Replonger le spectateur dans l'ambiance victorienne de la fin du XIXème siècle à l'époque où sévissait Sherlock Holmes et Jack l'éventreur est une tentation à laquelle le cinéma britannique cède régulièrement. Ces dernières années sous l'impulsion de Guy Ritchie, le célèbre détective imaginé par Conan Doyle sous les traits de Robert Downey Jr. a vu sa puissance de déduction largement supplantée par l'ajout de superpouvoirs empruntés aux héros de comics américains. La BBC a elle aussi relooké le pensionnaire du 221B Baker Street en allant chercher un Benedict Cumberbatch, expert en NTI et œuvrant en plein XXIème siècle. Rien de tout cela avec "Golem, le tueur de Londres" réalisé par Juan Carlos Medina. Le détective de Scotland Yard interprété par le très élégant Bill Nighy est on ne peut plus de son temps. Le roman éponyme de Peter Ackroyd scénarisé par la très prisée Jane Goldman a laissé au repos "Jack l'éventreur" pour convoquer Le Golem, monstre prenant ses racines dans la mystique juive d'Europe Centrale. Plus féroce encore que le tueur de prostituées, le monstre frappe indifféremment n'hésitant pas à œuvrer jusque dans le domicile de ses victimes. L'enquête prend rapidement un tour nouveau quand on retrouve mort dans son lit, l'époux d'une jeune et célèbre actrice aux yeux de biche interprétée par la très gracile Olivia Cooke qui avait percé dans la série "Bates Motel" inspirée du célèbre "Psychose" (1960) d'Alfred Hitchcock. A partir de là, l'enquête si elle n'est pas toujours exempte d'invraisemblances et d'ellipses un peu tarabiscotées se suit avec un certain plaisir, placée qu'elle est dans des décors immersifs. Une plutôt bonne surprise donc que ce "Golem, le tueur de Londres" qui n' a pas rencontré son public, sans doute à cause des profondes mutations de ce sous-genre citées plus haut.
« Golem, le tueur de Londres » nous offre un bon petit moment de cinéma, dont le succès repose en grande partie sur l'impeccable mise en scène, signée Juan Carlos Medina (dont je découvre le travail aujourd'hui). En effet, la reconstitution du Londres de l'époque Victorienne est criante de réalisme et on découvre ses sombres et dangereuses ruelles exactement telles qu'on se les imagine. L'ambiance des théâtres populaires est également parfaitement rendue et donne à l'ensemble une belle originalité qui fait largement passer la pilule du scénario, un peu trop tarabiscoté pour être parfaitement fluide. De leur côté, les acteurs sont tout aussi crédibles (Olivia Cooke est splendide dans le rôle principal) et on se laisse vite prendre au piège de cette double enquête policière, qui n'est pas sans rappeler un certain Jack l'éventreur. Quelques scènes de meurtres, bien sanglantes, apportent d'ailleurs une petite touche de piquant à ce film sympathique qui plaira sans doute au plus grand nombre. Pas mal du tout !
L'éternel problème des sujets rebattus: trouver un élément nouveau qui permettrait de se démarquer. Ce film tente la chose à plusieurs reprises (dans son schéma narratif comme dans ses rebondissements) mais, en dépit d'un casting de bonne qualité et d'une photographie soignée, il souffre trop d'un rythme haché et de lieux convenus pour emballer le spectateur. On a par moments bien du mal à se passionner et à rentrer dans l'histoire, et ce malgré les réels efforts sur le plan esthétique. Il faut dire aussi que des meurtres horribles dans un quartier de Londres au XIXe siècle, ce n'est pas un sujet de première fraîcheur au cinéma...
Petit film d'enquêtes plutôt bien fait et soigné mais terriblement lent et ennuyeux. L'histoire peine à décoller, malgré les bons acteurs et la qualité de la forme. Le scénario est bien trop bavard, l'intrigue lorgne vers "From Hell" sans oser s'y confronter véritablement, et on finit par ne plus à chercher à comprendre ce qu'il se passe dans le film. Dommage, l'intention est bonne mais qu'est ce qu'on s'ennuie !
