Le Decameron
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stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 décembre 2011
Superbe premier volet d'une trilogie emblématique de l'Oeuvre pasolinienne, Le Decameron est un film essentiel. Véritable hymne aux plaisirs de la chair, composé d'une dizaine de sketches mais singulièrement homogène, Le Decameron n'en finit pas de frapper par sa beauté plastique et son sens aiguisé de la couleur. Ici l'Homme n'est pas qu'un simple loup pour l'Homme, c'est un être peu scrupuleux vivant d'excès de gourmandise et d'hypocrisie. Le sexe non pas comme rituel destructeur mais comme source de vie... Nous sommes encore loin de la noirceur des 120 journées de Sodome mais ce film en emprunte déjà les outrances. Résolument optimiste et poétique, laissant en grande partie place à l'humour paillard et à la beauté des corps, Le Decameron n'oublie pas d'être foncièrement sublime. Jamais gratuite, cette représentation des plaisirs charnels se voit parachevée d'une éloquente pensée pasolinienne : pourquoi réaliser une oeuvre alors qu'il est si beau de seulement la rêver ? D'une grande force, tout simplement.
scorsesejunior54
scorsesejunior54

178 abonnés 694 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 janvier 2009
Premier volet de la "trilogie de la vie", "Le Decameron" fut réalisé en 1971 par le très controversé cinéaste Italien Pier Paolo Pasolini. Adaptation de contes paillards recueillis par Boccace au XIVème siècle, ce drôle de film s'apparente à un véritable règlement de comptes entre le réalisateur et l'ordre moral alors établi qu'il n'a cessé de combattre (et qui le lui rendait bien). Dans la ligne de mire du metteur en scène apparaît d'abord très nettement l'Eglise et son hypocrisie. P.P.P accuse effectivement cette dernière de débauche (la séquence du couvent, géniale !) et de vices en tous genres, s'acharnant à démontrer que jamais vraiment elle n'a respecté ses propres lois. Ayant compris que son message serait vite lourd s'il s'en tenait trop simplement et gratuitement à de tels propos, il agrémente sa "thèse" d'un humour omniprésent souvent vulgaire, cependant en phase avec le contexte poisseux ici décrit. Caustique et rythmé, "Le Decameron" rit du sexe et de la mort, s'amuse du sacré, poétise une luxure pratiquée sous un aspect presque animal, rend attachant des personnages tout à fait répugnants. Plutôt fluide, il ne souffre pas des transitions entre les différentes histoires. Admirablement narré (on écoute encore mieux Pasolini raconter son histoire que s'il s'agissait du père Castor ^^) et plutôt beau visuellement, ce poème assez spécial est ici et là franchement enchanteur. En fait, le cinéaste sélectionne tout de suite clairement son public : si voir des fesses, sexes, fornications, détails scatologiques et profanations en tous genres ne vous dérange pas, alors vous serez très probablement réceptif à son humour et d'une façon plus générale à son ton. Sinon, vous pouvez passer votre chemin... "Le Decameron" est certes ancré dans l'alternative 70's mais il possède aujourd'hui encore une bonne part de subversion et plusieurs de ses métaphores ou allégories touchent toujours très juste. Ne serait-ce que pour se forger son propre avis, il mérite d'être vu.
gimliamideselfes

3 432 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 janvier 2010
Réel chef d'oeuvre que nous offre là Pasolini très loin de ce qu'il avait déjà pu faire, c'est drôle, parfois l'humour est assez noir, ça reste plus facile d'accès que Médée ou Oedipe Roi, mais pas pour autant moins bon. Pasolini livre en oeuvre totalement envoûtante, excitante, décalée, déjantée. Même si j'avourai qu'une histoire reste assez dérangeante dans le lot, mais il n'y a pas une histoire nettement en dessous des autres. Ne pas rire serait un crime. La dernière phrase du film est également l'une des plus belles que j'ai pu entendre. Magnifique.
ferdinand75

