"Jackie" s'intéresse principalement aux jours qui ont suivi l'assassinat de JFK, vus de sa veuve. Deuil en tant que femme, première dame, et mère de famille, jonglage entre l'émotion et les réactions maîtrisées devant l'équipe la Maison Blanche : le film creuse sa protagoniste. Celle-ci est incarnée à merveille par une Natalie Portman inspirée, qui se livre à un jeu d'imitation bluffant (mimiques, voix, poses...). On regrette cependant l'absence d'intrigue (l'enterrement de JFK est développé comme un enjeu, mais il est difficile de s'y impliquer à ce point en tant que spectateur), et la réalisation un peu lourde, à base de gros plans, souvent tournoyant autour de son héroïne. Néanmoins, la photographie et la reconstitution des 60's sont plutôt jolies, tandis que les seconds rôles fonctionnent bien (on repère John Hurt dans l'un ses derniers rôles).
Initialement conçu par Noah Oppenheim pour être une mini-série réalisée par Darren Aronofsky et sa compagne de l'époque Rachel Weisz, "Jackie" a fini par muter en projet cinématographique avec Pablo Larrain le très politique réalisateur chilien aux commandes. Darren Aronofsky restant producteur, Natalie Portman qu'il avait menée à l'Oscar pour "Black Swan" en 2010 s'impose assez vite comme la candidate idéale pour camper Jackie Kennedy dont le scénario se propose d'observer l'attitude dans les jours qui ont suivi l'assassinat de John Kennedy, le 23 novembre 1963 à Dallas. Une semaine après la cérémonie officielle des obsèques, Jackie Kennedy reçoit à sa demande Theodore H. White (un journaliste) pour une interview qui revue et corrigée par Noah Oppenheim et Pablo Larrain en révèle bien plus que l'ex-première dame ne l'aurait sans doute voulu. Tout en contrôle, celle qui est l'objet de toute l'attention depuis l'arrivée surprise de son mari à la Présidence le 20 janvier 1961, tente avant ce qu'elle sait devoir être une seconde disparation, d'écrire la légende de son mari et par ricochet la sienne à travers le couple uni de façade qu'ils formaient. Face au tumulte infernal qui suit l'assassinat du jeune Président, Jackie tente avec l'appui d'un Bob Kennedy (Peter Sarsgaard) un peu flottant d'imposer une cérémonie grandiose qu'elle veut l'égale de celle qui accompagna les funérailles d'Abraham Lincoln assassiné lui aussi mais quelques mois après sa réélection le 8 novembre 1864. Peu importe les turpitudes de son époux multipliant les maîtresses. Peu importe encore son bilan entaché par l'épisode fâcheux de "la Baie des Cochons et le conflit vietnamien qui s'enlise, seule l'image patiemment tissée durant trois ans restera. Pour imager cette attitude constante, Pablo Larrain scande son récit des images reproduites à l'identique de l'émission : "A Tour of the White House with Mrs. John Kennedy" où la jeune locataire de la Maison Blanche tente de justifier de manière maladroite les somptueuses dépenses entreprises pour moderniser et anoblir le mobilier de l'auguste demeure. La démonstration très efficace conduit à jeter encore un peu plus le trouble sur un exercice de la Présidence rempli de faux-semblants et ne donne pas une image très sympathique d'une Jackie Kennedy chez qui il est bien difficile de distinguer ce qui relève du spontané ou du calcul. Mais n'en est-il pas ainsi de tout ce qui tourne autour du pouvoir ? Il faut bien sûr saluer le talent immense de Natalie Portman qui désormais personnifie à jamais feu Miss Jackie Bouvier à l'écran. « Jackie » qui se veut être un regard en coin sur une Présidence tout à la fois admirée et controversée, ne livre malgré tout pas grand-chose sur le plan historique et politique.
Une intensité et une émotion rares au cinéma. Avec bien évidemment une interprétation du rôle-titre hors du commun. A voir absolument. J'en suis sans voix et donc sans mots pour développer davantage cette critique.
Encore souillée du sang de son mari sur son tailleur rose, la belle Jackie traverse les appartements de la Maison Blanche qu'elle-même a fait restaurer en arrivant au pouvoir, à coups de médias, afin de faire vivre la mémoire des présidents qui ont précédé à Kennedy. Prémonition ? En tous les cas, intelligence et finesse. "Jackie" raconte, tout le monde le sait, les confidences de l'épouse du président assassiné, les jours qui ont suivi sa mort. Ce film ne serait pas ce qu'il est sans la prestation de Nathalie Portman. L'actrice incarne la célèbre femme avec talent et persévérance. Chaque geste, chaque intonation de la voix, rappellent le véritable personnage. A cela s'ajoute l'entrelacs subtil d'images d'origine et de reconstitutions pour le film. C'est là sans doute le plus grand intérêt de la mise en scène. A maintes reprises, le film insère des extraits télévisuels de l'époque, à ce moment d'ailleurs où la télévision dérobait au livre et aux journaux le marché de l'information et de la connaissance, au point que l'on se demande si les extraits sont réels, ou tout simplement rejoués pour le film. On aperçoit une ex-femme d'état diaboliquement calculatrice, moderne, joueuse avec les médias, à la limite de la téléréalité, tout autant qu'elle est déchirée par la peine. On regrettera toutefois un film qui aurait mérité des coupes. Parfois trop discursif, il aurait gagné à être allégé en discours qui flirtent avec le risque du stéréotype et de l'emphase. Mais le résultat demeure étonnant, porté magnifiquement par une Nathalie Portman au bord des Oscars.
Un film ayant pour thème central le deuil, pas n'importe quelle femme puisque c'est celle de Jackie Kennedy, épouse de JFK mais quand on vit un drame pareil que l'assassinat, c'est comme un énorme poids qui vit chaque personne ce qu'elle ressent !! Premier long métrage que je découvre du cinéaste Pablo Larrain qui reconstitue les faits de façon authentique avec différents dialogues de Jackie Kennedy avec un prètre, avec une biographe sur l'instant et surtout l'après, comment organiser les funérailles des obsèques, les travers ou la question de la peur de vivre dans un monde dépassé après cet événement, la sécurité de la famille, l'avenir des enfants, etc... . Le film a été tourné les 3/4 du temps en décors intérieurs de la maison blanche, ses couloirs, ses chambres, reconstitués de façon merveilleuse à la cité du cinéma à Paris. Le scénario nous apprend beaucoup et bien documenté. Enfin, Natalie Portman est formidable dans la peau de la première dame dans un jeu bouleversant avec de bons comédiens qui l'entourent comme par exemple Peter Sarsgaard en Robert Kennedy. Une oeuvre poignante que je recommande.
Jackie est un film d'une beauté indéniable. Allant à l'encontre du biopic traditionnel, Pablo Larrain livre un subtil drame existentiel où se mêle portrait de femme et réflexion sur le pouvoir et le statut de l'image. Devenue une véritable icône, la figure de Jackie Kennedy est sublimée par une Nathalie Portman exceptionnelle, son jeu à la fois sobre et puissant est pour beaucoup dans la réussite de ce film hypnotique à la musique aussi belle que lancinante. Construite en spirale et jouant sur des effets de répétitions, Jackie est une véritable oeuvre de cinéaste. Ceux qui y cherchaient un film politique et historique risquent d'être déçus, les autres se laisseront, sans doute, envoûter par ce très beau film.
J'ai vu un film... qui m'a vraiment bluffé tant par le jeu tout en retenue de Natalie Portman et par une réalisation sophistiquée et maîtrisée. On est dans les jours qui suivent l'assassinat de Kennedy, et on écoute les confessions de Jackie sur ce meurtre... C'est la première fois que je vois un film porté sur la perspective de Jackie. Alors évidemment, on évoque en sous-jacent le personnage du président, mais, on ne grossit pas le trait de qui il était vraiment. Le regard du réalisateur le voit avec l’œil de Jackie et il porte un regard bienveillant, tendre et émouvant. Il alterne les différentes périodes d'avant-pendant-après, avec une grande virtuosité. Le film est puissant, élégant et extrêmement sensible, sur cette femme si digne, et si imparfaitement préparée à ce qui allait l'attendre après l'attentat contre son mari... Film d'exception...
Et si la morale du film était : Méfiez-vous des cruches en tailleur Chanel ? En se focalisant sur les quelques jours qui ont changé une nouvelle fois la vie de Jacqueline Bouvier, épouse Kennedy , en auscultant de l'intérieur le moment du meurtre de son président de mari à Dallas et les jours qui ont suivi, Pablo Larrain et son scénariste dressent un portrait très contrasté de cette femme. Film au montage impressionnant, ultra précis et très alambiqué, "Jackie" déverse sur le spectateur une multitude d'informations, parfois infimes ou suggérées, créant tout un faisceau d'éléments qui recoupés, empilés, rendent l'ensemble passionnant, ouvert à beaucoup d'interprétations. De l'épouse zélée, à la diction empruntée et idiote de la femme de président accueillant la télévision pour une visite de la Maison Blanche redécorée par ses soins, à la froide veuve déterminée, luttant mot à mot face à un journaliste de"Life" pour continuer à enrichir le mythe de son mari après des obsèques spectaculaires et obtenues de haute lutte, Jackie Kennedy se révèle une amoureuse déterminée et froidement calculatrice. Alors qu'elle fut trompée par un mari déjà malade et qui n'aura guère eu le temps d'asseoir une réelle image de grand homme politique en un peu plus de deux ans de présidence, l'amour qu'elle lui porte malgré tout la dirigera vers la fabrication d'une image iconique, commencée avec une mise en scène grandiose de ses funérailles ( à l'image de l'autre grand président américain assassiné, Abraham Lincoln). Alors qu'autour d'elle, tout est fait pour la fragiliser : le président suivant prête serment dans l'avion ramenant le cadavre encore tiède, on lui demande de quitter fissa la Maison Blanche, la suivante cherchant déjà les bonnes couleurs des tentures qu'elle remplacera sitôt la précédente dans le taxi l'emmenant loin du lieu de pouvoir, sa réaction sera celle d'une femme prête à utiliser tous les médias pour continuer à faire exister son mari et par effet ricochet elle même ( dans sa tête, ils semblent ne faire qu'un ...l'appelant"Jack!"à tout bout de champ). La fin sur le blog
Ce qui est sur c'est l'attrait principal de ce très beau biopic : Natalie Portman. le réalisateur film avec précision comme un docu fiction qui nous fait plonger dans la période terrible qu'a vécu cette grande dame des Etats-Unis.