Aux commandes de ce film, un réalisateur espagnol, pas une surprise, l’ambiance rappellera pas mal de films de genre espagnols. Bon, que dire ? D’abord, que l’ambiance est inégale. Je rejoins certains critiques. Ok pour le noir, le poisseux, le sanglant… mais si on est continuellement là-dedans, ça perd en force. Prenons la scène de la fête au village dans Sleepy Hollow au début. Elle apparaît soudainement et après la visite du lugubre village, et du coup elle marque directe. Là, du début à la fin c’est interlope et nocturne. Choix pas très payant à mon sens, d’autant que l’on apprécie pas forcément aussi bien les décors du coup, ni certains effets horrifiques peu lisibles. Enfin, malgré tout, la reconstitution est soignée, de beaux costumes, des décors raffinés et une photographie classique mais élégante. Quand je dis classique c’est parce que je retrouve fréquemment ces choix de couleurs, d’éclairages dans d’autres métrages ou séries concurrentes sur la période (par exemple L’Aliéniste). A noter un petit bémol de mise en scène car j’ai l’impression que le réalisateur était contraint de mettre des effets horrifiques mais ne voulait pas faire un film d’horreur, et il en résulte pas mal de coupures intempestives, de plans frustrants qui montrent sans montrer. Le scénario est plaisant sur le papier, bien moins en vrai. Présence anecdotique et inutile de personnages connus totalement inexploités (Marx), fin très prévisible (je ne suis pas un Sherlock Holmes mais j’ai deviné au bout de 20 minutes) et surtout narration chaotique. Les choix narratifs ici sont très laborieux. J’ai eu le sentiment que ça aurait dû être une série dont ils ont compressé les épisodes pour faire un seul film. Où alors ils ont trop voulu caser de choses issues du livre. Enfin, dans les deux cas la narration manque de fluidité, l’enquête n’est pas si bien ficelé que ça, et le film semble renchérir (mais le livre sans doute aussi) dans le glauque pour faire oublier sa fadeur profonde. Pour moi c’était presque une évidence avec le cas de l’oncle par exemple (où les mariniers). Le casting est bon. Nighy toujours top en général, des seconds rôles bien campés (Marsan notamment), une très jolie et piquante Maria Valverde face à une Olivia Cooke au personnage riche et complexe. De manière générale les personnages ont du relief (valable aussi pour John Cree et Douglas Booth) et on appréciera qu’ils ne soient pas (trop) manichéens. C’est le bon point du film, ce qui à mon sens le sauve de la déception réelle, vu ce que j’avais entendu du livre et les belles premières images du film. Je persiste quand même à dire une chose : que ce film aurait été mieux en mini-série. Plus complet, plus soigné dans sa narration, il aurait convenu au format de L’Aliéniste. Il n’a pas du tout sur ce format l’efficacité d’un From Hell, mais je pense que la matière de base était aussi moins bonne (pour la fin notamment, même si j’imagine que ne pas avoir d’acteurs devant soi en lisant permet de moins percevoir les ambiguïtés des personnages). Je donne la moyenne, mais pour moi il manquait quelque chose, et l’on se rattrapera sur les acteurs et quelques belles séquences quand même. 2.5
Sorti dans une regrettable discrétion, ‘The Limehouse golem’ fait partie de ces très bons films qui ne bénéficient d’aucune distribution en salles, faute d’avoir pu être rangés par les décideurs dans une unique petite case rassurante. S’agissait-il d’une oeuvre trop compliquée ? Cette intrigue policière, qui réunit un auteur raté qu’on soupçonne sa jeune épouse d’avoir empoisonné, celle-ci, star prometteuse du music-hall et le mystérieux “Golem� qui hante les rues de Londres et commet des meurtres atroces qui défient toute logique, est touffue, c’est une évidence. Jouant sur les faux-semblants, le principe de la lettre volée qu’on cherche partout alors qu’elle repose en évidence et la logique des différentes interprétations de la réalité popularisée au cinéma par ‘Rashômon’, elle ne réclame toutefois pas trop d’efforts pour qu’on se laisse entraîner sur de multiples fausses pistes vraisemblables, et s’avère suffisamment bien construite pour qu’on accueille l’explication finale avec une satisfaction non-feinte. Est-ce qu’elle se voulait trop métaphorique ? Evoquer la quête désespérée et obsessionnelle de la célébrité, les paillettes et le miroir aux