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matt240490
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2,0
Publiée le 15 juillet 2016
Ce n'est qu'après quelques minutes que l'on réalise toute la dualité des choses : Love & Friendship dispose de très nombreuses qualités, mais se perd irrémédiablement dans sa complexité scénaristique. Côté bons points, il faudra mettre l'accent sur la présentation des personnages, savamment introduits par leur nom et leurs liens, hors champ. La musique, aussi, d'une rare beauté tant elle véhicule quelque chose de puissant et de juste, accompagne ses images du mieux qui soit. Mais les personnages sont si nombreux et le ciment qui les unit si vite rabiboché que le fil se perd rapidement. Et, en accéléré puisque chacun passe d'un lieu à un autre, sans élément temporel, la complexité est encore plus grande. Il faudra attendre la fin pour alors comprendre tout l'intérêt du récit de Jane Austen : toutes les pièces du puzzle s'assemblent, chacun trouve (ou perd) son compte, la morale est dévoilée. Dommage qu'il aura fallu passer par tant d'embûches pour apprécier cela...
La forme est séduisante : très bonne utilisation des décors (irlandais...) d'époque, costumes à l'unisson, musiques en situation, mise en scène élégante (par un Américain, W.W Stillman..), bons interprètes (Américains, Britanniques, Irlandais... et même un Australien - le tout à déguster, évidemment, dans la langue de Jane Austen !), cependant.... Bien plus qu'une affaire de sentiments (le titre : "Love & Friendship" est trompeur) cette étude de moeurs (sur l'impossibilité pour une dame bien née de la fin du 18e - en Angleterre, comme dans le reste de notre vieux continent - mais sans fortune personnelle, de rester veuve : question de simple survie !)/portrait de femme (de tête - "Lady Susan", experte par nécessité, autant sans doute que par nature, de la manipulation de ses contemporains, quand utiles à ses desseins) laisse un peu (voire beaucoup) sur sa faim le spectateur... La faute sans doute au manque de vigueur du récit, au parti pris trop théâtralisé (et même, pour être précis, trop classiquement théâtralisé)... La grande romancière anglaise a connu beaucoup mieux en fait d'adaptation cinématographique - celle-ci perd son sujet dans le détail. Pour, au global, d'assez nombreuses occasions d'étouffer (gracieusement, bien sûr..) un bâillement.
Il y avait longtemps qu'il n'y avait pas eu de sortie de film en costumes d'époques. Celui-ci est un ersatz de Liaisons Dangereuses. Les personnages sont plats, les dialogues insipides, l'action inexistante et le jeu des acteurs se passe de commentaire. Kate Beckinsale dans le rôle de la mondaine manipulatrice n'est pas crédible un seul instant. L'idée était bonne, la présentation des personnages par des inscriptions empreintent d'humour, originale, les décors et les costumes de bonne facture, mais cela ne compense en rien la vacuité du reste.
L'idée que le réalisateur du déroutant Damsels in distress puisse adapter la prose souvent piquante de Jane Austen avait quelque chose d'intrigant.
Malheureusement, le résultat m'a plutôt déçu. La structure épistolaire du court texte d'Austen donne ici un scénario assez verbeux, construit d'une façon artificielle à grand coup d'ellipse.
On peine à voir l'ensemble de l'intrigue se dessiner d'une façon riche et convaincante, comme c'est habituellement le cas chez Austen. La mise en scène statique et empesée de Stillman contribue à plomber le film qui n'évite pas les plages d'ennui.
Restent au crédit de ce film froid la belle prestation de Kate Beckinsale en femme manipulatrice et dénuée de tout scrupule, et surtout le très beau personnage de l'idiot congénital joué par Tom Bennett, qui parvient à insuffler dans le film un peu de cette grâce lunaire qui faisait le charme de Damsels in distress.
