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tuco-ramirez
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3,0
Publiée le 20 mars 2017
1958, dans une Amérique encore largement ségrégationniste, un couple mixte s’aime, se marie et tente de faire valoir leurs droits. Lui blanc, elle noire ; ce fait historique est une des premières pierres à l’édifice de l’obtention de l’égalité des droits. Jeff Nichols nous avait habitués à des films profonds et ambigus. Là, il revient avec un récit linéaire et hyper classique ; loin de son cinéma ayant déjà marqué les esprits, peut-être pour établir sa stature de futur grand du cinéma mondial. Il parvient tout de même à contourner les pièges du « film dossier » en donnant plus à voir des instantanés de vies de ce couple plutôt qu’à filmer la procédure judiciaire ; même si toutes les scènes ne sont pas utiles au récit. Oui, lui l’habitué des scènes toujours utiles aurait pu dégraisser. Il évite aussi le pathos voire le mélodrame qui accompagne ce type de film. Toujours juste, bien distancé et surtout sobre ; mais malgré tout, quoi de neuf depuis, par exemple, « La couleur pourpre ». Même finesse dans l’écriture de ses personnages, un regard, un sourire et tout est dit des souffrances, de la lassitude et des doutes. Ce jeu tout en émotion est porté par deux magnifiques comédiens ; lui introverti avec sa simplicité rustique d’ouvrier, et elle avec sa force et sa détermination tout en retenu. Ils incarnent à merveille ces deux individus que le destin à pousser à se battre tout en voulant conserver une forme d’anonymat. Et là la beauté d’un combat qui se veut discret et sans égocentrisme, tout en humilité. Nichols montre par ce film que, sur le thème des dysfonctionnements familiaux, il est capable aussi de faire plus classique, plus académique. Il perd donc de sa personnalité et de son intérêt même dans la réussite de son projet.
Nichols est un jeune réalisateur à suivre assurément. Son dernier film est très bien abouti et fait découvrir cette terrible histoire à la fois belle et simple mais terriblement cruelle. Rien à redire sur les acteurs (avec le fidèle et excellent Shannon) tout comme sur la mise en scène épurée et pudique qui touche sincèrement. Un film sobre dénué d'artifice et réalisé avec intelligence sur les sujets qu'il expose.
Très différent des films précédents de Jeff Nichols, "Loving" est un film sensible et intelligent, remarquablement construit, sans effet excessif inutile ici, le film se consacrant sur le quotidien de ce couple interracial confronté au rejet et à l'incompréhension. Jeff Nichols s'efface devant son sujet et fait la part belle à ses comédiens superbes, l'acteur principal tout en retenue dans la souffrance et sa partenaire, lumineuse dans le rôle d'une femme combattante au quotidien. Inspiré d'une histoire vraie, Jeff Nichols en nous rappelant via le combat mené pour la reconnaissance du mariage interracial, que le mariage est droit universel, fait ici écho à cette partie de la population actuelle à qui certains rejettent ce droit fondamental. "Loving" traite donc d'un sujet actuel et se révèle être un film salvateur
Un film touchant par ses personnages : l’une renfermée, frêle et noire ; l’autre taiseux, réservé et blanc. Ils se sont bien trouvés. Un couple discret qui s’aime dans une Amérique ségrégationniste de la fin des années 50. Un énième film qui dénonce le racisme. Au-delà du racisme ordinaire, c’est un racisme institutionnel ! Inscrit dans les textes de la Virginie. Le mariage interraciale est puni par la loi. Révoltant ! Il y a un peu plus d’un siècle, le pays se déchirait pour abolir l’esclavage dans les régions du Sud. Toutefois, en 1958, il reste que cette partie des Etats-Unis tient à cultiver la différence à défaut du coton. « Loving » se garde bien de nous présenter des situations violentes correspondant au thème. Les propos à eux seuls du shérif sont édifiants. Il ironise sur le quartier de Richard. Il lui trouve des circonstances pour justifier son erreur. Pensez, le pauvre Richard a toujours vécu avec plusieurs communautés ! Tout ce sang mêlé peut expliquer un mariage contre nature ! Incroyable ! Quand on commence à connaître Richard, on s’aperçoit que cet homme trouvait naturel de se marier avec Mildred et ne devait pas toujours s’attarder sur la couleur de peau de son entourage. Il y avait autour de lui des hommes et des femmes tout simplement. Il n’y avait pas de distingo. L’interprétation de Joe Edgerton et Ruth Negga sont d’une sobriété touchante. Grâce au couple Loving, à leur courage, à leur amour, le mariage interraciale est autorisé. Ainsi en a décidé la Cour Suprême du pays. C’est dire si leur amour a ébranlé l’institution. Et dire que des Etats du Sud étiquetés « Démocrates » ont dû aussi se plier à la loi ! Navrant ! « Loving » : un joli nom dignement porté par un couple.
Cinquième film et autant de réussite pour Jeff Nichols qui signe avec Loving une oeuvre sensible et intelligemment traitée, abordant à travers un couple le ségrégationnisme, et ce sans tomber dans le sensationnaliste ou la mièvrerie.
Il s’agit d’une histoire vraie et c’est bien là le point touchant : un couple est interdit de rester dans son état d’origine car il leur est interdit de vivre ensemble. Ils sont donc contraints de tout quitter (famille, mode de vie à la campagne) pour continuer à s’aimer. Sur le papier, on sentait un potentiel de romance, d’envolées dans la narration et d’émotion, j’avais même peur de tomber sur un film trop cucul. Il n’en est rien mais cela m’a fait l’effet inverse : manque de rythme, trop peu de scènes du quotidien pour permettre un attachement aux personnages et à leur histoire. L’histoire qu’on sait réelle est touchante et belle mais ce n’est pas le film qui la rend ainsi malheureusement. Cela ne vient pas des acteurs dont le ton est juste. L’histoire est intéressante mais manque d’intérêt dans le traitement qui en est fait.
Une très belle histoire, abordée avec beaucoup d'humanité et de justesse par Jeff Nichols, qui s'attache uniquement à évoquer l'intimité de la famille Loving. Néanmoins, le parti pris d'extrême simplicité du réalisateur a tendance à atténuer tous les reliefs de l'histoire, et ennuie donc un peu, à la longue.
Malgré plusieurs tentatives sincères, je n'ai jamais réussi à aller au-delà des 60 premières minutes. Réalisation trop sage, scénario sans relief. Dommage pour les acteurs, très convaincants.
J'aurai adoré aimer ce "Loving", hélas. Voila un film beaucoup trop sage par rapport au sujet qu'il aborde. L'émotion surtout, semble complètement étouffée, Et puis, le couple, en son sein, n'explicite pas suffisamment ses ressentis quant les deux subissent le poids de la ségrégation raciale et doivent fuir...La mise en scène de Jeff Nichols, sobre, manque de personnalité. Mais l'ensemble est soigné. Et les deux acteurs sont touchants. Ruth Negga et Joe Edgerton, en particulier. Mais je m'attendais à plus de passion, pas seulement entre les personnages mais dans leurs déboires, leur vie.... Et je suis donc resté sur ma faim, même si on apprécie le dénouement et la leçon d'histoire.
Le visage monoexpressif d'Edgerton est sidérant. Je l'appreciais pourtant assez jusqu'ici. Tout a une fin :-) Dommage que le choix des acteurs soit des plus mauvais.
Je ne connaissais pas l'histoire de ce couple "précurseur" du mariage"interracial". Le sujet est donc passionnant et malheureusement reflet d'une actualité toujours plus regressisste. On suit donc l'histoire et les embuches qu'ont du surmonter ce couple dans les années 50-60. La photographie est belle, la réalisation soignée. J'ai bien aimé la pudeur du réalisateur devant ce couple qui n'a rien demandé et qui se trouve embarqué dans une affaire d'État bien malgré eux Reste malheureusement une lenteur parfois trop forte et surtout de la pudeur c'est bien mais cela devient parfois genant devant le peu de dialogues et d'échanges que propose ce film. C'est pour moi le gros point noir. Le héro joué par Joel edgerton est mutique on penserait parfois meme un peu idiot. Il ne propose que peu d'émotions du coup il est difficile de s'attacher et d'avoir de l'empathie. Dommage car ce n'est pas le cas de sa femme malheureusement le personnage est trop sous exploité à mon gout
Jeff Nichols porte à l'écran l'histoire vraie d'un couple mixte poursuivit par la justice dans l'Amérique ségrégationniste des années 60. La sensibilité de la mise en scène et le profil sobre des personnages offrent un beau récit de cinéma, si on aime le genre... Joel Edgerton prouve qu'il est un acteur polyvalent avec une présence forte à l'écran. Sa partenaire Ruth Negga ne démérite pas, mais son rôle semble beaucoup plus vu. "Loving" est construit autour de longueurs classiques, un scénario linéaire, au service d'une histoire d'amour intéressante dans son contexte.
Bon film empli d’émotion , bien joué, bien filmé, film symbole du droit de s’aimer sans aucune distinction de couleur, une vraie victoire sur l’obscurantisme.
J'ai hésité à mettre 3 étoiles au moins pour ce film dont l'intention est louable. Mon problème est que je n'ai pas du tout accroché, je me suis ennuyée du début à la fin, enfin, non, du début au milieu car ils m'ont perdue en cours de route. C'est bien dommage le synopsis était accrocheur. La réalisation est trop lente, les acteurs (les personnages ?) sont trop discrets, rien ne vient perturber notre sommeil qui s'installe. Je ne sais pas si ce choix de la simplicité et de la sobriété était judicieux. un tel sujet n'aurait-il pas mérité un peu de grandiloquence ?
Chez Jeff Nichols la cellule familiale semble être sacré ! La protection de cette unité constitue aussi un objectif ultime, enfouie dans l'inconscient collectif! La construction d'un abri dans Take shelter, la protection du fils dans Midnight Spécial .... Dans Loving Tout au long de ce recit il m'entraîne dans son point de vue et parti pris : la vision du monde de ce couple de cet homme qui aime une femme et qui veut fonder sa famille avec elle et construire son home sweet home. Simple comme l'amour comme son nom simple comme la vie .... Au final Jeff N se concentre sur cela et au travers de ces héros ordinaires laisse de côté ce monde bouillonnant de mouvements raciaux et de liberté qui se déroule à qq km d'eux ! Ce point de vue est attachant, ce regard est délicat et à la fois très troublant ! Richard et Mildred Loving reste tout au long de film des personnes modestes dont la conscience politique est très limité, Tres centré sur leurs couple et vie simple. J'ai beaucoup apprécié la première partie du film, ou le drame se met en place puis tout doucement le recit ralenti, comme si le couple trouvait son rythme dans la clandestinité et soumi à l'autorité des institutions... A ce niveau Jeff N semble se perdre dans son point de vue et manque la prise de hauteur salvateur qui relancerai la dynamique narrative.... Même brièvement évoqué la contextualisation du récit par des événements politiques intérieur des luttes pour les droits raciaux, manque cruellement et au final mon attachement pour ce couple perd son intérêt.... Joel Edergton déjà prèsent dans Midnight spécial confirme sa force d'interprétation et rendre avec une grande délicatesse des sentiments intimes avec un physique de taureau.... Ruth Negga est dans un registre de soumission permanente qui au début est particulièrement bouleversant mais s'épuise avec le temps . Une vie discrète que Jeff N a tenté de mettre en lumière avec une mise en scène délicate, et surtout qui m'a révélé 2 comédiens cantonés aux second rôles très prometteurs ! Et j'aime la manière dont Jeff N traité ses sujets et il experimente, il prend des risques ! Yes!