Notre petite soeur
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ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 octobre 2015
En parlant du cinéma d' Hirokazu Kore -eda, ce serait une facilité que de dire qu'il renoue avec la tradition des grands anciens, les Imamura, Ozu, Mizogushi... Parce qu'en fait il va beaucoup plus loin dans l'épure. Dans Notre petite sœur, il n'y a plus de trame; il n'y a plus de scénario. Le film évolue sur un fil, sur une plume, sur un souffle.... mais sur ce souffle on éprouve une extraordinaire sensation de plénitude. Kore -eda a inventé le cinéma du Tao.....

Trois sœurs. Jeunes, jolies, gaies, avec leurs chamailleries et leurs histoires de cœur. L'ainée, Sachi (Haruka Ayase) est infirmière; la seconde, Yoshino, employée de banque (Masami Nagasawa), noie ses chagrins d'amour périodiques dans la liqueur de prune (faite maison); la dernière, Chika (Kaho), vendeuse dans un magasin de sport, est légèrement foldingue.

Quand elles étaient encore enfants (Chika ne se souvient même plus de lui), leur père est tombé amoureux d'une autre femme et les a abandonnées. Puis leur mère est partie à son tour vivre sa vie à l'autre bout du Japon, les laissant à la garde de leur grand mère. Et maintenant, elles habitent toutes les trois dans une maison ancienne, toute de bois, où les cloisons coulissent bien mais ferment mal, où l'on se gèle l'hiver, mais qui donne sur une forêt de bambou et où elles se sentent bien. C'est Sachi qui a amené la maisonnée à l'âge adulte, Sachi qui a pris le relais de ces parents irresponsables.

L'"autre femme" est morte, laissant une fille, Suzu Asano (Suzu Hirose); et le père s'est encore remarié. Lorsqu'il meurt, à son tour, les jeunes filles se font un devoir d'aller à son enterrement. Dans ce Japon provincial, où l'on ne se touche pas, où l'on ne s'embrasse pas, mais où on se salue par une courbette plus ou moins appuyée, les choses convenables doivent se faire.... Elles sont touchées par la solitude de Suzu, qui se retrouve maintenant seule au monde -et Sachi la responsable prend la décision de la faire venir avec elles. Mais pour Suzu, ce n'est pas facile non plus: sa culpabilité secrète, c'est d'être la fille de celle qui a brisé un ménage.... Voilà, c'est tout; c'est une dentelle de petits riens, avec les saisons, avec le temps qui passe, avec les cérémonies funéraires -perpétuer le souvenir, si important, l'arrêt devant l'autel des ancêtres, un monde riche de traditions et de sentiments, dont la noblesse grave et secrète nous renvoie à la vulgarité de notre propre univers.

Les quelques personnages secondaires sont attachants. Voire surréalistes... devant le désarroi d'une personne spoliée, le responsable de Yoshino dit "puisque les dieux n'ont pas aidé cette femme, c'est à nous de le faire", bon, les amis, le jour où un banquier occidental prononcera cette phrase, je me rase la moitié de la tête...

On aimerait s'arrêter dans ce petit port si loin de tout, avec ses petits restos où l'on prépare des tartines d'alevins (?), ses lycéens modèles et amicaux, ses trains de banlieue décrépits, ses feux d'artifice sur l'eau où l'on revêt son kimono d'été.... Est ce que le Japon de Kore -eda existera encore dans vingt ans? En tous cas, son cinéma poétique où rien ne pèse, où chaque chose est à sa place dans l'ordre du monde, est une merveille. Kore -eda nous rend meilleurs....
traversay1