"il est trop vieux pour être dirigé, trop jeune pour mourir", une phrase qui résume le film. La sublime Kate Beckinsale admirable en veuve cynique, diabolique et manipulatrice. Un rôle à contre-courant de ce qu'on est habitué à la voir interpréter. Quelques petits défauts dans le scénario qui saute certaines parties de l'histoire, mais la comédie fonctionne très bien. On ne rit pas, on sourit pendant tout le film. C'est vraiment rafraîchissant comme le ciel britannique. Petit conseil, à voir absolument en VO, sinon on perd tout le sel de la comédie. Et le charme de la divine Kate fait mouche, même si sa fraîcheur et sa beauté font croire qu'elle est trop jeune pour être une Lady Susan.
Beau film mais beaucoup trop lent à mon goût. Les acteurs jouent très bien (je n'en connaissais aucun avant de voir le film). À aller voir si on aime les costumes et décors d'époque.
Décevant pour tous les fans de films du genre. Film raté et ennuyeux, à la photo ingrate pour les acteurs dont la diction en VO laisse à désirer. Bref, on est loin de pride and prejudice.
Jane Austen a décrit mieux que quiconque l’Angleterre géorgienne au tournant du (XIXe) siècle, sa petite noblesse campagnarde, ses codes et la façon de les tourner. Whit Stillman s’est fait, lui, le portraitiste des bobos new-yorkais au tournant du (XXIe) siècle, de leurs égocentrismes, de leurs frustrations et de leurs aspirations. La rencontre de ces deux grands artistes était inéluctable. Ou pas.
On pourra se régaler de cette adaptation de « Lady Suzanne », une nouvelle méconnue de Jane Austen (il fallut attendre 2000 pour qu’elle soit traduite en français) dont on vantera à l’envi les dialogues ciselés, les personnages hauts en couleurs, la mise en scène rebondissante, les décors et les costumes impeccables. Ou pas.
Car je dois avouer, le rouge au front, avoir décroché au bout d’une demie-heure de cette histoire qui ne me parlait pas. Cette veuve sans scrupule qui se cherche un époux, pour sa fille et pour elle, au risque de troubler la quiétude des familles qui l’hébergent est trop manipulatrice pour être sympathique mais pas assez machiavélique pour être haïssable. Le rythme, sans être lent, est d’une uniformité qui produit l’ennui. Les dialogues, millimétriques, s’enchaînent à vive allure sur le même ton ironique. Une aussi courte nouvelle et un film aussi bref réussissent à mobiliser un si grand nombre de caractères qu’on finit par confondre Reginald, James et Charles et à se désintéresser du sort de Lady Susan et de sa fille.
Une adaptation de Jane Austen, d'accord, mais d'une de ses oeuvres de jeunesse inédite de son vivant. D'où un ton moins compassé et plus alerte que d'habitude dans ce Love & Friendship où la patte du metteur en scène de Barcelona, Whit Stillman, s'exprime pleinement. Lady Susan, au centre de toute l'intrigue, est une femme émancipée dont le teint porcelaine dissimule une âme de manipulatrice et séductrice qui joue avec les hommes avec une fourberie et une absence de scrupules sans limites. Il est vrai que les représentants du sexe masculin sont pour leur part des proie faciles, ingénus qu"ils sont voire totalement idiots. Love & Friendship respecte la tradition du film à costumes mais ce sont les dialogues qui dynamitent le genre : caustiques, brillants, cruels. Kate Beckinsale est somptueuse dans ce carrousel de l'amoralité, de la cupidité et de la féminité prédatrice comme moyens de survie. Où quand l'hypocrisie aussi sereinement assumée devient un spectacle d'une intelligence rouée au sein de cette foire aux vanités.
