Much Loved
Note moyenne
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175 critiques spectateurs

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Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 septembre 2015
Même si ce n'est pas le propos du film, c'est une nouvelle fois l'occasion de constater que la prostitution s'inscrit pleinement dans une logique d'économie capitaliste. L'objet des transactions est le corps des femmes (voire des travestis) livré au pouvoir de celui qui détient la somme nécessaire pour s'offrir l'usage du corps d'une autre. La maltraitance fait parfois partie de la prestation. A part ça, le portrait de ces femmes est magnifique, elles sont touchantes dans leur dignité, qu'elles conservent malgré tout. Comment une société parvient-elle à soutenir que la prostitution soit admise de nos jours ? Que l'action se déroule au Maroc, pays musulman, est un plus. La censure dit combien l'hypocrisie est au rendez-vous. Que des Femen aient fait irruption au salon de la femme musulmane au milieu d'orateurs masculins me semble un happening intéressant et qui fonctionne, selon moi, dans une complémentarité avec "Much loved". Plutôt que la censure, on aimerait qu'un espace de débats puisse voir le jour pour éclairer le questionnement soulevé par ce film.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 septembre 2015
Much loved est interdit au projection au Maroc. Sur la foi d'images qui parfois ne figurent même pas dans le film et surtout à cause de son thème, inacceptable : la prostitution. Nabil Ayouch, dont on connait le courage, n'a pas eu peur de confronter une vision ultra documentée de son sujet à travers un film certes parfois trop cru et inutilement provocateur mais qui se révèle être en premier lieu un portrait de 4 femmes, des "guerrières" comme il les appelle, ces femmes que tout Marrakech voit mais qui sont comme socialement invisibles. Le débat est tronqué d'avance et rongé par l'hypocrisie,
il est plus facile de jeter l'anathème que de contempler ce miroir pas très flatteur. Plus que les scènes "d'orgies" avec de riches saoudiens, l'on retient le cran et la solidarité de ces femmes sur lesquelles le réalisateur, aidé par sa "consultante" (Loubna Abidar, également son interprète principale, dans un rôle où elle est époustouflante) jette un regard jamais teinté de pitié ou de complaisance. Avant de parler de Much loved, ses opposants a priori feraient bien de regarder le film dont le réalisme fait à la fois froid dans le dos et chaud au coeur.
Enrico M
Enrico M

57 abonnés 24 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 septembre 2015
Un film qui dépote ! D'une énergie de dingue, pas un seul temps mort ! Un film 100% féministe, respectueux, émouvant, dur et doux à la fois. Ces femmes sont des guerrières qui ne baissent jamais les bras, qui parlent cru, parce que telle est la vie pour elles. Mais le film magnifie aussi leur solidarité, à quatre, elles sont plus fortes que tous ces hommes qui les utilisent. Nabil Ayouch aime ses comédiennes et il aime surtout celles qu'elles incarnent dans le film : les prostituées de Marrakech. MUCH LOVED est le film d'un homme qui rend hommage à toutes ces femmes.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 septembre 2015
En calant sa caméra au plus près de quatre prostituées marocaines, Nabil Ayouch n'a pas choisi la facilité : il savait probablement qu'il allait s'attirer les foudres de certains intégristes, sûrement pas que son film allait être interdit au Maroc et qu'il allait être attaqué en justice par des associations...

La société traditionnelle marocaine refuse de regarder en face le phénomène de la prostitution, qui crève pourtant les yeux, et préfère donc l'hypocrisie : il faut dire que le miroir tendu par Ayouch est d'une netteté fulgurante.

Du projet initial de documentaire, le film garde une sorte de naturalisme puissant qui emporte l'adhésion, porté par des actrices non-professionnelles (à l'exception de l'excellente Loubna Abidar). Il ne se passe pas grand-chose dans le film en terme de dramaturgie. On s'attend constamment au pire, mais l'hypothèse du naufrage ou de la catastrophe est balayé par la force magistrale que génèrent ces quatre magnifiques femmes : tout l'intérêt de Much loved est dans ce portrait.

Nabil Ayouch dessine un tableau à la fois tendre et sans concession d'un milieu où le terrifiant (les hommes en général, les policiers et les saoudiens en particulier) cotoie le généreux (les travestis, Saïd). Il faut toute l'attention du réalisateur aux menus détails du quotidien pour tranfigurer une existence misérable en promesse d'avenir : trajets en voiture filmés comme dans un rêve (beau travail sur le son), gros plans empathiques sur les visages ou les corps, scènes de colère ou d'exaltation.