Une autre force de ce film est la reconstitution tant au niveau des décors et des lieux mais également des costumes de l'époque. Il manque un supplément d'âme qui aurait fait passer ce film dans la catégorie des plus grands.
Eh bien non!Je trouve que N.Portman n'est en rien Jackie et le film m'a un peu ennuyée.Le seul côté interessant:la mise en scène de l'enterrement,mais là ce n'est pas un scoop.Quelle déception après Neruda.
Le film de Pablo Larraín cherche manifestement à retourner les fantasmes morbides du public contre lui , en décidant de faire parler la veuve de John "Jack" Kennedy. Le spectateur, croyant avoir affaire à un banal biopic linéaire aux accents racoleurs, se retrouve plongé de force dans la vie d'une femme détruite, humiliée, en état de choc post-traumatique et dont personne, visiblement, ne semble vouloir se préoccuper. Avant d'être "femme de", Jackie est d'abord et avant tout, au moment le plus dramatique de sa vie, une femme déboussolée, seule avec deux enfants à charge, dans une Amérique puritaine qui cherche à fuir le scandale. Natalie Portman continue ici comme dans Black Swan de travailler avec acharnement et application des personnages complexes, névrosés et rongés par l'ambition. Qu'on aime ou pas l'actrice et ses choix de carrière, il faut lui reconnaître un certain engagement au service d'un cinéma d'exception.
Je fondais tant d'espoir dans ce film et au final : quelle déception. Les allers retours temporels sont insupportables. Le film est long, en tous cas il m'a semblé très long. A aucun moment je ne suis rentré dans l'histoire et je n'ai surtout pas réussi à oublier Natalie Portman. L'actrice, pour moi, ne parvient pas se fondre dans le personnage. Je suis passé complètement à côté.
Comme prévu, grosse perf de Natalie Portman qui incarne parfaitement la première dame. Le plus fort est qu'elle vient de vivre l'événement tragique que l'on connaît donc complètement traumatisée mais doit malgré tout assumer sa position et assister à des moments terribles comme l'espèce de cérémonie où l'on sacre Jonhson comme président de remplacement... Tout le film nous montrera comment Dame Kennedy aura eu à Coeur d' honorer comme il se devait la mémoire de son mari malgré la réticence des nouveaux dirigeants inquiets pour leur sécurité dont celle de Johnson. C'est le moment choisi par Larrain ("Neruda" "Une Femme Fantastique" un peu tard) pour évoquer cette jeune fille dépassée par ce qui lui arrive.... Certains, beaucoup critiquent ce choix. A chacun de juger mais personnellement je trouve que l'idée se défend et que le résultat est plutôt convaincant même si c'est globalement assez lent et un peu froid. cela donne en tout cas l'occasion à Portman de montrer une fois de tout son talent ! Quelle sincérité! Quelle justesse! Le face à face qu'elle livre (qu'elle contrôle plutôt!) avec le journaliste (Billy Cudrup) dans lequel elle explique justement les raisons de son entêtement est captivant voire même intense par moment. Portman fait ressortir toute sa rage face à ceux qui l'ont méprisé et trainé dans la boue juste après le fameux événement. Côté moins bien: Il y a l'épisode avec le révérend "j'sais plus qui" que j'ai trouvé un peu rasoir.... Mais cela n'empêche "Jackie" d'être un film à voir absolument!
Le focus fait par ce film sur une courte période et quasiment sur un unique personnage est très intéressant. Nathalie Portman incarne avec force et complexité le personnage et transmet les différents états d'esprit de Jackie Kennedy suite au drame : peine, peur de l'avenir, orgueil, ... Sur la forme c'est également une réussite. La structuration, la photo, la musique, tout concourt à installer une ambiance dure, pesante mais jamais larmoyante. Quelques plans sur le visage de Nathalie Portman sont magnifiques.