Juste La Fin Du Monde
Note moyenne
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811 critiques spectateurs

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aymericl
aymericl

19 abonnés 160 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 septembre 2016
Tout d'abord, je tiens à préciser que je suis un fan inconditionnel des cinq premiers films de ce jeune prodige canadien. Laurence Anyways et Mommy m'ont notamment procuré de grandes émotions.
Vous pouvez donc aisément comprendre quelle a été ma déception à l'issue de la projection du très attendu "Juste la fin du monde".
J'aurais voulu aimer ce film, l'adorer, mettre un nouveau 5 étoiles à Dolan. Mais non, là, c'est juste pas possible.
Après une belle entrée en matière, le film s'écroule très rapidement. Les premières scènes entre Marion Cotillard et Gaspard Ulliel m'ont paru totalement surjoué. Je me suis retrouvé au bout de 15 minutes en dehors du film. J'ai retrouvé dans "Juste la fin du monde" tout ce que je n'aime pas dans le théâtre.
Ça crie, ça hurle, et ça ne se calme jamais!
Seul les moments d'évasion de Gaspard Ulliel, les flash back relatifs à son enfance, m'ont transporté. Les scènes de groupe sont indigestes, les confrontations entre les personnages dans les différentes pièces de la maison sont moyennement captivantes.
Toutefois, le film se termine sur une bonne note: la scène de clôture est magnifique, tout comme le début du film.
J'espère retrouver dans le prochain film de Dolan l'authenticité, le charme, les couleurs, la musique, que j'ai tant apprécié dans ses précédents films.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 septembre 2016
Il est des films qui vous prennent aux tripes, qui vous arrachent le cœur, qui vous retournent l’esprit et vous transportent d’émotions diverses aux larmes sans crier gare. « Juste la fin du monde » est de ceux-là. Xavier Dolan est un surdoué du cinéma et son nouveau film le confirme durablement. C’est un artiste de 26 ans qui en est déjà à son sixième film et qui laissera une trace indélébile sur le septième art. Si certains de ses long-métrages souffraient de défauts inhérents à l’immaturité, le magnifique « Mummy » et celui-ci le placent définitivement du côté des auteurs marquants et dotés d’une patte singulière, ses influences ayant été digérées pour aboutir à un style et une mélodie qui lui sont propre. Uniques et beaux.

Le casting cinq étoiles réuni ici n’est pas qu’un coup marketing bien que réunir ces cinq acteurs français dans le même film donne un sacré prestige à l’affiche. Et l’expression n’est pour une fois pas galvaudée car ce quintet de comédiens forme un tout exemplaire, magnifique et mémorable. Il semblerait que les rôles ont été écrits pour eux ou qu’ils se les sont appropriés dans un même élan artistique et passionnel pour leur art de manière à former la distribution la plus homogène qui soit. Chacun semble tellement à sa place et joue à la perfection qu’il est impossible de dire lequel tire le plus son épingle du jeu. Gaspard Ulliel est celui autour duquel tourne le récit mais qui a le moins de répliques, l’intensité de son jeu passant par les regards et sa beauté triste. Léa Seydoux n’a jamais été aussi bonne que dans ce rôle de petite sœur un peu perdue et privée d’un frère. Vincent Cassel est au sommet de son art en grand frère brutal et nerveux qui ne sait pas montrer ses émotions. Marion Cotillard, toute en fragilité et timidité maladroite, est sensationnelle. Quant à l’impeccable et toujours brillante Nathalie Baye, elle forme le trait d’union relationnel avec ces partenaires en mère dépassée mais empathique. Un casting impérial pour une tragédie familiale déchirante.

