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stans007
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3,0
Publiée le 22 septembre 2022
Elle est riche, mythomane, passionnée de musique et chante faux. Effroyablement. Son mari – plus clairvoyant que gentil (c’est elle qui a le fric) la laisse faire. D’autant plus qu’il la trompe ! Elle est soutenue par un anachronique et inconditionnel maître d’hôtel à sa dévotion. Elle rêve d’une vraie scène : « La perfection, c’est de faire ce qu’on fait avec le cœur. » Eh bien, non ! Autour d’elles gravitent des personnages pas toujours cohérents dont certains sont très réussis (Michel Fau professeur de musique rappelant J-Claude Dreyfus, de même que la mise en scène me fait penser à Jean-Pierre Jeunet). Le scénario se dilue ensuite dans des tentatives d’explications psychologiques plus ou moins hasardeuses. Pour conclure, la mise en scène est originale et intéressante, mais l’exposition et le montage confus.
Ode enchanteresse et diabolique à l’hypocrisie et au cynisme, avec ce talent spectaculaire de metteur en scène que l’on connaît à Xavier Giannoli. Le cinéaste use d’une féconde virtuosité dans le décryptage des situations et d’une forme d’anatomie de l’intérieur. Oui, il sonde les âmes et les cœurs, et sa galerie saisissante de personnages est toujours comme en flagrant délit des bassesses ordinaires, des médiocrités du quotidien, de la vile flagornerie. Les indécents journalistes et affamés critiques qui préfèrent leurs propres textes aux œuvres qu’ils évaluent, sont délicieusement croqués. Les costumes et époques changent, pas la profonde noirceur de l’âme humaine. A tout égard, l’excellent « Marguerite » pose les bases et sonne les prémices du chef d’œuvre des « Illusions perdues » (2021).
L’hilarité n’est pas démente, mais assez permanente. Car au-delà de la vaste blague, le pathétique et le poignant sont le fil conducteur d’une Marguerite qui nous éclate à coup sur les tympans mais nous fend légèrement le cœur. Pas de gag ultime donc, mais une finesse du trait de l’hilarité, une écriture évidemment et éminemment littéraire.
Le travail légitimement cesarisé, façon casserole phonique, de Catherine catastrophique Castafiore Frot, pour bien chanter faux (…) est d’une redoutable ampleur. Elle apporte sa passion de l’authenticité et un engagement total. Autour d’elle, une constellation de talents, tant Giannoli aime à magnifier ses muses. C’est un petit poème de jeu, un petit poème de film.
« Marguerite » de Xavier Giannoli (2015). Nous sommes en septembre 1920 et Marguerite Dumont (Catherine Frot), femme fortunée, est passionnée de musique et d’opéra. Depuis des années elle chante régulièrement devant ses amis mais « elle chante comme une grenouille » et personne ne le lui a jamais dit y compris son mari (André Marcon), un baron dont la fortune dépend de son épouse. Seul son majordome (Denis Mpunga) l’encourage, la vénère et la photographie. Elle chante pour des œuvres en faveur des orphelins de guerre… Mais voilà qu’elle se met en tête de se produire devant un vrai public à l’Opéra. Son professeur de chant Atos Pezzini / Divo (Michel Fau), un chanteur d'opéra sur le retour, voit dans cette affaire des avantages matériels et financiers non négligeables. Après moult leçons souvent cocasses, elle se sent prête mais le public sourira puis rira. Elle regarde alors son mari, continue de chanter puis se met à tousser et à cracher du sang. Hospitalisée, un médecin tentera de lui faire comprendre que… mais ! Il se décide alors à l’enregistrer pour qu’elle « se réveille » mais notre pauvre Marguerite de s’effondrer ! Pour ma part je regrette un peu l’histoire des jeunes dandy anarchisants qui se moquant d’elle l’utilisent pour son argent mais il est vrai que ce sont eux qui ont incité Marguerite à se produire devant un vrai public. Ce film qui s'inspire de la vie d’une riche américaine, Florence Foster Jenkins, est un psychodrame touchant et je ne suis pas certain que Marguerite soit dupe mais c’est sûrement sa façon de pouvoir exister. Ce film superbe en termes de décors, de costumes, de lumière… repose sur la remarquable prestation de Catherine Frot.
Que de moyens mis en œuvre pour produire un film aussi rasoir! On ne comprend pas totalement les motivations cyniques de ceux qui l'entourent (le journaliste et le type au monocle). Fau et Frot géniaux bien sûr.
L'histoire est inspirée d'un personnage réel, à dire vrai plus ou moins sympathique (une riche oisive et enfant gâtée). Giannoli s'exerce au film en costumes des années 20 (la fin de l'âge du muet au cinéma, suivez mon regard, et Chantons sous la pluie! Avec une telle voix de crécelle, pas étonnant qu'il pleuve…) qui préfigure ce qui sera la grande réussite des Illusions perdues, mais en moins abouti. Pas facile d'ailleurs de chanter avec assurance aussi faux. C. Frot a relevé un beau défi, d'un personnage ambigu, volontaire mais exaspérante, et aussi fragile parce que artificielle. Le scénario n'a pas réussi à tirer une dramaturgie puissante de cette situation, mais le résultat est plaisant à regarder. DVD avril 2022
Très grosse déception. Catherine Frot, que j'apprécie beaucoup habituellement, ne parvient pas à sauver un scénario fade. Le film est beaucoup trop long au regard de son intrigue inexistante. Les commentaires positifs de la presse sont très décalés par rapport à la réalité du scénario et les 4 césars - étonnamment - ne font que masquer un film sans grand intérêt. On oserait presque penser que les commentateurs ont fait avec ce film ce que les personnages ont fait avec Marguerite: maintenir l'illusion d'un film réussi au détriment de la sincérité vis-à-vis du spectateur.
On vient de voir un film et avant toute analyse on éprouve des sentiments avant d'avoir des idées. On éprouve des sentiments peut être parce on s'est identifié avec des personnages, mais aussi de façon plus caché, plus mystérieuse, parce qu'on a ressenti comme une emprise sur sa propre vie affective l'univers du réalisateur, sa façon de voir, d'aimer et de rejeter. C'est ainsi que "Marguerite" m'a laissé un mauvais sentiment, un sentiment désagréable.
En 2015, Xavier Giannoli signe une comédie dramatique assez ennuyeuse en raison d’un scénario linéaire sans grand rebondissement. Pourtant, le point de départ est alléchant. Dans les années 1920, une bourgeoise aisée (l’excellente Catherine Frot, qui obtient le César de la meilleure actrice pour son rôle) décide de chanter à l’Opéra alors qu’elle ne possède aucun talent. Parmi son entourage, personne n’ose lui dire la vérité. A partir de là, l'histoire tourne en rond avec une œuvre dans laquelle le cynisme prend le pas sur l’humour. Bref, c’est répétitif et finalement irritant.
Inspiré de l’histoire vraie d’une héritière qui se voyait cantatrice alors qu'elle chante faux, un portrait de femme touchant et cruel, soutenu par une reconstitution d’époque soignée et porté par la presta bluffante de Catherine Frot.
« Marguerite » est un film oscillant entre comédie et psychodrame, inspiré d’une histoire vraie. Le jeu remarquable de Catherine Frot, tout autant que son charme, le jeu des seconds rôles, l'histoire qui alterne les moments drôles avec des instants plus émouvants, le scénario qui met en scène le mensonge collectif donnent une dimension tumultueuse et lumineuse à ce petit joyau cinématographique. « Marguerite » est donc une œuvre étonnante et cruelle par l'étendue de sa portée. Ce portrait d'une cantatrice fausse (le trait est d’ailleurs un peu trop forcé) et la mise en scène qu'elle suscite autour d'elle, entre hypocrisie, compassion et sarcasmes nous fascine pour, au final, nous faire tous frissonner.
Scenographiquement parlant, Marguerite est un très beau film où le son, les décors, les costumes et les prouesses d'acteurs sont esthétiquement très joli ! On est ébloui par cette belle mise en scène, cependant, le scénario pêche un peu avec un manque de dynamisme et d'intérêt pour le spectateur !
Film vraiment surévalué, scénario d'une pauvreté difficilement égalé. Après le comique de répétition voici le scénario de répétition. Il tiens sur une feuille a4 et est répèté durant 2h. Dommage car il y avait une matière de départ qui aurait pu être drôlement travaillé. À part ça on se retrouve prisonnier d'une folle bourgeoise qui ne voit qu'elle puisque bloqué dans son ego, trait commun de la bourgeoisie par ailleurs. Nous sommes coincé entre cette femme et son entourage bienveillant où pas qui va du début à la fin dans son sens comme si elle était une reine aussi bête que ses pieds. Bref film nul ou l'ennuie nous assomme de tout les côté. Seul le jeu d'actrice peut valoir d'être vu mais bon faut vraiment être fan. Bon courrage...
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5,0
Publiée le 7 juillet 2020
Plutôt que de donner trop de l'intrigue, je préférerais chanter les louanges de la panoplie d'éléments qui rendent ce film si mémorable. Il est joliment mis en scène et exécuté avec un engagement fidèle à l'époque et un ensemble d'acteurs habilement moulé pour soutenir la principale actrice Catherine Frot. J'ai été particulièrement impressionné par l'acteur congolais Denis Mpunga qui apporte un soutien aussi solide et fascinant en tant que majordome de Marguerite. Alors que le film dure longtemps 2 heures il est convaincant, intrigant, amusant, triste et suscitant la réflexion. Combien de films peuvent être décrits de cette façon ? Il y avait des moments où je riais et pleurais à la fois. Un résultat de la direction puissante de Xavier Giannoli et bien sûr la performance impeccable de Catherine Frot. Il y a une énorme dignité que l'actrice transmet dans le malheur et parfois un savoir calme qui est extrêmement attachant et ne fait pas de Marguerite une victime ridicule. Catherine Frot a une telle présence cinématographique et pourtant il y a parfois une grande immobilité dans sa performance. Et bien sûr il y a les pièces musicales corsées qui ancrent la structure et les thèmes du film. Il y a une majesté cinématographique et une puissance convaincante dans l'histoire et dans la durée globale du film. Simplement du cinéma comme moi je l'aime...
Et tu chantes, chantes chantes, c’est ta façon d’aimer. Marguerite est comtesse et organise des galas de bienfaisance pour les pauvres. Surtout, ça lui permet de chanter en public. Le problème, c’est qu’elle chante faux, affreusement faux. Personne ne sait comment le lui dire. Un jour, un dandy va lui proposer d’aller plus loin et de se produire sur une vraie scène. Ce qui frappe de prime abord c’est bien sûr cette voix et le jeu d’actrice qui l’accompagne. Catherine Frot est comme à son habitude excellente que ce soit dans l’incarnation du personnage ou dans la performance vocale. On se prend d’amitié pour cette chanteuse ratée ou cette originale réussie. Le climat du film alterne entre ambiance feutrée de salons et tension dramatique fiévreuse. C’est au fond une belle histoire d’amour : l’amour de l’art, l’amour clandestin, l’amour total, l’amour qui ne dit pas son nom, l’amour propre. Lumineux et intrigant !