723 abonnés 4 459 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 février 2025
Un film qui a superbement bien vieillit, comme un très grand cru. Tout d’abord une vision exceptionnelle du moyen -âge, un réalisme surprenant , on se croirait devant un tableau de Peter Brueghel l’ancien, des scènes de villages bucoliques , des scènes de noces , de fêtes paillardes , un soin apporté aux costumes , à la fois soigné , mais simple, des toiles de bure, des sandales en cuir brut, probablement très proche de la réalité de l’époque. Tout cela tourné dans des lieux authentiques de la Toscane du Moyen Age , châteaux, ruines , vieux villages, église romane . Probablement le film le plus « réaliste » sur le moyen âge, jamais tourné. Il y a ensuite un côté truculent, anticlérical joyeux, avec ces contes qui s’enchaînent, de manière très intelligente, avec comme fil conducteur, Pasolini jouant le rôle d’ un grand peintre ,type Michel ange, un artiste qui doit peindre une fresque à l’intérieur d’une église , on voit alors le processus de la création , de comment nait l’inspiration, un effet miroir, mise en abime très astucieux. La fresque est belle, le peintre est comme « possédé » par son œuvre. Des contes savoureux, l’artisan menuisier qui s’introduit dans un couvent de jeunes novices et qui leur fait découvrir le sexe, le plaisir, l’une après l’autre, un régal. Ou la vente d’une jarre en terre cuite par l’ épouse d’un commerçant bien paillarde et licencieuse, jouissif. Beaucoup de nudité dans le film, mais très naturelle, très sensuelle, on voit les organes masculins et féminins, la fornication à l’ancienne, se confrontant à l’ordre religieux qui essaye de contrôler cela de manière castratrice. Une liberté de ton avec le sexe typique des années 70, festif, jubilatoire, comme on ne pourrait plus le faire aujourd’hui. Un casting formidable, avec des « gueules cassées» très typées, presque dégénérées, sorties probablement des banlieues pauvres romaines, et qui sont tellement en phase avec l’époque . Un des meilleurs films de Pasolini, car il sait filmer la truculence et l’allégresse paillarde, avec une liberté de ton toute libertaire.
Acidus

872 abonnés 3 935 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 14 mars 2015
"Le Decameron" se compose de dix sketches ayant pour liens un contexte médiéval et ses thèmes paillards. Ces éléments seront repris pour les deux autres films de la trilogie de la vie que sont les "Contes de Canterbury" et les "Mille et Une Nuits". Cet humour grivois, omniprésent, manque de subtilité et tombe carrément dans le beauf et le mauvais goût. A cela s'ajoute un montage laborieux et de mauvais acteurs. Les petites histoire paraissent bâclées, nous laissent sur notre faim.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Pasolini nous a habitué a des films lent est souvent trés dur à suivre pour un spectateur moyen (que je suis). Mais avec le décaméron tout est différent. Ce film est drôle, poètique, érotique... on ne peut pas rester de marbre devant ce film immense qui ne peut que nous ravir.
Carne
Carne

106 abonnés 1 116 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Que dire du Décaméron ? Si ce n'est que c'est un grand film de Pasolini bourré d'humour, de sexe et de vulgarité, sans oublier la poésie et la dénonciation. La Trilogie De La Vie ? Ce nom est fait pour lui.
Estonius

4 734 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 juin 2018
Ça commence en fanfare avec très un bon sketch avec Ninetto Davolli et la très belle Gabriella Frankel; la suite avec les nonnes est archi classique, fait toujours plaisir à voir, mais on pouvait penser que Pasolini avaient d'autres ambitions… (qu'aurait-ton dit du même sketch tourné par Max Pécas ?) on pourrait en dire autant du sketch du la cruche, de la bonne paillardise , certes, mais bon…A mi film l'intérêt retombe comme un soufflé soit parce que les sketches sont inintéressant et peu clairs (le moribond) soit parce que c'est mal raconté (les trois frères), soit parce que c'est laid (la mule) soit parce que tout simplement le propos est bouffi de suffisance (le peintre). Un mot sur les maquillages abominables, fausses dents approximatives, traces de maillot de bains sur les corps dénudés, ça fait un peu fouillis, non ?
WardStradlater
WardStradlater

70 abonnés 469 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juin 2014
Du très grand Pasolini. Avec un humour noir du début à la fin, découpé en chapitre comme le savent si bien le faire les auteurs latins. L'Humanisme de la renaissance marque ce qui fera sans doute la philosophie émancipatrice : la critique d'une société basé sur l'apparence, le culte de la personnalité, l'argent-roi, l'hypocrisie, etc.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 décembre 2012
Fable Pasolinienne d'une très grande qualité; jouant sur plusieurs plans et créant une sorte d'harmonie globale. Bel hommage final à l'artiste.
Ykarpathakis157

6 188 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 septembre 2021
Bien que le titre Le Decameron puisse suggérer des exemples des dix commandements il s'agit d'une supposition tout à fait erronée. Il s'agit d'une adaptation de neuf histoires apparemment sans rapport entre elles tirées du recueil de contes de Giovanni Bocaccio datant du 14e siècle. Neuf histoires tirées du roman éponyme réalisé et écrit par Pier Paulo Pasolini. Certaines des histoires sont intéressantes voire un peu amusantes mais aucune d'entre elles ne touche vraiment la cible qui devrait être le divertissement du public. La plupart sont anti-climatiques et manquent de substance et certaines sont tout simplement inutiles et terminées avant même d'avoir commencé. Il y a quelques thèmes qui essaient d'être récurrent notamment ceux de la moralité et de la religion mais rien n'est vraiment résolu. J'ai continué à espérer quelque chose qui relierait toutes les différentes histoires entre elles pour les rendre collectivement profondes mais rien n'est venu. Donc si vous voulez le regarder pour votre culture personnelle c'est bien. Mais sinon deux heures à voir des paysans à l'air détestable faire l'amour ne valent peut-être pas les quelques rires que nous en retirerons...
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mai 2007
Film souvent hilarant, toujours léger, assez érotique, mais jamais choquant. Un de ses plus beaux film, premier volet de la 'trilogie de la vie'. Splendide version des contes de Boccace.
AMCHI

6 944 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 août 2010
Une époque médiévale merveilleusement reconstituée, loin du ton trop propre des productions hollywoodiennes mais des contes paillards filmés et joués de manière très amateurs. Les images sont belles mais les histoires sont soient trop courtes soient trop légères pour réellement nous emballer seule celle ou les frères tuent l'amant de leur soeur est intéressante.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2015
"Pourquoi réaliser une œuvre alors qu'il est si beau de la rêver seulement ?" Par cette réplique, Pier Paolo Pasolini lui-même clôt "Le Decameron", premier volet de sa fameuse "Trilogie de la Vie" débutée en 1971. Pour cette première pierre, le cinéaste s'attaque à un chef d'œuvre de la littérature italienne, publié sous l'égide de Boccace au XIVe siècle. De cette centaine de contes paillards, Pasolini en retient dix, semblant plus que jamais incarner ses préoccupations et thématiques majeures. Par la déjantée scène du couvent, l'église est à nouveau montrée du doigt concernant son hypocrisie même si le film ne doit pas être réduit à cette seule mise à l'index. "Le Decameron" est une véritable ode aux plaisirs de la chair, d'où se dégage un puissant souffle émancipateur. Pasolini se rit du sacré, poétise sur la mort et donne une singulière vision de l'art, symbolisée par sa présence au casting dans le rôle d'un élève de Giotto. Fait particulier, malgré son aspect "film à sketches", l'œuvre ne souffre jamais d'une quelconque inégalité. Un hymne à la fois poétique et irrévérencieux, à la liberté.
cinono1

365 abonnés 2 274 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 novembre 2012
Bizarrement, Quand Pier Paolo Pasolini filme les contes médiévaux sur ses terres italienne, il ne retrouve pas sa puissance de narration visuelle vues dans les deux autres volets. Les contes n'en demeurent pas moins gouleyants, satiriques, mystiques et continuent de séduire par la simplicité qui s'en dégagent et ce mélange de cruauté et de beauté.
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