Si le film est bavard et que l’on ressent l’origine théâtrale de la pièce, les affèteries de style de Dolan sont limitées à leur juste nécessité et explosent lors de flashbacks gracieux et sublimés par des images et une bande-son toujours aussi étonnante mais au final si évidente. Les visages sont filmés en plans rapprochés pour faire ressortir toutes les émotions de chacun, du moindre mot prononcé au regard discret en passant par une expression infime. L’incommunicabilité et les non-dits sont au centre de cette histoire et on devine beaucoup de choses par ce qui est dit entre les lignes ou exprimé dans les attitudes. « Juste la fin du monde » est une œuvre intense qui transcende le film dit de réunion de famille. On sort de là sonné, mélancolique et nostalgique à la fois, avec l’impression d’avoir déjà vécu des bribes de cette histoire. On a envie à la fois de garder le film rien que pour nous mais également de le partager. « Mummy » n’avait honteusement eu que le Prix du Jury à Cannes, celui-ci a eu le Grand Prix et c’est grandement mérité, certainement la seule bonne note de ce palmarès à côté de la plaque. Un drame en forme de pierre précieuse, magnifique qui laissera une trace indélébile dans la mémoire et dans le cœur.
alain-92

350 abonnés 1 078 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 septembre 2016
Incommunicabilité à tous les niveaux. Ce film peut déranger au plus haut point ou séduire au plus profond. Pour ma part, et pour quantités de raisons, je salue cette réalisation impeccable. Implacable aussi, qui d'un gros plan à un autre, nous entraîne là, où, souvent, nous préférons fermer les yeux. Ignorer le plus profond. Tourner le dos à tout ce qui dérange. Le scénario est magnifiquement écrit. Une nouvelle fois chez Xavier Dolan, pas de figure paternelle, mais des femmes et deux frères. Fuir pour exister. Un besoin extrême d'être aimé sans trouver la juste voie, ou plus simplement le courage. La fureur des dialogues, et les silences étourdissants, poussent toujours plus loin dans cette impossibilité de communiquer, d'être soi, d'exister, vraiment. La musique de Gabriel Yared, "physique", selon les termes du réalisateur est parfaite. Elle augmente cette sensation d'isolement et de malaise profond. Le casting, est, tout simplement éblouissant !
Thibaud G
Thibaud G

50 abonnés 177 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 septembre 2016
On ne ressort pas indemne d'un tel film mais bouleversé, chamboulé, déchiré, sens dessus dessous ! Oeuvre magnifique basée sur une famille dont aucun membre ne parvient à trouver sa place, à communiquer, à échanger. Que de sous-entendus et d'incompréhension, que de paroles cinglantes, que d'hésitations et de balbutiements, que de maladresses, que de cris, que de coeurs à fleur de peau, que de violences et de rancoeurs ! Face au retour du fils prodigue, chacun tour à tour se dévoile un bref instant puis se renferme sur soi, encore plus seul qu'avant. La mise en scène est exceptionnelle, tout est filmé au plus près des personnages, on a l'impression d'être à côté d'eux, on partage chacun de leurs battements de cils, de leurs souffles, de leurs palpitations, de leurs soubresauts. On est embarqué par un rythme tantôt trépidant avec des flots de paroles blessantes ou maladroites, tantôt apaisé avec des instants où le temps semble suspendu. Les acteurs nous livrent des performances renversantes, tous semblent constamment au bord de la rupture, de l'explosion. La direction d'acteur est exemplaire et Nathalie Baye, presque méconnaissable sous un maquillage outrancier, est formidable particulièrement lors de son tête à tête avec Louis incarné par un Gaspard Ulliel magnétique, sensuel et torturé. Vincent Cassel se révèle comme à l'habitude excellent jouant un fort en gueule, un écorché vif maladroit et provocateur. Marion Cotillard est impressionnante dans ses échanges hâchés et murmurés ainsi que dans ses regards lourds de sens. Enfin, Léa Seydoux joue magnifiquement la rébellion, la pudeur et la maladresse d'une fille qui n'a pas su grandir. La musique de Gabriel Yared est éblouissante et les choix de chansons sont judicieux avec en premier lieu la reprise de Françoise Hardy par Exotica et l'ouverture par Camille. Un drame familial déchirant, une belle réussite de la part du virtuose québécois Xavier Dolan !
StudioCinePremiere
StudioCinePremiere

12 abonnés 78 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 26 septembre 2016
Si vous comptez passer un moment de détente, passez votre chemin... On souffre pendant une heure trente à l'image de Gaspard ulliel mal à l'aise dans ce huis clos familial. Malgré le casting et la mise en scène soignée, ce film ne peut plaire qu'à quelques cinéphiles fans du style Dolan... Enfin ce n'est pas la fin du monde!
David L
David L

