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SpecOmega
14 abonnés
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4,5
Publiée le 15 septembre 2012
Ce film a 30 ans, mais il est incroyablement moderne : son acuité, son cynisme ou son réalisme (au choix), sur le genre humain laissent le spectateur avec ses propres sentiments. C'est un vrai miroir. Noiret est superbe, il est aidé par d'autres acteurs géniaux. Ce film est un chef d’œuvre.
Avec Bertrand Tavernier, chaque film est une vision réaliste de l'histoire. L'Afrique colonnialiste avec ses travers et ses bons côtés, un constat édifiant sur la nature humaine, les paysages sont sublimes, les acteurs excellents. Philippe Noiret, personnage complexe, tendre parfois naîf et pourtant si lâche et cruel.
Bertrand Tavernier est considéré comme l'humaniste parmi les metteurs en scène français. Une réputation qu'il a confirmé depuis son premier film, « L'Horloger de Saint-Paul » et qui s'est illustré merveilleusement avec « Ca Commence aujourd'hui », film dans lequel un directeur d'école lutte contre la déchéance intellectuelle des enfants dans le cadre d'un système pédagogique en piteux état. L'institutrice de « Coup de Torchon » (Irène Skobline) est également un personnage positif, le seul d'ailleurs. Pourtant, ce n'est pas une vraie porteuse d'espoir malgré toutes ses bonnes intentions car elle soutient en fin de compte uniquement le système en place. De même, la métamorphose, en grande partie provoquée par elle, d'un Cordier (Philippe Noiret) d'abord inoffensif est tout sauf bienfaisante. En effet, Cordier se révèle être de plus un véritable monstre. Sa croyance dans la mission qu'il pense remplir, c'est la folie d'un petit bourgeois déshinibé dont certains traits fascistes apparaissent au grand jour. C'est ainsi qu'un ton cynique, inhabituel chez Tavernier, accompagne cette oeuvre dans laquelle transparaît l'histoire de Jim Thompson, auteur américain de romans policiers. Tout cela rappelle en même temps les films de Claude Chabrol et leur critique caustique de la petite bourgeoisie française. Tavernier partage cette critique qu'il réussit à envelopper d'une façon extrêmement divertissante. « Coup de Torchon » est une comédie sombre et burlesque qui n'évoque pas une seconde une simple oeuvre historique. Le style fluide de la mise en scène, avec ses plans merveilleusement chorégraphiés et souvent longs, qui font parfois penser à Jean Renoir, porte efficacement l'intrigue sans jamais s'imposer et prépare l'espace pour les apparitions plutôt crûes et radicales des acteurs. Isabelle Huppert et Stéphane Audran, actrices préférées de Chabrol, accentuent le ton « chabrolesque » de l'oeuvre et sont excellentes dans leur vulgarité sans détour. Il en est de même pour Guy Marchand qui incarne comme à son habitude un macho ridicule. Mais au-dessus d'eux se trouve Philippe Noiret. Avec son corps puissant et mou, il rayonne comme un pachyderme indolent. Son jeu brillant démontre que l'apparence est tout sauf opaque et mystérieuse. Derrière le bon regard du policier, on ne trouve pas seulement des doutes et de profondes blessures mais aussi de sanglants abysses.
Le grand roman "noir" de Thompson adapté et trahi par un cinéaste qui selon un de ses amis titra d'ailleurs son amicale critique ainsi : "un torchon filmé par une serviette !"... En transposant la fameuse intrigue du sud raciste des Usa dans une afrique coloniale au bord de la guerre, Tavernier et son scénariste transforment la métaphysique de l'absurdité du grand romancier en une pochade vulgaire et vaine. Les auteurs s'en sortent en pillant carrément dans les dialogues du livre, mais c'est justement là la limite de l'exercice, rien ne colle vraiment et le cinéma sort perdant. Une étoile pour Noiret.
C'est en hommage à Bertrand Tavernier que nous avons décidé de regarder "Coup de torchon", présenté comme l'un de ses plus grands films. La déception n'en fut que plus grande. Le film nous amène donc dans l'Afrique coloniale de la fin des années 1930, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. Nous suivons un personnage aux abords un peu naïfs incarné par Philippe Noiret. Difficile de s'attacher à ce personnage assez antipathique et dont les choix vont s'avérer aussi radicaux qu'absurdes et incompréhensible. Si on entraperçoit les envies de vengeance qui l'emparent, le passage à l'acte reste assez surprenant et pas forcément crédible. Et le film s'étale alors sur deux longues heures, sans jamais réellement renouveler ses enjeux, avec un personnage assassinant les concitoyens l'ayant moqué ou dérangé. Le film parvient tout de même à être impactant lorsqu'il aborde racisme et sexisme. Pour le reste, nous avons vécu "Coup de torchon" comme un lent et long moment.
Je revois ce film dont je me souvenais peu et vraiment, je n'ai pas trouvé cela comique, mais alors pas du tout. Au contraire, il est terriblement noir. Les personnages ont des comportements outranciers, surtout le personnage joué par Isabelle Hupert mais aussi celui de Philippe Noiret, au centre de l'histoire. Difficile de croire à ce scénario du début à la fin. Dans ma mémoire, c'était un meilleur film que ce que sa rediffusion me laisse voir.
Un film dont j'ai entendu parler quand j'étais ado. Les années ont passé, je suis devenu adulte avec bientôt un demi-siècle et voilà que le film est programmé à la télévision française. Je me disais que ça devait être un grand film vu comme on en parlait autour de moi. Quelle déception ! C'est mou, on s'ennuie dans une paresse et une torpeur que le réveil du personnage principal peine à quitter. Philippe Noiret est bon, heureusement, ainsi que ses acolytes. Pas grand intérêt.
Dommage que Tavernier ait du mal à créer une réelle atmosphère mais Coup de torchon séduit tout de même par son scénario intelligent et la fabuleuse interprétation de ses acteurs. Fable cruelle et sans illusion, sans être violent Coup de torchon ne fait pas dans la dentelle non plus avec sa vision du colonialisme français. Un film français à voir.
L'un des personnages les plus lâches que j'ai eu à voir au cinéma "lucien" noiret est excellent de lâcheté et de cruauté dans ce film.De bons dialogues et un joli casting.
J'ai ri plusieurs fois aux éclats, mais pourtant… je ne peux pas dire que j'aie vraiment aimé. L'esprit général du film m'est apparu relativement désespérant, sans que j'arrive à dire où Tavernier veut en venir au juste.
Le début est assez laborieux, et c'est avec les deux premiers meurtres que le film trouve enfin son rythme et son style. Commence alors une histoire aussi sombre que drôle, dans laquelle, Philippe Noiret est une fois encore excellent.
Un film complètement amoral mais qui dénonce le colonialisme dans ce qu'il avait de plus dégueulasse. Le casting est impressionnant et tous les acteurs sont excellents, notamment Philippe Noiret.
Dans une Afrique colonialiste, un homme peu respecté se laisse aller à ses pulsions les plus basses sans pitié et froidement. Tavernier nous livre un film sans états d'âmes. Il y a la frivolité de Huppert, et la fausse légèreté de Noiret. Une féroce idée du blanc qui fait ses lois dans son coin et la justice lui-même. Assez glaçant.
L'histoire est amusante et prenante, bien que parfois molle, à l'image de son personnage principal, mais dans l'ensemble on ne s'ennuie pas. Le personnage principal est d'ailleurs moins bête qu'il n'y paraît, semblant saisir l'occasion de se venger de certaines personnes et de la vie lorsqu'un beau jour il obtient le prétexte pour pouvoir changer les choses le concernant. Je pense toutefois que c'est une ordure, même si j'avais encore de l'espoir jusqu'à à peu près aux trois quart de l'histoire spoiler: mais il trompe sa femme - quand bien même celle-ci est abominable avec lui -, sa nonchalance est feinte, à la fin, après avoir réussi à séduire l'innocente maîtresse d'école, il lui avoue ses meurtres tout en refusant de lui accorder son amour, et dans les dernières secondes (drôle de fin par ailleurs), il s'apprêtait à tuer un enfant sauvé uniquement parce qu'arrive un groupe d'enfants trop nombreux pour que le policier les tue tous. Bref, je pense qu'il est diabolique.
PS : ce film n'est très certainement plus assez politiquement correct pour passer à la télévision.