Le Decameron
Note moyenne
3,8
323 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

34 critiques spectateurs

5
8 critiques
4
12 critiques
3
8 critiques
2
3 critiques
1
2 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
helioo
helioo

7 abonnés 88 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 mars 2026
Difficile d'imaginer plus italien : du théâtre, des contes, des vieux qui sourient de leurs trois dents qui se battent en duel, la Madone, les cloches qui sonnent, les décors napolitains, et, surtout, la langue, omniprésente, pour la forme plus que pour le fond, du bon gros patois italien bien gras et bien caricatural, comme si t'étais chez ton pizzaiolo qui utilise le même torchon pour son four, ses mains, ses vitres et ses pieds (vraie histoire).
Parce que c'est drôle, on se marre du début à la fin, c'est pas du tout le délire d'intello où le réal se fait kiffer à montrer des phalli à l'écran toutes les 2min comme il a pu le faire dans d'autres films (enfin disons qu'ici ils sont au moins cachés sous un maigre slip), là on est dans la grosse farce. Mais la farce intelligente, rien n'est laissé au hasard, c'est de la comédie latine, de la comédie en couleurs, de la comédie dont Nietzsche se serait pas relevé.

Pasolini est un génie, c'est vraiment un des films les plus vivants que j'ai pu voir, c'est comme toujours extraordinairement filmé, mis en scène, écrit, réfléchi. Les acteurs sont pourris et les fausses larmes au sérumphy toujours plus ostentatoires mais c'est souvent plus du théâtre que du cinéma, c'est trop puissant, tellement maîtrisé et à la fois tellement libre et tellement moderne, c'est juste fou

Le message final, aux airs de "vous reprendrez bien un peu de mai 68 ?", résume bien le cinéma et la philosophie de Pasolini, trop bien pour que ça puisse être mauvais, trop bien pour que ça soit pas chrétien finalement...
vivaBFG
vivaBFG

23 abonnés 1 623 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mai 2025
Et bien voilà une belle surprise que ce film. Je partais avec un a priori, il est complètement battu. C'est finement amené, c'est iconoclaste voire carrément blasphématoire ; je ne le conseille pas au chrétien convaincu, c'est parfois immoral : attention aux yeux trop prudes car il y a quelques scènes de nus, un peu osées. C'est dénonciateur de certaines mentalité vis à vis des femmes. En fait, vous l'aurez compris, on prend plaisir à voir ce film et ses sketchs qui s'enchaînent sans aucun temps morts entre eux, au point qu'on a parfois un peu de mal à se rendre compte qu'on a changé de scène, mais dans le même décor, dans la même ville moyenâgeuse. Et tout cela avec peu (ou pas?) d'acteur connus, enfin de moi.
A voir par les amateurs de comédie iconoclaste.
Fabrice G.
Fabrice G.

25 abonnés 27 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 avril 2025
Beau film qui a finalement peu vieilli. L’adjectif qui me vient est « primal », car une espèce de beauté archaïque parcourt cette œuvre poétique. La photo est superbe, elle évoque la peinture hollandaise. Le film grouille de vie!
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 février 2025
Un film qui a superbement bien vieillit, comme un très grand cru. Tout d’abord une vision exceptionnelle du moyen -âge, un réalisme surprenant , on se croirait devant un tableau de Peter Brueghel l’ancien, des scènes de villages bucoliques , des scènes de noces , de fêtes paillardes , un soin apporté aux costumes , à la fois soigné , mais simple, des toiles de bure, des sandales en cuir brut, probablement très proche de la réalité de l’époque. Tout cela tourné dans des lieux authentiques de la Toscane du Moyen Age , châteaux, ruines , vieux villages, église romane . Probablement le film le plus « réaliste » sur le moyen âge, jamais tourné. Il y a ensuite un côté truculent, anticlérical joyeux, avec ces contes qui s’enchaînent, de manière très intelligente, avec comme fil conducteur, Pasolini jouant le rôle d’ un grand peintre ,type Michel ange, un artiste qui doit peindre une fresque à l’intérieur d’une église , on voit alors le processus de la création , de comment nait l’inspiration, un effet miroir, mise en abime très astucieux. La fresque est belle, le peintre est comme « possédé » par son œuvre. Des contes savoureux, l’artisan menuisier qui s’introduit dans un couvent de jeunes novices et qui leur fait découvrir le sexe, le plaisir, l’une après l’autre, un régal. Ou la vente d’une jarre en terre cuite par l’ épouse d’un commerçant bien paillarde et licencieuse, jouissif. Beaucoup de nudité dans le film, mais très naturelle, très sensuelle, on voit les organes masculins et féminins, la fornication à l’ancienne, se confrontant à l’ordre religieux qui essaye de contrôler cela de manière castratrice. Une liberté de ton avec le sexe typique des années 70, festif, jubilatoire, comme on ne pourrait plus le faire aujourd’hui. Un casting formidable, avec des « gueules cassées» très typées, presque dégénérées, sorties probablement des banlieues pauvres romaines, et qui sont tellement en phase avec l’époque . Un des meilleurs films de Pasolini, car il sait filmer la truculence et l’allégresse paillarde, avec une liberté de ton toute libertaire.
kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juin 2024
On a perdu l'habitude de voir des films grivois qui montrent de façon frontale la nudité en particulier masculine, et voir "Le Decameron" rappelle qu'il fut un temps où la liberté d'expression au cinéma était bien plus importante qu'elle ne l'est aujourd'hui. Le métrage est souvent drôle mais, comme tous les films à sketchs, plutôt inégal. Le premier est pour moi le meilleur et on se dit que si tout le film est de ce tonneau ça va être énorme, ce qui n'est malheureusement pas le cas, c'est même parfois limite ennuyeux. Donc pour moi "Le Decameron" n'a rien d'inoubliable même s'il s'en dégage une forme d'irrévérence jouissive et une ambiance visuelle plutôt unique.
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 juillet 2023
Le Decameron est le premier film de la trilogie de la vie et sûrement aussi le plus réussi. On y saisit bien l'ambition de Pasolini de faire un cinéma populaire et grivois qui serait l'équivalent du chef d'oeuvre médiéval de Boccace. Les histoires s'enchaînent avec fluidité, et aboutissent toujours à une conclusion aussi inattendue que réjouissante. L'apparition de Pasolini en disciple de Giotto est une excellente trouvaille, et donne lieu à l'une des meilleures histoires du film. Le Decameron est donc un bon moment de cinéma, même s'il a bien sûr un peu vieilli.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 juin 2022
Une incursion entre tendre amusement et œil sarcastique dans l'intimité (souvent) inavouable d'une poignée de personnages incarnant pleinement l'Italie pour le meilleur comme pour le pire, le tout rythmé par des dialogues sautillants et une mise en scène servant l'enchaînement des diverses histoires (parfois redondantes, notamment dans leur côté outrancier) liées par la vision singulière de Pasolini. Un film à sauts et à gambades!
Ykarpathakis157

6 189 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 septembre 2021
Bien que le titre Le Decameron puisse suggérer des exemples des dix commandements il s'agit d'une supposition tout à fait erronée. Il s'agit d'une adaptation de neuf histoires apparemment sans rapport entre elles tirées du recueil de contes de Giovanni Bocaccio datant du 14e siècle. Neuf histoires tirées du roman éponyme réalisé et écrit par Pier Paulo Pasolini. Certaines des histoires sont intéressantes voire un peu amusantes mais aucune d'entre elles ne touche vraiment la cible qui devrait être le divertissement du public. La plupart sont anti-climatiques et manquent de substance et certaines sont tout simplement inutiles et terminées avant même d'avoir commencé. Il y a quelques thèmes qui essaient d'être récurrent notamment ceux de la moralité et de la religion mais rien n'est vraiment résolu. J'ai continué à espérer quelque chose qui relierait toutes les différentes histoires entre elles pour les rendre collectivement profondes mais rien n'est venu. Donc si vous voulez le regarder pour votre culture personnelle c'est bien. Mais sinon deux heures à voir des paysans à l'air détestable faire l'amour ne valent peut-être pas les quelques rires que nous en retirerons...
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 octobre 2020
S’il reprend certaines des histoires racontées dans l’œuvre originale, Il Decameron adapté par Pier Paolo Pasolini ne met plus au centre ce qui intéressait Boccace, à savoir la transmission orale des histoires pour lutter contre la peste et son potentiel destructeur (la création d’un tissu complexe d’histoires doit remédier à la destruction de l’épidémie), mais aborde la création par le biais du songe et de ses pouvoirs. Comme le dit l’avatar de Pasolini à la fin du film, « pourquoi réaliser une œuvre alors qu’il est si bon de la rêver seulement ? ». Aussi le film prend-il le soin de déstructurer ses petites histoires en se passant de narrateurs (pas de voix off) et en enchâssant celles-ci les unes dans les autres à la manière d’un rêve. Un indice de cet état de songe permanent réside peut-être dans l’importance des scènes de nuit et du motif du lit comme lieu de l’adultère et aussi lieu de passage d’une réalité diurne à une réalité nocturne, à cette « seconde vie » dont parlait si bien Nerval. Pasolini signe une œuvre cocasse et hilarante qui pense sa forme dépouillée et simple comme un retour à l’origine de tous les récits dans lesquels il est question de sexe, de sexe et encore de sexe. Le long métrage opère ainsi un dévoilement progressif de l’homme qu’il raccorde aux éléments naturels et même aux excréments – pensons à la chute du premier personnage dans une cuve de déjections –, qu’il exhibe dans sa nudité congénitale, à l’image de ce pénis d’homme en érection qui sort de l’habit pour réjouir la bonne sœur. Il Decameron déplace ainsi le centre de gravité de l’œuvre de Boccace pour mieux y placer l’art bachique perçu comme religion à part entière dans laquelle l’artiste a foi, une foi telle qu’il en oublie l’heure du repas pour continuer sa création. L’épisode du peintre dans l’église dure le plus longtemps et constitue l’atelier du cinéaste : chaque histoire pourrait être un morceau de la vaste fresque peinte qui invite le spectateur à partir de ce qui est représenté – comprenons, tous les récits puisent dans un fond commun – pour rêver à son tour.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 novembre 2019
J'aime tellement ce film^^ Rigolo, érotique et assez positif. J'aime les films comme ça, Pas de politique, que de la vie.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 février 2019
« L’evangile » est pour moi le chef d’œuvre de Pasolini.
Ici je cherche avant tout à faire le rapprochement avec la vérité des images. Les paysans se régalent à l’image des femmes qui se moquent du mari qui revient car le sexe est une aventure somme toute banale.....
Malgré tout on peut trouver un charme à la peinture d’un monde rustre et pas forcément reluisant mais on lui trouve une énergie folle qui est l’exact contraire du film cité au-dessus.
C’est une façon d’exprimer une évidence propre à tous.
Estonius