4 502 abonnés 5 400 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 octobre 2015
Que Kore-eda construise une œuvre cohérente, brique après brique, est indéniable. Qu'il soit de moins en moins mordant et de plus en plus tendre, l'est aussi. Notre petite sœur est une jolie élégie au bonheur avec ces trois jeunes filles qui forment une famille et n'hésitent pas à accueillir à bras ouverts une nouvelle venue. Malgré la mort, qui n'est jamais très loin, Notre petite sœur est d'une délicatesse exquise. Les sœurs se chamaillent, ont des amours plus ou moins heureuses mais elles ne sont jamais aussi épanouies qu'ensemble, à la maison, sur la plage ou au restaurant. Voici un Kore-eda lumineux et serein auquel on reprochera l'absence de véritable enjeu narratif. Attention, en s'adoucissent encore, le cinéaste japonais ne sera plus très loin de la mièvrerie.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 octobre 2015
Un très beau film. Kore Eda est de retour, et à nouveau les thèmes de la famille, de l'enfance, du lien de filiation et de la mort sont abordés avec beaucoup de finesse et de pudeur.
Les quatre comédiennes sont très touchantes et on en ressort joyeux et espiègle.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 octobre 2015
Enchanteur, si délicat et fin, Kore-Eda nous emmène dans un voyage féerique. Son monde est beau et plein d'émotions, comme d'habitude. Un immanquable.
jean l.
jean l.

177 abonnés 255 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 octobre 2015
tout en finesse, élégance et émotion
on retrouve le plaisir de Tel père, tel fils qui nous raconte des relations familiales passionnantes
quel bonheur que ce film !!!
Alice L
Alice L

180 abonnés 208 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 octobre 2015
Un chef d'oeuvre !!! J'ai rarement été aussi émue au cinéma, c'est d'une poésie infinie. Enfin un film qui donne envie de vivre!
Loïck G.

391 abonnés 1 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 octobre 2015
Eminemment consensuel le nouveau film de Koreeda (« Tel père, tel fils ») risque de rallier les suffrages tant il porte le bonheur à portée de mains autour de trois, puis quatre sœurs qui vivent ensemble, sans papa, ni maman. L’aînée a pris les choses en mains, même si l’ensemble de la sororité n’entend pas se laisser marcher sur les pieds. La tendre complicité qui les unit est le ferment de ce récit joliment porté par quatre comédiennes inter-générationnelles. C’est la maison des bisounours jusqu’au jour où la maman revient y mettre son grain de sel. Juste une petite tempête qui relance la famille vers ses préoccupations quotidiennes. C’est un apprentissage tranquille de la vie où même les engueulades sont drôles, tant que les contingences externes ne viennent pas chahuter leur propre folie. Toutes les comédiennes sont au diapason des cerisiers en fleurs et des amours qui bringuebalent au gré de leurs humeurs ou de leurs obligations. Une fois encore l’aînée devra se sacrifier…
Pour en savoir plus
Pauline_R
Pauline_R

195 abonnés 398 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 octobre 2015
J'ai été une nouvelle fois touchée par la sensibilité et la précision d'Hirokazu Kore-eda même si j'ai trouvé Notre petite soeur moins fort que les précédents films du réalisateur comme Tel père, tel fils, Iwish ou Nobody knows que j'avais adorés. Une nouvelle fois, Hirokazu Kore-eda aborde les thèmes des liens familiaux, de l'enfance, de la mort et de la reconstruction, le tout en mêlant poésie, légèreté et intimité. Le film recèle de beaux moments d'émotions et d'humanité, même si il est peut être parfois un peu mièvre, avec des personnages certes attachants mais sans grand reliefs, ce qui enlève au film sa force tragique, c'est dommage.
DAVS25
DAVS25

4 abonnés 141 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 octobre 2015
Une petite merveille de douceur nippone. Les actrices sont toutes sublimes et ce cinéaste confirme avec ce film une oeuvre centrée sur la famille et ses secrets.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 juin 2015
L'oublié de Cannes. J'aurais attribué la palme de la meilleure actrice ex aequo aux quatres soeurs.
quatre styles différents, quatre caractères, quatre personnalités.
Un film tout simplement beau, simple, émouvant dont on en ressort heureux et satisfait d'avoir fait la connaissance de personnes d'un autre continent si éloigné et pourtant si proche de chacun de nous.
En souhaitant que la famille s'agrandisse au plus vite et que l'on en fasse partie.

NB: Coup de coeur identique pour "Le passé' d'Asghar Farhadi en 2013
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