Cinéaste rare, Whit Stillman retrouve Kate Beckinsale et Chloë Sevigny (après "Les derniers jours du disco") pour une adaptation d'une nouvelle de Jane Austen. Loin du débordement de grands sentiments habituel concernant les adaptations d'Austen, on se retrouve ici plutôt du côté de la comédie de mœurs et de la satire. Dépeignant le parcours de Lady Susan, veuve désargentée prête à toutes les manigances pour se mettre à l'abri du besoin (y compris marier sa fille avec un parfait idiot, personnage tout à fait comique interprété avec candeur par Tom Bennett), ''Love & Friendship'' nous plonge dans la haute société anglaise du XIXème siècle, avec ses intrigues, menées par les femmes face à des maris matérialistes, suiveurs ou naïfs. Stillman filme ces manigances avec style et beaucoup d'humour, donnant à Kate Beckinsale un rôle mémorable, son meilleur depuis bien des années. En manipulatrice pleine de mauvaise foi (elle est capable de s'offusquer qu'un de ses prétendants lise son courrier, un courrier qui révèle son infidélité !) trouvant toujours le moyen d'arriver à ses fins avec classe et élégance, l'actrice est tout à fait impeccable et un joli casting vient l'entourer pour un film qui se savoure comme une gourmandise, jamais vulgaire et croquant à merveille la société qu'il dépeint.
L'indulgence avec laquelle la critique considère Whit Stillman est un mystère sur lequel je ne m'interroge même plus. Mais si, vous savez, l'auteur des désastreux et prétentieux "derniers jours du disco" et "demoiselles en détresse". Bon heureusement, ici, il peut s'appuyer sur la valeur sûre Jane Austen, donc la charpente tient la route et les dialogues ne tournent pas à vide, pour une fois... Mais que c'est plat...que c'est laborieux...que c'est terne. Kate Beckinsale héroïne de Jane Austen, sérieusement...? Keira Knightley et Emma Thompson peuvent dormir tranquilles sur leurs lauriers. Quelques répliques nous arrachent un sourire, mais elles se trouvent déjà dans le roman. Seule vraie bonne idée, avoir repris la subtile et trop rare (à mon goût) Chloë Sevigny - qui ne sauve pas le bateau du naufrage à elle toute seule mais qui illumine un peu la grisaille ambiante par son jeu très fin et son physique atypique.
Un mot pour qualifier cette Mme Susan Vernon, qu’on a beaucoup de mal à appeler « lady » : sordide. Succube diabolique, égoïste, cruelle et d’un cynisme sans fond, qui n’ouvre la bouche que pour énoncer des mensonges et distiller son venin manipulateur. Un seul but : dénicher pour sa fille, et pour elle, un mari nanti (très) et maniable (très), avec une vision extrêmement précise du type de poisson qu’il faut éviter de pêcher : « Trop vieux pour être malléable, et trop jeune pour mourir. » Kate Beckinsale la campe parfaitement. Mise en scène classique pour un roman tout aussi classique mais aux dialogues toujours savoureux, avec quelques personnages succulents, tel James Martin, potentiel « candidat », aussi riche (of course) qu’il est d’une bêtise à pleurer, de rire.
Dialogues nourris dans un anglais superbe. Interprétation au delà de l'excellence. Sorte de marivaudage cynique dans L'Angleterre de la fin XVIIIEME. Superbe.
Pas facile...je ne sais si c'est parce que je sortais de ma séance de sport mais j'ai sombré dans les bras de Morphée pendant les 10/15 premières minutes...zzz C'est parti en dialogue ininterrompu, alambiqué, je n'ai pas tenu le coup. Je le suis réveillé avec des rires sur les répliques d'un des personnages, qui est d'une naïveté et d'une bêtise prêtant à rire effectivement. Pr le reste, je dois reconnaître que je me suis bien ennuyé et pourtant j'ai l'habitude d'être bon public. Film d'époque avec de belles robes bouffantes, un beau décor, mais l'intrigue, les personnages, le fond, la forme, même si bien réalisé, dirigé et joué, tout cela ne m'a rien évoqué, je le suis tout simplement ennuyé et j'en suis bien désolé. Pour autant, c'est une question d'affect perso, je vous souhaite d'apprécier tout de même.