6 abonnés 79 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2016
Note : 17/20
Très bon film dramatique avec une mise en scène très soignée, un scénario efficace, un excellent casting français (notamment Marion COTILLARD, Gaspard ULLIEL, ...), beaucoup d'émotions ...
David82
David82

14 abonnés 26 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 janvier 2025
On ne ressort pas indemne de cette œuvre. Époustouflant de bout en bout, c'est pour moi son film le plus fort, surpassant même Tom à la ferme que je vénère. Xavier Dolan est à l'image de ses œuvres, mêlant force et fragilité dans chaque plan. Ce film fera date. Bravo.
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 septembre 2016
Après le très mémorable Mommy en 2014, Xavier Dolan, le petit génie rimbaldien du cinéma canadien nous gratifie d'un nouveau chef d’œuvre avec ce film très intime qui reprend la pièce de Lagarce du même nom. On comprend bien que ce thème du retour dans sa famille provinciale après douze ans d'absence de ce jeune garçon homosexuel, brillant dans le monde du spectacle parisien et touché à mort par une maladie qu'on devine, est quelque chose d'intensément dramatique.
Xavier Dolan exprime tour à tour la douleur et l'amour de Louis - éblouissant Gaspard Ulliel - ainsi que celles de chacun des membres de sa famille, leur incapacité collective à communiquer, à se parler, à échanger.
Presque tout le film pourrait être découpé en scènes anthologiques tant les émotions qui s'y expriment sont palpables et tant la forme choisie (montage, photo, déplacement de la caméra, musique d'accompagnement, éclairage, ..) sont innovants et pertinents.
Du grand art ! Chacun des comédiens mérite d'être cité, de Vincent Cassel si explosif et fragile à Nathalie Baye, impériale, en passant par Léa Seydoux, au bord de l'implosion. Mention spéciale pour Marion Cotillard et pour la scène des regards, remarquable d'intensité et de douceur.
Une leçon de cinéma et un prodigieux moment d’humanité. Merci.
Post-xMoVie
Post-xMoVie

