Thierry. Et pour enfoncer le clou, ces scènes sont ponctuées d’un silence de mort ; pas de renforts de musique, elle est quasi inexistante dans ce film.
Mon premier grand choc cinématographique de 2015 car il pose une question importante : un homme doit-il aller à l’encontre de sa morale simplement pour adopter la logique du monde en marche et subvenir aux besoins des siens ?
Vous aviez aimé « Ressources Humaines » de Laurent Cantet ; il faut voir celui là… et vice versa bien entendu.
Avoine M.
Avoine M.

70 abonnés 295 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mai 2015
Filmé au plus près de ses personnages, La Loi du Marché, s'il ne nous apprend pas grand chose de nouveau sur la violence du monde du travail d'aujourd'hui, a le bon goût d'éviter le mélodrame misérabiliste qui guette souvent ce genre de sujet. Lindon, au milieu d'acteurs non-professionnels, y est magnifique de justesse. On peut toutefois regretter que dans la seconde partie, son personnage plus souvent observateur qu'acteur - et de ce fait quasiment mutique - n'exprime pas verbalement son écoeurement et sa révolte,ne fût-ce qu'à demi-mots, plutôt que ce final téléphoné et peu crédible vu le contexte.
Caine78

7 776 abonnés 7 400 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 juillet 2015
Pour être honnête, je ne suis moi-même pas convaincu par cette note. D'un côté, je trouve bien qu'un film comme celui-ci, pour le moins ancré dans l'actualité et parlant du chômage sans la moindre concession puisse connaître le succès, d'autant que plusieurs scènes sont particulièrement éloquentes et donc réussies. De l'autre, je trouve dommage que Stéphane Brizé se complaise autant dans un style documentaire pouvant se justifier au vu du sujet, mais faisant vraiment trop cinéma amateur pour convaincre réellement. Cela peut paraître idiot, mais moi, quand je vais au cinéma, je viens pour voir du cinéma, et je n'ai pas eu l'impression d'en voir énormément dans cette « Loi du marché ». J'ai également été surpris du rythme parfois cahoteux de l'œuvre, le réalisateur ne semblant pas toujours savoir quand couper sa caméra, si bien que certains passages sont beaucoup trop longs sans la moindre raison. Reste la sincérité du propos qui, malgré tous ces défauts, permet au film de garder un minimum d'intérêt jusqu'au bout, parvenant bien à présenter les enjeux financiers et moraux d'une telle situation, à une époque où la question de l'emploi n'a jamais été autant au cœur des préoccupations. C'est déjà bien, mais on était en droit d'attendre nettement plus.
Yves G.

1 859 abonnés 4 074 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2015
On ne rigole pas tous les jours à Cannes : après "La tête haute" et l'impossible insertion d'un ado violent voici "La loi du marché" ou la difficile réinsertion d'un chômeur en fin de droit.
On y réagira différemment selon ses opinions politiques.
Si on penche à droite, on trouvera bien caricaturale la charge contre l'entreprise accusée de tous les maux.
Si on penche à gauche, on sera ému aux larmes par ce portrait sans concession d'un homme qui lutte contre un système qui bafoue sa dignité.
Mais, où qu'on se situe, on ne pourra qu'être impressionné par la maîtrise du réalisateur et par le jeu des acteurs, Vincent Lindon en tête qui a amplement mérité la Palme.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse