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Un visiteur
3,5
Publiée le 10 septembre 2012
Plus abordable que certains autres films du cinéaste (comme Théorème ou Salo ...). Sorte de film à sketchs qui s'imbriquent l'un à l'autre. Grivois et vulgaire les contes ont pour sujets le sexe, l'adultère avec une dose de scatologie et ils mettent souvent en scène des représentants de l'Église. Bien réalisé mais cette oeuvre peut dégoûter ou être vu comme ridicule faut l'avouer.
S’il reprend certaines des histoires racontées dans l’œuvre originale, Il Decameron adapté par Pier Paolo Pasolini ne met plus au centre ce qui intéressait Boccace, à savoir la transmission orale des histoires pour lutter contre la peste et son potentiel destructeur (la création d’un tissu complexe d’histoires doit remédier à la destruction de l’épidémie), mais aborde la création par le biais du songe et de ses pouvoirs. Comme le dit l’avatar de Pasolini à la fin du film, « pourquoi réaliser une œuvre alors qu’il est si bon de la rêver seulement ? ». Aussi le film prend-il le soin de déstructurer ses petites histoires en se passant de narrateurs (pas de voix off) et en enchâssant celles-ci les unes dans les autres à la manière d’un rêve. Un indice de cet état de songe permanent réside peut-être dans l’importance des scènes de nuit et du motif du lit comme lieu de l’adultère et aussi lieu de passage d’une réalité diurne à une réalité nocturne, à cette « seconde vie » dont parlait si bien Nerval. Pasolini signe une œuvre cocasse et hilarante qui pense sa forme dépouillée et simple comme un retour à l’origine de tous les récits dans lesquels il est question de sexe, de sexe et encore de sexe. Le long métrage opère ainsi un dévoilement progressif de l’homme qu’il raccorde aux éléments naturels et même aux excréments – pensons à la chute du premier personnage dans une cuve de déjections –, qu’il exhibe dans sa nudité congénitale, à l’image de ce pénis d’homme en érection qui sort de l’habit pour réjouir la bonne sœur. Il Decameron déplace ainsi le centre de gravité de l’œuvre de Boccace pour mieux y placer l’art bachique perçu comme religion à part entière dans laquelle l’artiste a foi, une foi telle qu’il en oublie l’heure du repas pour continuer sa création. L’épisode du peintre dans l’église dure le plus longtemps et constitue l’atelier du cinéaste : chaque histoire pourrait être un morceau de la vaste fresque peinte qui invite le spectateur à partir de ce qui est représenté – comprenons, tous les récits puisent dans un fond commun – pour rêver à son tour.
Pier Paolo Pasolini réalise la un de ses films les plus étranges... Pas nécessairement le plus expressif ni le plus subversif, mais... C'est difficile a dire, les personnages sont caricaturaux, c'est assez burlesque, ainsi ca n'a que peu d'intensité (voir pas du tout en fait)... C'est pas si érotique que ca en a l'air... Alors franchement, c'est un bon film, il n'y a rien a dire, mais c'est bizarre, on ne sait pas trop quoi en penser, c'est agréable a voir, mais ca semble tellement trop et pas assez a la fois, et c'est ce qui le rend fascinant d'un coté... Les histoires sont intéressantes, ainsi que les personnages, dans la mise en scène, le style du réalisateur est bien présent, et la bande-originale est excellente. Pas un des meilleurs Pasolini mais un film tout de même assez réussi.
Le Décaméron est un livre libertin dans le sens où il allie l'érotisme à la libre pensée, à l'anticléricalisme et à même l'anti-christianisme : l'au-delà y est bien l'illusion attrape-gogo par excellence. Dans mon souvenir il y est surtout question de duplicité et d'illusions justement. C'est aussi une suite de récits de cocuages, au bout d'un moment lassants et sordides. Boccace devait être une nature misanthropique... Pasolini a su retenir le coté le plus joyeux de l'oeuvre et sait évoquer le peuple dans sa truculence et son âpreté. Une marque du grand cinéma italien. Un aspect à la fois plaisant et intrigant : Monsieur Pasolini raconte des histoires de femmes lubriques et trompeuses de maris tout en étant très visiblement amoureusement fasciné par les attributs et plastiques virils. Le sel final. « Le Décameron » est un film tout à fait recommandable.
Ce film est tiré d’une série d’histoires ou contes pour adultes, et est un élément d’une célèbre trilogie Pasolinienne, «La trilogie de la vie». Ce volet se déroule au moyen-âge, et Pasolini donne libre court à son imagination iconoclaste, débridée et libre de toute entrave, servi par une intrigue richeen couleurs, des histoires drôles, voire cruelles, souvent libidineuses. La mise en scène est vivante, féroce et souvent juste. Pasolini donne ses traits à un peintre appelé à Naples pour faire une fresque, c’est clairement un portrait déguisé du cinéaste lui même, et son personnage sert à faire le lien entre dix histoires qui se suivent sans cut out, et qui n’ont en rapport que le lieu et l’époque, c’est un exploit en-soi. Les acteurs n’en sont vraisemblablement pas, ou alors trouvés dans la rue par un casting sauvage. Ils ont tous des «gueules», comme sortis d’un tableau d’Arcimboldo, le mec qui faisait des portraits de gens avec des fruits et légumes. Pour Pasolini seul l’objet filmé compte, le jeu approximatif des acteurs il s’en sert, leur physique peu avantageux, c’est souvent le signe d’une classe et d'un statut dans l’échelle sociale. Dépeindre les vices et vicissitudes de la société humaine avec autant d’humanisme, fait de ce film un incontournable pour qui s’intéresserait à l’œuvre du maître italien. Un incontournable complètement original, où la sexualité n’est pas tabou, mais élément essentiel de la vie, sans verser dans le porno ou le salace. A voir
Pour une première expérience dans le cinéma de Pier Paolo Pasolini, "Le Décaméron" s'avère être une très bonne et agréable surprise. Pasolini adapte 10 nouvelles du "Décaméron" à travers il étudiera des thèmes tels que la sexualité, la débauche, la religion ou encore la moralité à travers ses récits se déroulant dans l'Italie médiévale. Il aborde ces thèmes de manières crues, sans complexe, intelligente, satirique et parfois déjanté. L'écriture est excellente, que ce soit pour l'adaptation de ses nouvelles ou encore les dialogues. Toutes les histoires se valent, il n'y a pas de baisses de rythmes, c'est captivant tout le long et la narration est toujours fluide. Les images sont magnifiques, et c'est un film à la fois magnifique et par moment dérangeant mais toujours avec une atmosphère captivante et parfois envoutante. La direction d'acteur est très bonne, et même si on les voit parfois très peu, on a aucun mal à s’intéresser aux personnages. Une belle œuvre, intrigante, inventive et captivante qui me donne bien évidemment envie (et avec impatiente) de découvrir d'autres œuvres de son auteur.
Pasolini nous offre un film a sketchs peuplé de gaudrioles et de parties de jambes en l'air. Mis à part la cohésion évidente qui forme une ode à la vie (même après la mort), et surtout à l'amour, j'ai trouvé que ce film manquait de justesse. Si la mise en scène est efficace, elle est ruinée par une post-synchro tout simplement dégueulasse (même en VO) et par des acteurs mauvais, certainement amateurs. Le Decameron s'inscrit dans un contexte historique précis, puisqu'il offre sans tabou la nudité aux yeux du spectateur, ce qui est une chose nouvelle au début des années 1970, mais qui se banalisera très vite. Pour ma part, je peine à comprendre l'idée que souhaite véhiculer ce film. Comme l'explique le peintre (qui incarne en fait Pasolini, qui réalise également une fresque sur la vie), cette scène est tellement belle en rêve qu'il est dommage de la représenter. Alors pourquoi avoir fait ce film ? Mystère...
« L’evangile » est pour moi le chef d’œuvre de Pasolini. Ici je cherche avant tout à faire le rapprochement avec la vérité des images. Les paysans se régalent à l’image des femmes qui se moquent du mari qui revient car le sexe est une aventure somme toute banale..... Malgré tout on peut trouver un charme à la peinture d’un monde rustre et pas forcément reluisant mais on lui trouve une énergie folle qui est l’exact contraire du film cité au-dessus. C’est une façon d’exprimer une évidence propre à tous.
On a perdu l'habitude de voir des films grivois qui montrent de façon frontale la nudité en particulier masculine, et voir "Le Decameron" rappelle qu'il fut un temps où la liberté d'expression au cinéma était bien plus importante qu'elle ne l'est aujourd'hui. Le métrage est souvent drôle mais, comme tous les films à sketchs, plutôt inégal. Le premier est pour moi le meilleur et on se dit que si tout le film est de ce tonneau ça va être énorme, ce qui n'est malheureusement pas le cas, c'est même parfois limite ennuyeux. Donc pour moi "Le Decameron" n'a rien d'inoubliable même s'il s'en dégage une forme d'irrévérence jouissive et une ambiance visuelle plutôt unique.
Une incursion entre tendre amusement et œil sarcastique dans l'intimité (souvent) inavouable d'une poignée de personnages incarnant pleinement l'Italie pour le meilleur comme pour le pire, le tout rythmé par des dialogues sautillants et une mise en scène servant l'enchaînement des diverses histoires (parfois redondantes, notamment dans leur côté outrancier) liées par la vision singulière de Pasolini. Un film à sauts et à gambades!
Le Decameron est le premier film de la trilogie de la vie et sûrement aussi le plus réussi. On y saisit bien l'ambition de Pasolini de faire un cinéma populaire et grivois qui serait l'équivalent du chef d'oeuvre médiéval de Boccace. Les histoires s'enchaînent avec fluidité, et aboutissent toujours à une conclusion aussi inattendue que réjouissante. L'apparition de Pasolini en disciple de Giotto est une excellente trouvaille, et donne lieu à l'une des meilleures histoires du film. Le Decameron est donc un bon moment de cinéma, même s'il a bien sûr un peu vieilli.
Ressortie en salle dans une très belle copie, " le decameron" (1971), tiré du livre de Boccaccio ( xiv siècle) permet à Pasolini de développer son ton provocateur et son invitation à l'expression de l'élan vital.
Premier opus de la trilogie de la vie de Pasolini ( suivront " les contes de Canterbury" et " les milles et une nuit " ), c'est un film vraiment à redécouvrir en condition de projection idéale, même s'il ne constitue pas le sommet de la filmographie de son auteur.
La sexualité est vue et mise au service de la vision de l'auteur, pourfendeur de l'hypocrisie sociale . Très réussi !
Beau film qui a finalement peu vieilli. L’adjectif qui me vient est « primal », car une espèce de beauté archaïque parcourt cette œuvre poétique. La photo est superbe, elle évoque la peinture hollandaise. Le film grouille de vie!
Et bien voilà une belle surprise que ce film. Je partais avec un a priori, il est complètement battu. C'est finement amené, c'est iconoclaste voire carrément blasphématoire ; je ne le conseille pas au chrétien convaincu, c'est parfois immoral : attention aux yeux trop prudes car il y a quelques scènes de nus, un peu osées. C'est dénonciateur de certaines mentalité vis à vis des femmes. En fait, vous l'aurez compris, on prend plaisir à voir ce film et ses sketchs qui s'enchaînent sans aucun temps morts entre eux, au point qu'on a parfois un peu de mal à se rendre compte qu'on a changé de scène, mais dans le même décor, dans la même ville moyenâgeuse. Et tout cela avec peu (ou pas?) d'acteur connus, enfin de moi. A voir par les amateurs de comédie iconoclaste.
Plusieurs petites histoires sur le Moyen Âge qui nous font voir cette époque d'un nouveau regard. N'ayant pas lu Le Décameron de Boccace, je ne peux pas savoir si le réalisateur a bien adapté les histoires ou non. Si certaines sont sympas, d'autres sont franchement un peu moins intéressantes. J'ai trouvé également que le film avait vraiment pas mal vieilli, le tout sonne vieux et dépassé, du coup il est parfois bien dur de vraiment rentrer dans le film. En bref, un film qui se laisse regarder, avec des histoires assez inégales au niveau de leur qualité.