alouettes du show-business, la condition féminine, les manoeuvres et les enjeux politiques et personnels qui transforment la vérité en rumeur parmi d’autres, c’est aussi parler du monde contemporain, quand bien même, en ancrant ces constats dans l’ère victorienne, le scénario ne fait résonner aucune fausse note. Ou bien le film englobe-t-il trop de sous-genres pour se révéler clairement pour ce qu’il est ? Un Whodunit glauque avec du fantastique aux entournures ? Un drame féministe et social agrémenté de quelques touches d’humour noir ? Ou un film en costume d’époque évoquant avec brio l’atmosphère joyeuse et enfumée des cabarets ? ‘Insensibles’, le précédent film de Juan Carlos Medina, était déjà une oeuvre polymorphe, brillante mais pas forcément évidente à appréhender, ce qui l’avait tout de même moins déforcé médiatiquement que son successeur. Pourtant, ‘The Limehouse golem’ est objectivement une excellent cuvée : outre ses qualités narratives et sa volonté d’exprimer quelque chose de moderne à travers les meurtres crapuleux commis par un émule de Jack l’éventreur, ‘The Limehouse golem’ apporte la démonstration qu’un excellent réalisateur parviendra toujours à transcender les contraintes d’un budget limité. Rarement l’East End londonien aura donné l’impression d’être aussi sordide, répugnant et anxiogène : le ‘From hell’ des frères Hugues en offrait déjà un bon aperçu, tout en succombant au côté carnavalesque propre au cinéma hollywoodien. En contrepoint des intérieurs illuminés où prolétaires et membres de la haute société venaient se repaître d’humour noir et de pantomimes tordus, ‘The Limehouse golem� fait en sorte que la décrépitude du lieu et de ses habitants reposent sur une approche strictement réaliste, ce qui ne peut que renforcer la crédibilité et le pouvoir d’évocation de ce petit polar en redingote, décidément très finement travaillé.
Nous voici plongés dans le Londres des années 1880, crimes glauques dans le milieu interlope de Limehouse, quartier plutôt mal famé de Londres. Dans une atmosphère rappelant celle de Jack L’Éventreur, des crimes apparement sans aucuns liens entre eux sont perpétrés dans Limehouse. Tout porte à croire que c’est le �Golem� le monstre mythique de la communauté juive. L’enquête est confié à un Inspecteur (Billy Nighy). Qui s’évertuera à tenter d’innocenter celle qu’il croit accusée à tort (Olivia Cooke). Le dénouement est tortueux, mais s’il est certes prévisible n’en est pas moins intéressant de suivre le raisonnement de l’inspecteur. Je reprocherais au film son décors en permanence sombre, limités à la maison, au cabaret de Dan Leno et 2-3 rues. Trop de scènes nocturnes et surtout trop d’hémoglobine, c’est peu ragoutant et bien inutile.
Trop long, 1h30 aurait largement suffit. Très redondant sur le coté polar et trop soft sur le coté thriller. Reste les interprétations d'un niveau honnête (où est l'émotion ?) et surtout l'immersion de l'époque. Le fil rouge : la reconnaissance n'est pas assez exploité dramatiquement. Pas terrible au fional ! 2/5 !!! (pas plus car assez ennuyeux).
Un film n'ayant pas eu les honneurs des écrans français, ce qui peut apparaître à première vue surprenant au vu du joli casting et de l'histoire : un polar « victorien » rappelant en partie « Jack l'éventreur », avec (logiquement) reconstitution historique et costumes joliment soignés à la clé. Et c'est plus ou moins le cas... plus ou moins. Si l'atmosphère de l'époque n'est pas mal rendue et que l'on suit avec un minimum d'intérêt cette enquête jouant allègrement des flashbacks pour « stimuler » le récit, il manque une réelle dynamique, une vision originale et personnelle de Juan Carlos Medina pour rendre l'entreprise vraiment séduisante, le budget clairement « série B » se faisant parfois ressentir. C'est dommage car le regard sur le théâtre, notamment à travers la figure de Dan Leno (Douglas Booth, excellent) apporte un aspect « authentique » intéressant, celle de Karl Marx apparaissant, en revanche, nettement moins convaincante. Ce n'est pas désagréable, mais pas marquant non plus, l'identité de l'assassin n'étant pas si dure à trouver si l'on est attentif à certains détails, sans oublier un dénouement visuellement séduisant mais pour le moins déconcertant... Convenable, donc, sans être le beau thriller « historique » que l'on était en droit d'espérer.