4 734 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 juin 2018
Ça commence en fanfare avec très un bon sketch avec Ninetto Davolli et la très belle Gabriella Frankel; la suite avec les nonnes est archi classique, fait toujours plaisir à voir, mais on pouvait penser que Pasolini avaient d'autres ambitions… (qu'aurait-ton dit du même sketch tourné par Max Pécas ?) on pourrait en dire autant du sketch du la cruche, de la bonne paillardise , certes, mais bon…A mi film l'intérêt retombe comme un soufflé soit parce que les sketches sont inintéressant et peu clairs (le moribond) soit parce que c'est mal raconté (les trois frères), soit parce que c'est laid (la mule) soit parce que tout simplement le propos est bouffi de suffisance (le peintre). Un mot sur les maquillages abominables, fausses dents approximatives, traces de maillot de bains sur les corps dénudés, ça fait un peu fouillis, non ?
Acidus

872 abonnés 3 936 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 14 mars 2015
"Le Decameron" se compose de dix sketches ayant pour liens un contexte médiéval et ses thèmes paillards. Ces éléments seront repris pour les deux autres films de la trilogie de la vie que sont les "Contes de Canterbury" et les "Mille et Une Nuits". Cet humour grivois, omniprésent, manque de subtilité et tombe carrément dans le beauf et le mauvais goût. A cela s'ajoute un montage laborieux et de mauvais acteurs. Les petites histoire paraissent bâclées, nous laissent sur notre faim.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2015
"Pourquoi réaliser une œuvre alors qu'il est si beau de la rêver seulement ?" Par cette réplique, Pier Paolo Pasolini lui-même clôt "Le Decameron", premier volet de sa fameuse "Trilogie de la Vie" débutée en 1971. Pour cette première pierre, le cinéaste s'attaque à un chef d'œuvre de la littérature italienne, publié sous l'égide de Boccace au XIVe siècle. De cette centaine de contes paillards, Pasolini en retient dix, semblant plus que jamais incarner ses préoccupations et thématiques majeures. Par la déjantée scène du couvent, l'église est à nouveau montrée du doigt concernant son hypocrisie même si le film ne doit pas être réduit à cette seule mise à l'index. "Le Decameron" est une véritable ode aux plaisirs de la chair, d'où se dégage un puissant souffle émancipateur. Pasolini se rit du sacré, poétise sur la mort et donne une singulière vision de l'art, symbolisée par sa présence au casting dans le rôle d'un élève de Giotto. Fait particulier, malgré son aspect "film à sketches", l'œuvre ne souffre jamais d'une quelconque inégalité. Un hymne à la fois poétique et irrévérencieux, à la liberté.
WardStradlater
WardStradlater

70 abonnés 469 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juin 2014
Du très grand Pasolini. Avec un humour noir du début à la fin, découpé en chapitre comme le savent si bien le faire les auteurs latins. L'Humanisme de la renaissance marque ce qui fera sans doute la philosophie émancipatrice : la critique d'une société basé sur l'apparence, le culte de la personnalité, l'argent-roi, l'hypocrisie, etc.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse