A peine huit mois après Les chevaliers blancs Joachim Lafosse nous offre déjà (encore) un nouveau très beau film. Changement radical de genre et d’ambiance. Après les grands espaces africains et les magouilles humanitaires, un appartement parisien et une famille qui explose. Un huis-clos parfaitement maitrisé dans sa mise en scène, un peu moins dans ses dialogues, parfois un peu trop appuyés. Mais l'autopsie de ce couple perdu est parfaitement rendue, fine, troublante, glaçante, sans clichés. C'est à la fois déchirant, et à la fois attachant. Chacun pourra y retrouver un petit ou un grand bout de son histoire (ceux pour qui elle s'est mal terminée surtout...). Même s'il manque aussi peut être un peu de fièvre, voir de fureur, une certaine puissance pour en faire un très grand film. Restent de très belles scènes, d'autres magnifiques (le diner entre amis, la danse...) et un dénouement prévisible, froid et inéluctable, où tout, soudain, est finalement apaisé. Bérénice Béjo et Cédric Kahn sont parfaits. Tour à tour attachants, butés, énervants, émouvants et toujours justes. Les deux petites filles sont aussi très biens, alors que la trop rare Marthe Keller, dont le personnage ne sert à rien, ne fait que passer. Au final, et malgré ses quelques défauts, un film poignant dont on ne ressort pas indemne. Magnifique.
Pour son 7ème long métrage, Joachim Lafosse, réalisateur belge de 41 ans, n’hésite pas à revenir sur ses pas et à revisiter, avec bonheur, les thèmes de "Folie privée" et de "Nue Propriété", ses deux premiers films : un couple qui se sépare, la gémellité, le rôle joué par la maison familiale. Un quasi huis-clos, un film certes passionnant mais qui repose essentiellement sur un couple qui se déchire, on pourrait donc craindre une impression de théâtre filmé. Cette impression, on ne la ressent pratiquement jamais, grâce à la fluidité des plans séquences et au jeu très naturel des comédien(ne)s. "L’Économie du couple" a fait l’objet d’une très bonne réception au dernier Festival de Cannes, où il faisait partie de la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs .
Le boulet est enfermé dans la maison. L'économie du couple c'est l'histoire d'un couple qui se termine et veut se partager les biens communs sauf que le temps, l'investissement etc ne se monnaye pas mais devrait d'après lui (ouahh quelle bonne idée de film à la française qui va à tous les coups avoir les subventions nécessaires !).Bref, ce n'est pas que l'on s'ennuie, mais On s'ennuie ferme. Des dialogues pathétiques (t'es chez moi, non je suis chez moi, tu n'as pas d'argent, je veux la moitié, pars, laisse la partir etc), des lieux communs, des crises, on tape, on prend des bains, on joue avec les enfants longtemps histoire de nous divertir un peu, mais non ça ne me divertie pas, ce n'est qu'un film de plus et de trop "à la française", la routine, l'ennuie, filmé. Le désastre à la française continue.
Tout simplement... Ennuyeux à mourir, pour rester polie, des scènes interminables, des propos mesquins et inintéressants, ,dommage de sous-employer de tels acteurs, des changements de point de caméra pour nous faire croire à une "écriture" des dialogues (quand il y en a) récités et peu crédibles, bref, pour résumer... Faites "l'économie d'une place de cinéma"!!!
Décidément, le planning de sorties des films est étrange, oser placer un film aussi dur en Août relève de la gageure. D’autant plus que « l’Economie du couple » tient ses promesses au niveau de l’âpreté du conflit entre 2 protagonistes qui se séparent. Le film est tellement juste que l’on est souvent révolté, parois à la limite de la nausée face à tant de mauvaise foi destructrice typique des séparations. Le duo d’acteur Bérénice Bejo et Cédric Kahn fonctionne à merveille, sans oublier les très bonnes interprétations des deux jumelles aussi nature que crédibles. Avec une mise en scène intimiste et posée, le film reste agréable à regarder même dans les passages les plus durs. Joachim Lafosse a choisi l’angle financier de la séparation et propose une histoire originale sur un thème déjà vu et revu. Un film intense, qui secoue et qui est poignant.
une heure quarante de violences , de haine, de comportements ambivalents ... Est ce utile de produire en film la souffrance d'une famille qui se déchire avec une mère de famille odieuse , castratrice et possessive. Au centre des enfants manipulés par la mère, témoins de ce désastre familial où l'argent, la possession de l'argent nourrit la prise de pouvoir sur l'autre, constamment humilié ...
