Les Délices de Tokyo
Note moyenne
4,0
4868 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

167 critiques spectateurs

5
29 critiques
4
82 critiques
3
40 critiques
2
13 critiques
1
3 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Extremagic
Extremagic

80 abonnés 484 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2016
De Kawase je n'avais vu que Still the Water sur lequel j'étais resté mitigé, sûrement en le revoyant je l'apprécierai d'autant plus mais ce Délices de Tokyo (quel traduction pourrie tellement ça suinte la naïveté) c'est vraiment de la frappe. Bon évidemment j'adore le Japon, j'adore les sakuras, j'adore la bouffe japonaise alors forcément je suis servi. Mais alors je tiens à la dire tout de même que ça va bien au-delà de ça. Déjà j'aime l'approche stylistique de Kawase concernant l'attribution du style documentaire à la fiction, de se montrer très intimiste, avec des silences, un certain didactisme, des gros plans sur les personnages en train de faire leur quotidien. J'adore ! Et puis ensuite c'est aussi une manière de filmer la nature, pas aussi bien que d'autres certes, elle se débrouille mieux avec ses personnages, mais s'en dégage un certain charme tout de même et puis elle sait choisir ses lieux. Du coup on a des personnages attachants, qui évoluent, avec de simples conflits et c'est beau, c'est vrai, c'est sincère. Maintenant le film ne se limite pas qu'à ça, ici on a une réelle philosophie qui s'en dégage et j'adhère à celle-ci à 200%, il y a plein de phrases magnifiques dans le film. Déjà au niveau de la nourriture, de la cuisine. Je l'ai toujours revendiqué comme tel mais bien que les frenchies soient très fier de leur réputation culinaire (à juste titre) ce qui n'en fait pas un art comme au Japon c'est qu'on ne prend en compte que la présentation et la qualité gustative, or au Japon c'est aussi la manière de faire et de manger qui importe et s'accompagne d'une réelle philosophie, et ici ça transparait très bien. Et puis c'est un film sur le lègue, sur la transmission, sur la tradition, loin du pitoyable modernisme occidental. Disons que le film traite de différents sujets comme ceux-ci, pareil pour la conversation avec la nature, le poids du destin, c'est pas donné à tout le monde de comprendre ça, il s'agit de ne pas avoir oublié qui nous sommes. Pour les scènes marquantes je dirais qu'elles le sont toutes, mais vraiment j'ai failli fondre en larmes lorsqu'ils viennent voir la grand-mère et qu'elle leur offre à manger et que le type se met à pleurer. C'est tellement beau, c'est tellement fort, en plus ce personnage est magnifique, l'acteur est excellent il arrive vraiment à faire transparaître la tristesse de son âme à l'écran. J'ai la larme à l'oeil rien que d'y penser. Et si je dois faire une seule remarque au film, je lui reprocherais de ne pas savoir se finir, ça dure beaucoup trop longtemps sur la fin, on avait pas besoin de tout ça bien que ce soit beau et émouvant, on avait pas besoin de savoir d'où venait ce type, des messages laissés par la grand-mère, parce qu'on savait déjà tout ça, je veux dire c'était montré, ça transparaissait à travers les personnages et on avait pas besoin de nous l'expliquer. Aussi je dois souligner que c'est triste parce que c'est beau et c'est pas larmoyant, on évacue tout le pathos, on met pas de la musique bien lourde, ici ça se fait dans le silence, dans la sobriété et c'est forcément plus intense, nombre de médiocres faiseurs de films devraient en prendre de la graine, s'ils en sont capables. Après même si toute la dernière partie était de trop on peut clairement dire qu'elle est belle, et qu'elle sait relancer son intrigue de manière pertinente et jamais abusive. Du coup ça en fait un excellent film, un drame aux antipodes de toutes ces étrons indigestes à oscars qui veulent à tout pris nous faire chouiner.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2016
Dans Les délices de Tokyo, Naomi Kawase reste fidèle à ses thèmes favoris : le lien avec la nature et la tendresse pour les marginaux, mais cette fois-ci dans un cadre urbain et avec la volonté de toucher un public plus large, ce qui n'est pas un crime étant donné l'hermétisme de certains de ses films précédents qui en bridait l'émotion. La cuisine est ici le symbole du partage, de l'acceptation de l'autre, et de la transmission entre les générations. Le film ouvre l'appétit avec la conception des Dorayakis, ces macarons fourrés de haricots rouges confits. Mais ces ingrédients ne sont que là que pour porter le message de la réalisatrice qui, en creux, et avec subtilité, témoigne d'une société qui accepte mal que l'on ne suive pas les chemins de la "normalité." Si mélodrame il y a, dans la grande tradition du cinéma japonais, il est raffiné et sans ostentation, nappé dans une histoire à la musicalité contemplative, douce et narquoise. Loin des excès d'un festin pantagruélique, Les délices de Tokyo se savourent bouchée après bouchée pour en saisir toutes les nuances gustatives.
Christophe L
Christophe L

35 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 janvier 2016
Naomi Kawase s’attache ici à rendre palpable la beauté de notre monde, dans sa simplicité, dans ses manifestations en apparence les plus insignifiantes, les plus fragiles, et pourtant si essentielles (un sel d’une île tropical, exposé aux rayons de la Lune, aura une saveur différente d’un autre sel). Elle joue à la fois sur notre vue, grâce à une caméra caressante, sensible aux moindres palpitations de la vie, et sur notre ouïe, fondant harmonieusement le bruissement soyeux des fleurs de cerisiers, les pépiements d’un canaris avide de liberté ou le frémissement de haricots rouges en train de confire lentement dans une bassine de cuivre. « La marque constante de la sagesse est de voir le miraculeux dans le banal » relevait Ralph Waldo Emerson dans Nature. En ce sens, ce nouvel opus de la réalisatrice japonaise est d’une profonde sagesse et illustre parfaitement la philosophie de son héroïne, Tokue : « Nous sommes nés pour regarder et écouter ce monde », dit-elle au seuil de la mort.

La cuisine se fait ici leçon de vie. Elle est à la fois synonyme de respect – pour les produits utilisés, dont il convient de se représenter le parcours, du champ à l’assiette, pour en obtenir le meilleur – et d’attitude face au destin. « Et même si nous n’avons pas réussi notre vie, nous pouvons trouver un sens à notre existence », relève Tokue. La réalisation de la pâte An à donner une raison d’être à cette femme reléguée au début de l’adolescence dans une léproserie, au cœur de la forêt – d’ailleurs, ce milieu où elle a grandi et vécu n’est sans doute pas pour rien dans son approche transcendantaliste du monde.

L’auteur de Still the water propose également un éloge de la marginalité, qu’elle oppose à la fade standardisation de notre société. Les deux héros sont des proscrits. Pour autant, ils vont s’élever mutuellement et, en dépit de leurs difformités (physiques pour l’une, morales pour l’autre), parviendront à l’excellence. Une excellence cependant empreinte d’humilité, non pas d’arrogance, les deux allant souvent de pair, aujourd’hui…

Comme dans tous les films de Kawase, l’histoire se déploie selon un rythme apaisé, même si en arrière-plan, à l’occasion de brefs inserts (des trains lancés à pleine vitesse dans un décor urbain impersonnel), la cinéaste nous rappelle l’agitation un peu vaine d’une époque semblant impatiente de se consumer. Cette mesure est à l’image de la cuisine de Tokue. Et l’on peut affirmer que Les délices de Tokyo sont au frénétisme dominant du cinéma contemporain, industriel tout autant que formaté, ce que la recette de la pâte An est au fast-food : un mets délicat et raffiné, propre à ravir le gourmet-cinéphile.
ER  9395
ER 9395

112 abonnés 1 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 février 2016
Une leçon de vie à travers une recette de cuisine , voila qui est original , mais le récit va surtout nous montrer 2 êtres marqués par les difficultés de leur propres existences et qui vont se réunir et se retrouver autour de cette fameuse recette des dorayakis .
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 janvier 2016
Un film touchant et intelligent, belle réflexion du relationnel entre génération, du temps qui passe et de la marginalisation intempestive.

http://www.justfocus.fr/cinema/critique-les-delices-de-tokyo-de-naomi-kawase.html
islander29

1 028 abonnés 2 664 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 janvier 2016
Kawase,une réalisatrice (.) qui confirme film après film.....Là elle choisit de parler d'une relation entre une vieille femme et un homme restaurateur de dorayaki ( sortes de pancake fourrés).....C'est un film d'amour, amour de la cuisine (quelle passion autour des haricots rouges, quel savoir faire partagé), amour de la nature, l'émerveillement est mélodieux voir merveilleux, amour des gens ( une relation va naitre, subtile, et que la réalisatrice explique en fin de film)....Les seconds rôles sont très intéressants (les lycéennes) Autant le dire on est dans la délicatesse, la tristesse parfois, et règne une profonde mélancolie (presque trop) dans les dialogues......Il y a même un passage trop excessif à mon gout où l'on est dans le "larmoyant"....Le temps expliquera les actes de chacun, il y a de la philosophie naturaliste et des sentiments subtils qui ne pourront qu'enrichir le spectateur.....UN film qui se voit autant qu'il s'écoute......J'ai beaucoup aimé
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 28 janvier 2016
Mme Naomi Kawase m'avait plutôt charmé avec son dernier film: Still the Water (2014), cette fois-ci on change un peu de milieu et on se concentre principalement sur les dorayakis et la petite vie bien triste de nos trois personnages.
Le film est lent mais très apaisant, la mise en scène reste simple mais plus que correcte, certains plans sont très beaux et les acteurs sont très bien. Seulement voilà, je ne me suis pas attaché aux personnages et en particulier à la vieille folle qui en a certainement fait pleurer plus d'un. Je n'ai pas non plus accroché à leur histoire (commune ou respective) mais ça ne m'empêchera pas de vous le recommander si vous rechercher des films apaisants et un peu poétique.
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 janvier 2016
On a déjà pu voir "Tampopo", cette comédie autour des ramens (soupe de nouilles) et voilà "Les délices de Tokyo", un drame autour des dorayakis, ces petits gâteaux constitués d'une pâte de haricots rouges coincée entre deux tranches de pancakes. Evidemment, toute l'histoire ne tourne pas autour de ce délice culinaire. Naomi Kawase s'en sert de base pour présenter ses personnages aux caractères et à la vie remplis de fêlures. La force des "Délices de Tokyo" vient indubitablement de l'intensité émotionnelle qui s'en dégage, parfaitement véhiculée par la réalisation et le jeu sublime des acteurs. Il suffit au spectateur de se laisser porter par l'intrigue, finalement assez classique, et s'ouvrir aux émotions et à l'ambiance. C'est d'autant plus touchant que Naomi Kawase n'en fait pas des tonnes et pose son propos avec finesse et subtilité. De plus, d'un point de vue visuel, le film recèle de merveilles grâce à une photographie lêchée mettant parfaitement en valeur son décor (Les cerisiers japonais par exemple). A déguster sans modération.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 janvier 2016
Vous connaissez les dorayakis…moi je ne connaissais pas mais après les près de deux heures des Délices de Tokyo de Naomi Kawase, leur fabrication n’a plus de secret, reste à en connaitre la saveur…on passe de longs moments, la tête penchée sur la marmite à surveiller les haricots rouges en train de confire…tartinés entre deux sortes de pancake, cela donne les fameux dorayakis dont semblent raffoler les collégiennes…Cela pourrait être un peu lassant si ne venait s’y greffer une rencontre entre deux êtres que tout sépare…Sentaro, jeune cuisinier tient la petite boutique en gérance et ne vend que ces fameux dorayakis, il le fait sans grande passion et promène son regard triste sur le voisinage…insensible à la splendeur des cerisiers en fleurs qui l’entourent…il cherche un aide et se présente alors une vieille femme Tokue, 76 ans qui rêve de faire ce travail…Sentaro refuse mais finit par être convaincu quand Tokue lui fait goûter les haricots rouges confits de sa fabrication qui n’ont rien à voir avec la fabrication industrielle qu’il utilisait jusqu’à présent…entre le jeune cuisinier et la vieille dame s’instaure une complicité qui nait au dessus des casseroles et nous ne perdons aucun moment de la fabrication de nos dorayakis…sous le regard d’une jeune collégienne un peu fugueuse qui aimerait bien elle aussi gagner un peu d’argent en participant à leur fabrication comme une passerelle vers le futur…Petit à petit Santéro retrouve le goût du bon et du beau, comme si la vieille dame lui ouvrait un chemin vers la grâce en l’invitant à écouter ce que racontent les haricots rouges ou les feuilles de cerisiers …Malheureusement chacun porte un passé douloureux plus ou moins lourd à porter et qui sonnera le glas de leur association… C’est finalement un film d’une infinie douceur, qui aborde avec légèreté et justesse, le thème de la transmission entre générations tout en revenant subtilement sur certains traumatismes de la société japonaise…
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 janvier 2016
Chaque matin, c’est le cœur lourd que Sentaro part confectionner ses petits dorayakis, spécialités japonaises à base de haricots rouges sucrés et confits dans la boutique dont il est le gérant. Cet homme triste, qui n’a goût à rien et n’attend rien de la vie passe son temps à écouter un petit groupe de collégiennes, habituées du lieu, gazouiller avant de filer en cours. Alors que les affaires ne sont pas florissantes, contrairement aux cerisiers alentours, une vieille femme, Tokue, se présente en lui demandant s’il accepterait de l’embaucher pour réaliser ses dorayakis. Sentaro se montrant clairement réticent à embaucher une femme aussi âgée, cette dernière décide de lui faire goûter sa recette de haricots rouges confits, peaufinée durant des dizaines d’années…

Avant d’aller voir ce film, je me suis demandée comment il était possible de conter une merveilleuse histoire autour de quelques kilos de haricots rouges ! Le résultat a dépassé mes espérances. Les personnages sont très touchants, le film, d’une grande simplicité, se plaît à nous rappeler à quel point il est important de profiter de ce que la vie nous offre, de contempler la beauté qui nous entoure, de saisir les opportunités qui nous sont données avant qu’il ne soit trop tard… Une magnifique recette, qu’on se plaît à déguster pendant près de deux heures. Un film à voir, absolument !
Dkc
Dkc

26 abonnés 133 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 février 2016
On a bien compris le gentil propos du film. Mais pourquoi le livrer de façon si pesante ? Redondante ? Naïve ? Lente ? Appuyée ? En un mot fatiguante ...
HGW XX/7
HGW XX/7

12 abonnés 88 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2016
Un film plutôt contemplatif (belles images, scènes longues), c'est sympa mais c'est aussi une belle histoire (Je n'ai pas dis un conte de fées non plus).

Après ça, tu kiffes les mamies japonaises et tu rêves de manger des pâtisseries dont tu ignorais totalement l'existence avant d'entrer dans la salle.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2016
L’histoire d’une amitié entre une vieille femme qui après avoir purgé des années d’enfermement pour une maladie aujourd’hui reconnue et un jeune cuisinier à qui elle va confier son secret de fabrique. C’est une passation des plus poétiques, même si la méchanceté quotidienne va peu à peu jeter son venin et distiller une rumeur tout aussi méchante. Naomi Kawase n’en fait pas des tonnes pour évoquer cette exclusion qui nous ramène aussi bien aux premières années du Sida qu’aux conséquences dramatiques d’Hiroshima. Ce n’est même pas suggéré mais le ton est si subtil, d’une si grande finesse que le propos va bien au-delà des mots qu’il prononce.
Pour en savoir plus
Jerome Barbe Fontaine
Jerome Barbe Fontaine

22 abonnés 24 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 août 2016
Belle fable pleine de subtilités. Une photographie pleine de tendresse. La douceur de ce film n'a d'égal que la dureté du sujet qu'il affronte.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 décembre 2016
Très beau film japonais sur le respect des autres, qu'ils soient jeunes ou âgés, sur leur vécu et sur la transmission de leur savoir. Une réalisation sensible et délicate qui ne poussera jamais les personnages à se poser directement les questions dérangeantes. Quelques longueurs à la fin, rien de bien handicapants. Indispensable !
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse