Le Fils de Saul
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NewBoorn
NewBoorn

70 abonnés 576 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 juin 2016
Bizarrement, malgré toute l'horreur filmée ici de façon atypique, via des flous et caméra très près de l'acteur, l'oeuvre ne m'a pas vraiment passionnée. Ce choix esthétique, s'il l'on peut le qualifier de "pertinent", manque parfois de tranchant. Le personnage est malheureusement pour moi le point faible de l'oeuvre, il est globalement inexpressif et ne dégage pas grand chose, nous plongeant parfois même dans l'ennui. Reste que l'ensemble est quand même marquant, comme s'il l'on était plongé réellement dans l'enfer d'Aushwitz, même si le réalisateur hongrois ne se base que sur des témoignages. A la limite de la reconstitution documentaire, "Le fils de Saul" ne captivera pas tout le monde mais a quand même l'immense mérite d'exister.
Kilian Dayer
Kilian Dayer

130 abonnés 838 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 mars 2016
Il est de ces films qu’il est parfois difficile de dénigrer, notamment face à l’enthousiasme généralisé des critiques, du public, et dans le cas présent, du jury cannois. Oui, Le fils de Saul, film du cinéaste hongrois Laszlo Nemes est reparti de la Croisette, en mai 2015, avec un Grand Prix en poche. Volé? Sans doute que non. Pour autant, cette nouvelle plongée dans l’horreur incommensurable des camps de la mort nazis, Auschwitz, le pire d’entre tous, ne satisfait qu’en partie le curieux passionné de cette triste époque qui réside en moi. Le cinéaste aux commandes de cette production, sur le papier, audacieuse, caractérisée par un budget réduit qui découragerait tout un chacun, s’emploie à offrir une nouvelle vision de l’holocauste, vu de l’intérieur, vu de son cœur même. Faisant le choix du format 4:3, usant et abusant des flous pour masquer à la fois l’horreur du contexte et son manque de moyens, rivant strictement sa caméra sur le protagoniste principal, Laszlo Nemes redouble d’inventivité pour tenter d’innover, pour faire de son brûlot sur l’une des plus grande tragédie humaine, une œuvre purement artistique.

Nous voici donc dans les guêtres d’un déporté, Saul, assigné, dans les murs de la plus terrible des usines de mort, dans les rangs du Sonderkommando, juifs forcés d’assister les officiers SS et autres bourreaux hiérarchisés dans leur tâches de purification ethnique. Saul et ses compagnons d’infortune, le mot est faible, guident le cortège funeste à l’entrée des douches, vident par la suite ces mêmes douches de ses occupants décédés, les menant jusqu’aux fours. Vient ensuite le temps de la fouille, la saisie des biens perdus dans les poches des défunts. Viennent aussi parfois les sessions de débarras des cendres dans la rivière et j’en passe et des plus terribles. Pire encore, malgré leurs tâches horrifiantes, leurs statuts condamnent pourtant ses hommes à un mort imminente. Un sale boulot que de nouveaux arrivants pourront exécuter. Le temps est compté lorsque Saul découvre, à la sortie d’une séquence de gazage éprouvante, son fils parmi les victimes. L’homme, qui n’a plus rien et surtout plus rien à perdre, décide de tout tenter pour offrir une sépulture décante à sa descendance perdue.

Il s’agit ici de narrer l’obstination d’un condamné à mort et à l’horreur pour rendre respect à son fils. Touchant, surtout du fait de l’inhumanité ambiante. Les bourreaux sont inhumains, mais pire encore, les forçats le sont aussi, à force de côtoyer l’enfer et à défauts d’un espoir auquel se rapprocher. Offrir une sépulture à ce gamin est sans doute la preuve ultime d’humanité dans tout cet enfer, le moyen, sans doute le dernier, pour Saul d’exister, de rester un homme. Son objectif n’étant pas déjà assez complexe à mettre en œuvre, voilà qu’un vent de révolte souffle fort dans les rangs des Sonderkommandos. Sur le papier, en effet, tout ça fait belle figure. En réalité, la mise en scène pleine de partis-pris artistiques ne permet que partiellement l’immersion, du moins une immersion telle qu’espérée. Tout n’est finalement que point de vue unique, dans le fils de Saul, la caméra à l’épaule ne quittant jamais le dénommé Saul, le reste se jouant dans un flou souvent perturbant et par un incessant fond sonore composé de hurlements en allemands ou autre langes slaves, sans la moindre partition musicale.

Vous l’aurez compris, Le fils de Saul, c’est une autre façon de revisiter l’histoire, une façon charmante, d’apparence, mais finalement flémarde, à mon propre sens. Oui, ce format réduit, cette caméra à l’épaule tremblotante, ce flou exacerbé qui irrite l’œil, tout ça tend à faire penser aux productions qui utilisent le contraste mal calibré, ou les prises de vues nocturnes, pour masquer les défaillances de mise en scène. Oui, le manque de moyens n’excuse pas tout. On peut tout de même saluer les efforts de Laszlo Nemes, qui s’il ne passionne pas vraiment, ose au moins affronter l’horreur des camps de concentration très frontalement. J’ai donc la fâcheuse tendance de considérer ce film récompensé comme un devoir de mémoire avant d’être un œuvre de cinéma. Peut-être fais-je erreur. 08/20
nathalie R
nathalie R

13 abonnés 227 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 novembre 2015
Une expérience cinématographique, un prototype : ce film est incontestablement hors du commun. Le spectateur vit une expérience sensorielle insupportable. Nous sommes plongés dans le bruit, en apnée, avec très peu de lumière, rivé au regard de Saul. Sa quête le conduit dans chaque recoin du camp, ce qui nous permet de "voir" l'étendue de la machinerie de l'extermination. On franchit toutes les barrières de la barbarie. Un choc !
guifed
guifed

76 abonnés 287 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 novembre 2015
Des râles d'enfant comme une étincelle. Saul l'entend gémir et se retourne soudain, comme s'il se réveillait d'un sommeil profond, d'une anesthésie générale qui aurait mal tourné. Cet enfant, ce petit être qui a miraculeusement survécu aux chambres à gaz, ce bout d'homme qui n'a pas voulu s'éteindre, mais qui disparaitra inévitablement dans quelques minutes, c'est son fils. Ce sera son fils, jusqu'au bout. Lui qui s'était déjà abandonné aux feux de l'enfer, il en sortira pour être père une dernière fois. Ou une première fois.

Caméra braquée sur le visage de Saul, ou sur sa nuque, le film ne nous laisse jamais respirer. Il nous emprisonne dans cette cave infernale, nous nous retrouvons au milieu de ces damnés, plongés, noyés dans l'ambiance des camps d'extermination. Le film tourne à l'expérience, à l'épreuve, tant il invite le spectateur à prendre part à l'abomination. Si l'on aura du mal à s'y faire, on s'habitue peu à peu, comme les yeux s'accommodent lentement de la pénombre. Et à la fin, l'impression d'avoir assisté à ce que le cinéma peut faire de mieux en termes d'immersion.

Saul s'investit d'une mission. D'une seule. S'échapper n'est plus envisageable; à quoi bon quitter l'enfer pour en retrouver un autre, celui des remords, du jugement, du deuil. Non, plus qu'un sens à la vie: faire honneur à l'innocence et à la pureté. Ainsi, il laissera tomber ses acolytes dans leur tentative d'évasion, et n'aura qu'une idée en tête: trouver un rabbin, et enterrer le petit dans les règles de l'art, si on peut dire.

La dernière séquence, empreinte d'une mysticité fascinante, conclut le travail en beauté. On a là un ouvrage si abouti qu'il ne semble plus ouvrage, mais oeuvre. Bande-son, éclairage, mise en scène: tout est parfait. Ne reste que l'aridité, clairement voulue, du propos. En retour, le spectateur n'éprouve ni empathie ni pitié pour le personnage. Seulement le choc et la tourmente d'avoir vécu l'holocauste, d'être aller explorer plus loin encore que ne le font livres d'histoires ou documentaires, les tréfonds de l'abomination humaine. De sa propre âme.

Un enfant. Il en reste. De l'humanité, de l'innocence, de la pureté; tout ce qu'il avait voulu honorer en sauvant le cadavre de son "fils". Là devant lui. Alors, un large sourire à la mort, qu'il sait irrémédiable et qu'il peut maintenant toiser de sa hauteur retrouvée.
Spe64
Spe64

26 abonnés 191 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 novembre 2015
Le Fils de Saul, filmé en 1.37, en pellicule avec une photographie terne pour une grande sensation d'oppression dans cet enfer d'Auschwitz avec cette caméra original comme si l'on suivait notre personnage principal à la trace sans jamais pouvoir s'en détacher..
Une immersion avec les Sonderkommando et leurs ciblent dans le dos...assez dur, pas toujours agréable à suivre mais globalement très prenant, un film qui devrait rester en mémoire un moment..
Manuel L.
Manuel L.

3 abonnés 76 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 novembre 2015
Je ne suis pas sûr que le concept d'immersion poussé à l'extrême (gros plan sur le personnage principal sonderkommando et seconds plans fréquemment foutés,un contexte d'urgence permanente) serve vraiment le propos; ici, il sert plutôt à masquer une pauvreté de scénario sur fond d'une horreur par ailleurs connue.Peut-être qu'un scénario du point de vue des bourreaux qui mettrait en évidence la logique froide de système vaudrait mieux.
Pauline_R
Pauline_R

195 abonnés 398 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 novembre 2015
Je suis restée plusieurs secondes scotchée à mon siège après le générique tant ce film est à la fois implacable et irrespirable de bout en bout. Il hante le spectateur de longues minutes après sa fin. Filmées selon le point de vue du personnage principal, quasi en mode zombie, les images se révèlent à la fois fortes et pudiques, la plupart du temps en gros plan sur Saul avec des floutages bienvenus, laissant place aux sons (insoutenables) et à l'imagination du spectateur. Cela rend le film presque froid, clinique, mais mais non puissant et essentiel, car ne sombrant jamais dans le pathos ou l'exhibition. Un film dans l'histoire du cinéma et pour l'Histoire.
Carlos Stins
Carlos Stins

88 abonnés 657 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mai 2018
Le film avait fais polémique lors de sa projection à Cannes il y a maintenant trois ans et je comprends pourquoi tant "Le fils de Saul" a tout pour déstabiliser. Le film nous immerge dans l'enfer des camps d'extermination nazis comme peu, sinon aucun, ne l'avait fais auparavant, la faute à une mise en scène impressionnante de László Nemes. Ce dernier use du plan-séquence avec autant de maestria qu'un Alfonso Cuaron pour des scènes à couper souffle, bluffantes de réalisme. On peut également s'arrêter sur l’impressionnante maîtrise du hors-champ dont fait preuve cinéaste hongrois, l'horreur se situant souvent très intelligemment hors du cadre, ce qui n’atténue en rien la violence des scènes (au contraire même) et permet au film de ne pas tomber dans une forme de complaisance. Loin de faire simplement dans l'exercice style gratuit et tape à l’œil, László Nemes suit un seul et unique personnage du début à la fin afin de mieux décrypter les réactions d'un homme face à des horreurs qui dépassent l'entendement. Ce parti-pris fait à mon sens la force du long-métrage autant qu'il le dessert dans la mesure où, à force de coller sa caméra sur son personnage principal, le spectateur en perd toute vision globale et se trouve imperméable aux émotions que le film essaie de transmettre. C'est la vision même du cinéaste qui se retrouve alors bridée, celui-ci apportant une réflexion finalement très limitée sur un sujet souvent abordé au cinéma et livrant une ouvre au potentiel émotionnel réduit. C'est en tout cas ce que j'ai ressenti devant "Le fils de Saul", un film osé mais limité par sa démarche qui reste tout de même à mon sens une expérience de cinéma assez unique à ne pas manquer.
Fêtons le cinéma

857 abonnés 3 693 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 mai 2019
En deux longs-métrages, Laszlo Nemes a su définir ce qui faisait son expression cinématographique : une focalisation resserrée sur le protagoniste principal, un goût pour la reconstitution minimaliste de l’Histoire où la simple évolution de ce même protagoniste au sein de l’espace doit suffire à engendrer une impression de réel, un recours aux plans longs qui embrassent l’ampleur d’une action sans en organiser ni la logique ni la dynamique par le biais d’effets de montage. Sous la forme d’un processus, son cinéma est donc à la fois très enfermé sur lui-même et s’ouvre pourtant aux hasards que le destin individuel rencontre. Ce destin, c’est la machine sociétale en pleine expansion, c’est le fracas des constructions humaines porteuses de destruction, c’est l’errance d’un être au sein de cette Histoire, perdu dans la recherche d’un lien familial à restaurer. Le Fils de Saul capte les terreurs sourdes d’un père désireux d’offrir à un fils défunt qu'il pense être le sien une extrême-onction religieuse : dans l’horreur des camps d’extermination, Nemes suit ce père des caves obscures jusqu’à la lumière obtenue après moult épreuves. Car le film est un combat de la lumière contre l’obscurité, le cri étouffé d’un homme aux allures d’automate qui, pourtant, conserve en lui ces fragments de sublime qui le raccordent à l’humanité triomphante, dans un au-delà de l’horreur ambiante. Le titre choisi par le cinéaste s’avère tout à fait intéressant : il est question du fils et non du père, ce qui charge la focalisation adoptée ici d’une déficience fondamentale ; le père ne campe qu’une fonction complémentaire, preuve s’il en fallait trouver une que le point de vue adopter par Nemes n’est pas bêtement immersif, à la manière d’un jeu vidéo par exemple où le joueur serait le héros, mais se pense comme une descente dans la mémoire brouillée et brûlante de la Shoah. De même que le personnage principal ne parle pas la langue de l’ennemi et se contente de répéter des bribes de mots pris çà et là, le spectateur doit reconstruire mentalement les structures physiques et idéologiques à l’origine de ce drame et que le cinéaste a évacuées. Il faut entreprendre ce chemin de croix, aussi douloureux et pénible puisse-t-il être, non pour dire « j’y étais », mais pour dire au contraire « je n’y étais pas et je ne veux jamais vivre cela ». L’expression cinématographique de Nemes se tient là tout entière : la transmission de la marche de l’Histoire à échelle individuelle, dans le chaos de sa réalisation. La clausule du métrage propose d’ailleurs une transmission de cette mémoire, lorsque le jeune garçon prend la fuite au son des coups de feu et disparaît dans la nature, emportant avec lui les images, les espoirs et la parole.
Sally Ecran et toile
Sally Ecran et toile

72 abonnés 304 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 novembre 2015
A la lecture du pitch, d’aucuns penseront que « Le fils de Saul » est un ènième film sur la Shoah. Et pourtant ! Totalement inédit, dans l’angle choisi et dans sa réalisation, le premier- long métrage de László Nemes est bien loin de ce que l’on a pu voir jusqu’ici. « La liste de Schindler », « La vie est Belle », « Le garçon au pyjama rayé », « Shoah », nombreux sont les films abordant la terrible thématique des camps d’extermination. Mais ici, tout est différent, bien plus grave, bien plus immersif. Non pas parce que Nemes a voulu faire dans le « trash », loin de là ! Il a justement choisi la pudeur, la suggestion plutôt que la démonstration. En personnifiant son récit en la personne de Saul, un Sonderkommando, il filme les tabous avec beaucoup d’empathie et nous emmène dans une réflexion sur l’abomination des camps de la mort.

Pour le réalisateur, dont une partie de sa famille a été endeuillée par la Shoah, ce sujet a une place centrale dans la mémoire de sa famille. Il dira d'ailleurs à ce sujet "C‘était un sujet de conversation quotidien. « Le mal était fait, me disait-on quand j’étais petit. Cela ressemblait à un trou noir, creusé au milieu de nous ; quelque chose s’était brisé et me maintenait à l’écart. Longtemps, je n’ai pas compris. A un moment, il s’est agi pour moi de rétablir un lien avec cette histoire".

Le film choisi aussi de présenter les Sonderkommando dont on connaît peu l’existence. Ces prisonniers étaient choisis par les SS pour accompagner les autres prisonniers jusqu’aux chambres à gaz. Puis, une fois l'horreur passée, ils étaient chargés de brûler les corps après avoir nettoyés les lieux le plus rapidement possible afin d'accueillir de nouveaux convois et d'entretenir ainsi ce cycle de la mort. Les historiens estiment qu'à l’été 1944, elle fonctionne à plein régime (plusieurs milliers de juifs assassinés par jour). Les membres de ces Sonderkommando recevaient globalement un meilleur traitement que leurs semblables (nourriture, liberté de mouvement réduite, etc..) Cependant, leur tâche est épuisante et monstrueuse. La vie de ces hommes ne vaut guère plus que les autres. Aussi, ces derniers étaient éliminés au bout de quelques mois afin de ne laisser aucune trace.

Le vrai tour de force du film a été de choisir Géza Röhrig pour incarner Saul. Ecrivain et poète hongrois, c’est la première fois qu’il met les pieds sur un plateau de cinéma. C’est d’autant plus incroyable quand on voit l’intensité de son jeu que bien de comédiens peuvent lui envier. C’est après une visite à Auschwitz que Géza décide de pratiquer sa foi juive. Il publie d’ailleurs deux recueils de poésie sur la Shoah : « Livre d’incinération » (« Hamvasztókönyv ») et « Captivité » (« Fogság »). C’est peut-être pour ces raisons que le réalisateur à confier ce rôle à l’écrivain? Toujours est-il que le choix est brillant et le résultat d’une authenticité impressionnante.

Tout le film est ainsi construit autour de Saul, figure centrale qui erre dans les camps à la recherche d'un Rabbin pouvant enterrer dignement son fils. On étouffe comme le personnage, on se perd dans le camp, on cherche une épaule, une aide et on ne peut qu’espérer voir son projet aboutir avec humanité.

Fait marquant, l’absence totale de musique, celle-ci laissant la place aux sons liés à la vie du camp : dialogues dans différentes langues, tirs, coups, hurlements, machinerie, tout est assourdissant.

Les images suggérées sont parfois écoeurantes, mais la réalité ne l’était-elle pas ? La volonté du réalisateur n'a jamais été de montrer crûment l'horreur du génocide. Ici, nous percevons de la pudeur, du respect dans le traitement filmique envers ce passé pas si lointain. Cela se traduit par un mouvement de caméra extrêmement proche du personnage de Saul, mais sans jamais rien montrer explicitement. Nous sommes happés avec lui dans les chambres à gaz, puis au dehors dans une quête macabre mais tellement digne. Lorsque la vue de Saul se brouille à force d’en avoir trop vu, c'est la caméra qui devient floue. Lorsqu'il erre de façon fantomatique dans les dédales de l'antichambre de la mort, c'est la caméra qui ne capte plus aucune couleur, aucune vie…Lorsque les cris se font entendre, nous entendons aussi battre un peu plus vite le cœur du protagoniste et lisons le drame qui se joue…directement sur le visage de celui-ci. Nous vivons à son rythme, souffrons avec lui, partageons sa condition d'un père déjà mort de l'intérieur. Tel un zombie, il ne côtoiera plus vraiment les vivants, mais n'est pas encore éteint ; pas avant d'avoir accompli sa mission. Il survit...Il ne vit plus...et nous non plus
etoile2503
etoile2503

11 abonnés 183 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 avril 2016
pas de mots pour décrire ce film , un chef d'oeuvre absolu
on apprend tellement sur cette période noire de notre siècle, j ai eu des larmes , de la colère , la révolte
à voir pour ne jamais oublier
JEANRENE43
JEANRENE43

11 abonnés 154 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2015
Le fils de Saul est un film sur les Sonderkommando dans le camp de Auschwitz-Birkenau, l'un des plus sinistres camps de la mort, d'extermination des juifs de toute l'Europe. Les Sonderkommando sont des juifs épargnés temporairement, utilisés comme main d'oeuvre pour exterminer leurs frères en judaïsme. Saul est l'un de ces travailleurs. Ils sont tenus de retirer les vêtements et effets dans les vestiaires des personnes en cours de gazage, puis de retirer les corps, laver la salle pour lui redonner l'apparence de douche collective, alimenter les fours, retirer les cendres et les répandre dans la rivière. Ils sont périodiquement tués donc remplacés pour que personne ne puisse témoigner. Pendant cette période, les Sonderkommando sont mieux nourris que ceux utilisés pour travailler dans les usines chimiques proches et disposent de plus de liberté. Saul pense reconnaître son fils dans les traits d'un jeune adolescent. Il veut lui donner une sépulture en présence d'un rabin. Le film a deux thèmes: témoigner une fois de plus sur la Shoah d'une part et l'énergie et astuces de ce père pour donner une sépulture digne à son fils d'autre part. Je pense que c'est une sorte de métaphore: cette sépulture, c'est la dignité humaine vécue et réalisée pleinement dans cet enfer malgré une organisation impitoyable qui tue au moindre écart. Les deux objectifs sont traités avec justesse. On ne ressort pas de la séance indemne. Il faut voir ce film, c'est un devoir.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 11 juin 2016
J'étais particulièrement impatient de voir ce film si encensé par toutes les critiques professionnelles... Quelle déception !!! Les prises de vues façon "reportage" (comme pour faire croire que ce n'est pas de la fiction) est indigeste voire déloyale pour le moins orienté, le son mal mixé, l'histoire inexistante, les milliers gros plans trop lourds... Bref, une catastrophe pour un sujet essentiel qui mériterait bien mieux !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 31 janvier 2016
Bon, par où commencer. Mon avis sur ce film est assez mitigé, je lui trouve des qualités évidentes mais néanmoins quelques défauts aussi à mes yeux. Le sujet est bien entendu passionnant, plutôt bien exploité, cependant j'y trouve un léger manque d'authenticité, non dans l'ambiance, ni dans la retranscription historique de l'époque, mais plutôt dans la personnalité des prisonniers qui à mon goût est peu crédible. Je ne dégrade en aucun cas le jeu d'acteur qui est vraiment assez impressionnant, mais le fait que les prisonniers ne sont pas assez émotifs sur la gravité des événements. On ne ressent pas les remords des captifs lorsqu'ils emmènent leurs confrères à la mort. Petit détail à mon goût qui reste néanmoins peu dérangeant.
Du côté de la manière de tourner ce film, je dirais que bien sûr c'est un choix, mais cependant ça peut facilement déplaire, c'est assez bien réussis d'avoir tourné le film de façon très rapproché du personnage mais de mon point de vue je ne suis pas convaincu par cette technique qui pour moi enlève un côté artistique d'un film. Par moment j'aurais apprécié quelques plans plus éloignés.
Puis, sur le personnage, je dirais que l'on est pas assez amené à le comprendre. C'est à dire que selon moi dans un film, le personnage principal doit vraiment, qu'il soit méchant ou gentil, être compris du publique. Le publique doit apprivoiser la façon de pensé du personnage et ainsi même si celui-ci est mauvais nous devons comprendre pourquoi il est ce qu'il est et pourquoi agit-il ainsi. Je pourrais citer plusieurs films, comme par exemple "SAW", qui est un film totalement différent. Néanmoins, dans "SAW", chaque opus est tourné autour du personnage qui est censé être le "méchant", c'est pour ça que dans chacun des films on apprend une facette différente du personnage. Ainsi, on est emmené à comprendre le "tueur", non pas à approuver ses actes mais à les comprendre, à comprendre pourquoi il agit comme il le fait, et ainsi on a vite même si c'est mal, une sorte d'admiration pour ce personnage.
Je pourrais parler de "prisoners" aussi, le personnage principal interprété par Hugh Jackman, est poussé à faire des choses inimaginables pour sa fille et ainsi parfois il va trop loin. On s'en rend compte mais le film nous tire à la compréhension de son état et ainsi en ressortir sans une réelle admiration cette fois ci mais plutôt avec une sorte de pitié et de compassion.
Alors c'est pour ça que dans "Le Fils De Saul", pour moi on ne comprend pas assez le personnage, et parfois on a même je dirais, de la haine envers lui, car il agit parfois avec peu de subtilité et est borné sur une idée qui pourrait condamné tout un groupe.
Alors ce film pour moi reste correct mais sans réelle implication du publique. À voir à mon goût une deuxième fois.
edip89
edip89

1 abonné 48 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 27 avril 2016
Nul ! Archi nul ! Mal filmer ! Un sujet pourtant très bon mais mal exploité ! Passer votre chemin !
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