Le Fils de Saul
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poet75
poet75

297 abonnés 703 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 novembre 2015
C'est une de mes convictions qu'il n'y a pas de sujet interdit au cinéma et ce film me donne l'occasion de le réaffirmer. Cela étant dit, il est des sujets qu'il faut manier avec la plus grande précaution tant ils exigent, de la part de celui qui les choisit et les met en scène (qui plus est dans une œuvre de fiction), des choix radicaux quant à ce qu'il convient de mettre ou non sous les yeux des spectateurs. Peut-être certains sujets ne devraient-ils être abordés que dans le cadre d'un documentaire... Un exemple remarquable vient de nous en être donné avec la sortie sur les écrans du « Bouton de Nacre » de Patricio Guzmán. Le hongrois László Nemes, lui, s'est aventuré sur un terrain bien plus risqué encore que celui d'évoquer des massacres d'Indiens et de partisans d'Allende au sud du Chili. Il a opté pour le sujet le plus délicat qui soit, celui qui, chaque fois qu'un réalisateur avait osé l'aborder jusqu'à présent, avait suscité de houleuses controverses, celui de la représentation de l'holocauste dans un film de fiction.
Or, non seulement la controverse n'a pas eu lieu, mais le film a été récompensé à Cannes par le Grand Prix et a reçu l'approbation de Claude Lanzmann qui a félicité le réalisateur quant à sa façon de procéder. Et c'est vrai que «Le Fils de Saul » se démarque beaucoup de ce qu'on a vu jusqu'à présent. Rien de semblable à la mise en scène déplorable de Gillo Pontecorvo dans « Kapo » (1960). Pas davantage de représentation comme dans le feuilleton télévisé « Holocauste » ou dans « La Liste de Schindler » de Steven Spielberg (1993). Ici, tout est concentré sur un homme, un membre du Sonderkommando d'Auschwitz-Birkenau, autrement dit un de ceux qui étaient sélectionnés par les nazis pour exécuter les basses besognes du camp en échange de quelques mois de survie supplémentaire. La caméra ne quitte, pour ainsi dire, jamais cet homme, laissant hors champ ou, souvent, dans le flou toutes les scènes d'horreur dont il est témoin. Fréquemment au cours du film, c'est la bande-son plus que l'image qui nous laisse percevoir qu'il se déroule des faits terrifiants.
Ces choix de mise en scène très radicaux sont pertinents, bien entendu, ils permettent d'éviter judicieusement le piège de la représentation. On ne peut reprocher au cinéaste d'avoir « filmé l'infilmable ». Mais ces choix comprennent aussi leur revers. Se concentrer sur un seul homme, comme le fait le cinéaste hongrois, c'est prendre le risque de faire de nous, qui sommes devant l'écran de cinéma, rien d'autre que des spectateurs admiratifs. Ce que nous voyons, c'est certes une histoire émouvante, celle d'un homme qui croit reconnaître son fils dans le cadavre d'un enfant et qui, de ce fait, cherche par tous les moyens à l'enterrer et à trouver un rabbin qui saura prononcer le kaddish, mais c'est aussi, qu'on le veuille ou non, une performance d'acteur. L'histoire est émouvante, comme je l'ai dit, (c'est bien le moins quand on a affaire à un tel sujet), mais elle risque d'être, en quelque sorte, parasitée tout du long et par le jeu de l'acteur principal et par les questions qu'on en vient inévitablement à se poser quant à la vraisemblance d'un tel récit. A chaque instant, on peut se demander si ce qu'on voit (car, malgré tout, on voit quelque chose) et si ce qu'on entend restent plausibles. Pour ne prendre qu'un exemple, lorsque Saul est surpris à l'infirmerie (où il n'a rien à faire) par des officiers nazis, la seule réaction, la seule sanction improvisée par un de ces derniers consiste à le railler et le ridiculiser puis à le renvoyer à son travail... Est-ce plausible ? Je pose la question...
Pour conclure, il me faut affirmer ma perplexité et mes hésitations. D'un côté, on ne peut que reconnaître que le réalisateur de ce film a réussi un véritable tour de force, évoquant avec intelligence le drame de l'holocauste sans jamais chercher à le représenter en tant que tel. De l'autre, on est en droit de demeurer insatisfait et d'oser admettre que jamais la fiction, quelle qu'elle soit et quel qu'en soit le réalisateur, ne pourra rendre compte, si peu que ce soit, de l'horreur de l'holocauste. Ce film peut, sans aucun doute, être considéré comme un jalon, mais son propos, de par sa nature même, reste cependant limité. 6,5/10
Guiciné
Guiciné

203 abonnés 1 325 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 novembre 2015
Un film qui m'a dérangé en rapport à la façon dont il est filmé, tout est mis en avant sur le personnage principal et le reste est totalement occulté de l'écran et n'est suggéré que par le son. Je n'ai ressenti aucunes émotions en rapport au thème, ce qui est bien dommage.
gimliamideselfes

3 416 abonnés 4 006 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 novembre 2015
Bof, c'est assez inintéressant comme film, pas que ça soit fondamentalement mauvais, mais bon j'ai vu ce film, je ne l'ai pas vu, c'est pareil, pas d'émotions d'aucune sorte, comme certains copient froidement les travellings de Max Ophüls certains copient froidement ceux des Dardenne.

En fait j'ai aimé le début du film, à part le tout début que je trouve assez "foutage de gueule en règle, façon je suis un artiste" avec le début du premier plan séquence qui est flou avant que Saul débarque devant la caméra. Que l'on ne montre pas le décor (c'est ça qui a dû plaire à Lanzmann) du camp parce qu'il est dans le flou je trouvais ça bien, mais de là à filmer du flou... surtout pour ouvrir le film... enfin... Donc le film commence et semble tenir son parti pris, la caméra qui suit Saul, tourne autour de lui, j'avoue avoir pensé à plusieurs reprises à la caméra libre d'un jeux vidéo où tu t'amuses à la tourner dans tous les sens... et le film n'est pas didactique, on ta balance juste une info sur un carton noir au début pour recontextualiser et c'est parti. Tout le reste on le déduit du peu que l'on voit.

Mais il y a quand même un problème majeur avec ce que l'on voit, c'est que l'on nous abreuve à cause du concept, du fait de vouloir en montrer le moins possible du camp (ce qui peut être louable là n'est pas la question), c'est qu'on a tout de suite que des gros plans et que ça, tout le temps, tout le temps, tout le temps. J'étais au fond de la salle, heureusement. Le second problème c'est que ce personnage n'est pas intéressant pour un sous, il est fou, alors c'est peut-être crédible dans le contexte, mais suivre un fou pour lequel je n'ai aucune empathie, ni même respect, ça me saoule très vite... Surtout en gros plan...

Et le format n'aide pas, je veux bien comprendre que toujours dans la même logique on ne va pas filmer ça en scope, ça aide aussi à créer un sentiment d'étouffement pas forcément malvenu, sauf qu'on étouffe avec notre fou.

Que le type soit pas le bon gars parfait je trouve ça bien et intéressant, mais il y a une différence entre écrire un personnage égoïste, ambigüe ou que sais-je un mec qui est clairement ravagé du bulbe.

Pour moi c'est ça le défaut, je m'en fous de ce gars, je m'en fous de sa quête, qui n'a aucun sens, qui est absurde au possible et qui n'a aucun intérêt. Pourquoi je m'intéresserais à ce gars là ? Parce que tu me le mets sous les yeux ? Non ça ne suffit pas.

Le seul moment du film où il a failli se passer quelque chose en terme d'émotion, de sentiment ou tout simplement de quelque chose d'intéressant qui ne soit dans l'absurdité la plus totale, c'est lorsqu'il se rend chez les femmes et qu'une femme qu'on ne connaît pas lui donne un paquet et prend sa main (bon c'est pas subtil comme plan), et c'est Saul qui va renoncer à cette marque de tendresse. Même dans Vénus Noire de Kechiche, lorsqu'on lui offre, le seul moment dans un film de plus de trois heures, un moment de tendresse, de sympathie ou que sais-je, elle ne le refuse pas.

De plus je ne comprends pas que ses camarades le couvrent, le type est perdu dans ses nuages et met tout le monde en danger...

En gros il y a des idées qui fonctionnent parce que le parti pris est intéressant (je pense au plan où on ramène Saul sur la berge de la rivière, à cause du cadre on ne voit pas le type arriver pour l'aider), mais sur la durée d'un film qui dure 1h47 c'est juste lassant de voir un pauvre type en gros plan complètement à la ramasse. Et la fin... pff... On a un plan artificiel au possible, tout ce que je déteste.

Mais ça ne chouine pas... Je ne vais pas lui enlever ça.

Je suis très mitigé, parce que oui c'est bien fait, mais c'est pas pour ça que c'est intéressant. Et c'est à cause même de l'idée du fils de Saul. Tant qu' à faire j'aurai préféré passer 1h47 à le voir jeter des cendres dans la rivière avec sa pelle et éviter l'ire des nazis plutôt que de le voir tenter d'enterrer un corps et emmerder tout le monde avec ça...
joelle g
joelle g

102 abonnés 945 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 novembre 2015
Je n'ai pas aimé ....et je comprends la controverse née lors de sa présentation à Cannes . Ok ! On essaie ..et on y arrive probablement à nous faire rentrer dans ce monde des camps de concentration et surtout celui des chambres à gaz et des fours crématoires....probablement du jamais vu ...en ce qui me concerne ....c'est abominable...sans mot pour le décrire....
Mais cette façon de filmer caméra sur l'épaule est pénible . De plus le scénario est touffu , et on s'ennuie ferme...dommage...vraiment dommage....et decevant.....
DarkAkuma02
DarkAkuma02

61 abonnés 506 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 18 novembre 2015
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, un prisonnier hongrois est contraint de travailler dans un camp de concentration dans l'attente d'être exécuté. Découvrant que son fils a été tué dans une chambre à gaz, sa priorité va être que ce dernier soit enterré dignement.
Je suis allé voir ce film sans en connaître le sujet et j'ai été vraiment déçu. La démarche du réalisateur László Nemes de montrer la manière dont fonctionnait un camp à travers les yeux d'un prisonnier forcé à y travailler est certes originale et digne d' un intérêt historique. Cependant, j'ai trouvé ce long-métrage particulièrement austère. Même s'il ne pouvait pas en être autrement au vu du sujet, j'estime que la manière dont il est fait le rend particulièrement long sans être intéressant. La caméra suit sobrement le protagoniste dans ses recherches, même quand il n'y a rien de particulier à voir. De plus, j'ai trouvé le personnage principal particulièrement antipathique, spoiler: surtout à partir du moment où il met en péril le plan de révolte fomenté par ses codétenus car il souhaite privilégier de manière très égoïste l'enterrement de son fils
. Cela pose la question de l'impact des intérêts personnels au détriment du collectif et pourrait prêter à réflexion dans d'autres circonstances, mais j'ai trouvé cela très malvenu dans ce récit car très déplacé et trop lourd de conséquences. A la fin, je n'ai pas vraiment su ce qui était à retenir. Il est important que ce genre d'histoire existe, mais j'estime qu'il y avait ici trop de défauts pour constituer un film de qualité.
Marceau G.
Marceau G.

