Lamb
Note moyenne
3,5
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Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 octobre 2015
Un enfant, son mouton, un père parti, et les montagnes de l'Ethiopie. Voilà les ingrédients fondamentaux pour donner vie à un long-métrage. Ephraïm a 9 ans. Il a perdu sa mère et a trouvé pour substitut une brebis, Chuni, au pelage rouge flamboyant. Son père qui en assez de la sécheresse et de la misère le confie à la famille de son ex-femme avec son animal. La photographie est soignée, c'est le moins qu'on puisse dire. Yared Zeleke aime les paysages verts, les grandes étendues de montagnes, bref il aime son pays qu'il filme avec talent. Il aime moins ses personnages. On peut comprendre finalement que ce conte n'est qu'un prétexte à montrer un pays injustement inconnu du grand nombre, donnant à voir des étendues magnifiques. Pour autant, ce n'est pas suffisant pour faire du cinéma. Le spectateur ne vient pas voir un reportage géographique. Il vient à la rencontre d'un petit garçon, d'une famille et de villageois africains. Si le film avait choisi le parti pris du reportage, il n'en serait plus que remarquable. Zeleke a choisi le ton de la fable. On passe alors à côté de la plupart de ses personnages, sauf les femmes qui revendiquent leur émancipation. Car "Lamb" est un d'abord une allégorie sur la liberté. Le réalisateur brasse les thématiques de l'enfermement normatif et familial, voire même du genre. Ephraïm lutte pour se sauver. Il cuisine, vend sur le marché ses préparations, dans le but ultime de revenir chez lui avec son mouton et de retrouver son père. Mais son destin est à chaque fois contrarié par les évènements, les règles sociales, et il revient au même endroit, comme une sorte de boucle lancinante entre la maison familiale et les paysages. Il y a de l'inventivité, c'est certain. Il y a surtout la volonté de dénoncer un pays victime de ses propres empêchements, qu'ils soient religieux ou sociologiques. Néanmoins, si le voyage est agréable, il s'oublie vite à défaut d'un scénario plus construit qui s'attacherait à aimer ses personnages.
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 octobre 2015
Premier film éthiopien à être présenté à Cannes, il est le deuxième de l'année, après Difret, à parvenir sur nos écrans. Une bonne nouvelle tant le cinéma africain peine à exister, le devant exclusivement aux coproductions avec l'Europe. Ecrit et dirigé à hauteur d'enfant, le film de Yared Zekele rappelle à ses meilleurs moments Luigi Comencini, maître incontesté des récits d'apprentissage. Le contexte éthiopien (exode, sécheresse, cuisine, émancipation féminine, beauté de la nature) s'impose devant une fiction qui reste timorée avec une mise en scène purement illustrative (mais correcte, tout de même. Certes, on n'y décèle aucune tendance au misérabilisme mais sans colonne vertébrale solide, Lamb ne suscite pas une émotion particulière et se voit comme une oeuvre pastorale teintée d'un exotisme doux susceptible de plaire au public familial occidental.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 3 octobre 2015
Ephraïm est un Ethiopien d’une dizaine d’années. Il habite une terre rouge et ingrate frappée par la sècheresse. Sa mère est morte de famine et son père, qui part chercher du travail à la ville, le confie à des cousins ou l’herbe est plus verte. Mais pas question pour l’enfant de sacrifier sa brebis pour ne pas mourir de faim. Car dans son nouvel environnement, Chuni attise les convoitises…

Voilà pour le scénario, aussi mince que les habitants des hauts plateaux. Pour le reste, on est surtout dans une approche documentariste de la vie pastorale, avec représentations folkloriques soignées : vêtements chatoyants, danses à la veillée... Même si on préfère la dimension ethnologique du film, ou Ephraïm écarquille de grands yeux sombres et étonnés sur le monde qui l’entoure.

Mis à part les inconditionnels de Connaissance du Monde, Lamb pourrait être réservé aux moins de 12 ans. Du moins pour son histoire. Car les paysages étonnants et méconnus, plairont forcément à tous. Ils sont aussi magnifiques que remarquablement filmés. Avec autour de la hutte de vastes étendues battues par les vents et des forêts enchevêtrées qui proposent toutes les nuances de vert et tranchent avec l’aridité des terres volcaniques du début. Beau mais passablement naïf.
islander29

1 028 abonnés 2 663 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 octobre 2015
un film très doux, qui lorgne un peu du côté des enfants, n'hésitez pas à les envoyer.....Pour les adultes c'est un peu plus compliqué car le film est rempli de bons sentiments et de gentillesse.....Pour le moins on pourra admirer sans réserve la beauté des paysages éthiopiens (?), le dépaysement proposé et la peinture d'une Afrique rurale ou urbaine, les deux n'étant pas forcément éloignées , le film montre aussi certains caractères réconfortants de l'âme africaine et des petits détails notamment culinaires (la cuisine étant réservé aux femmes, et menaçant le genre du mâle)......On passe un bon moment, mais qui ne procure pas d'émerveillement, un moment de douceur et d'évasion.....Si vous en avez besoin, n'hésitez pas.......
Anne M.
Anne M.

85 abonnés 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 octobre 2015
Parti chercher du travail suite à la mort de sa femme, le père d’Ephraïm laisse son fils chez sa tante et sa famille. Ephraïm est inséparable de sa brebis, animal légué par sa mère, de plus il aime cuisiner -un comble pour un petit garçon issu des campagnes éthiopiennes- ce qui lui attire les foudres de son oncle qui cherche de l’aide pour les travaux des champs.

Projetant de partir, Ephraïm va construire des plans malins avec son imagination d’enfant, souvent rattrapé par la réalité il pourra cependant aussi compter sur l’aide des femmes, personnages hauts en couleur dans ce film.

Histoire racontée de façon simple et claire, avec souvent de magnifiques images très soignées, tout en douceur. Un très beau film.
alain-92

350 abonnés 1 078 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 octobre 2015
Le réalisateur Éthiopien Yared Zeleke, était présent au Festival de Cannes 2015, dans la section Un certain regard. " Reconnaissant, chanceux, et fier de représenter cette partie du monde" a-t-il déclaré. Une autre vue de son pays, après Difret, réalisé par Zeresenay Mehari, dont l'action se situait il y a presque vingt ans. Le film de Yared Zeleke se situe sur les hauts plateaux Éthiopiens. Un monde dans lequel "les hommes ne sont pas faits pour la cuisine". Mais un lieu où les femmes, les aïeules en particulier, ne s'en laissent pas compter. Après la mort de sa mère, un enfant de 9 ans, Ephraïm, n'a plus qu'une seule amie. Sa fidèle brebis, dénommée Chuni. Déraciné pour cause de sècheresse son père se voit contraint de le confier à un lointain parent. Si le réalisateur ne prend aucun risque, il démontre sa vision, existant entre une certaine modernité des villes et les campagnes reculées accrochées à des rites qui peuvent paraître d'un autre âge. Entre jeunes et aînés, la confrontation est souvent rude. En particulier avec l'attraction de la ville pour une jeune fille qui, en plus de lire le journal, refuse avec obstination de se plier à la tradition. Filmé dans un cadre majestueux, la directrice de la photo, Josée Deshaies, offre au spectateur des panoramas d'une grande beauté. Une invitation au rêve. Entre récit initiatique, rêve ou documentaire, Lamb est un film simple, beau et attachant. Le jeune Rediat Amare qui tient le rôle de l'enfant est particulièrement touchant.
Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 433 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2015
(...) Cette histoire simple est traitée sur un rythme doux en phase avec les nombreux déplacements, enrichie de passages documentaires sur le marché ou les danses traditionnelles. A la caméra et la lumière, Josée Deshaies (l'opératrice de Bertrand Bonello) arrive à rendre familiers les intérieurs tout en jouant sur la splendeur des paysages pour faire écho à la détermination d'Ephraïm. Il apparaît ainsi malgré son jeune âge comme un héros contradictoire, qui passe son temps à affirmer sa différence. Ses transgressions sont mal vécues mais séduisent les femmes et finissent par déstabiliser l'ordre établi. Au final, ce sera à son tour de se poser la question de l'ordre du monde où chaque être cherche sa liberté. Le film est ainsi finement initiatique et il ne serait pas étonnant qu'un jeune public y trouve plus d'enseignements que des adultes blasés.
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