Ces situations , très réelles, n'ont pas besoin d'être exploitées pour en faire un film dont on sort déçu et triste !!!
On n'arrive pas à éprouver de la sympathie pour l'un ou l'autre du couple tellement ils peuvent chacun avoir de mauvais côté : lui pendant le repas qu'elle fait avec ses amis, elle quand elle ne veut pas qu'il vienne quand ce n'est pas son jour. Film bien fait qui montre bien le problême du vivre en couple. Bérénice BEJO joue très bien, contrairement à ce que j'ai pu lire sur certaines critiques, et elle est vraiment très belle aussi . Cédric KAHN n'est pas qu'un faire-valoir.
Bérénice Béjo magistrale dans l’ Economie du Couple, le nouveau film puissant du réalisateur Joachim Lafosse.
Dans le nouveau film de Joachim Lafosse, Bérénice Béjo et Cédric Khan s’affrontent sur fond de divorce et de partage des biens et des êtres. L’ Economie du Couple est un film juste et touchant à la mise en scène impeccable.
Lutte des classes conjugale
Second film de l’année pour le réalisateur belge Joachim Lafosse. Après Les Chevaliers Blancs, film inspiré de l’histoire de l’Arche de Zoé avec au casting Vincent Lindon et Louise Bourgoin, le réalisateur belge nous plonge ici dans l’enfer d’un couple qui ne s’aime plus, mais qui vit toujours ensemble. Après avoir impressionné avec Nue Propriété sorti en 2006 et A Perdre la Raison sorti en 2012, Lafosse s’est taillé une place parmi les réalisateurs à suivre de très près.
Pour l’Économie du Couple, le cinéaste a préféré retrouver l’intimité familiale. Se déroulant pour la quasi-totalité dans une sublime maison, ce film nous plonge au cœur de la confrontation entre Marie (Bérénice Béjo) et Boris (Cédric Kahn). Après 15 ans de vie commune, Marie et Boris se séparent. Or c’est elle qui a acheté la maison dans laquelle ils vivent avec leurs deux enfants, mais c’est lui qui l’a entièrement rénovée. À présent, ils sont obligés d’y cohabiter, Boris n’ayant pas les moyens de se reloger. À l’heure des comptes, aucun des deux ne veut lâcher sur ce qu’il juge avoir apporté. La question financière est donc tout le problème dans ce couple, d’où le titre. L’un apporte le travail, l’autre le capital, comment rémunéré les deux partis. Si ce conflit semble intimiste, il se rapproche très intelligemment des problèmes auxquels est confrontée notre société actuelle. L’Économie du Couple pourrait se résumer à une lutte des classes à deux.
Une mise en scène magnifique et des acteurs détonants
Quasiment seuls le long du film, les deux acteurs principaux ont toute la place pour s’exprimer. Après The Search de son mari Michel Hazanavicius, Bérénice Béjo nous offre dans ce long métrage, l’une des meilleures performances de sa carrière ; froide, mais sensible, l’actrice connue pour son rôle dans The Artist y est remarquable. Un rôle qui ressemble beaucoup à celui joué dans le Passé d’Asghar Farhadi sorti en 2013. Moins connu, mais à chaque fois impressionnant, Cédric Kahn (acteur dans les Anarchistes et réalisateur de Vie sauvage) complète parfaitement ce duo. Brut et renfermé, on peut voir dans le personnage de Boris toute la fragilité de l’homme – ligoté par le pouvoir financier de sa compagne.
Un duo d’acteur magnifié par une mise en scène impeccable. Joachim Lafosse utilise l’espace de la maison à merveille. Il se sert de chaque élément du décor et donne une signification à chaque endroit : la quasi ex-chambre commune, la salle de bain et même le frigo (source de conflit). Malgré un endroit clos, la caméra du réalisateur est virevoltante. Utilisant une steadycam qui donne une souplesse à l’image, Lafosse produit des plans d’une incroyable maîtrise.
Au final L’Economie du Couple se place comme l’un des meilleurs films de l’été, voire de l’année. Un drame familial touchant qui parlera à un grand nombre de spectateurs qui sortiront troublés, mais subjugués.