Excellent petit thriller se déroulant dans le Londres de la fin du XIXè siècle, rappelant fortement au départ le "From Hell" des frères Hughes, mais avec un autre ton, une autre histoire, une autre ambiance et finalement, n'yant pas grand chose à voir si on finit par voir les 2 films. Porté par un judicieux casting très bien dirigé, bénéficiant d'une photo et d'une direction artistique sublimes, le film se suit avec plaisir, nous plongeant avec délice dans une atmosphère poisseuse, au milieu de gens un brin dérangés, avec une intrigue classique, qui se déroule de manière mécanique mais ludique, avec au centre de tout, un tueur sanguinaire et un procès contre une femme innocente mais que tout accuse. Bon, j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre ce film, très bien raconté, sachant doser ses effets, sachant aussi nous happer et nous intriguer, malgré une narration parfois trop mécanique donc, mais il parvient tout de même à surprendre. Dommage que ce thriller poisseux n'ai pas réussi à atteindre les salles de cinéma, surtout au regard de sa technicité et du talent des acteurs, mais aussi de son scénario ma foi fort bien troussé. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
La très grande originalité de ce Golem, le tueur de Londres réside dans le portrait de femme filé tout au long de cette succession de révélations un peu lassante au bout d'un moment mais prenante et honnêtement exécutée. L'ennui ne s'installe guère, seule la surprise d'une intrigue horifico-policière exclusivement tissée en second plan sur lequel s'enchaînent les flashbacks, tombent les masques pour finalement confondre les coupables, l'existence et la révolte qu'elle déclencha chez une femme enfermée dans sa caste, écrasée par ses origines sociales et bien décidée à renverser les tendances. La présence - assez curieuse d'ailleurs - de Karl Marx accentue davantage encore cette dimension sociologique qui, tout comme les revendications féministes, sonnent juste quoiqu'anachroniques... Belle réalisation, composition musicale efficace, prestations convaincantes : une œuvre sincère et honnête qui réserve son lot de surprises mais à l'impact malheureusement moindre. Reste un très bon divertissement, intéressant et de qualité.
Je me dois de reconnaître l'énorme travail de reconstitution d'époque (costumes, décors), d'histoire, d'acting et l'atmosphère qui nous plonge dans l'univers du Londres victorien. Mais je n'ai pas été transporté. Bonne présentation de l'histoire en enquête avec chaque suspect interrogé. C'est astucieux ! Malgré tout, je n'ai pas été convaincu. C'est long, ennuyeux, décousu et pas prenant pour un sou.
Les costumes, les décors, les éclairages, tout cela est très bon, de même que le sourire d'Olivia Cooke ou la poitrine de Maria Valverde, mais sinon, le scénario est complètement alambiqué, s'encombrant de propos sentencieux sur tout et n'importe quoi, nous imposant des scènes d'humour qui ne font rire personne, et mettant même en scène Karl Marx (pourquoi se gêner ?).Visuellement c'est souvent assez tristounet et du point de vue du scénario on est vite perdu dans une narration confuse et pour tout dire inintéressante et baséespoiler: sur une unique pièce à conviction puisque l'assassin est tellement bête qu'il a écrit ses mémoires sur un bouquin de la bibliothèque municipale .spoiler: Rien ne permet au spectateur de trouver le coupable sauf par déduction, le film adapte donc la détestable méthode du twist pour le twist, genre "tout ce que je vous ai raconté pendant 90 minutes ne sert à rien puisque la vérité est ailleurs". Quant à la dernière scène, elle est aussi prévisible que navrante et nullissime.