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teofoot29
109 abonnés
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5,0
Publiée le 26 juillet 2010
Ce film est un des meilleurs de Clouzot, la mise en scène est impeccable, et pourtant, à cause de cette oeuvre, le réalisateur s'est vu mettre sur liste noire, accusé de collaboration avec les allemands sous l'occupation. Ce film présente en effet des français qui dénoncent des français et a donc été considéré comme une incitation à la dénonciation. A présent, on néglige ces considérations pour conclure que Le Corbeau est un des plus grands chefs d'oeuvres du cinéma français, chapeau bas !
Pas une ride pour ce classique, qui se distingue principalement par l'intelligence de ses dialogues, par son rythme rapide, et par son scénario malin et surprenant. A déguster sans retenue !
Film intéressant. Je ne sais si c'est un classique, mais on le regarde intrigués. Cependant, on ressent qu'il a pris quelques rides avec le temps. Si le jeu des acteurs est très satisfaisant, le scénario et le dénouement nous laissent sur notre faim. À ne regarder donc que si l'on est bien éveillés!
Un mystère qui nous emmène jusqu'au dénouement à travers la complexité psychologique des personnages. Ce film fait parti de la mémoire du cinéma français et des grands classiques a ne pas manquer.
Voici le film qui lorsqu’il est sorti, a causé de très gros soucis à Henri-Georges Clouzot. Si gros que le cinéaste fut banni à vie, avant que la sanction ne soit levée quelques années après. Heureusement me direz-vous, sinon nous, les spectateurs, nous aurions été privés des grands films que sont « Le salaire de la peur » et « Les diaboliques ». Je ne me prononce pas sur « La Vérité », étant donné que je ne l’ai pas encore vu. Penchons nous dès à présent sur le cas de ce « Corbeau ». Ce que l’on peut dire d’entrée de jeu, c’est qu’il s’agit d’un extrêmement couillu au regard de l’époque à laquelle il est sorti: en pleine seconde guerre mondiale. Clouzot y dresse un portrait au vitriol du français moyen et dénonce au passage un fait, que dis-je, un mal qui a bel et bien eu lieu en ces temps: la collaboration pendant laquelle les délations allaient bon train. N’importe quoi, n’importe quand pouvait être envoyé au trou sur une simple dénonciation. Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi ce film s’est mis la presse à dos, surtout la presse communiste. Malgré tous ces évènements que l’on pourrait qualifier d’extra-cinématographiques, « Le Corbeau » est tout de même nettement inférieur à certains autres films du cinéaste. La faute à un scénario moins astucieux, moins travaillé que celui de « L’Assassin habite au 21 » par exemple et à une mise en scène un peu mollassonne qui peine à donner du rythme à l’ensemble. Cependant, on retiendra deux passages très forts: la dictée dans la classe de l’école communale et cette scène dans laquelle se balance une ampoule rendant la pièce où se situe l’action tantôt éclairée, tantôt sombre…
A revoir ce film, déception: scénario alambiqué, décors improbables (la chambre de Ginette Leclerc, le bureau de Pierre Fresnay, l'église, l'enterrement, etc. et puis surtout le jeu assez exaspérant de Fresnay dont la voix théâtrale et métallique est insupportable. On est loin de "La grande illusion" . Les personnages sont très artificiels, particulièrement celui du "corbeau". Il y a dans tout cela un côté tape à l’œil auquel Clouzot n'a pas souvent échappé..
Pour voir des allemands en uniforme dans des films français, il faudra attendre la Libération et, plus tard, "la traversée de Paris" d'Autant-Lara. Ce qui frappe ici c'est l'agressivité et la qualité des dialogues, que les protagonistes encaissent sans broncher. Belle brochette de super acteurs : Larquey, Seigner, Bertin, Fusier-Gir, Balpêtré, Roquevert, ... Et, bien entendu, Pierre Fresnay, parfait dans son rôle de médecin comme s'il avait fait ce métier là toute sa vie, et à la diction parfaite ce qui est utile car la bande son est fatiguée. Son idylle contrastée avec l'ex "femme du boulanger", Ginette Leclerc, volage et sexy puis amoureuse, est comme un rayon de soleil dans ce noir de corbeau. Entre la pose de ventouses sur l'abdomen féminin et la familiarité du couple après consommation de l'acte, il n'y a pas de transition. Avec Pierre Niney et Virginie Efira, aujourd'hui, cela ne se passe plus comme ça. Film noir mais avec passages humoristiques : enfants dissipés, discours grandiloquent du sous-préfet, rombières caricaturales, cérémonies religieuses moquées,... Le corbeau accuse le docteur Fresnay d'être un avorteur, ce qui était un reproche violent à cette époque. Le personnage joué par Fresnay dit "je ne suis pas croyant" et fait preuve d'une certaine distanciation sociale à cet égard, soulignée par sa jeune amie enceinte de ses oeuvres. Le haut clergé français a dû davantage tiquer que les pontes de la Continental. Tout ça super bien filmé, avec effets d'ombres chinoises, loupiotes qui se balancent, caméra agile et intelligente,... Bref, un bon film, vu à la télé ce soir, merci à eux.
Le film qui valut à HG Clouzot deux ans d'interdiction de travailler, car les "libérateurs" d'alors assimilaient ses films à une forme de collaboration (la Continental était en fait dirigée de loin par Goebells). C'est une ignomignie. Ce film était en fait un refexe de dégoût envers les collabos et les dénonciateurs anonymes. Au delà, le scénario comme l'interprétation et les jeux de clair-obscur renvoient à la grise nature humaine, ni blanche ni noire... Rien de tranché. Mais tranchant. Chef d'oeuvre.
Un film inquiétant et mystérieux. Une enquête passionnante et passionnée. Un fait divers transposé ici avec brio par Clouzot qui sait manier les lumières, le clair obscur et la caméra. Très bon film avec un suspense prenant.
Chef-d’œuvre de méchanceté et de misanthropie, ce film, je trouve, a mal vieilli mais reste une belle introspection dans la noirceur de l’âme humaine. Réalisation minutieuse, maîtrise sidérante des noirs et blancs et interprétation de haut vol de la part de tous les acteurs en font un modèle du cinéma français.
Une plongée sombre dans les clairs-obscurs de l'âme humaine à travers l'atmosphère diffamatoire et délétère d'un petit village où chacun cache ses vices et lutte avec ses propres contradictions ou dilemmes. Du sacré bon cinéma , avec des acteurs hors pair . Rares sont les vieux films qui soient aussi prenant. L'histoire est intéressante et se développe bien durant la première demi heure mais je trouve qu'elle s'enlise un peu au milieu du film, la multitude de personnages secondaires rend moins lisible l'intrigue et on y perd un peu en degré d'immersion. La force d'un grand film c'est que même des décennies après son achèvement, son propos reste d'actualité. C'est tout à fait le cas du thriller/ drame de Clouzot. Grâce à des dialogues remarquablement écrit, ainsi qu'à une réalisation et à un montage très moderne pour l'époque. du suspence et de révélation qu'on attendais pas .
Film sur le soupçon, l'ignorance et la rumeur, "Le Corbeau" est un véritable sommet dans la carrière de Clouzot. Filmé sous l'occupation, l'audace du propos (un corbeau sème la discorde dans un village dont les habitants commencent à suspecter tout le monde) est avant tout servi par une mise en scène millimétrée et une interprétation d'une justesse saisissante, loin des simagrées que l'on pouvait voir dans de nombreuses productions d'alors (Demazis, par exemple). Brillant, ce film est également divertissant, et Clouzot prouve qu'il est capable de mener une enquête et de plonger dans les mystères comme personne.