Un huit-clos composé de plans séquences magnifiques (tournées en petite caméra Stab-one) qui donnent force et réalisme à la prestation des deux acteurs. Bérénice Béjo et Cédric Kahn offrent une prestation d'une justesse surprenante. L'écriture et la mise en scène y sont remarquables. Belle surprise.
Le film est pas mal et réussit à trouver le ton juste pour montrer la crise du couple, l'utilisation des enfants, les enjeux financiers. Les acteurs sont convaincants. Le bémol, c'est un peu la crédibilité autour des problèmes d'argent. Le rôle joué par Cédric Kahn n'est pas très clair, son histoire d'argent emprunté non plus, les livres d'architecture dans la bibliothèque et sa tenue ne correspondent pas trop à ce que pourrait laisser croire l'histoire. Le couple est prêt de ses sous même pour les repas, mais toutes les pièces sont toujours éclairées par une multitude de lampes, la mère prend des bains sans arrêt. Donc pas toujours convaincu, mais film intéressant.
Ce film , on en attendait beaucoup , de par son sujet , son casting et la personnalité de son auteur ... Joachim Lafosse c'est un auteur assez radical , qui aime étudier de près l'âme humaine , allant même jusqu'à susciter le malaise chez le spectateur ... Cet opus ne va pas si loin. Lafosse inscrit son histoire dans un lieu anxiogène au possible , où pourtant la majorité d'entre nous passons la majorité de notre temps : une maison... Lieu de paix ou lieu de guerre ... On pouvait craindre le choix du huis clos , qui parfois s'avère être un piège pour le réalisateur ... Lafosse s'en sort très bien . Il projette d'emblée le spectateur au coeur de ce lieu , où règne une ambiance délétère au possible , etouffante , et fôrce est de reconnaître qu'il s'en sort avec brio. Sa mise en scene est indiscrète , il va au coeur de l'affrontement , scrutant les visages , demandant une implication très forte aux spectateurs .... On a des plans d'une grande beauté , qui surgissent sans prévenir ... Le scenario est construit de main de maitre . On devine la patte d'un auteur qui a deja travailler sur les tensions familiales , ce qui apporte au métrage un réalisme quasiment documentaire à certains moments ... Le choix de mettre le spectateur immédiatement dans la tension inhérente à la situation de ce couple est payant, on est happés par le tumulte des sentiments , Il n'y a plus de plàce pour la paix , l'efficacité en cela est à son maximum... Tout au plus peut on reprocher quelques petits manques de crédibilité , des choix qui ne sont pas rédhibitoires , mais qui affaiblissent un peu la tres bonne tenue de l'ensemble ... Le casting est parfait pour les premiers rôles , avec un Cédric Kahn incroyable de justesse et d'intensité . Là aussi , le choix de certains seconds rôles est un peu dommageables ... Au final , on est en présence d'un excellent film , très efficace , remarquablement construit et interprète . A decouvrir .
Après avoir abordé un sordide fait divers dans "A perdre la raison", Joachim Lafosse confirme qu'il parvient à évoquer frontalement des émotions parmi les plus violentes, ici dans le cadre d'un divorce douloureux. La réalisation est adroite, fait planer la plupart du temps, et montre bien ces deux êtres en perdition qui ne parviennent pas à se retrouver. Mais quand la caméra se pose sur les différents pugilats auxquels s'adonnent Marie et Boris, le film pose sur eux un regard plein de complaisance, montrant impudiquement ce couple se déchirer devant ses filles, et se contente de ressasser et de compter les uppercuts que chacun assène à l'autre. Comme le dirait Bérénice Béjo, alias Marie, "c'est pathétique".
Coup de coeur de Bulles de Culture, L'Économie du couple est un film à l’écriture parfaite. Le réalisateur arrive à y donner une tension dramatique telle qu'elle provoquera un malaise constant chez le spectateur.
La bonne surprise française de l'été. Des acteurs superbes (les protagonistes comme on pouvait s'y attendre mais aussi les autres et particulièrement les fillettes). Une réalisation très maîtrisée. Le scénario, qui repose sur des dialogues "au couteau" très ciselés, est tendu mais crédible malgré les limites de vraisemblance (même si le sujet est très sociologiquement tendance). La fin est réussie. Un excellent film à voir par tous les jeunes couples...