Jamais voyeur, parfois brutal, Much loved donne à voir l'énergie féminine comme peu de films savent le faire.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 septembre 2015
Pour raconter le Maroc d’aujourd’hui, Nabil Ayouch suit le quotidien nocturne de quatre copines prostituées, aux mains de nababs qui une fois la chair martyrisée rejettent les femmes sans ménagement. Entre l’avilissement et l’esclavage sexuel, le réalisateur donne le change à une situation déplorable en reprenant plusieurs fois les mêmes scènes dans un autre décor et autour d’autres fêtes. Une répétition qui édulcore et rend gratuit un sujet tout aussi ténu quand il promène ses héroïne dans les rues de Marrakech où la misère sur les trottoirs s'étale sans autre forme de commentaire. Je retiens alors le beau portrait de la sœur aînée jouée admirablement par Loubna Abidar et celui de Saïd, le protecteur, le confident, l’ami (Abdellah Didane) lui aussi très bien.

Pour en savoir plus
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 septembre 2015
Une immersion dans le monde de la nuit à Marrakech à travers quatre femmes prostituées qui nous confrontent à une dure réalité. Qu'on s'attache à ces femmes ou pas, ce film trouve son public là où il dénonce. A ne pas manquer! Pour voir notre critique complète, rendez-vous sur notre blog Stop ton cinéma!
yann r
yann r

59 abonnés 11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 septembre 2015
Film d'une grande intensité qui montre une facette méconnu d'un monde sauvage et difficile. A voir absolument ! !
Robin M
Robin M

84 abonnés 283 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 septembre 2015
Depuis sa présentation à la Quinzaine des Réalisateurs, Much Loved doit faire face à la croisade politico-médiatique que lui assène le gouvernement marocain. Censurée seulement à partir d’extraits, l’œuvre de Nabil Ayouch ne nuit pas à la « femme marocaine », devenu soudainement une sorte d’enjeu sociétal, mais s’inscrit pleinement dans la filmographie d’un réalisateur s’évertuant à donner une voix aux laissés-pour-compte de son pays (cf. Les Chevaux de Dieu en 2012). A travers le destin de ses prostituées, il dresse alors le portrait d’une population cherchant un moyen de subsister en profitant, comme elle peut, des retombées touristiques sur lesquelles repose l’économie du Maroc. Egratignant le vernis de l’administration de Mohammed VI, Much Loved symbolise ainsi parfaitement le paradoxe d’un Etat perdu entre sa volonté de respectabilité – autant sur le plan religieux qu’international – et sa position de plaque tournante des marchés noirs (drogue, prostitution). La force de Nabil Ayouch réside dans le fait qu’il choisit de montrer cette schizophrénie sociétale par le biais d’un réalisme presque documentaire. Un parti-pris d’autant plus corrosif qu’il permet de dépasser le caractère fictif du film de gangsters sur la corruption et les écueils du cinéma social bien trop souvent misérabiliste.

Les prostituées d’Ayouch s’insèrent parfaitement dans une réalité tangible, celle de la société marocaine. Elles s’intègrent dans la dualité de son paysage allant, par le biais de sublimes scènes de voitures, du bric-à-brac des quartiers pauvres de Marrakech au bling-bling des soirées en boîte de nuit ou celles privées de riches touristes. Sans jugement, le réalisateur marocain donne même à ses personnages la possibilité d’avoir un regard propre sur leur société. Ces figures féminines ne sont pas des marionnettes – encore moins des victimes – mais jouent un rôle dans ce monde nocturne qui sert d’exécutoire aux dominants et d’accès aux dominés. Œuvre féministe, Much Loved ne regarde pas la femme comme un objet filmique pétrit de sentimentalisme mais comme un rouage intégré dans un jeu de séduction et de combine censé empêcher l’écroulement du reflet de réalité qu’elles vendent. Elles sont ainsi des entités non-monolithiques amenant par un langage vulgaire, mais réaliste, une ironie à leurs conditions. Nabil Ayouch parvient à faire de Much Loved une œuvre étonnamment drôle et joviale reposant sur la capacité des hommes à s’acclimater à leurs malheurs.