420 abonnés 365 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 décembre 2015
Une œuvre unique sur la Shoah et l'enfer des camps. Prix du jury lors du 68ème festival de Cannes, "Le Fils de Saul" décrit de manière inédite l'innommable entreprise nazie en centrant le récit sur un seul personnage, présent à l'écran 90 % du temps. L'enjeu pour László Nemes, le réalisateur, est de raconter cette horreur qu'est l'extermination des juifs (mais aussi des tziganes, homosexuels, opposants…) à travers un angle non pas global mais intimiste, en suivant un personnage en particulier qui évolue tout au long d'une journée dans le camp d'Auschwitz-Birkenau, montrant par la même occasion les dessous et les réalités des camps. L'enjeu est aussi d'enfermer le spectateur avec le protagoniste en resserrant au maximum le cadre afin de travailler sur le hors-champ grâce à un mixage sonore exceptionnel et à une focale destinée à flouter l'arrière-plan. Ainsi, on entend l'horreur plus qu'on ne la voit. On la ressent donc infiniment plus, celle-ci étant suggérée constamment à travers les effets sonores : les ordres beuglés en allemand, les lamentations et les cris de terreur en yiddish, les coups de feu, les coups de pelle, le bruit incessant et terrifiant des fours crématoires qui semblent respirer… On est littéralement embarqué dans le quotidien de Saul, le protagoniste, membre du Sonderkommando, ni bon ni mauvais, juste un prisonnier au statut un peu plus spécial que les autres qui ne vit qu'avec la mort en attendant la sienne… Il tentera cependant de trouver la rédemption en essayant de donner une sépulture décente (un enterrement, rien de plus) à un enfant rescapé du gazage qu'il prendra pour son fils... Avec "Saul Fia", László Nemes a fait très fort, car il a réussit à réaliser une œuvre radicale et on ne peut plus intense sur la Shoah tout en apportant un regard pudique et digne sur le sujet, à faire un film ultra-réaliste et saisissant, tout en n'exhibant que très peu de choses. Il a préféré "ne rien montrer pour mieux dénoncer", on l'en remercie.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 12 novembre 2015
L'intrigue est inutile et casse-pied, dommage, dans un tel contexte, de faire un film aussi mauvais.
Le festival de Cannes confirme une fois de plus son inutilité.
labellejardinière
labellejardinière

97 abonnés 276 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 24 avril 2016
C'est moche (je parle du "style", des prises de vue..), c'est barbant, c'est un exercice de voyeurisme sans recul..... Ce "reportage" (rétrospectif et "chaloupé" - caméra à l'épaule oblige) sur un "camp de la mort" nazi n'a aucun intérêt cinématographique, ni historique, ni critique, ni humain... Il est donc logique que le boboland célèbre ce machin nullissime, et que Cannes, puis les Oscars le récompensent... Le public (le vrai) n'apprécie pas ? Quelle importance ? Les "élites" n'en ont cure, évidemment.
SebLefr3nch
SebLefr3nch

219 abonnés 691 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 novembre 2015
L'année 2015 est un sacré cru pour le Festival de Cannes. Ce Grand Prix, largement mérité, nous emmène dans la vie d'un Sonderkommando, déporté travaillant dans les camps de la mort, qui souhaite enterrer dignement le corps d'un jeune garçon qu'il dit être son fils. On peut dire qu'il y a vraiment deux histoires dans ce film: celle de Saul qui cherche un Rabbin pour enterrer l'enfant et celle du camp d'extermination car nous visitons avec Saul cette usine infernale comprenant chaque étape de son fonctionnement et ça nous donne froid dans le dos. Tout au long du film, la caméra colle au visage de Saul et ne le lâche pratiquement jamais. C'est une esthétique particulière mais qui nous permet de bien cerner la volonté du personnage tout en nous rendons compte du "décor" dans lequel il vit, qu'elles sont ses tâches et de l'enfer quotidien qu'il ne voit même plus. Le travail sonore est assez impressionnant car les plans larges n'existent pas mais on se rend toujours compte de ce qui entourent le personnage principal. Un sacré tour de force qui va faire parler de son réalisateur pour un bon moment.
dominique P.

