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Un visiteur
4,0
Publiée le 8 septembre 2016
Le cinéma français regorge de pépites, le "Corbeau" en est une. Formidable métaphore sur l'occupation, ce chef-œuvre a une vision profonde et très critique de la société de l'époque. Clouzot parvient à donner de multiples significations à des propos d'apparences anodines, un coup de force dans une époque de censure. La photo est maitrisée, les acteurs performants et le scénario costaud. Du cinéma que l'on aime !
Tourné en 1943, le film trouve un certain courage à dénoncer l’atmosphère ambiante dans une France occupée, où tout le monde soupçonne tout le monde et où la délation est devenue un sport national. Le corbeau est un film noir de haute volée, tant l'art de la manipulation est poussé à son paroxysme, autant entre les personnages du récit, que le réalisateur avec les spectateurs. L'intrigue admirable permet ainsi de fouiller les caractères et la psychologie de chacun-e tout en laissant un voile de mystère planer, et ce, sans jamais tomber dans le piège du manichéisme. Si vous ne le connaissez pas encore, sa modernité vous ravira. Si vous le connaissez déjà, sa redécouverte permet de goûter d'autant plus à toutes ses subtilités et à ses dialogues ciselés.
Film français produit par une société allemande durant l’occupation, il donne un portrait au vitriol d’une communauté bigote, hypocrite et corrompue, où surnagent quelques caractères purs. Parfois, le réalisme se teinte de fantastique, comme dans la scène d’ouverture où les portes s’ouvrent toutes seules devant la caméra. Dans le dernier plan du film, Fresnay regarde par la fenêtre des enfants qui jouent dans la rue, tandis que s’éloigne l’Ange de la vengeance: « on ne sacrifie pas le futur au présent. »
Film très noir réalisé pendant l’occupation en France . Des lettres anonymes haineuses dénonçant les notables et surtout un médecin entraine progressivement une véritable psychose dans un patelin de la France rurale. Film noir par excellence avec un scénario habile , des retournements de situation, un sens du rythme, une photographie magnifique et des répliques cinglantes
Magique! J'ai vu ce film au moins 5 fois mais je ne m'en lasse pas. Très noir mais quels comédiens. Une intrigue remarquablement élaborée. Un chef d'œuvre.
Un vieux film avec un jeu d’acteurs/actrices plutôt théâtral en comparaison avec celui qui est favorisé de nos jours. Les dialogues, voilés à cause de la piètre qualité du document ou/et de la sono, sont toujours incisifs, rebondissant et plongent le spectateur dans cette ambiance de suspicion générale, si proche de ce que l’on peut imaginer le quotidien d’une la France occupée. À noter : l’interprétation des méfaits par le psychiatre, qui se révélera être l’auteur des lettres anonymes, est freudien pure jus. Plusieurs rebondissements suscitent l’intérêt et rendent l’attention obligatoire.
Grand classique du cinéma français sorti durant l'occupation, Le Corbeau, est d'une inventivité dingue pour l'époque. Entre stress, angoisse et paranoïa, on ne s'est plus où donner de la tête. 1h30 où on se demande : qui est le corbeau ? La réalisation de Clouzot est exceptionnelle et gère à merveille ce stress permanent. On ressent ce côté huis-clos où la communauté se perd et se juge elle-même, donnant tort au principe de la Justice.
Ce qui compte dans le film n'est pas réellement son dénouement, c'est le fait qu'une série de lettres, dévoilant les secrets (plus ou moins graves) des habitants de cette petite ville, se retrouve à semer la zizanie à tel point qu'on se réfère au rumeur plutôt qu'à une justice équitable et souhaitable.
Dès son deuxième film, Clouzot frappe fort. Dans une petite ville où tout le monde se connaît sans vraiment se connaître, une série de lettres anonymes fait voler en éclats le vernis social. Clouzot ausculte des êtres ambivalents, pétris de contradictions, et refuse tout refuge moral. L'écriture est redoutable : fausses pistes, retournements, un suspense au compte-gouttes et une révélation finale efficace. La photographie est somptueuse, les cadrages serrés, les ombres portées travaillées au scalpel (la fameuse scène de l'ampoule qui oscille entre ombre et lumière reste pour moi un sommet de cinéma). L'atmosphère est étouffante mais traversée par un humour mordant qui donne au film un ton unique. Tourné en 1943 sous l'Occupation, Clouzot ose tout (avortement, délation, hystérie collective) et force la France à se regarder en face. Bien sûr, ça n'a pas plu à tout le monde ! Pierre Fresnay compose un héros sec et ambigu, ni sympathique ni détestable, tandis que Pierre Larquey, avec sa bonhomie suspecte, reste insaisissable. La rumeur, la suspicion, le lynchage décrits ici n'ont rien perdu de leur actualité plus de 80 ans après sa sortie. Un film intemporel, à voir et revoir.
Toujours un bonheur de revoir ce grand classique! Pas grand chose n'a vieilli, sauf peut-être le jeu de quelques seconds rôles, mais pour le reste, tout y est: la délation, les esprits étroits, l'étouffement d'une petite ville avant la guerre, la lâcheté, la méchanceté, et j'en passe. Un portrait au vitriol de la France profonde, d'autant plus réaliste qu'il est tourné en pleine guerre, et évoque de manière à peine détournée ce qui se passait réellement. Bien sûr, on n'oubliera pas que c'est justement parce qu'il a été tourné en pleine guerre, donc sous autorité allemande, que “Le Corbeau” suscita autant de controverses. Le temps a effacé cet aspect, pour ne conserver que les qualités exceptionnelles du film.