11 abonnés 65 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2016
Quand Juste la fin du monde a reçu le Grand Prix, pas mal de gens ont fait la moue : ce n’était pas le film le plus abouti de son réalisateur qu’on accusait d’avoir fait un caprice de surdoué parce qu’il n’avait récolté « que » le Prix du Jury pour Mommy. Pourtant, on attend chacun des films de Xavier Dolan avec impatience, en bravant même le sillage médiatique que ses avant-premières ont laissé pour sa sortie en salles. Et bien souvent, on s’en fait sa propre opinion sans subir d’influence. « C’est juste un déjeuner en famille », certes, mais c’est aussi une adaptation fulgurante qui transcende chacun de ses acteurs.
Le texte de Jean-Luc Lagarce – que certains comparent à Tchekhov – est une épreuve pour ses comédiens, fondé sur les non-dits et biaisant sans cesse pour faire parvenir un semblant de propos : l’incapacité de Louis à annoncer sa mort prochaine se retrouve dans ces discussions virant tout le temps au coup de gueule, entre Antoine et Suzanne, les frères et sœurs minés par douze années d’absence puis avec la mère et la belle-fille aussi, Catherine, d’une maladresse cruelle mais adoucie par le jeu réconfortant de Marion Cotillard. Cette famille est une bombe atomique où la venue soudaine, inexpliquée de ce fils prodigue (écrivain en passe d’être renommé) renforce sa constante anarchie plutôt que de l’apaiser, ne serait-ce qu’un seul jour. Louis est le seul à ne pas prendre part à ces conflits quotidiens : de sa mère, il a gardé un peu d’amour, de sa sœur, l’unique souvenir d’un enfant et de son frère, pas grand chose. Ainsi il y a, des deux côtés, une perte totale des repères pour avoir une relation « normale » : pendant tout le film, le quintet est tout sauf naturel, il se cherche, se perd, se reprend, se trompe mais ferme les yeux sur ce vide qui les séparent. Peu à peu, ils en viennent à se demander la raison de la présence de Louis, à qui sa sœur reproche d’avoir quitté la maison dans un mélange d’amertume et de tolérance, celle qu’on éprouve vis à vis des ces personnes qu’on a fantasmées car elles n’étaient pas là quand il fallait. La séquence à table, par exemple, où tout le monde fait comme si de rien n’était. « Raconte-nous les potins » lance Nathalie Baye, maquillée à l’excès, à son fils qu’on vient de remballer parce qu’il voulait voir leur ancienne maison. C’est aussi un retour aux sources pour lui : dans le débarras, il trouve le matelas qui a accueilli ses ébats avec Joli-Cœur, son premier amour dont Antoine annonce, plus tard, la mort. Dans ce passé où la mère se réfugie et où on partait pique-niquer le dimanche, ils étaient tous réunis, le père était encore vivant… Mais rien n’avait commencé : on ne se balançait pas des vannes pour avoir le silence et on ne comblait pas le vide par des conversations futiles. En fait, au vu de cette famille complètement névrosée et impulsive, on en vient presque à trouver la mort de Louis comme une délivrance, une solution à un monde où les sentiments sont trop tordus pour être exprimés. Ces plans fixes ultra-proches des visages sondant le trouble et la peur d’un nouveau départ qu’on ne s’expliquerait pas ; les effets graphiques qui renforcent la solitude Louis, qui veut donner « l’illusion, une dernière fois, d’être son propre maître » : toutes les expériences de Xavier Dolan en matière de mise en scène se condensent et s’expriment dans un équilibre à présent moins fougueux. Sans abandonner le tumulte et la nervosité indomptables de son œuvre, il ne cesse de vouloir se renouveler, en se cassant un peu la gueule mais en projetant surtout un regard acerbe sur cette fin du monde, qu’il nous montre dans tout ce qu’elle a de plus flamboyant.
Première fois que Dolan ne fait pas retentir la cloche du québécois qu’on commençait à lui associer par habitude. Cette fois-ci, tous les acteurs sont français, le casting est cinq étoiles – grand public oblige – et permet d’associer distinctement chaque personnage à son interprète. Après Jason Bourne où il campait un espion en quête de vengeance, Vincent Cassel endosse une fois de plus le rôle du salopard provoc aux répliques cyniques, qu’on accuse sans cesse d’être ce qu’il est et qui gueule pour être compris. Ca se passe comme ça chez la mère : on parle, ça s’embrouille, on s’insulte et la scène est coupée. Suzanne s’oppose tout le temps à ce frère aigri : Léa Seydoux a souvent ce rôle de jeune fille solitaire et révoltée en manque affectif. Elle renoue ici avec un personnage consistant et bien filtré par le style Dolan. Car en effet, si le texte de Lagarce est bien là – amputé de pas mal de scènes – son adaptation reste une appropriation esthétique du réalisateur qui suit cette fois un chemin différent en montrant une famille entière, et non plus un couple spécifique. Cassel, donc, joue ce frère agacé par le silence et les non-dits et donne à ce personnage une violence plus sombre grâce à ce jeu physique et radical qui le rapproche parfois d’une bête. Cotillard, sa femme, a cette douceur extraordinaire d’une confidente qui n’a pas besoin de parler pour comprendre : son regard pensif et délicat, son débit saccadé qui bute contre chaque idée et l’empêche de vraiment s’exprimer ; bien qu’elle soit « l’étrangère » de la famille, c’est elle qui devine tout et comprend Louis. Au fur et à mesure du film, leur relation devient plus étroite avant que la séparation soit pour les deux la fameuse « réponse ». Il y a la mère aussi, Nathalie Baye, que ce caractère exagéré de retraité rend un peu naïve : toute l’emphase témoignée face aux autres se change soudain en inquiétude dans l’unique scène où elle se retrouve seule avec son fils. Mais comme les autres, elle n’a rien compris. Seulement des quatre qui se posent la question de savoir « pourquoi ? » seulement un le profère haut et fort : Antoine, comme toujours, qui va déclencher une énième engueulade d’où il ressort soulagé, cette fois, d’avoir dit ce qu’il pensait sur les autres et leur manière de le considérer. Tandis qu’au milieu de l’orage, sous le cliquetis imperceptible du coucou, Louis tourne le dos à cette maison qu’il ne reverra plus jamais. « Tout ce que tu dis, c’est pour combler le vide sur lequel t’as aucune emprise ! »
LeFilCine
LeFilCine