901 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 novembre 2015
C'est un film remarquable qu'il faut vraiment voir.
Je ne comprends pas du tout les mauvaises critiques que je trouve irrespectueuses.
I'm A Rocket Man

385 abonnés 3 723 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 février 2017
En voyant que ce film avait raflé toutes les récompenses dans les catégories films étrangers, je me suis dit que j'allais assister à un grand moment de cinéma, poignant et touchant comme je les aime...et bien j'ai été bien calmé !!! Je me suis rarement autant ennuyé devant un film !!! Il ne se passe rien du tout mais alors rien du tout !!! Et surtout ce qui m'a gêné le plus, c'est le jeu de l'acteur qui a la même expression du début à la fin...alors certes le sujet est affreux, l'immersion dans les camps de l'horreur est totale et c'est louable et ignoble mais c'est vraiment trop pénible à suivre désolé !! Je n'ai pas réussi personnellement !!
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 6 novembre 2015
Des prisonniers juifs dans un camp de concentration sont chargés par les Nazis de conduire leurs coreligionnaires dans les chambres à gaz, de nettoyer les traces, de jeter les cendres des morts...
On assiste à cette mécanique, industrie de l'horreur, embarqués dans le point de vue de Saul.
Pourquoi ces prisonniers ne se révoltent pas ? Pourquoi, alors qu'ils se savent condamnés, obéissent-ils aux ordres ignobles ? Pourquoi ne s'unissent-ils pas pour lancer une mutinerie ? Ces questions restent sans réponses.
Le film montre Saul et les autres accomplir leur besogne tel des automates. Mais lorsque Saul croit reconnaitre son fils parmi les cadavres, il s'obstine à trouver un rabbin afin d'enterrer l'enfant religieusement.
Un désir qui parait absurde, grotesque, face à l'horreur qui se trame.
Saul conduit sans rechigner les siens à la mort, fouille leurs vêtements à la recherche d'or, manipule benoîtement les cadavres, mais ne s'éveille et ne s'anime que lorsqu'il s'agit de mener à bien sa quête d'un rabbin.
Le désir incohérent du personnage principal met donc mal à l'aise et empêche tout empathie.
Reste à regarder les prétentions formalistes arrogantes du réalisateur qui pense sans doute que la gravité du sujet et de sa mise en scène suffiront à faire taire toute critique.
scrabble
scrabble

36 abonnés 467 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 7 novembre 2015
un film aussi mauvais ayant remporté le prix du jury à Cannes wouah !!!! la base du film était les 2 préceptes du judaïsme l'interdiction d'autopsier et d'incinérer. malheureusement ce n'était pas étayé. par contre la mutinerie, qui à mon sens, n'avait rien à voir avec le titre, alors là on en a bouffé. les kapos ne sont pas crédibles dans leur soutien. tellement le film est flouté qu'on ne reconnaissait pas les acteurs. si le réalisateur a voulu flouté les images dures de cette maudite période, les cris sont très traumatisant. franchement je ne. lis pas où vont les 4 étoiles. on s'ennuie à mourir et heureusement pas sous une douche !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 novembre 2015
Le fils de Saul n’est pas un film aimable. Ceux qui pensent y trouver une émotion, voire même une empathie seront sans doute déçus. Le choix du format, le parti pris de la mise en scène, le personnage central même, tout nous rebute a priori. C’est qu’en fait loin de nous convoquer comme témoins, le film nous pose la question toujours renouvelée de savoir « ce qu’il reste d’Auschwitz". Déjà Primo Levi nous avait prévenu : les principaux témoins, c'est-à-dire les foules effacées littéralement par l’hubris nazie se sont dissipées en fumée. De leur présence, il ne reste à l’image que ces personnages floutés en arrière plan ; ces corps dénudés niés dans le langage même des bourreaux qui ne les désignent que comme des « pièces » dont il faut se débarrasser, ce cadavre recouvert d’un tissu qu’on transporte d’un plan à l’autre dans la dernière partie du récit sans jamais lui trouver un lieu de repos, ces paroles éparses souvent réduites en murmures ou en cris incompréhensibles affrontant dans le hors champ l’horreur de l’anéantissement.
Le personnage principal, comme nous le rappelle le carton du début, appartient à cette catégorie des « sonderkommandos » (rappelons-nous c’était déjà avec un des leurs que Lanzmann ouvrait Shoa) dont le travail (et quel travail ! le film ne cesse de nous en rendre perceptible la difficulté concrète) était essentiellement de faire disparaître ces corps et leurs « effets » avant d’être eux-mêmes voués à la destruction.
Avant la révolte, avant le sursaut de dignité que certains ourdissent hors du champ de notre vision, d’autres tentent en vain de fixer les traces du massacres ; un appareil photo sera leur instrument, mais la fumée du brasier rend impossible leur tache – ces photos existent, elles ont vraiment été prise, poignants témoignages de l’impuissance à témoigner justement.
Et puis parmi eux tous il y a cet homme halluciné qui sera notre Virgile dans cet enfer : Saul. Il croit reconnaître un fils parmi les victimes d’un convoi qu’il est chargé d’effacer. L’enfant, contre tout attente survit, tout suffoquant, au gazage, le temps d’un plan séquence. Saul allez savoir pourquoi se met en tête d’arracher cette dépouille à la disparition programmée : c’est tout le sujet du film ; comme une métaphore du geste même qu’a entrepris le réalisateur. Offrir une sépulture à ce corps c’est, d’une certaine manière sauver de l’oubli et de la disparition tous ces corps suppliciés. C’est vrai, c’est inutile, d’autres urgences devraient le conduire sur la voie de la révolte et de la résistance ; mais il ne travaille pas pour le présent : son omniprésence à l’image n’est que la négatif de la totale absence de ceux qui sont engloutis.
Comment comprendre depuis notre absolue étrangeté à ce monde, cette obsession-là ? Comment approcher, même en gros plan, l’image que poursuivent ces yeux grands ouverts sur l’innommable ? Oui, décidément, le cinéma est un art de l’invisible, il ne nous atteint jamais autant que lorsqu’il ne nous montre pas, et curieusement l’invisible est une rumeur en dehors du plan, un bruit omniprésent qui nous effraie et nous obsède.
Nyns
Nyns

245 abonnés 749 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 30 septembre 2016
La torture moderne c'est le film d'auteur. Je ne comprends pas que l'on puisse s'affliger cela tout en étant dans l'empathie avec le projet entrepris. Il est clair que Saul Fia n'a pas son histoire à lui, tout n'est que prétexte pour nous montrer ce côté méconnu de la Shoah, ces membres du Sonderkommando, travaillant du côté opérationnel de l'extermination de leur semblables. Donc pour faire court, ce prétexte ne m'a pas suffit, il se rajoute même à l'incrédulité apporté par cette expérience. Déjà visionner un film sur les camps de concentrations, je ne suis pas pour à la base. J'estime, et Sauf Fia n'a fait que confirmer ma pensée, que ce que j'ai appris dans les livres d'histoire m'a suffisamment choqué et imprégné, pour que des images bien réalistes viennent s'ajouter au traumatisme. Je suis en totale contradiction avec le réalisateur, selon moi, en choisissant ce décors bien particulier, il faut romancer, rendre le tout esthétique et cinégénique, car rien ne permet de créer une osmose ici. L'entreprise est vaine, dans le sens ou les personnes intéressées par ce genre de film sont toutes convaincues que ce genre d'abomination n'aurait jamais du être possible. Puis dans la forme, au secours. Ces plans séquences caméra à l'épaule sont d'un supplice sans nom, il est très, très difficile de rester impliqué, tant il rend hermétique un quelconque entrain du visionnage. On reste focalisé sur le personnage de Saul, OK je pense que tout le monde a compris l'idée, faite moi signe si vous avez trouvé ça transgressif. En bref si ennuyant que la sensibilité ne se manifeste même pas, nous offrir toutes ces caractéristiques bien connues (la logistique sans faille, le mensonge pour rentrer dans les douches, le recours au fusillade quand surnombre, la brutalité des S.S.) brut de forme n'est que facilité et absence artistique. Le fils de Saul, pour ma part, n'apporte vraiment rien à l'histoire du cinéma, c'est un film qui rentre dans les codes d'une mode chez un certain nombre de réalisateur actuels aguerris par leur persuasion d'offrir de l'uppercut visuel subtil, il n'en est rien.
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