La démarche réaliste d’Ayouch ne serait pas aboutie en masquant la réalité des orgies nocturnes marocaines qui font vivre ses protagonistes. Peut-on désapprouver un réalisateur qui n’affadit pas son œuvre de peur de choquer des institutions moralisatrices ? Il est curieux de reprocher à un long-métrage sur la prostitution de montrer la prostitution. D’autant plus que Much Loved ne tombe jamais dans une impudeur gratuite. En effet, ce n’est pas le sexe qui intéresse le réalisateur marocain mais plutôt la maîtrise des corps et de sa séduction par les prostitués. L’acte, non montré, n’est que l’aboutissement d’un ballet sensuel des chairs ayant pour unique finalité d’assujettir le client et d’inverser les rôles de dominant et de dominé. Les prostituées d’Ayouch se différencient ainsi dans ces scènes mettant en avant leurs atours. C’est l’usage même de leur corps qui trahit, autant que leurs paroles, les différents archétypes qu’elles représentent : la pute sauvage, la pute romantique, la pute lesbienne, la pute provinciale.

Avec Much Loved, la prostituée sort du schéma de soumission misérabiliste que lui colle le cinéma mondial. Nabil Ayouch s’attache à retranscrire la position sociale ambiguë de ces femmes surtout au Maroc. A l’instar de Noha (Loubna Abidar, éblouissante), elles oscillent entre une répulsion dictée par les codes moraux et un attrait économique aussi bien pour les familles que l’Etat. Véritable manne financière de la royauté, ces femmes sont le « pétrole » du Maroc – comme l’analyse avec ironie Noha – attirant un tourisme sexuel aussi bien arabe qu’européen. Le Marrakech d’Ayouch devient alors une sorte de Babel assouvissant les fantasmes des hommes. Néanmoins, les femmes trouvent par ce biais une certaine échappatoire à la misère qui les touche. Rare porte de sortie pour les couches les plus démunies, la prostitution permet une élévation sociale (une prostituée réussissant à ouvrir son salon de coiffure) ou un désenclavement (Hlima quittant sa province). Personnage marginal par excellence, la prostituée de Much Loved s’insère dans la société qui l’a vu naître en se présentant comme une sorte de sainte contemporaine, hébergeant et nourrissant les plus démunis.

A l’inverse de l’opinion de ses détracteurs, Much Loved rend ainsi ses lettres de noblesse à la prostitution en donnant des visages au commerce du corps au Maroc. Ne louant pas une perversité féminine mais rendant son ambiguïté à la question de la prostitution, Nabil Ayouch signe une œuvre qui fera date tant par son génie scénaristique que par son exigence visuelle.
Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 434 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 septembre 2015
(...) On reste de glace face à ce déballage. Même si ce qui est montré puise dans la réalité, même si le film a été écrit sur la base de 18 mois d'enquête et de nombreux témoignages et que ses actrices prennent des risques énormes en acceptant ces rôles pour témoigner d'une réalité qu'elles côtoient dans la Médina de Marrakech, même si ce film part de la louable intention de rendre compte d'une exploitation pour contribuer à l'éradiquer, il ne peut atteindre son but par la seule dénonciation d'un état de fait. Ces moments partagés avec ces femmes, l'amitié qui les lie au sein même de leurs permanentes altercations, les rendent certes plus proches et familières mais fondamentalement, qu'est-ce qui dans ce film permet d'envisager comment transformer les choses en dehors d'un peu probable débat public atteignant la sphère politique (Indigènes reste un des rares exemples où l'on suppute que le film a pu faire évoluer la législation) ? C'est là que le bât blesse : même si à la fin les femmes font une pause et que l'une demande si elles ont envie de reprendre ce travail, rien dans le film ne rend véritablement compte d'une possible résistance. Elles sont victimes d'un système et victimes d'elles-mêmes en l'adoptant, et les multiples scènes où elles doivent gérer les désirs et agressions des hommes placent le spectateur dans la confrontation avec un spectacle fascinant et jouissif sans pouvoir accéder au recul lui permettant d'exercer son sens critique. (...)
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 septembre 2015
un film captivant emouvant réel à souhait et surtout très courageux de la part de toutes les actrices avec une actrice principale étincellante. bravo pour ce film.
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