198 abonnés 631 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 septembre 2016
Juste La Fin Du Monde est l'adaptation par Xavier Dolan d'une pièce de théâtre de feu Jean-Luc Lagarce. Le film a déchaîné les passions lors du dernier festival de Cannes. C'est que le jeune réalisateur québécois, deux ans seulement après son chef d'œuvre Mommy, était attendu au tournant (en tout cas par certains journalistes). D'autant plus qu'il s'est entouré d'un casting incroyable : Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel et Marion Cotillard. Le personnage principal, interprété par Gaspard Ulliel, retourne dans sa famille après douze ans d'absence. Et il reste quasi mutique, comme tétanisé par la différence culturelle, intellectuelle et de sensibilité qui le sépare de sa mère, de son frère et de sa sœur. Hormis sa belle-sœur, tous échouent systématiquement à communiquer avec le revenant et à comprendre ce qu’il vient faire là. Tout ça est un peu déroutant. Il y a, dans le film, des performances d'acteurs formidables, une mise en scène efficace mais un texte tellement radical qu'on reste un peu à distance, comme halluciné par ces personnages incompatibles. Leurs relations sont tellement excessives, qu'elles laissent un arrière-gout d'irréel. D’autant plus qu’on ne sort jamais d’un huis-clos assez étouffant et intemporel. Le film est, malgré tout, assez captivant, tant il verse dans l’excès mais on regrette que Xavier Dolan se soit un peu perdu dans ce récit qui ne lui appartient pas.
annereporter94
annereporter94

57 abonnés 1 006 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 septembre 2016
Xavier Dolan est un génie... De quoi énerver certains critiques qui adorent "descendre" les réalisateurs à succès. Mais c'est un génie extrêmement jeune et qui peut donc se permettre de changer totalement de sujet, de raconter des histoires totalement différentes tout en gardant un style personnel très reconnaissable. Dans ce film, tout n'est peut-être pas parfait, mais quel plaisir de vibrer au rythme des émotions qu'il soulève...
yohanaltec
yohanaltec

107 abonnés 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2016
Le nouveau Dolan vaut il le coup? Après le formidable coup de maître qu'était Mommy, le jeune prodige quebecois signe un film saisissant de beauté, sublimé par des acteurs excellents (Vincent Cassel et Marion Cotillard sont brillants). La réalisation est sublime et l'histoire est passionante. Une réussite.
Giorgio V
Giorgio V

7 abonnés 19 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 octobre 2016
un film incroyable ! une expérience cinématographique exceptionnelle. Les acteurs sont vraiment top et arrive à nous transmettre leurs émotions et rien que pour cela, il faut absolument voir ce chef d'oeuvre !!!
Aldech
Aldech

24 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 octobre 2016
Dolan nous offre un film très fort, marquant. Le casting est impeccable. On retrouve aussi les tics esthétisants de Dolan, qui peuvent agacer mais qui restent très beaux.
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 septembre 2016
Xavier Dolan est un réalisateur que j'apprécie beaucoup, possédant un talent de mise en scène et de direction d'acteur qui ont fait le succès public et critique de son dernier film, *Mommy* en 2014 et l'ont révélé aux yeux du monde dés 2009 avec *J'ai tué ma mère*.

L'une des caractéristiques de son cinéma justement, c'est l'importance donnée aux dialogues. Des dialogues qui marchent et qui "font vrais" déjà de part l'accent québécois qui apportait à ses films une certaine identité jusque là mais surtout de part le flot continu de paroles délivré par ses acteurs qui nous donnaient l'impression d'être improvisés tout en étant parfaitement maîtrisés. Le problème, c'est que tout ce que j'ai énoncé précédemment, j'ai eu du mal à le retrouver dans *Juste la fin du monde*. J'aurai eu tendance à penser que ce changement scénaristique brusque était lié au fait que le film est adapté d'une pièce de théâtre, seulement ce n'est pas la première fois de sa carrière que le jeune réalisateur s'adonne à l'exercice et son premier coup d'essai s'était pour moi révélé excellent (*Tom à la ferme*, 2014).

Ici, et ce dés la première scène où Louis, le protagoniste, retrouve sa famille après 12 ans d'absence, j'ai senti que la mécanique ne fonctionnait pas aussi bien que d'habitude, que les personnages, et plus encore les acteurs, étaient bridés par une force invisible et que le film n'arrivait pas à se libérer et à nous faire rentrer dedans comme les précédents. Je pensais que cette impression se dissiperait au fur et à mesure de l'avancée du film, et même s'il est vrai que plusieurs séquences se démarquent et arrivent véritablement à accrocher, le film dans son ensemble s'est révélé pour moi très frustrant. Je pense que le soucis vient surtout de la pièce en elle même, voulant retranscrire dans les dialogues tous les non dits, les imperfections du langage, les ameublements qui peuvent apparaître lorsque l'on communique avec quelqu'un, et à *fortiori* un membre de sa famille.

L'un des thèmes du film étant véritablement l'impossibilité pour une famille de communiquer, se contentant de parler pour ne rien dire en espérant sauver une ou deux phrases de ces interminables discussions. C'est là où se pose mon premier problème, c'est que la difficulté pour les membres de cette famille de communiquer les uns avec les autres se comprend dés la première scène, mais les hésitations, les bégaiements, les phrases futiles se poursuivent tout le long du film et à travers chaque scène où Louis est confronté seul à l'un des personnages. De fait, *Juste la fin du monde* donne, selon moi, une sensation de répétition, de redoublement, qui m'ont agacé plus d'une fois et empêché de rentrer en empathie avec cette famille pourtant haute en couleur.

Pour embrayer sur les personnages, ceux ci sont incarnés par cinq des acteurs les plus talentueux et intéressants de France et Dolan nous prouve, notamment dans la scène finale, que ce qui fait le sel de son cinéma, c'est sa capacité à pousser les acteurs dans leurs derniers retranchements et à sortir des émotions "exubérantes" mais salvatrices. Cassel a rarement été aussi bon que dans la scène finale de *Juste la fin du monde*, et pourtant il est excellent dans chacun de ses films, Léa Seydoux n'a pas été aussi puissante que depuis *La Vie d'Adèle*, Marion Cotillard, bien que son personnage soit agaçant au possible, est géniale, Nathalie Baye toujours au top mais son personnage est, de mon point de vue, un pastiche du personnage de la "mère" que Dolan nous sert à chaque film, ici la sauce ne prend pas aussi bien. Enfin, et c'est pour moi l'une des plus grande force du film, on a un Gaspard Ulliel juste génialissime dans ce rôle, extrêmement touchant et juste dans ses émotions. Tout son jeu ne passe quasiment que par le regard et s'il est vrai que les dialogues à rallonge étouffent, les séquences de regard silencieuses sont parmi les plus belles que j'ai pu voir au cinéma. Comme quoi, le film, même s'il n'a pas réussi à me toucher, possède des qualités indéniables.

Enfin, une dernière chose sur laquelle j'aimerai revenir, c'est la mise en scène. Véritable tournant artistique qui rappelle *Tom à la ferme* mais poussé à son paroxysme, Dolan choisit de limiter la richesse de sa réalisation au schéma "champ contre-champ épaule" pour les 3/4
du film. En plus de ça, il choisit d'adopter une profondeur de champ ultra faible qui fait qu'un seul des yeux des acteurs est net et donne au spectateur une sensation d'étouffement, d'enfermement dans l'image, très loin des envolées lyriques proposées jusque là dans chacun de ses films. C'est un choix que je respecte mais qui m'a paru assez lourd au bout d'un moment, presque plus en 90 min de film que dans les 180 minutes de *La Vie d'Adèle* qui lui aussi était composé de gros plans épaule à 90%. La scène finale rattrape cela dit le tout et se révèle magistrale en terme de mouvements de caméra, de direction d'acteur, de photographie et de montage, d'où ma sensation de frustration.

Bref, un film bourré de qualités mais bridé selon moi par des dialogues à rallonge trop lourds et répétitifs, malgré une mise en scène assez étouffante mais pertinente. Je pense que ce sont deux choix extrêmes mais respectables, seulement les deux mis ensemble au sein d'un même film peuvent très facilement agacer et sortir du film.

Ce n'est pas un film que je déconseille, mais il faut le réserver à un public averti.

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