Le Corbeau
Note moyenne
4,1
4758 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

143 critiques spectateurs

5
56 critiques
4
58 critiques
3
24 critiques
2
4 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
guifed
guifed

75 abonnés 286 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2013
Certes, pour les standards de l'époque, le film est grand. Mais il a clairement mal vieilli. Les acteurs, notamment, ne sont pas à la hauteur du statut de film culte.
C'est l'histoire d'un village qui, d'un jour à l'autre, se retrouve secoué par une vague de lettres anonymes qui sèment le trouble au sein de cette petite société où tout le monde connaît tout le monde. Un vision intéressante de ce que peut impliquer la vie en petite communauté. Les lettres anonymes proviennent de quelqu'un qui se fait appeler Le Corbeau. Il s'avère rapidement que ces lettres ont un point commun: elles contiennent toutes des anecdotes compromettantes pour le docteur Germain. Si la communauté s'amuse dans un premier temps d'un tel acharnement sur le médecin, elle prend peur quand l'une des lettres entraîne le suicide de l'un des leurs. Les soupçons sont alors légion. Le médecin, après avoir volontairement ignoré toute l'histoire, se lance dans sa propre enquête quand il se rend compte que l'histoire risque de lui être néfaste, à lui et à ses proches. Alors qui s'acharne sur lui, le médecin apparemment sans histoire? Pourquoi? Si la première heure, vaste champ désordonné des différents évènements de l'histoire, lasse assez vite, c'est quand Germain se lance dans sa propre enquête que le film prend une autre tournure. Celle d'un polar réussi.
Les dialogues sont partie des points forts, comme bien des films de l'époque. Et si l'histoire participe grandement à la tension maintenue de bout en bout, la mise en scène y est aussi pour quelque chose. On s'en aperçoit sur certaines scènes, dont la beauté n'a d'égale que leur profondeur psychologique. Philosophique même parfois. La lumière est très bien ajustée dans l'espace scénique: la scène de la discussion sur le bien et le mal entre le docteur Germain et le docteur Michel Vorzet est, à cet égard, empreinte d'une teinte de génie. Faire le rayon lumineux osciller d'un bout à l'autre de la pièce, éclairant et obscurcissant tour à tour les visages des deux interlocuteurs, pendant une conversation sur la relativité du bien et du mal, c'est tout de même le signe d'un talent indéniable derrière la caméra. Plusieurs autres scènes comme celles-là montrent qu'on a affaire à un grand réalisateur. Mais le casting est selon moi trop faible pour pouvoir prétendre à mieux.
dougray
dougray

