Le Cercle Rouge
Note moyenne
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279 critiques spectateurs

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CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 111 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 août 2026
Trois hommes qui s'ignorent, trois routes qui se cherchent, et déjà, au sol, le cercle rouge que Melville a tracé pour eux. Ils n'y entreront que pour y mourir ensemble. Le suspense s'évapore dès l'ouverture. Ce feu rouge grillé par la voiture de police, ces deux silhouettes qui montent en silence dans le compartiment sans qu'on sache laquelle porte les menottes : le récit prend aussitôt la forme d'une cérémonie dont la fin est écrite d'avance. Force melvillienne, évidemment, que de tout dire sans un mot, mais c'est de là aussi que vient la limite du film. Comme souvent avec Melville, flic et truand y obéissent au même code, la même rigueur d'artisan pour braquer une bijouterie que pour la traquer, jusqu'à cette sentence qui referme tout. Tous les hommes sont coupables. Aucun n'est tout à fait un héros, aucun tout à fait un monstre : ce sont des fonctions que des hommes occupent un temps, et qu'on remplacerait sans que la machine ralentisse.

La solitude y va jusqu'à l'os, et si aucune femme n'existe vraiment dans ce film, c'est selon moi une décision, pas un oubli. Il ne leur reste que le métier, les rituels et quelques bêtes pour famille (les chats du commissaire, les araignées de Jansen). Autour d'eux, l'honneur criminel part en morceaux, l'indic vend, la souricière se referme, et Melville filme l'enterrement de sa propre mythologie avec la mélancolie d'un vieux professionnel qui sait que son monde ne lui survivra pas. La mise en scène est millimétrée jusqu'à l'obsession, et la tension monte sans qu'un seul plan hausse le ton. Henri Decaë lessive l'image dans une gamme de gris bleutés qu'aucune tache chaude ne viendra jamais réchauffer, malgré ce que promet le titre. Rues désertes, boue, neige, pluie, une ville vidée de sa vie. Tout les chemins mènent au cercle rouge. Un petit mot sur le casse de la bijouterie qui est pour moi le sommet du film. 25 minutes muettes et hypnotiques que je me rejoue malgré moi chaque fois que je traverse la place Vendôme.

On le sait, Melville dirigeait ses stars en tyran, exigeant d'elles un jeu réduit à presque rien, et toutes ne portaient pas cette contrainte avec la même aisance. Bourvil y est bluffant, l'increvable comique populaire transformé en commissaire taciturne. Quel pari ! Et savoir qu'il tournait en cachant sa maladie à l'équipe, tenant les prises à la morphine, mourant un mois avant la sortie, ajoute au film une gravité qu'il n'a jamais eu besoin de jouer. Gian Maria Volonté apporte le seul corps encore fébrile du film, une animalité que les trois autres ont désapprise. Alain Delon reste derrière son masque, opaque au point qu'on peine à s'y attacher, même si l'on devine dessous la fatigue d'un homme qui a déjà tout compris. Preuve, malgré tout, qu'un grand acteur n'a pas besoin d'une seule réplique pour occuper le cadre. Yves Montand est aussi bouleversant : son delirium tremens bâtit le personnage entier avant le premier mot, et son refus de toucher sa part (seul geste de rédemption du film) le laisse dans le jeu au lieu de l'en sortir et condamne le trio. Une ironie parfaitement melvillienne.

J'aime Melville d'un amour patient : sa lenteur, ces atmosphères qu'il fait lever d'un simple cadre et d'un silence tenu. Mais ici, si le cocktail opère encore, l'écriture, elle, a déserté. Une intrigue de trois lignes étirée sur deux heures, avant un dénouement liquidé en quelques secondes. J'attendais un affrontement mais Melville n'avait jamais promis qu'un verdict. Je connais son goût des histoires minces dilatées jusqu'à l'épure, mais Le Cercle rouge en est le cas le plus extrême, jusqu'à ce que les longueurs pèsent et que passer d'une scène à l'autre devienne un effort. La mise en scène est géniale, le scénario ne lui offre rien à sublimer : moins abouti que Le Samouraï ou L'Armée des ombres, et j'en espérais davantage.
Steeve mazzucotelli
Steeve mazzucotelli

51 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 22 avril 2026
Film qui a mal vieilli. L'histoire et la mise en scène sont banales, les dialogues et le jeu des acteurs sont un peu ringards. Montand est bon, mais malheureusement n'arrive que trop tard et son personnage pas assez développé. Delon surjoue un peu, et Bourvil est carrément mauvais dans ce film. Désolé pour les fans, mais ce rôle de vieux commissaire expérimenté ne lui va pas du tout. Quant à la fin, on la connaissait dès le début. Film sans grand intérêt.
Michael
Michael

30 abonnés 574 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 février 2026
Un polar bien noir, avec relativement peu de dialogues mais mené de main de maitre par Jean Pierre Melleville et avec une interprétation de haute volée menée par Alain Delon, Bourvil, et Yves Montand. Bourvil, déjà atteint par la maladie et tournant là son avant dernier film livre sans doute une de ses plus belles prestations, dans le rôle de ce flic solitaire proche des chats.
Rémi P.
Rémi P.

31 abonnés 49 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2026
Il est vrai qu'avec le temps, "Le Cercle Rouge" a perdu de sa vigueur d'antan. L'obsession formelle et la froideur de Melville ont tendance à fatiguer, et le scénario est trop peu rythmé pour qu'on y soit pleinement impliqué. Malgré cela, on reste toujours admiratif de la manière dont ce grand cinéaste a su importer les codes du film noir américain, et les transposer en France, pour créer son propre univers, qui aura tant d'influence par la suite sur des cinéastes comme Mann, ou Nolan plus récemment. La tension est constante, les dialogues sont tranchants, les personnages sont dangereux. Les interprètes sont excellents : Delon, Périer, Volonté (sous-exploité tout de même) mais surtout Bourvil et Yves Montand, tous deux magnifiques dans des rôles à contre-emploi, l'un en flic dur et mystérieux, l'autre en tireur d'élite alcoolique, ils portent le film de par leur charisme de professionnels implacables. Des scènes cultes spoiler: (le casse place Vendôme, la battue, le delirium tremens)
mais aussi quelques ratés spoiler: (pourquoi le final semble-t-il autant bâclé et décevant, là où on aurait pu avoir un grand affrontement ?)
, on suit avec fascination la rencontre de ces hommes dans "Le Cercle Rouge", qui, malgré certains défauts, est un grand polar français, un spectacle rare et unique en son genre. À lire l'excellent livre de Bernard Stora, qui était l'assistant-réalisateur de Melville sur le tournage...
Fombellinho
Fombellinho

31 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 janvier 2026
Policier gansgter classic shit, on sait ce qu’on vient voir, et on a ce qu’on attend. Rien de fou mais bien sympa. A l’époque ça devait être la folie ce film, aujourd’hui on se dit ok pas mal.
Ce que j’aime c’est cette ambiance planante. Faut pas etre pressé.
Nicolas L.
Nicolas L.

121 abonnés 2 097 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 décembre 2025
Polar à la française qui prend son temps — un luxe devenu rare au cinéma aujourd’hui. Mais un temps pleinement assumé et surtout utile, qui installe une ambiance dense et hypnotique. Peu de dialogues, une mise en scène épurée : tout passe par les regards, les silences et la tension.
Et quelles gueules de cinéma ! Bourvil à contre-emploi, Montand en flic alcoolique désabusé, Alain Delon moustachu et mutique. Un vrai plaisir de les voir évoluer et se répondre à l’écran.
Certes, le film peut parfois sembler un peu à la traîne, mais c’est du Melville pur jus… et pour ça, on lui pardonne volontiers.
Kouto
Kouto

32 abonnés 4 782 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 octobre 2025
Jean-Pierre Melville alors au sommet de son art livrait un troisième bijou avec « Le cercle rouge » narrant l’association de trois malfrats dans le but de dévaliser une bijouterie de luxe pour un butin substantiel. Une fois de plus le réalisateur épate par la minutie de sa mise en scène aussi précise qu’une horlogerie suisse. Fidèle à sa réputation, il parvient à faire du silence un instrument sentencieux d’un récit crépusculaire hanté par la figure de ses protagonistes incarnés à l’écran par une prestigieuse distribution au de laquelle on retrouve notamment Alain Delon, Bourvil ainsi qu’Yves Montand. Une pléiade de stars de l’époque associée à un cinéaste au firmament pour un long-métrage qu’on peut classer au panthéon du film noir.
Norbert Sautelles
Norbert Sautelles

22 abonnés 710 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 octobre 2025
Le cinéma de Jean-Pierre Melville est une pure abstraction. Tout est abstrait dans ce film. Tout est faut pourrions nous dire. Les décors. Les gabardines que portent les personnages. La moustache d'Alain Delon. Les cauchemars d'Yves Montand. L'absence de personnage féminin. Mais tout cela fonctionne. Car l'histoire est racontée par le comportement des personnages. Aucun dialogue explicatif ici. Ce sont les actes des personnages qui racontent l'histoire. Ainsi que le montage bien sûr. Pour suivre l'intrigue il faut regarder ce que font les personnages. Rien n'est indiqué par anticipation, rien n'est téléphoné.

Le film intrigue dans sa première moitié car il y a plusieurs sous-histoires : Gian Maria Volonté qui est transporté en train par Bourvil, Alain Delon qui sort de prison, et Yves Montand qui finira par rejoindre les autres pour faire un braquage.

Des gangsters, arrêtés, qui sortent de prison, un ex-flic, un commissaire, un ministre, le casse d'une bijouterie et des personnages qui vont vers leur destin : ce sont les ingrédients de ce film Noir. Et Bourvil restera avec ses chats. Nous pouvons trouver que le personnage d'Alain Delon se fait trop facilement piéger par le faut receleur, alors qu'il était doué pour une vigileance permanente jusqu'à maintenant. Mais il fallait qu'ils aillent vers leur destin.

Le film possède un coté hypnotique, grace à cette abstraction mécanique. Mais au détour d'une fin de séquence, une petit ligne de dialogue, "mais c'est toi", remplie d'humanité et de douceur, que dit Bourvil à Yves Montand la dernière fois qu'il le voit, que nous retiendront.
Peter Franckson
Peter Franckson

81 abonnés 1 362 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 octobre 2025
Même s’il ne s’agit pas du premier film de casse avec sa préparation minutieuse, dans la bijouterie Mauboussin de la place Vendôme à Paris [cf. « Quand la ville dort » (1950) de John Huston ou « Du rififi chez les hommes » (1955) de Jules Dassin], il n’en constitue pas moins un modèle du genre. C’est aussi un film sur la destinée humaine ( spoiler: cf. le titre, inventé par Jean-Pierre Melville et qu’il attribue à Bouddha
) où des hommes [ spoiler: Corey (Alain Delon, 35 ans), sorti de prison pour bonne conduite après 5 ans d’incarcération, Vogel (Gian-Maria Volonté, 37 ans), évadé du train qui le conduisait de Marseille à Paris, Jansen (Yves Montand, 49 ans), ancien flic, tireur d’élite, devenu alcoolique et l’inspecteur François Mattei (Bourvil, 53 ans et avant-dernier rôle avant son décès), probablement veuf, avec 3 chats
], malgré eux, vont vers leur destinée (symbolisée par le cercle rouge qui les réunit) souvent tragique. Film noir, d’une part, par les relations troubles entre police et indicateurs, et d’autre part, par la vision du directeur de la police judiciaire qui considère que « les hommes naissent innocents mais pour peu de temps, devenant ensuite tous coupables… ».
Pernille
Pernille

31 abonnés 262 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2025
Le mystère du texte d'introduction se révèle à la fin du film, mais comme dans d'autres films, il tient en peu de mots : du quatuor prestigieux d'acteurs, il ne faut pas espérer une scène commune. L'ambiance y est souvent particulière, propre à Melville. On retient et je l'ai fait moi même que le fait que ce soit un film de casse. Ce dernier remplit le film un bon moment, il est essentiel, mais il y a tant d'autres aspects. J'ai redécouvert le film dernièrement, et notamment des scènes à voir absolument, le tout début du film même avant le générique. J'ai été frappée par le rôle totalement à contre-emploi de deux acteurs, Bourvil, son avant-dernier et c'est d'autant plus émouvant. Un des rares films où son nom apparaît complet avec son prénom. C'était un grand acteur, on le voit souvent au fait de pouvoir avoir la capacité de tout tourner, des films comiques comme des films dramatiques. Mais il n'a pas pu s'en empêcher, à la toute fin du tournage, ce clin d'oeil, il s'est mis à chanter une des ses chansons célèbres, la tactique du gendarme ! L'autre acteur est Yves Montand jouant un homme fini, ancien flic, alcoolique qui va avoir un rôle essentiel dans le casse. Delon fait du Delon, ce n'est pas dans ce film que je le préfère. Quant à Gian Maria Volonte, je retiens surtout la scène du train, enfin plutôt quand il s'en échappe.
J'encourage à voir ce film et avec le plus d'attention possible pour ne pas rater tous ces détails précieux. Un grand film à redécouvrir et savourer.
Two Pice
Two Pice

2 abonnés 25 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 août 2025
Bon film excellente réalisation quelques scènes remarquable bons acteurs et mise en scène. mais long, trop long.
pasmaldutout
pasmaldutout

56 abonnés 142 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 juillet 2025
Attention chef-d'œuvre
c'est tellement bien écrit
c'est tellement bien interprété
c'est vraiment le film zéro défaut
et on se demande pourquoi on l'avait pas vu avant.
Une tension incroyable.
Un Melville au sommet de son art.
Zebrakelo
Zebrakelo

14 abonnés 421 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juillet 2025
Très bon film de gangster des années 70.
Dans ce monde purement masculin, les dialogues courts et cultes & les séquences d'action sont bien orchestrés.
La longue séquence du casse est forte en suspense.
dominique Manesse
dominique Manesse

6 abonnés 153 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juin 2025
Il y a quand même quelques longueurs dans le film on s'ennuie assez vite néanmoins de très bon acteurs c'est évident Alain Delon souvent rôle de gangster je retiendrai l'excellente interprétation de Bourvil qui nous a habitué à des rôles plutôt comique, rôle sombre c'était plutôt rare . dans l'ensemble c'est un bon film mais très peu de dialogue et beaucoup trop lent . Je l'ai surtout regarder pour le jeu des acteurs.
Oh yeah
Oh yeah

14 abonnés 17 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 mai 2025
Très déçu. Évidemment les acteurs sont là, ça a le charme de l'époque mais trop d'incohérences dans le scénario
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