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AdriBrody
19 abonnés
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3,0
Publiée le 11 décembre 2023
Les films français des années 70 ont généralement un point commun qui a malheureusement mal vieilli, un rythme lent et des scènes qui s'étirent. Ici, on n'échappe pas à la règle avec de longs moments qui flottent presque à la limite de longueurs ennuyantes, je pense notamment à la scène du braquage qui est diablement longue d'autant plus qu'elle s'effectue dans un grand silence ce qui la rend encore plus longue. Il suffit d'un tout petit bruit, d'un tout petit mouvement hors du film pour qu'on ne soit plus dedans. Cela ne tient qu'à un fil. Bourvil et Delon sont tous deux bons, rien à dire, Montand aussi par ailleurs. L'histoire est intéressante mais le rythme plombe vraiment tout.
Il s’agit de la première phrase du film et c’est la seule qui sera prononcée durant près de 7 minutes, dans une scène de départ en train où l’on suit le commissaire Mattei (André Bourvil, le nom complet crédité au générique est d’importance) au bras duquel est menotté Vogel (Gian Maria Volonte). Dès ces premières minutes, on devine toute la palette visuelle et technique de Jean-Pierre Melville : jeu d’ombres dans la voiture qui amène les deux personnages à la gare, jeu de lumière sur les parois des wagons, travelling arrière aérien sur le train qui démarre, silence des deux acteurs dont les gestes lents et machinaux ainsi que les mimiques presque imperceptibles donnent le ton du réalisme.
Il faut ainsi attendre la seconde scène, mettant aux prises un gardien de prison et le détenu Corey (Alain Delon), pour, après un lent travelling avant et un cadrage décentré, qu’apparaisse un vrai dialogue. Les deux scènes en intérieur sombre donnent le ton et sont suivies des deux histoires en parallèle, la traque du fugitif et le retour à la vie civile du détenu, en longues scènes alternées, aux dialogues rares ou couverts par les bruits. La musique vient parfois relever l’action.
Enfin, après une quarantaine de minutes, l’histoire proprement dite peut commencer, comme si ce début était un résumé des épisodes précédents, dévoilant deux nouveaux personnages : le patron de boîte Santi (François Périer) et l’ex-flic Jansen (Yves Montand, exceptionnel). Le couple Vogel/Corey est interprété avec une rare précision par Volonte et Delon, comme une sorte de rédemption humaine dans un océan de noirceur.
A rebours du cinéma français traditionnel où les dialogues sont essentiels, Melville ne réalise pas du théâtre filmé, il fait du cinéma, racontant une histoire en mouvements, et c’est à travers ceux-ci et les images que se découvre la psychologie des personnages, sombres mais aussi attachants. Certaines scènes (celle du casse notamment, interminable, angoissante et d’anthologie) sont d’ailleurs dignes du cinéma muet. Ainsi, à travers le climat de ce Cercle Rouge et quelques-unes des scènes, on comprend pourquoi et comment Melville a pu influencer toute la génération des Hollywood Brats et, plus près de nous encore, les réalisateurs·trices qui s’en sont inspiré·es à leur tour.
Notons enfin la cohérence de l’ensemble et la vraisemblance jusque dans le plus petit détail, ce qui accroît encore le réalisme de ce chef d’oeuvre.
Un bon film, certainement ; un grand film, je ne sais pas. Les acteurs sont absolument impeccables, Delon et Montand plus sobres que d'ordinaire (et ça leur va bien), Gian Maria Volonté impeccable et surtout André Bourvil (puisqu'ainsi était-il crédité) absolument époustouflant dans un rôle dramatique où affleure cependant sans cesse (et quel magnifique ajout) la fantaisie du grand comédien. La technique est également remarquable, certaines scènes, notamment dans la première partie du film, autour de l'évasion d'un des protagonistes, sont d'une ciselure incroyable (le bruit du train qui rythme la scène du wagon-lit !). L'intrigue néanmoins, sans être absolument nulle, semble par moments naïve et par d'autre poussive - la moralité du film enfin semble niaise dans son pessimisme. A voir évidemment, sans en attendre, je crois, une révolution mentale.
Un bon polar franchouillard à l'ancienne. Un casting de rêve avec un Bourvil à contre-emploi mais impeccable malgré la maladie qui devait l'emporter peu de temps après le tournage...
Un film policier froid, silencieux et sans aucun humour, qui est donc peu attachant, malgré la présence de Bourvil, Delon et Montand, et ses qualités techniques et scénaristiques.
Chef-d'oeuvre du polar français signé le maître Melville . Une enquete de haut vol . Porté par super casting . Bourvil dans un de ses derniers rôle joue à contre emploi et ça lui va à merveille. Delon fidèle à lui même, Gianni Maria Volonte que j'avais vu dans l'attentat et très bon dans le rôle du traqué. Yves Montand ancien flic alcoolique est sublime ( le passage de la crise de delerium avec les serpents ...) est top . Bref du grand cinéma
Voilà un excellent polar ou tout est parfaitement ciselé, le scénario, les décors, les acteurs et le pitch final. Juste un détail m'a chiffonné : spoiler: comment Vogel apprends t-il que le receleur n'est autre qu'un policier.
A voir par tous, sont exempté ceux qui n'aiment pas la spoiler: [spoiler]police, et surto[/spoiler]ut quand elle gagne!
Bourvil aurait pu être un peu moins crispé.. On le sent mal à l'aise dans ce rôle dramatique. Le film est encore un exploit de Melville. Une tension sous silence qui se déploie tout au long du film. Une force tranquille..
Revoir Le cercle rouge sur grand écran et dans une salle bourrée à craquer (Festival de La Rochelle 2022) est synonyme de beaucoup de plaisir mas aussi un peu d'envie vis-à-vis des spectateurs qui découvrent le film de Melville pour la première fois. C'est admirer la mécanique de précision du scénario, nonobstant la présence de coïncidences bien pratiques mais judicieuses et s'extasier devant la célèbre scène du casse silencieux. C'est s'esbaudir devant la qualité de l'interprétation ,à commencer par celle de Delon, et s'émouvoir de la prestation d'un Bourvil amaigri, qui mourra un mois après la fin du tournage et dont le rôle était de prime abord destiné à Lino Ventura. C'est avoir sous les yeux l'un des grands classiques du cinéma français, ni plus, ni moins.
Jean Pierre Melville est au sommet de son art pour "Le Cercle Rouge", un polar d'une grande force faisant un bel hommage aux films noirs des années 50. Melville met ce qu'il aime le plus dans ce film et ce qu'il aime le plus reste le cinéma américain. En effet, on y retrouve plusieurs gangsters se donnant rendez-vous dans des clubs de Jazz où de superbes filles dansent. Le réalisateur nous concocte vraiment une mise en scène aux petits oignons, la scène du cambriolage est vraiment millimétrée. De plus, le casting est d'enfer avec Alain Delon en star principal mais aussi Gian Maria Volonté, Yves Montand et Bourvil. Ce dernier est dans la peau d'un flic, une surprise pour un acteur qu'on a l'habitude de voir dans des rôles comiques." Le Cercle Rouge" est selon moi le plus beau film de Jean Pierre Melville, il est arrivé à la quintessence de son cinéma.
Film policier très marquant avec un casting exceptionnel Alain Delon, Bourvil, Gian Maria Volontè et Yves Montand. Melville nous conduit dans une ambiance de gangsters avec une histoire de vols trés bien orchestrée. Le jeu d'acteurs est froid mais de grande qualité et la réalisation est d'une grande réussite. A voir absolument.
Le cinéma de Melville vieillit mal malheureusement : sa réalisation très stylisée anéantit tout suspense et toute émotion. Le rythme est d'une lenteur qui confine à l'ennui. Les dialogues sont indigents et le message de l'homme toujours coupable très raccourci. A la fois certaines sont très précises et à la fois le scénario est elliptique et complètement invraisemblable. Reste une direction artistique superbe et le plaisir de voir de grands acteurs à l'œuvre : Delon et Bourvil en tête.
Un thriller qui se démarque par son atmosphère sobre, les silences, les jeux de regards et son esthétique pure. Ces aspects culminent dans la scène du braquage qui parvient à tenir le spectateur en haleine pendant vingt minutes... sans aucune musique ni dialogues! Cette sobriété dans la mise en scène me plaît beaucoup. Certaines thématiques plus philosophiques sont soulevées; le film traite notamment du rapport de la société sur l'homme, que l'on devine très négatif selon Melville. Cette réflexion manque de clarté ou de consistance selon moi mais le film n'en perd rien pour autant.
Avant dernier film de Jean-Pierre Melville, jamais vu. Un casting prestigieux et avant-dernier film de Bourvil, décédé juste avant la sortie du film en 1970. Il prouve ici qu’il était aussi un grand acteur dramatique. Voilà donc un pur polar, lent et cérébral, qui privilégie les rapports entre les protagonistes plutôt que les scènes d’action. C’est sombre, il y a un bon suspens, on ne s’ennuie pas une minute. Le genre de film qu’on ne voit plus vraiment aujourd’hui.