274 abonnés 1 904 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 mars 2014
Après l’excellent "L’assassin habite au 21", Henri-Georges Clouzot signe un film dérangeant par la pertinence de son propos et, surtout, par sa terrible actualité lors de sa sortie en 1943… c’est à dire en pleine Occupation allemande. Difficile, en effet, de ne pas faire le lien entre cette histoire de corbeau mystérieux qui adresse des courriers calomnieux aux habitants d’un village perdu et les dénonciations anonymes de sinistre mémoire qui ont illustré le début des années 40. Pourtant, la réputation sulfureuse du film n’est pas tant due à son sujet qu’à son producteur, le studio Continental-Films (créée par Goebbels) et a valu bien des problèmes à Clouzot qui s’est vu interdire d’exercer son métier au motif que "Le Corbeau" serait un film de collabo donnant une mauvaise image des français. Cette condamnation en dit long sur l’époque car il fautdrait être d’une particulière mauvaise foi ne pas saluer, aujourd’hui, le courage de Clouzot de s’être attaqué à un sujet aussi glissant en pleine Occupation. Certes, l’image donnée de ces habitants n’est pas glorieuse (hypocrites, menteurs, violents, toujours prompts à colporter la rumeur…) mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une adaptation d’un fait réel s’étant déroulé à Tulle et que les réactions montrées à l’écran sont tout ce qu’il y a de plus crédibles. Et c’est, une fois encore, le talent de Clouzot qui permet de mettre en exergue les ravages provoqués par le Corbeau sur ce village a priori tranquille. La mise en scène du maître est, certes, un peu moins efficace que celle de son précédent film (le rythme est plus incertain, certaines scènes auraient gagnées à être raccourcies ou mieux montées…) mais il a su insuffler à ce "Corbeau" un sentiment d’oppression épatant (la fuite de l’infirmière poursuivie par une foule invisible, dans les ruelles désertes du village, est un grand moment) sans oublier de soigner ses personnages. Ainsi, le portrait dressé du Dr Germain, principale victime de la rumeur (Pierre Fresnay, très bien), cache de sombres secrets (tant personnels que professionnels). Quant à sa maîtresse (Ginette Leclerq, un peu trop caricaturale), elle ne craint pas d’user de mensonges pour le garder auprès de lui. Ces deux héros, loin d’être au-dessus de toute critique, prêtent ainsi le flan à la propagation de la rumeur, ce qui crédibilise grandement le récit. Autour de ce couple, Clouzot dresse une passionnante galerie de villageois, dont chacun peut s’avérer être le fameux Corbeau, de l’assistante sociale amoureuse (Micheline Francey) au strict directeur d’école (Noël Roquevert) en passant par le respectable directeur d’hôpital (Antoine Balpêtré), la détestable infirmière (Héléna Manson), le dépassé sous-préfet (Pierre Bertin) ou encore la jeune et innocente postière (Liliane Maigné). Mais le personnage le plus intéressant du film reste, incontestablement, le flamboyant Dr Vorzet (magnifique Pierre Larquey), qui s’empare des meilleurs dialogues et apporte un peu d’air à l’oppressante intrigue, avec son air désabusé et son indulgence suspecte face à la rumeur. Evidemment, le film n’est plus tout jeune, de sorte que, outre le rythme parfois un peu lancinant, on retrouve les codes de l’époque qui apparaissent, aujourd’hui, terriblement désuets et des femmes particulièrement soumises (une faute que Clouzot ne commettra pas dans le reste de sa filmographie). "Le Corbeau" reste, cependant, une œuvre stupéfiante de dureté et de pessimisme (qui illustrent parfaitement le cinéma de Clouzot) qui reste terriblement d’actualité, malgré les années.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 juin 2013
1943. Un film produit par les Allemands, la censure hexagonale est mise de côté : feu à volonté sur la morale Française - mais aussi quelque part envers l’occupant- .Quel double tour de force envers Anastasie !

Au final, le qualificatif approprié pour ce film serait « jouissif ».

Alors oui c’est du théâtre plus que du cinéma, oui les personnages sont artificiels, mais qu’est ce que l’on s’amuse - et ce n’est pas une comédie - ! Les talents de mystificateur de Clouzot sont ici bien à leur aise.
Juger plutôt le tableau : un vieux psychiatre à la mine espiègle et aux airs de vieux renard. Un docteur circonspect égaré en pleine province. Une vielle fille nymphomane qui a tout à prouver, une ravissante assistante sociale, une bigote mal aimable, un maire débordé, le colonel avec le chandelier dans le salon, etc…. Tout ce petit monde se polarise, s’épuise, se scinde en binômes antagonistes, marqué par le ressentiment. Mais celui(celle) qui mène la danse reste inconnu(e) pour de bon…

Ce film à une vie en arrière plan, derrière sa trame. Les symboles occultes se superposent, des éléments restent sans explication: que signifie cette ampoule ? Cette ombre grandissante ? Quel est le sentiment profond de notre bon docteur ? Qui a manqué à la morale ? Et quelle morale ? Comment interpréter l’histoire de Rolande ? Et comment interpréter les paroles des deux postiers, du docteur à la cigarette allumée lorsque le soldat passe à la fenêtre ? Et bien d’autres choses encore, qui ne seront pas résolus à la fin du film…Les paris sont ouverts.

Cette liberté de propos hors de toute chapelle, quelle indécence ! Décidément, ce brave Clouzot est encore aujourd’hui bien provocateur…
Tendax_montpel
Tendax_montpel

42 abonnés 631 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2011
Une belle étude sur la dénonciation et la paranoïa collective. Du cinéma français de qualité avec des acteurs parfaits. Le film est un peu déroutant car le scénario ne s'accélère que très tard. Clouzot mise l'essentiel de sa réalisation sur le climat, l'atmosphère de soupçon.
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 septembre 2013
Ce magnifique film du cinéma français, historiquement capital, ne mérite pas le titre de chef d’oeuvre car il est trop fabriqué pour nous convaincre de son utilité. Les dialogues sont ciselés de méchanceté et les images qui les accompagnent encore plus terrifiantes mais tout cela ne reste qu’une fable affreuse, improbable dans la totalité des détails. La fin notamment nous éloigne de la vraie vie, le coupable est trop un condensé d’êtres humains tordus. Clouzot est un maître dans l’art du montage ce qui rend ses films passionnants, les temps morts n’existent pas et les acteurs sont toujours convaincants ce qui nous fait perdre toute critique réaliste à la sortie. Ce n’est que longtemps après que nous nous rendons compte que nous nous sommes faits rouler, agréablement et honnêtement certes. Heureusement, la race humaine n’est pas si mauvaise que Clouzot l’a décrit. car s’il y a un film dans lequel on ne rit ou même ne sourit jamais, c’est bien celui là; Il n’y a aucun recul et aucun personnage dans lequel il est possible de s’identifier. Le médecin qui explique à un confrère qu’un tibia qui sort de la jambe sur 10 centimètres, conséquence d’un gangrène, c’est ‘’crevant’’ en dit long sur Clouzot. Les acteurs sont formidables , ce sont tous des grands comédiens de théâtre. En revoyant le film, la tension tombe et il devient plus facile de les admirer et de les apprécier mais un film pour l'immense majorité des spectateurs doit se juger sur sa première vision.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 janvier 2018
Immense film que ce 2ème de Clouzot, alors tourné en pleine Occupation. N'allez pas chercher des raccourcis entre ce film et la dénonciation des lettres de délation durant l'Occupation, ce n'est pas le sujet. Clouzot traite des ombres qui se cachent dans les recoins de l'âme humaine, et pour cela, il ausculte des homes et des femmes qui ne sont pas ce qu'ils paraissent ou ce qu'ils prétendent. Piquant, acide, le film l'est assurément, mais plus à l'encontre des Hommes que des Français en particulier. La bourgeoisie, notamment, en prend pour son grade. Formellement, Clouzot paie son tribu à ses maîtres, Lang plus particulièrement. Cadrages tendant vers l'expressionnisme, effets de lumière saisissant, c'est un pur régal. Le scénario est impeccable, déroulant son intrigue avec savoir-faire, Clouzot s'imposant comme un maître du genre. Nous sommes baladés de bout en bout, nous esclaffant parfois de certaines situations ou de certaines répliques, mais on est parfois mal à l'aise devant cette exposition méthodique de nos failles. Un film prenant, un bijou du genre, un classique indémodable. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2019
Une plongée sombre dans les clairs-obscurs de l'âme humaine à travers l'atmosphère diffamatoire et délétère d'un petit village où chacun cache ses vices et lutte avec ses propres contradictions ou dilemmes. La réalisation sobre mais précise et symbolique (cette fameuse scène de l'ampoule!) associée à une direction d'acteurs très efficace contribue à distiller un climat étouffant et paranoïaque. Cependant l'intérêt émotionnel pour ces personnages peu attachants manque pour nous happer complètement. Il n'empêche que le contexte du film et ses qualités formelles à eux seuls justifient le visionnage de cette vision pessimiste mais fondée de l'Homme.
jfharo
jfharo

68 abonnés 1 232 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 juillet 2011
Du sacré bon cinéma , avec des acteurs hors pair .
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 janvier 2019
Deuxième long-métrage et déjà un chef d'oeuvre pour Henri-Georges Clouzot avec son célèbre "Corbeau" sorti en 1943. Produit par la controversée Continental Films, l'oeuvre écopa d'une interdiction et valut quelques soucis à son auteur à la Libération. À travers cette histoire de lettres anonymes, le cinéaste parvient magistralement à retranscrire le climat délétère de l'Occupation, fait de suspicion, de délation, de peur du voisin, voire de folie collective virant à la meute. Dans son propos, le cinéaste se situe à l'opposé de tout manichéisme : si une seul scène devait résumer cet état d'esprit, ce serait bien sûr celle où les deux protagonistes principaux dissertent sur le bien et le mal avec une ampoule tournoyant autour d'eux. Une maestria parfaite jusqu'au dernier souffle, portée par un grand Pierre Fresnay.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 octobre 2019
Si un film a bien été injustement calomnié, c’est bien Le Corbeau d’Henri-Georges Clouzot ! En effet, à la Libération, le film a été accusé de collaborationnisme sous prétexte que Clouzot était employé par la Continental-Films (société de production allemande produisant des films français qui avait cependant la particularité d’éviter de faire des films de propagande) et d’avoir fait un film anti-français, cette accusation empêchant même Clouzot de tourner pendant deux ans et demi (tout comme le scénariste Louis Chavance qui avait pourtant écrit le scénario en 1932 !) et plusieurs acteurs étant emprisonnés (notamment Pierre Fresnay et Ginette Leclerc). Et pourtant, le film est totalement l’inverse d’une œuvre collaborationniste. En effet, ce que dénonce justement Clouzot dans le film est bel et bien la France collaborationniste accumulant les lettres anonymes. Avec celle-ci, effectivement, Clouzot est sans pitié : elle est constituée de bassesse, de ragots, de préjugés et d’hypocrisie… Ce qui dérangea à la Libération, c’est sûrement aussi qu’il ne présente jamais les personnages comme étant tout blanc ou comme étant tout noir : ambiguïté est partout et chacun peut être le coupable (le véritable étant d’ailleurs un des personnages que l’on soupçonnait le moins). De plus, cette description prend toute sa force grâce à Henri-Georges Clouzot. En effet, celui-ci offre une réalisation classique mais tout à fait ciselée, un scénario parfaitement rythmée et une interprétation de haute tenue (Pierre Fresnay est tout bonnement parfait). Heureusement, depuis, le film a été réhabilité et reconnu pour ce qu’il est : un pur chef-d’œuvre du cinéma français. Le meilleur hommage qui puisse d’ailleurs avoir été fait à ce film, tiré d’un fait divers véridique qui avait eu lieu à Tulle entre 1917 et 1922, est le fait que son titre soit depuis devenu une expression courante de la langue française.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 mars 2018
Un an à peine après le succès de "L'assassin habite au 21", Clouzot toujours pour la Continental, se lance dans la réalisation du "Corbeau" sans doute son film le plus décrié en raison du contexte historique. En effet, triomphe à sa sortie le film fut retiré des écrans à la Libération et Clouzot interdit un temps de travail. Désireuses de tirer un train sur une période peu glorieuse, les autorités ont voulu casser le miroir que "Le corbeau" tendait à la société française dont une part non négligeable de ses membres s'était livrée sans trop de retenue à la délation pour en tirer quelques subsides le plus souvent destinées à améliorer un quotidien assombri par les privations de l'Occupation mais aussi malheureusement trop souvent pour régler son sort au voisin qui déplait. Désormais tout le monde sera résistant. Le film faisait obligatoirement tâche au sein de la grande réconciliation salvatrice voulue par le pouvoir politique. Tel fut donc le triste sort du "Corbeau" , film d'une force incroyable tiré d'un fait divers s'étant déroulé à Tulle dans les années 1920. Aidé de Louis Chavance pour le scénario, Clouzot n'y va pas par quatre chemins pour dénoncer le comportement de l'homme quand la rumeur lui désigne une proie. La caméra se veut intrusive pour aller traquer le moindre détail qui fait mouche. Clouzot est sans pitié mais toujours habile, il n'oublie pas d'accompagner les faits les plus sordides d'une touche d'humour qui aide à supporter la nausée qui nous monte souvent aux lèvres devant le pauvre spectacle de notre humanité mise à nu . Comme toujours les comédiens sont dirigés au cordeau, notamment Pierre Fresnay, l'ami de Clouzot qui donne ici son meilleur . Les seconds rôles qui étaient rois à l'époque ont des morceaux de choix à défendre de Pierre Larquey méconnaissable à Noel Roquevert à contre-emploi. "Le corbeau" devrait être montré en préambule à toute leçon d'histoire sur la période de l'Occupation. Oui on peut le dire, dès son deuxième film Henri-Georges Clouzot était un génie.
cinephile74
cinephile74

21 abonnés 175 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 septembre 2011
Une étude magistrale sur l'hystérie collective assénée comme un uppercut à la face du spectateur. D'une modernité à toute épreuve. Bref, un chef d'oeuvre !
sword-man
sword-man

102 abonnés 1 017 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 février 2012
"Le corbeau" est un chef d'oeuvre sur tous les points. Ecriture, dialogues, personnages, jeu d'acteurs, photographie, ambiance, mise en scène. Mais ce qui a été encore plus frappant pour moi et j'ai rarement vu ça dans le cinéma français, c'est que "Le corbeau" est une vision de la france ou les tabous sont sans pudeurs, ou la paranoia évoquait l'occupation et la collaboration, ou la frontière entre le bien et le mal est quasiment inexistante, ou le cinéma est une réponse artistique aux enjeux du monde réel. L'un des plus grand film français de tous les temps, mais aussi un chef d'oeuvre du 7e art.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 juin 2014
La réputation de film anti-français dont s’est vu affublé le film de Clouzot au lendemain de la seconde guerre mondiale est due, outre qu’il ait été produit par des studios allemands, à sa réussite de faire transparaitre à l’écran, et à travers les réactions des personnages, une ambiance de paranoïa particulièrement pesante qui va, inéluctablement, réveiller la suspicion et la haine entre les individus. Cette remarquable mise en scène et cette qualité d’écriture ont, une fois la polémique retombée, permis au Corbeau d’être enfin reconnu comme une œuvre culte et intemporelle. Inspiré d’une sordide histoire vraie survenu dans l’entre-deux-guerres, cette intrigue, en prenant lieu dans un petit village renfermé sur lui-même, illustre en fait merveilleusement bien la situation de la France sous l’occupation allemande avec les problématiques de l’hypocrisie ambiante et de la délation anonyme renvoient directement à la collaboration. La thématique taboue de l’avortement est elle aussi évoquée au cours du film, prouvant une nouvelle fois sa grande modernité. La fluidité du scénario fait de cette enquête en huis-clos un thriller particulièrement efficace où chaque protagoniste, en plus d’être bien interprété, tient une place importante.
GabbaGabbaHey
GabbaGabbaHey

241 abonnés 1 583 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 septembre 2010
Avec "Le Corbeau", Henri-Georges Clouzot, des ses débuts (car ce n'est que son second long-métrage), s'impose comme l'un des plus grands maitres du polar francais ! Un grand classique des années 1940, et l'une des œuvre les plus notoires du cinéaste. Avec Pierre Fresnay en tête d'affiche, absolument excellent dans son rôle... Le gros point fort de ce film, c'est son scenario, une évolution parfaite de l'intrigue, du mystere, du suspens, des rebondissements, tout est si parfaitement maitrisé que ca dépasse l'entendement ! Et pour mettre tout cela en valeur, Mr. Clouzot derrière la caméra, qui filme merveilleusement bien les acteurs, les décors et rend tout cela brillant ! Une réussite !
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse