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Un visiteur
4,0
Publiée le 24 octobre 2016
Deux frangins vieux gars et voisins...mais qui ne se parlent plus depuis quarante ans...ils élèvent des béliers chacun de leur côté, mais un jour ça ce gâte: la tremblante s'installe...ça va changer la situation et les rapports...peu de dialogues (juste le nécessaire, vu le sujet), peu d'acteurs (mais des bons), l'Islande sauvage comme décor, on est dans une espèce de western social qui a parfois des allures documentaires...pas une comédie, pas une tragédie..Télérama dit que ce film a de la gueule, ça me parait le plus approprié, tiens...une simple histoire réaliste, crédible. Primé à Cannes, je valide.
"Béliers" est le genre de film que l'on aimerait voir plus souvent. Deux frères voisins de maison ne se parlant plus depuis presque toute une vie, la campagne islandaise, des béliers, le décor est largement planté ! On peut observer à quel point le réalisateur islandais est familier des habitants de son petit pays à l'écart du monde lorsque l'on suit les péripéties de Gummi et Kiddi, ses fameux personnages hauts en couleur et attachants. Une petite leçon de comédie mélancolique, on se retrouverait presque dans un film des Coen tellement le ressenti est similaire. A voir pour l'originalité et le dépaysement !
Comme toujours regarder un film Islandais (mais on pourrait faire la même remarque pour les films d’autres pays scandinaves) c’est regarder un truc d’un exotisme glacé. Que ce soit le sujet lui-même, ou la manière dont il est traité, les Vikings ont toujours un humour bien particulier qui tranche sans équivoque possible avec les autres productions internationales. Ce long-métrage-ci ne fait pas exception à la règle avec cette vallée dédiée à l’élevage des moutons où deux frères habitent à un jet de pierre l’un de l’autre et ne se parlent plus depuis plus de quarante ans. La tremblante (maladie du mouton très contagieuse et incurable) ayant fait son apparition dans la vallée, les deux frères sont forcés de se rabibocher. Le film, il faut le dire tout de suite, est peu bavard, parce qu’il suit le quotidien de deux hommes qui vivent dans la solitude et dont le seul objet d’affection sont leurs moutons et particulièrement leurs béliers. L’intrigue est, elle aussi, lente, presque languissante, même si ce rythme de croisière colle bien à cette vallée reculée et à l’humour, parfois absurde, de ce film. Le long-métrage est agréable et on se laisse entraîner dans les aventures tragi-comiques de ces deux hommes, mais on ne peut se cacher qu’il est un peu décevant quand même. En fait, l’histoire à tendance un peu à patiner et la fameuse alliance entre nos deux Caïn et Abel tarde singulièrement à se faire jour, sans spolier, on peut dire qu’elle arrive vraiment très tardivement. En outre, la conclusion du film, bien que symboliquement très belle, à peine à convaincre tant elle est à la fois abrupte et laisse dans l'expectative. Un film islandais original, comme souvent, mais qui n’est pas non plus très convaincant. Pour le sujet, l’humour affleurant, à la rigueur.
Islande : superficie 103 000 km2 - 330 000 habitants ... Dans un contrée isolée, deux frères vieux-garçons qui ne se parlent plus depuis 40 ans, tous deux éleveurs d'une lignée de béliers qui font leur fierté, vont devoir aller au delà de leur haine pour traverser une épreuve et dans l'adversité se rapprocher. Avec une économie de moyens comme de dialogues, ce petit film aussi malin qu'intelligent émeut et séduit, par la puissance de ses silences, des regards de ses acteurs, et ses paysages déchirés. Profondément humain...
Le titre original du film est "Hrutard". C'est vrai qu'on pourrait croire qu'on est dans un de leurs guides ! Deux frères qui se ne se sont pas parlés depuis 20 ans, et qui néanmoins habitent l'un à côté de l'autre, vont affronter l'abattage de leurs cheptels ! Du grand air, du grand frais, de la famille, des béliers et c'est autrement un film de cinéma que la pauvre "Famille Bélier" ! Je déblatère, mais le bélier blatère, Camille !
La magnificence des décors et le subtil hiératisme de la mise en scène confèrent au récit minimaliste de cet affrontement fraternel une dimension quasi mythologique. A la fois cocasse et émouvant, mental et contemplatif, parfois proche du cinéma muet tant les protagonistes sont taiseux et le rapport à l’espace déterminant, ce premier film islandais possède une ampleur délicate
C’est l’histoire de deux frères, célibataires, qui ne se parlent plus depuis 40 ans et qui vivent, séparément, dans la ferme de leurs parents décédés. Le diagnostic de la tremblante chez le bélier de l’un d’eux (et qui a gagné un concours) est à l’origine de l’abattage des troupeaux des 2 frères, ainsi que ceux de toute la vallée de Bardardalur (située dans le nord de l’Islande, entre la 2e ville du pays, Akureyri et le lac Myvatn). Les images de paysages sont superbes, la vie rude des éleveurs bien reconstituée avec peu de dialogues et la mise en scène, ainsi que le montage, est sobre. Le scénario reste simple et se rapproche plus des pièces d’Anton Tchekhov que de celles de Tennessee Williams… Dommage que l’accroche du film soit « Une bouffée d’air frais ! », car, il s’agit d’un film mélancolique. C’est, peut-être çà, l’esprit islandais, celui d’un petit peuple (320 000 habitants pour 460 000 moutons !) vivant dans un univers hostile et depuis plus de 11 siècles !
Distingué à Cannes, l’année dernière, dans la sélection Un certain regard, Béliers de Grimur Hakonarson, comme le dit le slogan de l’affiche, est un vent frais venu de contrées nordiques, l’Islande rurale, l’Islande du cheptel laineux, celle qui glorifie ses béliers. Dans l’est du pays, voilà deux vieux frangins éleveurs, voisins directs, bourrus tous les deux et ne se parlant plus depuis 40 ans. Deux frères ennemis, donc, rivaux lors du concours du plus beau bélier puis, par la force des choses, on s’en doute, alliés face à l’état. Oui, lorsqu’est diagnostiquée une maladie chez l’un des animaux de Kiddi, on entend bien, en haut lieu, faire disparaître tous les troupeaux du coin. Un affront pour les deux frangins qui entendent bien sauvegarder la lignée de leurs bétails.
Avec toute la froideur scandinave, aujourd’hui bien connue à l’écrit comme sur les écrans, Béliers nous narre les aventures de deux individus inclassables, deux vieux de la vieille forcés de ravaler gentiment leurs fiertés respectives pour s’unir face à l’extinction de leur gagne-pain. Fondamentalement, le film est d’une simplicité déroutante, drame social passablement commun si ce n’est ce cadre islandais en partie glacé, cet élan sauvage, les personnages comme leurs environnements. Cette froideur scandinave, donc, est plus touchante encore du moment où l’on peut apprécier le retour du dialogue entre les deux frères, par le force puis par conviction dans un final peu surprenant mais réussi.
Le film n’est jamais partisan, il n’est ni poétique, ni sentimental dans le sens ou le cinéaste ne cible que la véracité brute des rapports entre deux êtres, confrontés aux mêmes maux. L’humour noir, d’ailleurs pas forcément voulu, vient poindre le bout de son nez dans l’absurde, comme lorsque l’un des frères amène à l’hôpital l’autre dans la benne de son tracteur et le dépose, comme un paquet, devant la porte des urgences. La réussite, en somme, de ce Béliers, c’est de faire éprouver une forme de délicatesse via une froideur dérangeante. Le coup est rondement mené, quoique léger, et nous apprécions cette proposition scandinave telle qu’elle nous est offerte. 14/20
je m'y croyais. Ces acteurs m'ont bluffé.J'ai cru à de véritables éleveurs à voir leurs gestes assurés, le naturel d’exécution du travail. Et ce sont de simples acteurs. Bravo. beau travail. enfin bref, j'ai vécu au fin fond d'une vallée islandaise le temps d'une soirée. merci
Dans des paysages islandais hivernaux aussi beaux que désolés, le réalisateur Grímur Hákonarson met en scène avec beaucoup de délicatesse et d'empathie pour ses personnages une histoire inspirée en partie par ses souvenirs de jeunesse. Une tragédie intimiste filmée comme un documentaire où l’on voit se déchirer ces deux hommes que pourtant tout relie : le sang, mais aussi l’amour des moutons, la solitude, l’isolement et le risque de tout perdre. Béliers est un drame mais c’est aussi un film rempli d’humanité, de tendresse ; des sentiments qui vont se matérialiser à travers quelques scènes fortes, des situations tragi-comiques incroyables (qui évoquent assez lu cinéma de Kaurismaki) où les deux frères, vous vous en doutez, vont devoir s’entraider pour faire face au malheur. Un petit film plein de charme, sans émotion calculée, pour une histoire simple mais terriblement émouvante à l’image de la scène finale.
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1,5
Publiée le 12 mars 2016
Un film simple et prévisible doté d'une histoire classique qui ne m'a ni emballé ni captivé. Le réalisateur nous fait vivre une période durant laquelle ces deux frères vont tout perdre du jour au lendemain à cause d'une maladie. Même si tout tourne autour des moutons, il est bien question de cet effondrement qui va plus ou moins rapprocher ces deux frères. L'histoire de l'anéantissement du travail d'une vie pouvait être touchante, mais ce film ne m'a véhiculé aucune émotion, il faut dire que le style très brut n'aide pas, il n'y a pas de rythme, pas de tension dramatique et les personnages sont froids donc difficile de ressentir de l'empathie pour eux. Quand l'émotion ne vient, c'est l'ennui qui prend le dessus et c'est ce qui est arrivé avec ce film qui m'a surtout ennuyé.
Ah! les films scandinaves! Bruts, austères, un peu lacunaires... Déjà jai apprécié un certain exotisme, que ça soit dans la beauté des paysages islandais et le mode de vie de ces paysans rustres. Petit à petit, je me suis immergé dans l'histoire de ces deux frères qui transite de la comédie douce amère à la tragédie spoiler: pour les accompagner jusqu'au terrible dénouement .
Béliers (Rams) : des personnages aussi frustes qu’attachants.♥♥♥1/2
Récompensé du prix Un certain Regard au Festival de Cannes 2015, le dernier film de l’islandais Grimur Hàkonarson, Béliers (Rams), sort cette semaine au Québec.
On y suit le quotidien de deux frères à la tête dure : Gummi (Sigurdur Sigurjonsson) et Kiddi (Theodor Juliusson) qui ne se parlent plus et soutiennent mordicus leurs points de vue sur une querelle familiale vieille de plus de 40 ans. Malgré leurs différends, l’amour qu’ils entretiennent en commun pour leur lignée de moutons ancestrale va les forcer à se rapprocher suite à l’apparition, dans leur petit village, de la maladie mortelle et incurable de la tremblante du mouton. Dès lors, le vétérinaire du coin n’a de choix que d’ordonner l’abattage de tous les troupeaux ainsi que la décontamination des fermes. Cependant, Gummi semble ne pas vouloir l’entendre de cette oreille et trouve un subterfuge pour contrer la décision des autorités.
Dès les premiers plans, l’immensité des paysages où viennent se perdre des personnages au moral en berne nous frappe l’oeil, renforçant l’isolement que l’on ressent en leur présence. Pourtant, malgré une indépendance qu’ils cultivent avec ténacité, les villageois sont solidaires et vouent un affection sans borne pour leurs moutons. Ils créent avec ces derniers un lien de tendresse très fort qui s’apparente à celui d’un parent pour son enfant (nettoyage dans la baignoire, polissage des cornes). Notons que Béliers a été tourné à Bardardalur, au nord-ouest de l’Islande, une région où le secteur d’activité principale reste l’élevage de moutons à l’image d’une ruralité qui perdure grâce à la perpétuation de traditions ancestrales. Ainsi, cette accointance entre l’homme et l’animal occasionne à de nombreuses reprises le rire, contrastant avec le quotidien plutôt maussade des habitants du coin. Il faut dire que les teintes fades et sans caractère du cadre de vie se distinguent des personnages hauts en couleurs (affublés de chemises à carreaux) et du motif de la tapisserie de la cuisine.
On reconnait bien là l’humour scandinave qui se singularise souvent par l’absurde et un comique de situation privilégiant le langage corporel aux dialogues (repas de Noël). De ce fait, lorsque Gummi cherchera à joindre son frère, il aboiera afin que Somi, son chien, vienne récupérer puis délivrer son message en toute impartialité. En outre, son air grincheux et renfrogné fait de ce personnage un être profondément théâtral qui provoque le rire à son insu.
Avec des personnages aussi imprévisibles et indépendants que les bêtes, malgré tout, le réalisateur prend le temps de poser sa caméra, l’action ne sortant que très rarement du cadre. Cette lenteur en découragera certains mais pourra aussi bien en séduire d’autres, notamment le public québécois, avec ces quelques scènes hivernales du quotidien où les situations cocasses font mouche.
Sous les décors magistraux de l’Islande du nord, Béliers raconte l’histoire de deux voisins, qui sont accessoirement frères et qui s’ignorent depuis quarante ans à cause de quelques malentendus d’éleveurs de moutons, ou alors d’un passé que nous ne connaissons pas. Si le film aborde la dureté de devoir se séparer de troupeaux lorsqu’ils sont touchés par la tremblante qui atteint le cerveau et la moelle épinière, c’est surtout un film d’espoir fraternel. C’est quand on tombe vraiment bas et qu’on partage les mêmes convictions que l’on se rencontre qui est vraiment là pour nous. En fin de compte ? Béliers est une ode à l’amour entre ces deux frères qui vont se protéger malgré la grimace extérieure qu’ils se font quotidiennement. Nous ne vous dirons pas à quel point ce film choc va vous provoquer un ébranlement émotionnel. Un chef d’œuvre en toute ruralité. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44