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4,0
Publiée le 22 avril 2026
Avec Notre petite sœur, le point de départ de Hirokazu Kore-eda tient à trois sœurs de Kamakura apprennant la mort d’un père absent depuis quinze ans. À l’enterrement, elles rencontrent Suzu, demi-sœur adolescente née d’une autre union. Elles l’invitent presque spontanément à vivre avec elles. Le mélodrame semblait possible, le règlement de comptes posthume attendu aussi. Mais ce que propose Kore-eda est plus ténu et, en cela, plus ambitieux : observer comment un lien se tisse, comment une absence se transforme en présence partagée, comment le quotidien devient le lieu d’une refondation.
La première audace tient au dépouillement narratif. La mort du père ouvre un espace où l’intrigue progresse par micro-variations : un repas préparé ensemble, une promenade à vélo, une conversation à l'orée d'un jardin. Cette économie dramatique ne relève pas d’un manque d’idées mais affirme une confiance dans la durée. Les plans s’étirent légèrement. Les échanges se prolongent au-delà de leur nécessité fonctionnelle.
En cela, la filiation se déplace du vertical vers l’horizontal. Le père reste une mémoire ambiguë sans confrontation possible. À la place, quatre trajectoires féminines s’entrelacent. Sachi, l’aînée, porte la rancœur et la responsabilité. Yoshino s’agite dans ses amours instables. Chika cultive une légèreté qui tient parfois du déni. Suzu, enfin, arrive avec une culpabilité, persuadée d’avoir été la cause d’un abandon qu’elle n’a pas choisi.
Les saisons structurent le récit plus sûrement qu’un retournement dramatique. Les cerisiers en fleurs, la lumière d’été, l’hiver intériorisé rythment la circulation des affects. Le plan de Suzu à vélo sous les pétales suspend la course du temps. Le monde conserve sa beauté malgré la blessure.
Les visages deviennent des surfaces attentives. Un sourire retenu. Une crispation presque imperceptible. L’équilibre du groupe se modifie à partir de ces détails. Les gestes liés à la cuisine acquièrent une valeur décisive. Préparer l’alcool de prune. Servir un plat. Partager la table. Ces actes accomplissent davantage qu’un discours sur le pardon. La nourriture matérialise la continuité du lien.
Enfin, la périphérie masculine démontre que les hommes apparaissent souvent inadéquats, fragiles, souvent fuyants. Le père absent, les amants hésitants : autant de figures qui soulignent, par contraste, la stabilité du lien sororal.
À première vue, tout semble modeste. On peut même se demander où se situe le lieu du drame. Pour autant, on sort du film avec la sensation d’avoir habité un espace, non assisté à une intrigue. Ce déplacement, du récit vers la présence, constitue la récurrence la plus juste de Kore-eda.
Une réelle douceur se dégage de ce drame familial au rythme lancinant et bercé par une photographie idyllique. Beaucoup de bienveillance beigne la réalisation de Hirokazu Kore-eda dans un long-métrage où la filiation paternelle, bien qu’au cœur du long-métrage, demeure tout de même moins prégnant, le récit se concentrant sur les relations et les personnalités de ses sœurs, unies qui recueille leur cadette fille de leur père et d’une maitresse. Une œuvre délicate.
Toujours aussi fabuleux, j’aime tellement le cinéma du réalisateur, toujours subtil dans les relations humaines, où tout se passe à l’écran par les jeux de regards ou la parole, nan c’est très fort, puis l’alchimie entre les sœurs est naturelle, donc convaincant à l’écran, les thématiques m’ont tellement encore touchée : une famille recomposée et la réconciliation avec le passé, j’aime vraiment ce que j’ai vu. On regrettera ici le rythme qui est bien trop lent malheureusement, mais on en ressort conquis car à côté c’est tellement fort. Un portrait des liens humains des plus authentiques et sincères que j’ai vu.
Les réalisations intimistes d’Hirokasu Kore-eda portent des émotions rares qu’il met en couleurs avec ses recettes d’humanité. Ses personnages fragiles nous livrent leurs douleurs de manière poignante. Avec ses autres films portant sur la famille (Tel père, tel fils, Une affaire de famille), le metteur en scène confirme qu’il sait toucher comme personne tous les recoins de notre cœur et de notre âme, distiller les évènements du quotidien avec délicatesse sur des sujets qui nous touchent.
Notre petite sœur" aborde la notion de famille ou ce qu'il en reste parmi ces trois sœurs qui recueillent leur demi-sœur Suzu, inconnue et plus jeune après le décès de leur père commun... Après le puissant et magnifique "Tel père, tel Fils", ce dernier film prend un tournant autrement plus sentimental et nostalgique.Notre petite sœur est une jolie élégie au bonheur avec ces trois jeunes filles qui forment une famille et n'hésitent pas à accueillir à bras ouverts une nouvelle venue. Le film touche par sa délicatesse et son amour des personnages sans toutefois se défiler devant des questions essentielles sur la reconstruction d'une famille et sur les cassures qui semblent définitives. C'est donc dans les moments les plus graves que le film parvient à véritablement s’élever, quand il fait confronter des vérités douloureuses qui disent beaucoup sur la difficulté à consolider une entente familiale. Le film recèle de beaux moments d'émotions et d'humanité, même si il est peut être parfois un peu mièvre, avec des personnages certes attachants mais sans grand reliefs, ce qui enlève au film sa force tragique, c'est dommage.
J'ai vu un film... une magnifique chronique familiale, tout en douceur et en nuance, comme seuls les Japonais savent produire... C'est l'histoire de 3 sœurs, ancrées dans le quotidien de jeunes adultes, qui apprennent au décès de leur père que celui-ci a eu une autre fille... qu'elles décident d'adopter. ce récit, fluide, tout en subtilité, touche par la finesse des dialogues. C'est un film d'une douceur subtile qui nous pénètre par chaque pore de la peau. Les sentiments sont généreux, il n'y a pas de tensions, si ce n'est celles que la vie, normale, envoie... quelle délicatesse. On est frappé par la grâce de ces 4 filles qui évoluent dans ce univers presque sans homme... Que c'est beau la contemplation lorsque l'on atteint un tel niveau de maîtrise, sur la façon de voir la vie quotidienne s'écouler. Et la dernière scène du film est d'une densité et d'une émotion folle... en quelques mots, en quelques séquences, la beauté jaillit... un très grand film... avec une bande-son qui relève le récit... Et dernier point, on mange beaucoup dans ce film, et ça donne faim... ;) Ah oui, le contemplatif peut sembler long et lent, mais c'est de la vie dont il s'agit...
Film qui prend son temps. On s'ennuie un peu devant tous ces beaux sentiments étalés tout du long. Il y a même la musique qui rappelle La Petite Maison dans la prairie.... spoiler: Voilà donc 3 sœurs qui apprennent à l'enterrement de leur père qu'il y en a une quatrième et les 3, encore un peu enfants mais jeunes adultes cherchent à rattraper le temps en invitant l'ado à vivre avec elles. . C'est de l'amour tout du long et si poussé que ça en devient faux, peu plausible. 3,4/5 pour les jolis acteurs à l'écran.
Très bon film, on se retrouve avec 4 jolis filles gais et dynamiques dont on voudrais être le petit ami , dans un monde qui nous ressemble mais qui est complètement diffèrent ,vivement qu'il repasse à la télévision car je n'ai pas pu voir la fin.
Très beau film , simple , sans prise de tête avec des belles « valeurs » , je l’ai vu à la tv en VF mais je pense qu’il doit être encore plus beau et authentique en VO (ST) .
Un film d’une immense douceur qui est tout à la fois une célébration à la vie et à l’amour, à la capacité humaine à faire des liens, et à celles des individus singuliers à se libérer des dictats familiaux et sociaux pour prendre soin les uns des autres. Les actrices sont d’un talent absolument ahurissant qui transforment totalement l’objet film pour en faire une vraie fenêtre grande ouverte sur la vie.
Un film délicat et poétique qui nous donne à voir avec beaucoup de subtilité les différentes facettes de l'âme féminine japonaise. Un film magnifique de pudeur.
Ce film se situe dans le registre des relations familiales, comme les films, plus connus, de Kore-Eda qui le précèdent et le suivent. Mais celui-ci ne repose sur aucune histoire linéaire : à partir d’une situation (Trois sœurs ont décidé de recueillir leur petite demi-sœur), le réalisateur montre des tranches de vie, des moments d’émotion, et des visions poétiques. Il le fait avec mesure, retenue, tact, délicatesse et intelligence. Avec beaucoup d’amour pour ses personnages aussi. De cette démarche naît une vraie et simple émotion. Si le film commence et se termine par des funérailles, les plans de ces quatre jeunes filles en noir marchant, et jouant, sur la plage expriment la résilience, l’espoir et l’amour de la vie.
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1,5
Publiée le 24 septembre 2020
Notre petite soeur est ennuyeux mais ennuyeux a mourir. Je vois beaucoup de films étrangers et c'est l'un des pires films non anglais que j'ai jamais vus. Oh bien sûr nous pouvons continuer encore et encore sur la réalisation, le jeu d'acteur en bois qui sur jouent comme d'habitude et toutes sortes de détails techniques. Mais au cœur du film l'histoire elle-même est mauvaise. Une fille vient donc vivre avec ses trois autres sœurs après la mort de son père. C'est suffisant mais allez quelque part avec cette histoire. Littéralement les choses les plus banales se produisent tout au long du film. Il n'y a pas de drame, pas de tension il n'y a absolument rien. Au moins il donnait une belle apparence au Japon. Ce film est banal et sans aucune sorte de narration...